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n° 07846Fiche technique24171 caractères24171
Temps de lecture estimé : 14 mn
03/10/04
Résumé:  Une jeune fille emballe un jeune homme qui espère mettre fin à son problème existentiel : il est puceau.
Critères:  fh jeunes campagne amour volupté humilié(e) revede cunnilingu init ecriv_t
Auteur : Gienne      
Le clitoris rédempteur



Kevin avait 18 ans, il était beau comme un enfant, fort comme un homme. Mais il était puceau, et rien d’autre ne comptait dans l’univers.

Cependant, pouvait-on encore vraiment dire qu’il était puceau ?…

Tenter de répondre à la question serait raviver un souvenir trop douloureux.


Fiché sur son vélo, il parcourait les routes d’une campagne qui ne semblait habitée que par quelques vaches. Kevin ne voyait plus ce paysage qu’il connaissait par cœur. Il venait de fuir le camping où ses parents l’avaient traîné comme tous les ans, désireux de s’aérer pendant une heure ou deux. Il venait de fuir parce que ses pensées, tout entières tournées vers le sexe, la puceautude, la honte, le désir, le à quoi ressemble un clitoris, l’ai-je bien vu l’autre fois, ces pensées récurrentes lui avaient de nouveau déclenché une puissante érection.

Or Kevin, dans un sursaut de virilité pré-estivale, s’était avant les vacances débarrassé de tous les slips que lui avaient jusqu’ici imposé ses parents, et fait l’acquisition d’une panoplie de caleçons, ce qu’il jugeait plus sexy. Las, sous un short et un caleçon pas très serré, une érection se devine aisément, quand on ne la voit pas carrément. Ce souci technique imprévu contraignait Kevin à fréquemment masquer le fruit de ses cogitations répétitivement libidineuses.

Il faut dire que le camping, sans doute affecté par un quelconque micro-climat, n’accueillait généralement que des vieux, pas même accompagnés de leurs petits-enfants. Quel charme pouvaient bien trouver les parents de Kevin à ce lieu de vacances, nul ne peut le dire. Quels charmes y dénichait Kevin, on peut en revanche l’estimer assez précisément : que dalle.


Kevin tentait de tromper son excitation en se concentrant sur la conduite de son vélo, et emprunta un chemin de terre qui traversait un bois. Cahoteux et pentu, il obligeait Kevin à ramener toute son attention sur son équilibre, et le tissu de son caleçon put se détendre un peu.

Mais soudain, un quart de moitié de seconde fit tout basculer. Un coup d’œil furtif sur la droite, une main actionnant pavloviennement le frein, et Kevin fut expulsé de son vélo en passant au-dessus du guidon.

La raison de son accident, la voici : une longue chevelure brune entraperçue et, entraperçu plus brièvement encore, le corps nu et hâlé qui, fort logiquement, se trouvait en dessous, allongé près d’un petit étang en bordure du bois.

Elle ! Celle qui, à la fête du village voisin du camping, lui avait fait une œillade ! Ou peut-être avait-elle une cochonnerie dans l’œil, peut-être sa paupière avait-il un tic nerveux… Non, c’était une œillade, il en était sûr ! Il en était resté pétrifié d’étonnement, de bonheur, de peur aussi, à tel point qu’il n’avait presque plus osé la regarder, craignant de déborder de désir, craignant sa félicité. Du coup, si jamais elle s’était intéressée à lui ce soir-là, elle avait fini par renoncer à accrocher son regard. Tout juste avait-il appris son nom en passant près du groupe de copines dont elle était : Christelle.

Mais elle était là, seule et nue…

« Merde je saigne…

« Si elle me voit… »


« Ça va ? »


Kevin tourna un regard apeuré vers la bouche qui avait prononcé ces paroles. Cette bouche était magnifique. Et ce n’était rien à côté des yeux. Kevin en convint intérieurement, mais il se crut obligé de rabaisser son regard à hauteur de la poitrine pour vérifier qu’elle aussi était à la hauteur de ses espérances. Elle l’était, mais masquée à présent par une fine robe rouge.



