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Temps de lecture estimé : 15 mn
03/12/04
Résumé:  Camille raconte ses relations avec Niagara.
Critères:  fh ffh fplusag oncletante voisins intermast pénétratio journal
Auteur : Louisa Ste Storm

Série : Les Chutes de Niagara

Chapitre 04 / 04
Journal de Camille - extrait

(Ma tante est comme ça. Elle croit n’avoir pas de pouvoir, mais elle domine souvent la situation, se pense soumise alors qu’elle assujettit. Elle possède ce pouvoir sur moi. L’autre soir par exemple, alors que j’étais avec Théo et Katia au téléphone, je l’ai vue dans le miroir bien avant qu’elle ne se montre, et c’est ainsi que mes paupières se plissaient, que mes lèvres se serraient. Déjà elle avait une action sur mon comportement. Je refuse de jouir lorsque je ne le désire pas vraiment, lorsque le contrôle m’échappe. Je n’aime pas jouir, m’abandonner. Et j’ai en abomination ceux qui me donnent un orgasme. Mais Tati a un drôle de pouvoir sur moi. Et c’est parce que je l’admire peut-être, parce que je veux lui voler son autorité, que j’essaie, notamment en sa présence, de ne rien montrer — mais les paupières fermées et les lèvres qui disparaissent sous l’écrasement, ces chairs qui s’aplatissent, montrent bien que je n’y parviens pas totalement. Mes seins qui se soulèvent, alors que mes abdominaux tentent de désunir leurs rythmes irréguliers, viennent souligner l’échec. Oh ! Je sais… Elle pense que son pouvoir n’existe pas, et je doute de l’efficacité du mien… Et nos rapports ne sont pas toujours simples, mais elle me loge — même si je ne suis pas souvent présente ; il y a Théo aussi, heureusement. Mais lui non plus ne me supporte pas tout le temps, et s’il se fait avec le temps aux rapports que j’ai avec les orgasmes, et avec lui évidemment, et avec le sexe, il n’accepte pas quotidiennement ma façon de voir.


Puisque Niagara me loge, il faut que je sois diplomate aussi — c’est ma mère qui lui a demandé de m’héberger, à cause de la fac. Si nos rapports de pouvoir, complexes, ne deviennent pas plus simples avec le sexe, ils accèdent toutefois à une positivité, une sorte de liberté roborative. De surcroît, les relations sexuelles qu’il nous arrive de vivre, créent une sorte de pont entre nous aussi sur les autres plans de la vie en communauté. Et tout ce qui est méprisable et abject dans les rapports de pouvoir est très sensiblement atténué par cette relation, transformé par ce pont.


Une fois par exemple, j’avais fait un gâteau pour lui faire plaisir. Quand je cuisine je laisse tout traîner, et lorsqu’elle est rentrée le gâteau démoulé fumait encore mais le bordel de la cuisine a mis Niagara dans un état d’énervement incroyable. Quand elle a vu le gâteau elle s’est calmée, est venue m’embrasser et m’expliquer ce qu’elle ressentait. Je suis restée dure, sourde. Elle passait ses doigts ouverts dans mes cheveux, posait ses lèvres entre l’extrémité de mon front et le haut de mon oreille. Je refusais de me laisser attendrir. Elle s’est assise sur mes genoux — j’étais installée à côté de la table où tous les ustensiles de cuisine traînaient. Courbant le dos, Niagara prenait mes joues dans ses mains, me relevait la tête, voulait que je la regarde, le nez presque tout contre mon nez. Et je la regardais, avec mes yeux noirs, mon visage sans affection. Elle me disait : « que veux-tu que je fasse ? Je t’ai expliqué ce que j’ai ressenti, je me suis énervée, je n’ai vu que du bordel partout et pas ton désir de me faire plaisir. Pas le gâteau. Mais je l’ai vu maintenant, je t’ai parlé. Que faut-il que je fasse ? Que je me mette à genoux ? »


Je n’ai pas répondu — en tous cas pas ouvert la bouche — mais il a dû se passer quelque chose dans mon regard. Et puis, mon visage a eu un mouvement imperceptible vers le sol, qui a pu vouloir dire « oui, mets-toi à genoux », ou qui signifiait juste que j’essayais de fuir son regard. J’ignore moi-même le sens que j’ai voulu lui donner. En tous cas elle s’est installée par terre, a posé la tête sur mes cuisses. Puis elle l’a relevée, presque suppliante — c’est ce dont j’avais l’impression, mais je doute qu’il ait existé chez elle une volonté d’invoquer ma mansuétude.


