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n° 08433Fiche technique8009 caractères8009
Temps de lecture estimé : 5 mn
09/01/05
Résumé:  Première rencontre madrilène
Critères:  fh inconnu jardin voir exhib fmast
Auteur : Rodrigo
Madrid



Allongé sur son lit, Christian s’octroyait une sieste de circonstance compte tenu de la chaleur étouffante qui plombait cette après-midi madrilène.

Il logeait dans ce studio depuis deux mois et s’était habitué au bruit incessant de la circulation trois étages plus bas.

A 45 ans, et après 14 années passées à courir le monde pour dépanner des machines bruyantes et sales, il avait accepté ce poste de représentation commerciale en Espagne comme une promotion. Etant libre de sa vie, il avait vu la une possibilité de se créer une stabilité, vivre « normalement » et ne plus rater un éventuel rendez-vous avec le bonheur.


Après s’être douché pour tenter de trouver un semblant de fraîcheur, Christian décida qu ’il était temps pour lui de faire connaissance avec cette ville qui l’accueillait pour de longs mois.

Avant d’aller plus loin dans la découverte des monuments, musées et autres curiosités d’un lieu, il aimait se balader au gré de son inspiration afin d’observer les gens, les habitudes, voir les manies des habitants du lieu.

S’asseoir à une terrasse de café, laisser faire à ses yeux ce pour quoi ils sont faits : regarder, voir, détailler les silhouettes, les attitudes, les démarches.

Quelques jambes féminines largement dévoilées par des tenues estivales égaillèrent sa consommation et lui donnèrent envie de découvrire un peu plus les charmes de cette ville … et de ses habitantes.



Assise sur un banc du jardin xxxxx, Matilda profitait de l’ombre bienfaitrice des arbres aux feuilles rendues grises par la poussière et la chaleur de l’été.

Elle aimait ce coin de repos, profitant de ses après-midi pour y lire tranquillement un de ces ouvrages de poésie qu ’elle affectionnait.

La quarantaine passée sans encombre, elle vivait seule, sans vraiment chercher à savoir pourquoi. Elle ne se trouvait ni laide, ni belle, s’habillait avec goût, sans désir excessif de plaire, ni aux autres, ni à elle-même.

Plongée dans sa lecture, elle ne prit garde à l’homme qui arrivait dans l’allée d’un pas de promeneur.



De loin la silhouette lui parut gracieuse. N’écoutant que son courage et sa timidité, il alla s’installer sur le banc faisant face à l’inconnue.

Celle-ci ne levant pas les yeux de son volume, il entreprit de jeter quelques coups d’œil de moins en moins discrets sur cette aimable personne.

L’attitude, la tenue, quoique sages, attiraient son regard. Une forme de sensualité contenue émanait de la jeune femme.

Etait-ce son visage, ses cheveux, la légèreté de la robe d’été qui la vêtait ?

Peut-être les jambes dévoilées jusqu’aux genoux, si elles restaient sagement croisées, avaient sa préférence.

Il espéra un instant qu’avec cette chaleur, l’inconnue se sentit obligée à quelques mouvements afin de préserver une certaine fraîcheur sous sa robe légère.

Ce qu’elle fit en effet, dans un geste plein de grâce, mais en maintenant le bas du tissu tiré, les yeux rivés à son livre.


Matilda se sentait à la fois agacée et troublée par la présence de cet observateur inconnu. Pourquoi la regardait il ? En quoi pouvait-elle l’intéresser, elle qui savait si bien se faire oublier, se fondre dans la masse…

Finalement, quelque peu amusée par la situation, elle décida de découvrire quels pouvaient être les centres d’intérêt de son admirateur.

Elle posa son livre à plat sur ses genoux, elle s’étira remontant par-dessus sa tête ses deux bras tendus.

Sa petite poitrine déforma agréablement la robe légère.

Les yeux mi-clos, comme gênée par la lumière elle resta ainsi quelques secondes.