Kevin ne faisait que bredouiller. Ses yeux hagards oscillaient entre le visage mutin et les seins non moins riants de sa secouriste. Il semblait comme victime d’une commotion. Il l’était en effet, mais cela n’avait rien de physique.

Encore que les conséquences physiques de cette commotion d’un genre particulier ne tardèrent pas à apparaître. Voyant le short de Kevin changer de forme, Christelle le fit immédiatement remarquer en riant de bon cœur :


« Et bien, tu as déjà récupéré, on dirait ! »


Kevin avait à peine eu le temps de se remettre et de goûter son bonheur qu’elle l’avait de nouveau pétrifié. Peinée peut-être de l’avoir gêné, Christelle prit alors un air tendre et approcha son visage de celui de Kevin. Elle resta un instant tout près de lui, leurs bouches séparées d’un baiser seulement. Leurs souffles tendus se mélangeaient. Puis, semblant prendre une décision, Christelle ferma les yeux et apposa doucement ses lèvres sur celles qui lui faisaient face.

Le baiser dura. Dura… Peu habitué aux techniques de respiration, Kevin dut y mettre fin le premier pour ne pas s’étouffer, malgré un affreux déchirement intérieur. Reculant son visage, Christelle le regarda de son air tendre et malicieux, protectrice et provocatrice tout à la fois. Elle prit la tête de Kevin entre ses mains, l’abaissa, et déposa un chaste baiser sur le front de Kevin, baiser qui n’eut pas cependant que de chastes effets dans les tréfonds intimes du bénéficiaire. Puis, tenant toujours la tête de son amant soudainement improvisé, Christelle la guida jusqu’à la naissance de son décolleté, et prit une large inspiration qui gonfla sa poitrine.


Précipité dans l’abîme de ce décolleté et de son désir brûlant qui semblait devoir enfin s’assouvir, Kevin fut pris d’un vertige démesuré. Il souhaita d’un coup retourner dans un berceau téter un innocent biberon, plutôt que de satisfaire la prière de ces deux tétons qui se redressaient sous son souffle.

Une boule monta dans sa gorge en même temps que le souvenir bouscula son cerveau. Cette nuit… Cette nuit où il avait tout gâché, trop orgueilleux et trop honteux, tellement dépité de ne pas satisfaire à l’image virile qu’il s’imaginait devoir donner, dépité à en être furieux, à détester la terre entière…

C’était une jeune étudiante, c’est-à-dire qu’elle était tout de même un peu plus vieille que lui. Elle s’appelait Léa et était ronde, de ces rondeurs sensuelles dans lesquelles on voudrait s’évanouir d’un coup. Elle s’offrait… Sans malice, sans défi, simplement guidée par l’envie, mais lui voyait du défi partout.


Surexcité par l’atmosphère brûlante qui emplissait la minuscule chambre de bonne de Léa, il virevoltait d’un point à un autre du corps nu de sa partenaire, suçotait un sein, caressait le ventre, sa bouche parcourait les flancs, sa main remontait, redescendait, sa bouche devenait sa langue, il tremblait de partout, fébrile, plein de peur et de désir, galvanisé par les gémissements de Léa dont il s’estimait responsable. Parti du triangle de Léa, Kevin fit remonter sa langue le long du buste, s’attarda de nouveau sur l’enivrante poitrine, s’enfouit dans la gorge, puis réapparut au bout du menton de sa partenaire, avant de s’écraser sur sa bouche.

Alors, en moins d’une seconde, ce qu’il considérait comme le drame de sa vie se produisit : son pénis enflammé avait frôlé le clitoris de Léa, qui décocha illico un nouveau gémissement, lequel brisa définitivement la résistance de Kevin face à l’irrésistible montée de sa jouissance. Il se déversa dans le slip qu’il avait encore sur lui.