Alors j’ai saisi le fouet avec lequel j’avais battu l’appareil du gâteau. J’ai dit : « goûtes, au moins. » Et, les mains posées sur mes cuisses, Niagara s’est mise à lécher les fils métalliques du fouet, tordre la langue. Je me suis sentie mouiller, brusquement. Je n’ai rien laissé paraître mais ça m’excitait vraiment. Les traits de mon visage ont dû se faire plus durs encore, et j’ai pointé le bout du fouet, là où la courbe est plus marquée, le tenant comme une épée, sur sa bouche. Je l’ai tourné en bougeant le poignet d’un côté et de l’autre, et elle ouvrait la bouche plus grande pour accueillir la convexité, retroussait les lèvres. Et plus ses lèvres s’écartaient plus je me sentais couler, comme si l’ouverture de sa bouche commandait l’écoulement de ma vulve. Ses lèvres (et c’est ça qui m’excitait) ne s’affinaient pas ; elle s’épaississaient — peut-être parce que sa bouche s’élargissait moins que ses lèvres ne concentraient leurs chairs sur elles-mêmes en haut et en bas de sa bouche. Ma main a ensuite fait de petits mouvements d’avant en arrière, sans jamais quitter ses lèvres, comme si je les préparais à être pénétrées. Niagara me regardait de ses yeux brillants, ses mains serraient mes cuisses. Ses doigts vernis étreignaient mes muscles. Elle se trouvait maintenant à genoux face à moi, assise sur ses talons. Je lui ai demandé quel goût ça avait, si ça lui plaisait. Elle a répondu d’un mouvement de paupières. Je me suis alors levée en reculant la chaise et lui ai présenté le manche du fouet. Elle l’a pris entre les dents. Les mains libérées, j’ai fait tomber ma jupe. Debout, je voyais ses chaussures à talons derrière elle, ce que j’aime beaucoup. En ôtant ma culotte j’ai heurté le bout du fouet et un peu de pâte s’est posée sur mon genou. Je me suis assise à nouveau, les fesses placées tout au bord de la chaise. J’ai repris le fouet, sucé là où sa bouche l’avait tenu. Comme j’avais écarté les cuisses elle a plongé entre elles, vers ma chatte, mais je l’ai retenue par les cheveux. Elle a cherché mon regard ; il était dirigé vers mon genou, là où un peu de pâte faisait relief. Elle l’a enlevé avec sa langue, aussi j’ai lâché ses cheveux. Puis sa langue est remontée sur l’intérieur de ma cuisse jusqu’à ma vulve et elle l’a léchée — je lui ai demandé de ne pas me mordre —, et léchée encore. Mais je désirais ne pas jouir.


Je l’ai écartée de moi et me suis caressée avec le fouet, avec sa courbe la plus forte, puis j’ai écrasé la bouche de Niagara contre ma chatte. Je me suis levée ensuite, un pied posé sur la chaise afin de bien écarter les jambes. Je la tenais à nouveau par les cheveux. Ce que je désirais c’était que sa bouche, le fouet et ma vulve, demeurent en contact. Et je remuais sa tête, faisait bouger le fouet et mon bassin ondulait, tentant de fondre tout cela dans un même mouvement. Que tout cela forme une petite machine totalement indépendante de mon corps, qui me permette de me détacher, de prendre de la distance. Et j’ai eu un orgasme.


