| n° 08425 | Fiche technique | 14705 caractères | 14705Temps de lecture estimé : 9 mn | 08/01/05 |
| Résumé: Une femme se fait doucement punir par son mari | ||||
| Critères: fh couple fsoumise hdomine pénétratio attache | ||||
| Auteur : NonHomologue Envoi mini-message | ||||
Quand Laëtitia rentre du marché ce matin là, elle tend un livre de poche à Olivier son mari :
« Regarde ce que j’ai trouvé sur l’étal du bouquiniste. Tu penses que ça plaira à Luc ?
Le dimanche se passe comme se passent souvent les dimanches d’hiver en famille : poulet et gâteau chocolat à midi, promenade, partie de foot improvisée avec une canette, quelques pleurs, un chocolat chaud en rentrant, un grand bain plein de mousse, une cassette de dessins animés, les restes de poulet du midi, une histoire racontée par papa à Luc et Élise dans la chambre d’Élise (c’était son tour), bisous de maman, et à 20h30, les enfants sont au lit, Olivier se farcit les pubs en attendant Nantes-Auxerre et Laëtitia appelle sa mère.
Le lendemain matin, pendant qu’Olivier se rase, un peu avant d’aller réveiller les enfants, Laëtitia lui dit :
« J’ai commencé le bouquin. En effet, ce n’est pas pour Luc.
Il l’embrasse rapidement sur les lèvres et la relâche. Étonnée, elle s’en va réveiller les enfants en se demandant ce qu’il voulait dire par là.
On pourrait s’attendre à ce qu’elle y pense dans la journée. Mais c’est ne pas savoir ce qu’est la vie d’une jeune mère salariée : préparer les vêtements des enfants en fonction du temps, vérifier que le petit déjeuner a été rangé, poser Élise à l’école, trier les courriels du Week-end en arrivant au bureau, prendre les notes de la réunion, répondre au téléphone, débloquer une situation urgente, ne pas arriver trop tard à la cafétéria pour avoir le choix des salades, manger à côté d’Henriette, la bonne amie du service comptable, en évitant de lui donner des informations qui envenimeraient la guerre des services, téléphoner au teinturier pour apprendre que les motifs de la nappe avaient bavé au lavage, garder son calme, faire le compte rendu de la réunion du matin, le faire approuver, faire un courriel courtois mais ferme, parcourir la dépêche syndicale, sursauter quand le réveil dit qu’il est temps de rentrer, prendre Luc à la sortie de la piscine parce qu’il a raté son bus, décongeler le repas en se disant qu’on est une mauvaise mère et en vérifiant que les devoirs sont faits avant d’autoriser à allumer la télé, appeler sa mère à propos de la nappe, embrasser Olivier qui rentre, discuter avec lui de l’opportunité de faire faire la vidange avant le Week-end du 28 même si on pourrait attendre un peu, manger en famille, coucher les enfants, chercher le doudou d’Élise dans toute la maison, le retrouver dans la voiture, et se dire que la journée a été bien remplie, et qu’on recommence demain…
Elle allait allumer la télé quand Olivier lui dit :
« Non, ce soir, tu es punie.
Il sort du tiroir de sa table de nuit un foulard de soie, une écharpe noire et le gros minuteur de cuisine en plastique vert figurant une poire. Il remonte le minuteur, et place son curseur sur quinze. Le tic-tac régulier démarre.
« Voilà, tu es punie, jusqu’à ce qu’il sonne, tu vas m’obéir. Tu as compris ? »
Il dit cela avec calme, un sourire aux lèvres, le regard doux, mais la voix ferme.
« Oui.
Elle s’exécute. Elle se demande si les enfants entendent le minuteur.
Il attrape le foulard de soie, et lui entoure les poignets, faisant trois tours, sans faire de nœud. Il lui remonte les bras au-dessus de la tête.
« Tant que tu as ça autour des poignets, tu es prisonnière » lui susurre-t-il au creux de l’oreille. Puis il prend la lourde écharpe, et lui en fait un bandeau. Il n’est pas serré, il ne fait pas mal, mais il descend presque sur le nez, elle ne voit plus rien. Elle entend actionner des interrupteurs. Il a changé la luminosité. A-t-il allumé le plafonnier, éteint une lampe de chevet ? Elle n’en sait rien.