Le regard de Christian estima en connaisseur ce qui lui semblait être deux jolis seins, petits mais adorablement dessinés par l’étoffe de la robe. Une vision qui augmenta à la fois son trouble et son envie d’en savoir plus sur cette liseuse.


Mathilda reprit sa lecture et, se penchant un peu en avant posa sa main libre sur son mollet qu ’elle se mit à masser doucement. Etrangement, le contact de sa main sur sa peau la fit frissonner malgré la chaleur. Elle ressentait cette main sur elle comme n’étant pas la sienne. Elle lui semblait guidée par une sorte d’automatisme, d’instinct qui la poussait à continuer. Sa main libre remontait lentement sur sa jambe nue, entraînant jusqu’au genoux le bas de la robe.



Christian, de plus en plus fasciné par ces doigts qu’aucune bague n’ornait, regarda apparaître chaque centimètre supplémentaire de cette peau ambrée par le soleil d’Espagne. Son esprit commença à prendre le dessus sur sa timidité et c’est avec une sorte de naïveté charmante qu’il observa sans plus de retenue le manège des mains de Mathilda.


Elle leva les yeux de son livre et sans savoir pourquoi, lui sourit. Peut être était elle simplement heureuse d’être là dans ce jardin ombragé, ou plutôt elle se sentait heureuse d’être là, face à cet admirateur anonyme, dont le regard doux ne cherchait à voir que ce qu’elle offrait.

Après tout, se dit-elle, nous ne faisons rien de mal, JE ne fais rien de mal.

Bizarrement, ces yeux bleus braqués sur elle ne la mettaient pas mal à l’aise, ils faisaient même resurgir en elle un sentiment depuis longtemps enfoui en elle, pas vraiment du désir, juste une envie intense d’offrir, de partager, de vivre quelques instants d’une histoire commune.

Cet aveu fait à elle-même, elle caressa son bras nu, comme le ferait un amoureux. Chaque fois qu’elle remontait sa main, elle sentait avec trouble son avant bras effleurer ses seins. Une sensation de redécouvrire son corps coula en elle. Sa main glissa lentement du bras vers la pointe exigeante d’un de ces seins vivant enfin pour eux-mêmes.



Quelle tendresse, quelle douceur dans ces gestes, quelle sensualité aussi se dit Christian, spectateur attentif de cette renaissance. Il imaginait la douceur du contour de la poitrine, ce petit pli sous le sein, le plaisir de sentir sous ses doigts une pointe sensible qui appelle la caresse, les effleurements. Il se rendit compte que l’imagination de ce contact transformait peu à peu son sentiment de spectateur privilégie en désir.


Mathilda se sentait tout à coup femme, femme dans sa tête et dans son corps, femme désireuse de vivre, d’aimer, d’être aimée. Une sorte de confiance s’était instaurée entre elle et cet homme qui lui demandait du regard de s’aimer, de se sentir belle.

Sa main commença à déboutonner tranquillement, naturellement les boutons de la robe, puis se glissa sous le tissu pour empaumer un de ses petits seins libres n’ayant jamais eu besoin de soutien.

Au rythme lent de ses doigts sur sa poitrine, commençaient un ballet simultané de ses jambes, comme si elles étaient en relation directe avec ce téton tendu qu’elle faisait rouler sous ses doigts.

Elles se joignaient puis s’entrouvraient, se croisaient et se décroisaient, laissant glisser l’air sur la peau de plus en plus découverte. Quelques mouvements involontaires, guidés par un reflex et une chaleur de plus en plus reconnue, quelques battements de jambes et elle se retrouva envahie par une sorte de plénitude, une douce moiteur au creux de ses cuisses, un sentiment d’accompli.


Elle rouvrit les yeux et, souriant à Christian, elle lui fit un petit signe d’au revoir, comme un remerciement….





Christian esquissa un mouvement pour se lever et la suivre mais l’inconnue, mettant un doigt sur ses lèvres en signe de silence l’en dissuada. Il lui sembla juste percevoir un « maniana » dans un dernier murmure de la robe et des feuilles grises des arbres…