Je lui en voulais à mort. Jamais plus ce ne serait comme avant. Je déteste jouir. Je veux ne pas rencontrer d’orgasme. Aussi je lui ai dit de s’incliner, de tenir l’assise de la chaise à deux mains. Sa jupe relevée je l’ai branlée avec le manche du fouet. Sa chatte était bien humide ; une chance ; c’est que je n’envisageais nullement de la préparer. La châtier de m’avoir fait jouir, c’était là mon désir. J’ai vu l’inox en l’insérant, et en même temps je savais que ce n’était plus froid, que notre chaleur avait été transmise à l’objet. Je me suis dit que ça me ressemblait beaucoup cette chose-là. Froid en apparence, lisse d’aspect… Et puis, certes il est impossible de se voir sur une surface d’inox, on peut en tous cas distinguer des ombres. Et cette ombre, la mienne, celle de mon visage, je la voyais disparaître en elle, et revenir, et même si en la pénétrant mon image sur le manche du fouet n’était pas nette, je la voyais toutefois troublée lorsqu’elle sortait de sa fente ruisselante. Brouillée par son jus. Et aussi parce que je ne parvenais pas à faire le net sur le fouet : je regardais en même temps sa culotte, une ouverture par terre et l’autre autour du bas de sa jambe, au-dessus de l’empeigne de l’escarpin, l’engrêlure d’une dentelle sur le cou-de-pied.


Niagara a eu un orgasme aussi, la bouche ouverte, le visage tourné vers moi par dessus une épaule.


Ce que je veux dire, c’est que depuis ce jour-là, on rit ensemble du bordel que je mets dans la cuisine, ce n’est plus un sujet de conflit ni de contrariété. Et puis je m’applique à ne pas trop m’étaler. Voilà, c’est ça « le pont sexuel » qui transforme nos relations sur les autres plans de la vie.


Ce sont les rapports de force qu’on entretient. C’est vrai que mon pouvoir sur elle paraît plus concret. Mais celui (qu’elle ignore peut-être) qu’elle détient sur moi m’affecte particulièrement. Je parle de son pouvoir de me faire jouir, de sa force à me faire mouiller, à me troubler intensément. C’est contradictoire puisque je prends du plaisir à la fois, je sais. Mais je jouis davantage de ne pas en prendre. Mes multiples paradoxes… Peut-être s’est-il créé une faille qui sépare mon plaisir cérébral de mon plaisir physique.


En tous cas, après l’expérience téléphonique de l’autre jour, et le contrôle sur les événements qui m’avait presque totalement satisfaite, la suite de la soirée a comblé cet aspect de mes désirs.


Nous nous étions rhabillées et prenions un verre — du thé pour moi. La sonnette de la porte d’entrée nous a soudain sorties de notre indolence. Niagara a entrepris d’enfiler ses sandales pour ouvrir, mais je m’en suis chargée. C’était drôle d’ailleurs : je lui ai dit : « laisse je vais le faire », et elle a pensé que je voulais lui enfiler ses souliers. J’ai disparu dans le hall d’entrée. Un homme se trouvait devant la porte. Il a eu l’air surpris de me voir. Je lui ai dit que c’était sûrement Niagara qu’il voulait voir, de manière affirmative et sans sourire. D’un ton hésitant il m’a répondu que c’était probable, me décrivant ma tante. « Je suis un voisin. Nous sommes voisins » il a ajouté. J’imaginais qu’il ne venait pas la voir pour se faire dépanner en œufs ou en sel. Le visage de ma tante est apparu. Elle a rougi, m’a regardée et j’ai fait entrer le type.


J’ai fini mon thé pendant qu’ils discutaient ensemble sur le canapé. Niagara n’avait rien perdu de ses couleurs et ils semblaient embarrassés tous les deux. J’ai décidé de m’éclipser. J’ai dit que je sortais : j’allais rejoindre Théo. Bien entendu, je ne dérangeais pas (« Restes, restes Camille, tu ne nous déranges pas ! ») Ben tiens ! « Je note, ai-je répondu, mais je sors quand même. » Le voisin s’est levé, je l’ai frôlé en embrassant Niagara et me suis aperçue que ma présence ne dérangeait certes pas son érection. Bizarrement, il s’est excusé.