Etouffant un sanglot de rage, Kevin bredouilla en s’excusant : « Je… je dois aller aux toilettes. J’arrive. » Les toilettes étant sur le palier, il se rhabilla rapidement.

Léa fit semblant de ne pas voir que Kevin emportait toutes ses affaires, y compris son sac qui ne lui serait d’aucune utilité aux toilettes. Sans se retourner, Kevin ouvrit et ferma la porte de la chambre, bien décidé, dans sa fureur, à ne plus y revenir.


Trois étages plus bas, il s’arrêta net. Et si ça n’était pas si grave ? Si elle lui pardonnait ?…

Il remonta doucement les marches, approcha silencieusement de la porte de la chambre de bonne. Il allait frapper, préparant un mot d’excuse, un mot d’humilité, quand un bruit étrange l’arrêta. Un gémissement continu. Un gémissement de plaisir, qui s’amplifiait en saccades successives. Kevin s’agenouilla, regarda par le trou de la serrure. Et ce qu’il vit lui fit terriblement mal au cœur, même si une nouvelle secousse de plaisir emplit son pantalon : demeurée allongée sur le dos, dans la même position que celle où il l’avait laissée, Léa partageait les doigts de sa main droite entre son clitoris et son vagin, tandis que sa main gauche arpentait son corps, la caressait de ses cheveux jusqu’à l’intérieur de ses cuisses. Tétanisé, hypnotisé, Kevin la regarda jusqu’à ce qu’elle se cabre, domptée par l’orgasme qu’elle, et elle seule, s’était prodigué.

Jamais Kevin ne s’était senti aussi excité, ni aussi humilié.


Entre Léa et Christelle, il s’était passé six mois. Kevin avait 18 ans, ça le rendait presque impuissant, d’incertitude.

Mais tout à coup, le nez toujours plongé dans les seins de la nymphe découverte au détour d’une chute de vélo, Kevin secoua ses neurones, remisa le vieux cauchemar, décida de se reprendre, de profiter de la nouvelle aubaine, de cette preuve que le Dieu du sexe lui avait pardonné, d’être victorieux cette fois. Kevin avait 18 ans, et seul le bête argument de la victoire guidait ses premiers émois.

Du moins se forçait-il à le croire, cherchant à assujettir les sensations infinies qui s’emparaient de lui sous le fouet unique de la performance.

Relevant la tête, fixant Christelle d’un regard devenu intense, il glissa sa main dans la nuque de la déesse rédemptrice, et plongea sa langue dans la bouche voluptueuse, la faisant fourrager, tournoyer, ignorant la douceur, ignorant les plaisirs de la progression… Mais après tout ce n’était pas si désagréable non plus, songea Christelle.


Christelle, du haut de ses 19 ans, avait déjà deux ans d’expériences derrière elle, entrecoupés de silences des sens de plusieurs semaines voire de plusieurs mois. Mais jamais elle ne s’était sentie frustrée, chaque retrouvaille avec elle-même étant une occasion de s’explorer davantage, d’investir de nouvelles sources de plaisir, d’inventer en confiance des caresses sublimes. Tant et si bien que chacun de ses nouveaux amants pouvait, s’il y prêtait attention, lui donner plus de plaisir que les précédents. Elle recherchait le sexe, sans hargne, sans impatience, sans défi : il n’y avait rien, pour la guider, qu’une curiosité gourmande.

La première fois où elle avait vu Kevin, elle avait tout de suite été attiré par son visage fin, quasi angélique. Et les tentatives de ce dernier pour se donner des airs virils, de par leur maladresse, avaient confirmé le verdict : il était mignon, et désirable. Elle l’avait oublié le jour de la fête du village, happée par ses copines. Mais elle décida immédiatement de profiter de l’occasion lorsqu’elle vit Kevin tomber de vélo, vite remise de la honte d’avoir été vue nue.