« Laisse-toi faire. »
Elle sent qu’il lui délasse les chaussures. Il prend son temps. Il est délicat. Il enlève ses chaussettes aussi. Il défait sa braguette, le bouton de son pantalon.
« Soulève un peu les fesses que je t’enlève ça. »
Il tire sur le pantalon. La voilà habillée, en tenue de ville, au-dessus de la ceinture, et juste en culotte à partir de la taille. Voilà que des doigts attrapent l’élastique de la culotte.
« Allez, soulève-toi encore. »
Elle s’exécute encore et un frisson la parcourt. La chambre est un peu fraîche.
Elle l’entend aller et venir dans la chambre. Il bouge une chaise. Elle espère qu’il plie correctement son pantalon. Un autre bruit de chaise. Que fait-il ?
« Allez, ça commence » dit il en lui prenant la cheville droite. Il lui soulève la jambe, lui fait plier, et la repose en hauteur, genoux plié, sûrement sur un dossier de chaise. Il fait de même avec la seconde. Il écarte les jambes l’une de l’autre. Et la voilà comme chez la gynécologue, comme sur la table d’accouchement. Et puis plus rien, le silence. Seul le tic-tac du minuteur.
Que fait-il ? Il doit la regarder. Un sentiment de honte la parcourt. Elle n’est pas bien épilée. C’est l’hiver, elle y fait moins attention. Surtout qu’elle a arrêté la piscine. Tout à coup, elle se mord la lèvre. Elle réalise qu’elle ne doit être épilée que d’un côté : jeudi, le téléphone avait sonné alors qu’elle n’avait fait qu’une jambe. Par réflexe, elle serre les genoux pour cacher tout ça.
Une main se pose sur sa cuisse et rétablit l’écartement. Le matelas s’affaisse un peu. Il s’est assit à côté d’elle.
« Cinq minutes de passées. »
Sa main froide se pose sur son pubis. Il a toujours les mains froides. Les doigts commencent à jouer avec sa toison, à ébouriffer les poils plaqués par une journée sous la culotte, et ils descendent le long des grandes lèvres, continuant leur besogne et dégageant sa fente. Il tire un peu pour écarter les grandes lèvres. Un petit bruit de succion se fait entendre. Elle frissonne quand l’air froid entre dans ses chairs tendres. La main se retire. Il se lève du matelas. Il fait quelques pas. Elle entend sa boucle de ceinture cliquer. Il doit se déshabiller. Elle s’attend à être pénétrée. Ce n’est pas ce qu’elle désire le plus en ce moment, mais bon, c’est vrai que leur vie sexuelle peut avoir besoin de piquant de temps en temps. Si c’est son fantasme après tout.
Elle attend. Elle attend. Elle attend et rien ne vient. Elle n’entend rien. Même pas son souffle à lui. Est-ce qu’il est encore là ? Elle n’a pas entendu s’ouvrir la porte. Était elle fermée tout à l’heure ? Oui, bien sûr, elle ne se serait jamais laissée déshabiller avec la porte entrouverte sur le couloir où donnent les chambres des enfants. Il est là. Que fait-il ? Il la regarde sûrement. Pourquoi les hommes sont-ils tant attirés par la vision de ces chairs intimes ? Elle se souvient de la remarque de son mari devant L’origine du monde à Orsay : « Tu es une femme, tu ne peux apprécier que le talent du peintre, pas ce qu’il a saisit d’universel. »
Que peut-il voir là ? Elle ne s’est jamais intéressé au détail de son sexe : Grandes lèvres, petites lèvres, clitoris, vagin, tout ceci est à elle, elle le sent, elle les sent se coller, se décoller, glisser, s’ouvrir, mouiller, accueillir. Mais elle ne le voit pas. Elle a bien quelques souvenirs de son adolescence, quand elle s’inquiétait de tous ses changements. Mais depuis, du temps a passé, deux enfants sont sortis, et des années de nuits d’amour ont peut-être changé sa physionomie.
Il l’a déjà vue comme cela, lors des accouchements. Mais c’était différent. Elle pensait alors surtout à son ventre qui lui faisait mal plus qu’à son entrejambe. Il attendait autre chose. Il y avait les sages femmes. C’était médical.
Là, elle se sent mal à l’aise.