J’avais déjà ma petite idée, et vérifié que la porte de la chambre de Tati n’avait pas bougé depuis nos ébats. Passé le hall je suis allée dans ma chambre, en suis ressortie. J’ai claqué la porte d’entrée, mais suis restée dans l’appartement. Du poste d’observation occupé par Niagara plus tôt je les voyais dans le miroir, de dos. Leur tête débordait du dossier. J’ai repensé au sel et aux œufs que le voisin n’était pas venu chercher, je me suis demandé quelle genre d’omelette ils allaient préparer… Et j’en goûterai, sans aucun doute. Je comptais manifester ma présence dès que possible — ou plutôt imposer ma présence. Direction ma chambre, sans bruit, où j’ai fait glisser ma culotte. Et à mes pieds les mules offertes par Tati pour fêter mon arrivée, les bleues. Je les adore. Je le savais mais, en les faisant glisser sur mon pied, je me suis souvenu qu’elles étaient ouvertes sur les orteils. J’avais un peu de temps et je l’ai pris pour vernir mes ongles — mais pas de bleu, je déteste l’harmonie, ce qui est attendu. J’ai choisi une autre couleur. Puis je suis retournée dans le hall, les mules suspendues à deux doigts et un livre dans l’autre main.


Le livre, c’est parce que je déteste attendre et surveiller — alors je m’installerai sur le petit sofa avec un coup d’œil de temps à autre dans le miroir de la chambre. Je n’ai pas eu l’occasion de l’ouvrir. Je ne sais combien de temps j’avais mis pour concevoir mon plan — tout en faisant en temps réel ce que je concevais —, j’étais en tous cas en retard. « Enfiles-moi mes sandales, oui, et prends-moi comme dans l’ascenseur », c’est ce que j’ai entendu en ouvrant la porte de ma chambre. J’ai jeté le livre sur le sofa et me suis postée dans l’encadrement de la porte du salon, sans me cacher. Ils étaient dénudés. Le voisin enfilait la deuxième sandale, en protestant ; il disait que ce n’était pas possible de faire comme dans la cabine, que l’assise du sofa était trop large ; jamais il ne pourrait approcher ses fesses. Mais Niagara, les tibias tout contre le canapé, tendait déjà les bras et se laissait tomber en avant. Ses mains saisirent le sommet du dossier, elle se cambra : « Viens ! » dit-elle. Oui, c’était possible, et facilement, mais le type regardait le cul de ma tante, je regardais également son cul, enfin, c’était plus sa manière de le tendre qu’on admirait et qui rendait possible qu’il la prît, debout.


Elle lui répéta de venir (« viens ! »), de la prendre (« prenez-moi ! »), de la baiser (« faites-moi l’amour ! ») Et je me suis décidée à intervenir lorsqu’il a empoigné sa queue. Ses yeux brillaient trop pour que ce soit eux seuls qui scintillent de la sorte ; j’étais sûre qu’ils reflétaient aussi l’humidité de Niagara, et que la vulve qu’ils fixaient devait leur transmettre ses reflets. Au moment où Niagara se retournait vers lui pour lui dire encore de l’aimer je suis entrée. Il prenait sa queue en main, « laisse ! » j’ai dit. J’ai soigné mon approche sur mes mules. Le voisin était pétrifié, Niagara avait gardé la bouche ouverte de surprise. Il la regardait maintenant, mais Niagara n’avait d’yeux que pour moi. Est-ce qu’elle souriait ? Est-ce qu’elle suppliait ? Et que demandait-elle dans ce cas — impossible de savoir. Et je m’en fichais ; j’avais déjà la queue du voisin en main. Comme elle semblait prise de détumescence je lui ai dit de ne pas s’inquiéter, me tournant vers Tati. Elle confirma après une hésitation, ramenant son regard vers moi. « Ne t’inquiètes pas, dit-elle, c’est Camille, ma nièce. » Et elle avait suivi ma bouche du regard alors que, demeurée debout et m’inclinant, ma bouche avait pris son sexe. Niagara avait déjà dû, pendant que je me préparais dans la chambre, le sucer. Je sentais le parfum de son rouge, j’avais le goût de sa salive sur la langue, ses effluves de femme, comme si son désir était concentré là, le long du membre. Je le suçais juste derrière ses fesses et on se regardait. Avant de le sentir moi-même durcir, je l’ai su par les paupières de ma tante. Ponctuant son regard elles s’étaient abaissées et relevées et, je ne sais pas, oui, c’était juste cette ponctuation qui me disait que le voisin était prêt. J’ai alors salivé beaucoup et libéré la queue, écarté une fesse de Niagara d’une main et frotté la queue à son con. Elle m’a remercié encore avec les paupières, et fait plaisir en écartant une jambe.