Kevin suintait l’inexpérience, mais cela ne rebutait pas Christelle. Ce n’était pas qu’elle voulait se faire maîtresse d’école du sexe, une espèce d’initiatrice ; tout simplement, elle le trouvait encore plus craquant.


Christelle répondit à l’intense patin de Kevin par de riants lapements, sur le menton, dans le creux de la joue, sur les lèvres, sur les yeux, dans les lobes des oreilles, puis de retour sur les lèvres, aguichant la langue de Kevin par de courtes et humides léchouilles.

Kevin, pris d’une étrange inspiration, baisa le menton de sa rédemptrice, puis le prit à pleines dents, baladant sa langue sur les frêles contours du menton, s’attardant dans la fossette… « Pourquoi pas », songea Christelle, étonnée. Elle décida de retourner le traitement, mais en s’attaquant à une zone érogène plus traditionnelle du garçon, à la base de son cou. Kevin en gémit, tendit ses muscles, gonfla sa poitrine. Contente de son effet, Christelle appliquait un suçon méticuleux, tandis qu’elle glissait sa main sous le tee-shirt de sa victime plus que consentante. Kevin avait les paupières closes, comme pour goûter le plaisir de l’intérieur. La jeune fille joua avec les poils naissants entourant le nombril puis, remontant vers les tétons, décida d’enlever le tee-shirt. Ceci fait, elle arracha un nouveau gémissement à Kevin en apposant sa langue malicieuse sur le sein droit.

Elle le fit s’allonger sur le dos. Seule la colline à hauteur du short dépassait du svelte relief du corps de Kevin. Mais ledit relief subissait un tremblement de terre qui régnait de la pointe des doigts de pied jusqu’à celle des cheveux. Emue par le spectacle, Christelle cessa ses caresses et se releva pour le contempler. Sentant son corps abandonné à lui-même, Kevin rouvrit les yeux. Un nouveau frisson le parcourut quand il s’aperçut que Christelle avait défait les bretelles de sa robe, et descendu celle-ci jusqu’au nombril. Un buste à la fois ferme et lascif s’offrait à son regard.


Le regardant droit dans les yeux, Christelle, demeurée debout, fit glisser doucement sa culotte, masquant toujours derrière sa robe ce qui pour Kevin constituait une promesse d’amour et de virilité retrouvée. Puis, tout doucement, avec un regard de plus en plus coquin qui fascinait et terrifiait son destinataire, elle s’allongea sur le corps frémissant de Kevin.


Il l’enlaça immédiatement, fougueusement et pourtant timidement, comme si ses mains incrédules voulaient tâter le bonheur pour le valider. Leurs langues entrelacées parvenaient à peine à pousser de brefs gémissements, tandis que sous le short très élastique, les ardeurs de Kevin cherchaient déjà celles de Christelle, qui les avait complètement découvertes. Continuant à embrasser sans relâche, Christelle prit la main de Kevin, la fit descendre jusqu’au bas de sa robe, puis la fit remonter, mais en dessous. Saisi d’une indescriptible frénésie, le garçon empoigna la fesse promise comme un chasseur attrape son gibier.

Goûtant peu ce genre de brusquerie, Christelle décida de calmer le jeu en détachant son corps de celui de son amant. S’asseyant sur lui, elle lui décocha un regard où se lisait une pointe de fâcherie. Puis ses yeux retrouvèrent une bienveillance espiègle. Se penchant en avant au-dessus du torse de Kevin, lui prenant les mains et lui mettant les bras en croix, elle appliqua de sa langue mille petites piques de plaisir sur le torse brûlant du garçon. À chaque coup de langue elle descendait d’un centimètre environ. Elle en arriva au short. N’osant à peine imaginer ce qui allait nécessairement arriver, Kevin pensa qu’elle continuerait son jeu en embrassant son short.