Est-ce qu’il voit quelque chose de particulier ? Quand elle est excitée, elle sent bien que tout se gonfle en elle, que tout se mouille. Mais est-ce que ça se voit ? Et puis bon, dans cette position là, elle sent surtout le froid. Une chambre fraîche, c’est bien sous la couette, mais c’est pas fait pour se tenir à moitié nue comme ça. Il lui semble sentir son sexe palpiter. Est-ce que c’est l’excitation ? Pourtant, elle ne se sent pas excitée, plutôt vaguement inquiète et mal à l’aise. Ou simplement qu’à force de se concentrer dessus, on finit par sentir chaque pulsation du sang qui y passe. Il faudrait qu’elle pense à autre chose pour voir si la sensation persiste. Mais elle n’y arrive pas. Elle est une paire de jambes qui exhibe un sexe ouvert. Elle n’a plus de tronc, plus de ventre, plus de seins, plus de bras, plus de pieds, juste deux cuisses ouvertes, une touffe de poils sombres, deux grandes lèvres écartées, deux petites lèvres saillantes, un clitoris qui aimerait se cacher mais qui pourtant se montre à tous, et l’orifice.
« Il te reste cinq minutes. »
Déjà dix minutes de passées ? Elle reprend conscience du tic-tac du minuteur, de la respiration de son mari. Deux mondes semblent ne pas se croiser dans son esprit : la chambre et son sexe. Et pourtant, elle sait bien que son sexe est actuellement le centre de la chambre. Et pourtant, cela lui semble deux mondes différents.
Et s’il avait pris l’appareil photo ?
Non, ça, elle ne le permettrait pas. Pourtant, ce serait bien son style. Est-ce qu’il n’avait pas proposé des photos sexy une fois ? Elle sent ses cuisses frémir. Heureusement, leur appareil photo fait un petit bruit quand on l’ouvre. Si elle l’entend, elle referme tout. Elle guette. Rien, le silence. Elle est tentée de refermer d’office. Bon, elle peut quand même lui faire confiance. Mais au cas où ? D’ailleurs, est-ce qu’elle sera assez rapide ? Ça commence à durer cette histoire, elle a les jambes qui fatiguent un peu.
Et s’il avait acheté un numérique ? Ou une caméra ? Il en parlait depuis quelques temps. Il a eut toute la journée pour préparer son truc. À ça non, elle n’en voudrait pas. Elle lui en voudrait même. Même s’il détruisait la bande. D’ailleurs, comment savoir s’il la détruit réellement ? Elle n’a jamais compris comment faire autre chose que prendre une photo. Il est peut-être là à la filmer en gros plan, à faire le détail de son anatomie, à comparer les roses et les rouges, les recoins et les replis. Et son épilation ratée…
Et s’il se masturbait ? Oh non ! Ce serait dégueulasse. Il ne lui ferait pas ça. Elle écoute. Normalement, s’il se masturbe, elle devrait entendre un petit quelque chose. Sa respiration s’amplifier, ou un bruit de frottement. Quelque chose. Le bruissement du tissu de sa chemise…
Et tout à coup, il entre. Sans les mains, sans un baiser, sans prévenir, il est entré. Il est en elle, il la remplit, il va-et-vient, il la secoue, chaque allée venue tiraille ses petites lèvres, appuie sur son clitoris, repousse ses chairs intimes. Il se fait sa place. Il retrouve sa place comme un homme sûr de son fait fend la foule à coup d’épaules pour aller là où il doit. Elle se sent si pleine, comme si son utérus avait chassé estomac et poumons, comme si le sexe allait taper au fond de sa gorge. Elle est punie, il est tout en elle, chez lui.
Et le minuteur sonne. Et elle jouit. Un orgasme long, un orgasme qui dure toute la sonnerie du minuteur, une sonnerie longue comme jamais, un orgasme qui remonte de son vagin dans tout son corps, un orgasme dont la vague réveille tous ses membres et les rappelle à sa conscience, un orgasme comme un moment d’éternité perdu entre deux moments du réel, un début de sonnerie et une fin de sonnerie, un orgasme qui lui fait replier les jambes et enserrer son mari, un orgasme qui la laisse tremblante et renouvelée.
Le minuteur a sonné.
D’un mouvement des poignets, elle se libère du foulard de soie. Elle enlève l’écharpe qui lui barrait les yeux. Son mari est là. Il est nu. De ses bras, elle l’attire contre elle.
Tout contre elle, elle a l’homme qu’elle aime, et aussi tout au fond d’elle, et la vie est merveilleuse.