Un long moment j’ai froissé ses lèvres avec le gland du voisin. J’étais toujours debout sur mes talons, inclinée, et le haut de mes cuisses était trempé. À force d’appuyer la caresse, ses grandes lèvres se sont largement dépliées. On a découvert les nymphes, et le voisin laissait faire sa queue, il me laissait m’en occuper. Niagara était toute ouverte, je lâchais son sexe et pendant que ma main libérée poussait le type au bas des reins, j’usais de deux doigts sur l’autre pour diriger sa queue. Et tout le temps que celle-ci lentement la pénétra, Niagara émit ces mots : « Oh, Camille… » Et cela d’emblée me donna un orgasme. Aucune syllabe n’avait été détachée et cela résonna aussi longtemps que mit le voisin à introduire la longueur de sa queue. Elle devait être démesurée tant la chaleur des paroles de Niagara et mon orgasme ont duré.


Mais je fichais de ces distances consonantes et maîtrisées. Je me suis relevée, le visage fermé par l’irruption de la jouissance. Je projetais d’aller chercher mon livre, de leur prescrire de ne faire aucun mouvement pendant ma lecture dans un coin du canapé ; et Niagara pendant ce temps pourrait me lécher les orteils. Tout cela avec une attention soutenue, non partagée, une absorption totale à la lecture. C’était possible ; le regard du voisin était partagé entre Niagara et moi. Et mon visage sans expression, l’assurance que lui avait donnée ma tante de ne pas s’inquiéter, et peut-être nos pouvoirs respectifs alliés, semblaient avoir un effet sur lui ; il attendait la suite, captivé. Je changeai d’idée, m’assis sur le bord du canapé et tendis au type une de mes jambes. Sa queue demeurait entièrement invisible, tout au fond de Niagara. « Enlèves ma mule, s’il te plaît, lui dis-je. L’autre maintenant. » Ma tante regardait mes pieds, les yeux par dessus son dos creusé. La tête de côté, elle avait glissé ses mèches derrière une oreille. « Camille… » Je lui souris et glissai un pied entre ses cuisses. Mes orteils s’enfouirent en remuant dans les poils de son pubis — pas longtemps. Un souffle surgit de sa bouche qui s’ouvrait, ses yeux me souriaient. Mes orteils s’étaient tendus et le cou-de-pied avait glissé davantage, et je tendais le pied très fort pour qu’il n’aborde que la zone clitoridienne. Je le remuais d’un côté et de l’autre, comme pour l’insérer entre les plis. Mais il a vite été chatouillé par les poils sous les testicules du voisin. Aussi l’articulation a repris sa posture habituelle : le bas de mon pied et les orteils se sont plaqués à ses couilles, sans que le cou-de-pied ne quitte le haut de la vulve de Niagara. Dents serrées et lèvres entrouvertes le voisin a émis une sorte de chuintement, aspirant de manière soudaine. Il a commencé à vouloir aller et venir dans la belle chatte de Niagara et j’ai stoppé son élan immédiatement.


