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Temps de lecture estimé : 5 mn
13/12/04
Résumé:  Le premier rendez-vous est fixé pour demain ; Romain est excité et jubile comme un adolescent. Les prochaines vingt-quatre heures vont être courtes, tant il a de choses à préparer...
Critères:  #romantisme amour
Auteur : Christy et Evangelion  (Evangelion)            Envoi mini-message

Série : Les amants du café

Chapitre 02 / 10
Chapitre deux - Le premier rendez-vous


"Ben, je sais pas… au café Thiers… c’est ici qu’on s’est rencontré, alors… c’est d’accord ? A demain, Camille…"


Je raccroche alors le téléphone et je ressens soudain le besoin de m’asseoir. Je tremble un peu, mon coeur s’emballe et je ne suis même pas tout à fait conscient de ce qui m’arrive ; demain, premier rendez-vous à 16 heures 30 ! Pas même vingt-quatre heures pour me préparer…

Bon, Romain, remets-toi vite de tes émotions, tu as du pain sur la planche !


D’abord, le plus important, réserver une table dans un petit restaurant que je connais bien ; là, elle va m’en dire des nouvelles !

Ensuite, mettre un peu d’ordre dans l’appartement, au cas où… Camille a l’air d’une jeune femme très soignée et il ne serait pas convenable qu’elle trouvât un tel désordre dans mon nid d’aigle !


Le soir venu, j’ai énormément de mal à trouver le sommeil. Le visage de Camille est imprimé dans mon esprit ; mais est-ce vraiment à moi qu’elle a donné rendez-vous ?

Je me tourne, me retourne… j’ai chaud. Comment pourrais-je mettre en berne le bleu de ses yeux, l’éclat de sa magnifique chevelure dorée, son sourire ravageur et le son suave de sa voix ? Et le physique n’est pas en reste ! A première vue, elle doit faire dans les 1 m 65, un peu plus avec ses talons puisqu’elle m’arrive au nez ; et tout est parfaitement proportionné chez elle. Une jolie petite femme comme ça, j’ai envie de me l’accaparer, de la serrer dans mes bras, de la protéger…

Mais qu’est-ce qui t’arrive Romain ? Ce n’est pas ton genre d’accorder autant d’importance à une femme…


Il est vrai que, célibataire endurci affectionnant tout particulièrement les histoires courtes, je n’avais jusqu’à maintenant pas l’habitude de me poser de questions ou de me demander ce qui se passerait le lendemain ; les femmes, ça allait et venait, rien de plus…

Mais là, quelque chose que je ne savais pas encore qualifier venait de se produire. Ce fut comme un déclic qui déclencha moult émotions qui m’étaient jusqu’alors inconnues.

Oh, je n’osais pas me l’avouer, mais l’affaire était en fait très simple : je tombais amoureux de Camille !

Comment lui résister ? Je me sentais plus léger, je percevais les premières brèches dans ma cuirasse, brèches causées par le charme irrésistible de cette délicieuse jeune femme…

Et c’est seulement quand le réveil sonna à 6 heures 45 que je me rendis compte que j’avais finalement trouvé le sommeil… mais à qu’elle heure !?!


La matinée fut longue, très longue ; je ne cessais de regarder la pendule en bas à droite de mon écran.

Pendant la pause de 10 heures, ma collègue vint me rejoindre dans mon bureau avec le café. Elle était pratiquement la seule de la boîte avec qui j’avais noué des relations, et elle et son mari, nous étions très proches.



Petit instant de silence…



Anne-Laure a l’air ravie…



Là, je suis très ému…



Bon, il était 10 heures et quart et je n’ai pratiquement rien foutu de plus jusqu’à midi !

Un clin d’oeil à Anne-Laure avant de partir et la semaine était terminée.

"Tu me raconteras, hein !"


Après avoir déjeuné d’un croque au bistrot du coin, je regagnais mon appartement et lançais le compte à rebours ; il me reste exactement quatre heures pour me préparer – rigolez, les filles, rigolez !


12 heures 45 – Je fais un saut à la galerie marchande pour y quérir un flacon de mon parfum préféré, le spécial grandes occasions ! Mais nom d’un chien, qu’est-ce qu’il y a comme monde !


13 heures 40 – Ca y est, je suis nu dans la salle de bain ; commence alors la "cérémonie" du rasage à la main. Ça doit être parfait ! Mais oui Romain, c’est bon ; le coton n’accroche pas !

Douche, savonnage, re-savonnage, soin des cheveux, manucurage… Merde ! Il est déjà 3 heures moins le quart !


Bon, comment je m’habille ? Je décide de me calquer sur le style de Camille ; elle est dans le vent, sans chichi, branchée mais cool. Aller, jean délavé, chemisette en coton, mocassins ; je suis sûr qu’elle va aimer ! Cette fois-ci je suis paré…

Il est presque 16 heures et bientôt l’heure d’y aller…

Malédiction ! J’allais négliger le principal ! La touche finale !

Attention Romain, n’oublie pas, ni trop, ni trop peu ! Là, pas de soucis à me faire, la pression à exercer sur le vaporisateur, mon index l’a mémorisée depuis longtemps. Pschitt !


L’enivrante exhalaison de cet incomparable parfum émane alors de mon cou et me fait fermer les yeux un bref instant – à chaque fois c’est pareil !

L’arôme se mélange ensuite à la senteur très discrète de mon déodorant, et des effluves fruitées se dégagent ainsi de mon corps. Oh, là, c’est certain, Camille ne va pas me résister !

Aller, en avant !


J’arrive près du lieu de rendez-vous à 16 heures 20 ; je suis excité, foufou, je n’en mène pas large et je prendrai volontiers un petit verre. Mais mon esprit est assez embrouillé comme ça ; n’en rajoutons pas…

L’aiguille de ma montre indique 16 heures 25 quand j’aperçois enfin Camille. J’ai les jambes flageolantes et je me demande si finalement, j’ai été bien inspiré de me présenter les mains vides ; je sais que toutes les femmes aiment les fleurs, mais mon instinct m’a guidé autrement en ce qui concerne Camille. On verra bien…

Les bruits environnants se sont tus ; les passants ont comme disparu ; il n’y a plus qu’elle et moi…


Inexorablement, nous nous rapprochons l’un de l’autre ; plus que quelques mètres et je peux enfin apprécier pleinement la silhouette de Camille, qui me fixe droit dans les yeux d’un air grave et affriolant.

Et à précisément 16 heures 30, face à face devant la terrasse du café Thiers : "Bonjour, Camille…"