| n° 08103 | Fiche technique | 5668 caractères | 5668Temps de lecture estimé : 4 mn | 13/11/04 |
| Résumé: L'histoire d'une vision | ||||
| Critères: f amour volupté humour | ||||
| Auteur : Ed Benelli (Heu... présentation? auteur en devenir!) Envoi mini-message | ||||
Bon d’abord pour la catégorie, j’étais pas trop sur du "soft" ou du " non-érotique". J’ai opté pour le soft. Le lecteur part déjà avec une idée plus sensuelle. Bonne lecture! (faites part de vos commentaires si possible, on n’avance pas si on ne sait pas)
Vous connaissez probablement ce genre de nuit mémorable où le temps s’arrête, enfin. Cette soirée-là, qui est devenue une nuit, puis une nuit blanche et une très mauvaise journée, en fait partie.
(Comme tous mes vieux profs me disaient : écrit donc au présent, c’est toujours plus "punché" et plaisant! Ainsi soit-il…)
10 juillet, 23h00
Je suis dans ma chambre, au milieu de mon appartement. Mes colocs sont en vacances ou ils travaillent et de toute manière je m’en balance. Moi et Sarah seulement. Elle dort déjà. Dur dur être vendeuse…
Nocturne plus qu’autre chose, je veille encore. La porte est ouverte, j’entends le vent qui souffle dans les rideaux d’une chambre voisine. Cette brise infiniment douce qui berce votre existence et qui ressemble étrangement au souffle de votre mère. Le ronron du réfrigérateur et le bruit d’une tardive conversation de balcon arrive de loin au fond de l’appartement, un cinq et demi tout frais peinturé.
Dans ma chambre, seule mon écran d’ordinateur répand une étrange lumière bleuté, mélangé à l’éclat laiteux de la lune, qui éclaire mon lit, sous la fenêtre sans store ni tenture. Dans mon coin, je lis les nouvelles sur l’Internet. Je viens tout juste d’arriver du travail, j’ai silencieusement ouvert l’ordinateur, priant pour ne pas voir les douces paupières de Sarah s’agiter.
Sur l’épais édredon bleu offrant un magnifique loup gris, ma perle dort. Nue, couchée sur le côté, ses petites mains si agiles sont sous son visage magnifique, irisé de lumière lunaire. Sa peau à peine hâlée, au galbe fin et merveilleux appelle à un effleurement, même un bruissement des doigts. Elle appelle à ce qu’on l’hume avant même d’y poser la main.
Un visage angélique, une bouche riante, aux lèvres fines et savoureuses. Au coeur même de nos ébats, elles s’entrouvrent et poussent de légers gémissements qui me comble d’aise.
Des joues à fossettes. J’aime y poser le nez et oublier. On aurait dit qu’elles étaient faites pour y atterrir. Un nez droit et coquin, toujours à fouiner dans de vieux tiroirs poussiéreux de votre âme et y déceler ce qui ne fonctionne pas.
Un cou gracile, à couvrir de baiser et à mordre amoureusement quand on y tient plus de le voir se dodeliner et pousser des soupirs.
Son ventre plat et doux, le creux du nombril, une invitation magistrale à y poser un baiser.
Ses seins menus, tout rond et ferme, dont je ne vois les aréoles par un bras ramené devant - mais dont j’imagine tellement bien le grain - ne donne envie que de s’y endormir.
Des jambes fermes et fines, une musculature tout en souplesse, capable de bien des fantaisies.
De petits poils blonds au-dessus d’un sexe élaguer de toute autre pilosité. Un sexe soyeux, accueillant et chaud, quelquefois pour mon plus grand bonheur et ma fierté, humide d’un désir brûlant qui ne se voit autrement que dans ses prunelles vertes. Quand je vois ces yeux posés sur moi, je fais probablement partie des plus heureux des hommes.
La chute des reins. De mon angle de vue, je ne peux qu’y ancrer les yeux. Gracieuse. Tout simplement. Elle n’a besoin d’aucun autre minable adjectif comme magnifique ou merveilleuse. Je pourrais y égrainer toutes mes heures. Là, il y a tout! La naissance d’une fesse rebondie et charnue, un dos cambré à la perfection, les cheveux y cascadant à souhait. De la chute des reins, on voit le ventre et les seins, on descend sur le sexe. Moi, je n’y vois que paroxysme de la beauté et de la grâce.
Mon lit est l’hôte veinard d’un être pur et beau. Simplement beau.
Sarah, je ne le vois pas que là, nue sur mon lit, et où j’abîmerai ma nuit. Sarah, je la connais comme une jeune femme forte et souriante (le sourire qui tue, et oui!).
Bercée par la nuit, créature de soleil, elle ne me diffuse que paix et bien-être. Je me souviens avec bonheur d’après-midi glacials passés à l’intérieur, enlacés. Je souris au coeur de cette jungle urbaine endormie, au souvenir de ballades imprévues en voiture, bien souvent terminées sur la banquette.
Enfin, Sarah, c’est celle qui n’est pas toujours si forte et que je me complais à réconforter, caler dans le creux de mes bras. C’est celle qui a peur, qui est angoissée et qui parfois souffre. Autant je le suis. Autant ses bras si bons me serrent et autant ses mains viennent farfouiller mes horribles cheveux. Mais peut-être mon orgueil est-il trop grand pour qu’elle me réconforte aussi souvent que je le fais pour elle… Peut-être…
En fait, le seul être perclus d’aise maintenant, c’est mon lit. Parce que lui n’a pas à se poser de questions sur une vue aussi troublante de vérité et de pureté.
Si je disais que j’allais avoir une mauvaise journée, c’est parce que passé une nuit entière à observer votre amour se tourner et se retourner sur votre lit, sous la lumière blanche de la lune, n’aide certes pas à trouver le sommeil réparateur pour entamer une autre journée de travail.
Ce lendemain-là fut un calvaire. Au moins il restait ma soirée…