« Ne bouge pas » j’ai dit. Il s’est immobilisé. Niagara l’a regardé, pour le rassurer encore. J’ai tourné mon pied plus rapidement, l’ai fait glisser dans la longueur, arquant les orteils, insistant sur le périnée et ramenant ses testicules vers le haut. La zone était brûlante, douce et poreuse, imbibée de mouille et de sueur. À ce point de chaleur et d’humidité les chairs semblaient se confondre et former un même corps. Le voisin a brusquement posé les mains sur les hanches de ma tante, serré, faisant jeter la tête de Tati en arrière, avec ses longs cheveux dans l’air. Mes gestes lui étaient manifestement plaisants. Je me suis tournée vers Niagara, l’interpellant du regard. J’insistai — il fallait qu’elle me parle.



Le voisin me souriait maintenant. J’étais contente. « Ne bougez pas ! », et je me suis levée et accroupie près d’eux, près de la jambe de l’homme. Et j’ai changé d’idée, enfilé à nouveau mes mules bleues et mes genoux se sont posés à terre. Légèrement dégagés de l’ouverture, mes orteils disparaissaient sous la bride. Cela créait un espace entre la cambrure de mes pieds et la semelle qui grimpait jusqu’au sommet du talon, posé sur le sol. En réalité je n’étais presque pas dans mes chaussures, et de surcroît tout cela leur était invisible à cause de ma jupe. C’était mon petit cinéma à moi, que je voyais sans regarder, une petite mise en scène personnelle qui, de plus, les maintenait dans l’attente. Je me suis assise sur mon propre talon, calant le tendon d’Achille contre mon clitoris, voilà, pour m’imaginer la vision. Ensuite je me suis à nouveau occupée d’eux, un bras passé de chaque côté de la jambe masculine j’ai saisi les couilles du voisin et posé l’autre main sur le haut des lèvres de Niagara. Surpris l’homme a été pris d’un sursaut et, si cela était possible, s’est enfoncé davantage. Une plainte est venue du haut du canapé. Niagara me regardait par dessous son corps maintenant, la moitié du visage cachée par un des ses seins. Leur bout pointait vers le vide. Leur dureté, bien visible, semblait les y attirer. Ma respiration s’est accélérée en voyant Niagara derrière ses seins avec ses longues mèches brunes et j’ai alors commencé à lui chatouiller doucement le clitoris. Je serrais fort les testicules du voisin de l’autre main.


La dilatation du prépuce dans le vagin de Niagara devait prolonger son action, continuer son œuvre, et pour l’intensifier j’ai demandé au voisin de concentrer ses forces vers son gland, de les faire se rencontrer toutes dans l’épaisseur de sa queue, de serrer les fesses et de bander les muscles de son périnée. La contraction de ses abdominaux a été immédiate ainsi qu’une longue plainte de Niagara à mesure que le sexe se dilatait encore en elle. De mon côté je sentais la chaleur de ma vulve sur mon talon mouillé, c’était extrêmement agréable. Au bout de sa plainte ma tante a crié, ma caresse s’est accentuée sur son bouton et j’ai serré davantage les testicules :



Et le type murmurait des oui sans suite, sans début ni fin, alors que ma main agitait ses couilles et mes doigts, de l’autre, étreignaient le clitoris de Niagara. Celle-ci eut un premier orgasme (premier, en tous cas, depuis que je m’étais agenouillée et avait entrepris tous ces gestes), suivi d’un autre après que le voisin lui aie empoigné fermement les fesses en éjaculant au fond de son intimité, le pubis collé à sa raie. Je l’abandonnai ensuite ainsi que le clitoris et me glissai sur le canapé sous le corps de ma tante. Mon nez venait de frôler son téton, puis ma langue cette même pointe. Le visage à demi enfoui dans sa chevelure je passai ma langue dans sa bouche et nous nous embrassâmes.


Je me suis vite dégagée car mes cuisses ouvertes avaient relevé ma jupe et le voisin avait commencé à me caresser. J’ai refusé sèchement ses gentillesses. À son grand étonnement je me suis levée, et éloignée, en défroissant ma jupe du plat de la main. J’ai repris mon livre au passage et réintégré ma chambre.


Oui ! Ce soir-là, j’étais fière de mon œuvre et — même si un orgasme m’avait traversée — comblée.




lundi 29 novembre 2004)