Plus pragmatique, Christelle lâcha les mains du garçon et fit baisser l’élastique du short, embarquant le caleçon dans le même élan, et découvrit d’un coup le polichinelle triomphant que Kevin, de toute façon, avait eu tant de mal à dissimuler. La jeune fille acheva d’enlever tout ornement vestimentaire à son amant, puis remonta le long des jambes par une longue caresse…

Pour s’apercevoir que le polichinelle était redevenu soudain d’une timidité peu commune, recroquevillé en lui-même. Elle plongea ses yeux dans ceux de Kevin ; elle y lut la tétanie. Libérant un sourire dont elle avait le secret, un sourire de réconfort et de friponnerie, elle entreprit de charmer ce serpent qui se voulait anaconda et se faisait soudain couleuvre.

En se saisissant doucement des testicules de Kevin avec sa main, elle obtint un premier frémissement. En apposant un doux baiser à la base du pénis, elle en obtint un second. Lorsqu’elle fit remonter sa langue jusqu’au gland, elle avait déjà transformé un terrain vague en tour de Pise. Il lui suffit d’engloutir une fois ladite tour de Pise pour la transformer en tour Eiffel.


Deux ou trois lents aller-retour sur le monument faillirent transformer la tour Eiffel en derrick explosif. Christelle s’arrêta donc tandis que Kevin semblait essoufflée. Happée par son désir croissant, elle ne laissa qu’un faible temps de récupération au garçon. Elle se plaça de nouveau sur lui, à califourchon, frottant son clitoris enflé de désir sur le pénis incandescent de Kevin. La gorge gonflée de gémissements, ce dernier ne put même pas avertir sa partenaire de l’imminence de son orgasme. Christelle avait fermé les yeux, ondulait du bassin, et ne fut alertée que par les saccades d’humidité qui prirent d’un coup possession de son bas ventre. « Oh non. Décidément… » fut sa très réfrigérante première pensée.


Avec une déception qu’elle ne pouvait dissimuler, Christelle se détacha du corps défaillant de Kevin, arracha quelques feuilles d’arbre et se nettoya.

D’abord écrasé de honte, anéanti par sa virilité humiliée, Kevin la regardait faire d’un œil vitreux.

Mais, émergeant rapidement de son ahurissement, il ne fut cette fois saisi par aucune envie de prendre la tangente. Il considérait Christelle dans sa nudité simple, et éprouva un mélange de tendresse et de compassion pour le désir inassouvi de celle en qui il avait vu sa rédemptrice. Sa rédemption était perdue, du moins pour cette fois. Cessant de voir en Christelle l’incarnation de sa virilité retrouvée, il ne vit plus qu’une jeune fille adorable aspirant à un plaisir qui lui avait été dérobé.

Kevin se leva, vint coller son corps nu au corps nu de Christelle, et déposa un baiser très doux sur ses lèvres. Elle y répondit plus par politesse que par désir.

Kevin insista, mais doucement ; il commença à la caresser, presque imperceptiblement ; il réinventait du désir, subrepticement. Les sens de Christelle, redevenus en alerte, avaient éliminé la politesse froide. Simplement, elle se laissait faire.

Kevin la fit s’allonger. Elle ferma les yeux, toute à son intention de ne plus rien initier. Les premières caresses de Kevin partirent des doigts de pied. Des doigts subtils et des baisers légers remontèrent tout le corps de Christelle, d’abord sur les flancs. Puis Kevin fit glisser ses doigts sur le visage de son amante, descendit dans le cou, y déposa un baiser humide, remonta par la nuque, redescendit par le visage. Puis un temps indéfini, fait de multiples circuits imaginés dans l’instant par ses doigts et sa langue, fut consacré aux seins de Christelle, qui semblaient ne pas pouvoir s’arrêter d’enfler de plaisir. Le ventre était déjà brûlant quand Kevin le traversa de ses lèvres vaporeuses.


Arrivé à destination de l’organe qui l’avait achevé quelques minutes plus tôt, il le contempla un moment, ainsi que les lèvres qu’il surplombait, profitant de l’espèce de plénitude qui s’instaurait, fasciné par ce qu’il avait toujours tant désiré et si peu vu.

Il abandonna quelques baisers dans le creux des cuisses de Christelle avant d’apposer ses lèvres sur le clitoris embroussaillé. La réplique fut un durcissement soudain de tous les muscles de Christelle ; un cri sourd et rauque de surprise. Il relâcha la pression ; déposa un autre baiser ; relâcha ; un nouveau baiser ; relâche ; puis minuscule coup de langue, qui arracha cette fois un gémissement à Christelle.

Alors suivirent dix minutes où Christelle crut avoir affaire à un artiste subitement révélé ; à un novice soudainement touché par le doigt du Dieu du cunnilingus. Dix minutes pendant lesquelles Kevin laissa son imagination qui semblait infinie s’incarner dans sa bouche et sa langue, et se déployer sur les chairs écarlates, dominées par un noir triangle, de son amante.

De grands et langoureux coups de langue laissaient la place à des petites touches irrégulières. Cette langue agile, légère, virevoltante, faisait des escapades sur les rebords des lèvres, amusait le clitoris, plongeait dans le vagin, ressortait pleine de liquide et d’excitation, reprenait ses pérégrinations interminables sur ces quelques centimètres carrés. Kevin eut l’idée de mêler un doigt à l’affaire, mais un geste de Christelle lui fit comprendre que son seul outil devait être sa bouche.

Pas d’appendice supplémentaire ; lèvres contre lèvres, langue contre clitoris, le tout noyé dans un océan de salive et cyprine mélangées, dominé par les halètements de Christelle.


Soudain Kevin eut l’idée de s’arrêter net. L’entre jambes de son amante soudain silencieuse répondit à cet arrêt par une contraction inquiète, suppliante.

Alors Kevin, esquissant un sourire, rapprocha sa tête du cœur du plaisir de Christelle – il n’avait jamais compris l’importance du clitoris avant aujourd’hui –, saisit le petit bout de chair entre ses lèvres, le cala doucement de manière à ce qu’il ne puisse plus bouger. Puis sa langue se mit en marche, passa une fois sur ce nœud du plaisir, puis une deuxième fois, le clitoris était toujours prisonnier de ses lèvres, et sa langue passait, repassait, titillait, suçait, léchait, pressait sans cesse, jusqu’à ce que Christelle crût trépasser de plaisir. De violents frissons la parcoururent, elle se cambra dans un sens, puis dans l’autre, comme si elle cherchait à fuir l’orgasme tellement il était puissant.

Elle continua de trembler pendant plusieurs minutes tandis que Kevin, trempé et heureux, distribuait encore par-ci par-là divers baisers et quelques coups de langues.


Un quart d’heure plus tard, le sentiment de plénitude n’avait pas quitté Christelle, mais elle avait fini par se résoudre à remettre ses vêtements. Quant à Kevin, c’était différent ; il était déjà rhabillé. Il savait qu’il avait été traversé par une inspiration de génie, mais à présent il était comme en pleine descente. Son éjaculation incontrôlée lui revenait en mémoire, concurrençant sérieusement la fierté auréolant son cunnilingus. Sentant que la jeune fille, radieuse, lui serait favorable, il osa lui poser une question qui lui tenait à cœur :



Effectivement radieuse, épanouie, peu encline en ce moment à masquer ses sentiments, Christelle pouffa sans même chercher à réprimer son rire. Elle allait prendre Kevin dans ses bras et l’embrasser quand celui-ci, subitement pris d’une rage incontrôlable, hanté de nouveau par tous ses fantasmes de virilité, lui décocha une baffe. En un quart de seconde, il vit l’énormité de son geste, les yeux résolument dégoûtés de Christelle, le bonheur perdu, tant et si bien qu’il ne vit pas en revanche le pied de Christelle s’enfoncer dans ses parties qui avaient été défaillantes.

Christelle partit sans un mot, sans un regard pour le jeune homme, plié et violet.

Ils ne se revirent plus jamais.