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n° 07834Fiche technique12310 caractères12310
Temps de lecture estimé : 8 mn
02/10/04
Résumé:  Prendre un taxi peut devenir une aventure hors du commun
Critères:  fh inconnu volupté revede exhib lingerie fellation ecriv_f
Auteur : Eugénie      
Taxi...



Elle sursaute dans son lit. Combien de temps s’est elle rendormie ? Elle jette un regard inquiet vers le réveil qui indique 6 heures. Exactement l’heure à laquelle elle devrait quitter son appartement pour se rendre à la radio, pense-t-elle en sautant du lit. Sans réfléchir davantage elle court sous la douche. Le savon parfumé à la pêche mousse sur son corps bronzé. Malgré la précipitation elle savoure ce premier moment de volupté de la journée. La tête renversée en arrière, elle s’offre, quelques minutes durant, à la pluie chaude qui l’enveloppe et laisse sa peau fraîche et douce. Une serviette autour de la taille elle cherche maintenant une petite culotte propre dans le tiroir de sa commode. Sa main rencontre un slip de dentelle bleu pale. Adjugé !Pas le temps de mettre de soutien-gorge… tant pis se dit-elle en enfilant la robe noire qu’elle portait la veille. Une robe au décolleté profond qui lui a plutôt réussi hier soir auprès d’Alberto, pense-t-elle en se remémorant le dîner chez le jeune réalisateur. Une soirée qui n’avait de dîner que l’intention, puisqu’ils l’ont abandonné juste après l’apéritif pour se livrer en privé à d’autres plaisirs de chair. Les cernes, sous ses yeux trahissent le manque de sommeil, mais un rayonnement intense de son regard rattrape le tout en lui donnant un air à la fois lascif et mystérieux. Déjà 6h30, elle sera en retard, c’est sûr !


Elle compose le numéro de la borne de taxi. Une voix chaude à l’accent hispanique lui répond. Elle donne son adresse. Une Mercedes gris métallisé sera devant chez elle dans 5 minutes. Elle se brosse énergiquement les cheveux et étale une noisette de crème hydratante sur son visage. Pas le temps de se maquiller, quoique… elle glisse un tube de rouge à lèvres, un poudrier et un flacon de mascara dans son sac… elle aura le temps dans le taxi. Elle ne retrouve pas la phrase de Baudelaire à propos des femmes sans maquillage…


Elle pousse la porte d’entrée de l’immeuble. Le taxi l’attend. Le chauffeur est grand, mince, il a la peau mate et une épaisse chevelure noir de geai retenu en catogan sur la nuque. La journée commence bien pense-t-elle alors qu’il referme la portière. Elle trouve charmant qu’il ait pris la peine de descendre lui ouvrir bien qu’elle n’ait pas de bagage.



Elle ne répond pas.


De son sac, elle a sorti un miroir de poche et commence à appliquer la poudre sur son visage. La voiture file vers la place de la Nation. Elle s’attaque maintenant aux cils qu’elle gaine d’un noir profond à l’aide de la petite brosse imbibée de mascara. Elle termine par la bouche, son étape préférée. Elle commence par en dessiner le contour avec l’arrête du bâton de rouge. Puis elle applique généreusement la couleur sur la pulpe des lèvres et sa bouche se transforme en fruit mûr. Elle vérifie le résultat dans le rétroviseur où elle croise le regard de braise du chauffeur. Elle plonge son regard dans le sien. Il ne sourit pas, elle non plus. C’est comme une décharge électrique qui lui parcoure la moelle épinière jusqu’au creux des reins. Le temps est suspendu. Soudain la voiture fait une embardée. Le périphérique est désert mais le chauffeur vient d’éviter, par un habile coup de volant de percuter la rambarde de sécurité. Elle ne bronche pas. Il ne s’excuse pas, mais garde les yeux rivés sur la route et les mains crispées sur le volant. La voiture atteint la porte de Clichy. L’horloge du tableau de bord indique 6h52 en chiffres rouges. Elle compose le numéro du Studio sur son téléphone portable. La voix de Fabrice, son complice et réalisateur de l’émission lui répond.



Une fois la communication terminée elle demande au chauffeur de mettre la radio sur le 93.9.Il est 7H pile. « C’est Starter présenté par Fabrice et Eugénie, nous vous accompagnerons jusqu’à 10 heures », annonce Fabrice avant d’envoyer un titre d’Alain Bashung : Madame rêve… Il est question d’arrière des berlines… Comment a-t-il deviné?


La Mercedes s’engage maintenant sur l’avenue de Clichy. Elle regarde les mains du chauffeur sur le volant. Elles sont longues et fines. Ses gestes sont précis. Elle ferme les yeux un instant les imaginant sur son ventre. Je vous laisse ici mademoiselle ?La voiture s’arrête à l’angle de la rue Clairaut. Le compteur indique 18 Euros. Elle lui tend un billet de vingt et descend sans attendre la monnaie. Elle s’engage en courant dans la rue pavée qui conduit à la radio. Elle n’a pas entendu la voiture redémarrer et croit sentir le regard insistant du chauffeur sur elle. À l’instant où elle pousse la porte du n° 12, elle ne peut s’empêcher de jeter un œil au coin de la rue. Le chauffeur qui la suivait du regard lui fait un signe de tête et la voiture s’éloigne. Bien qu’elle soit enfin arrivée à destination, la course a un goût d’inachevé. Combien de temps mettra -t-il avant de découvrir le portefeuille de cuir rouge qu’elle a abandonné, intentionnellement, bien en évidence sur la banquette arrière de son taxi ? A l’intérieur, elle a laissé juste une carte de visite, 50 Euros et une photo d’elle, prise à la dérobée par Jean-Louis au printemps dernier alors qu’elle bronzait intégralement sur une plage de Crète. Les dernières notes de la chanson de Bashung s’égrènent alors qu’elle descend l’escalier menant au studio. De derrière la console, Fabrice lui lance un bonjour jovial. Elle s’assied devant le micro et allume une cigarette. Prête pour 3 heures moins 5 de direct. Les chroniques succèdent aux reportages, les rythmes latinos, choisis par Fabrice s’intercalent entre les rubriques.


9 heures : c’est l’heure de la nouvelle érotique, mélanges de souvenirs personnels et de fantasmes inavoués. Celle de ce matin parle d’une rencontre insolite, elle l’a rédigée au sortir d’une nuit sans sommeil…Elle se plaît à imaginer le visage des auditeurs dont elle titille verbalement les sens à cet instant… Elle espère faire naître en eux des désirs qu’ils auront hâte de satisfaire, seuls ou accompagnés…


9h20 : Kader, le responsable technique, entre dans le studio avec deux verres de thé à la menthe. L’homme est grand à la peau mate avec un regard à la fois doux et pétillant. Sa silhouette longiligne lui rappelle celle de Majid, l’amour de ses 20 ans.




Le chauffeur du taxi a-t-il laissé l’autoradio sur la bonne fréquence ? Va-t-il se laisser tenter par l’appât laissé à son attention. Préfèrera-t-il garder les 50 Euros ou les échangera-t-il contre un sourire, un merci, un café ou davantage, qui sait … en compagnie de sa passagère ?




Dix heures moins 5 : les jappements d’Orus, le Labrador de Dominique, le réalisateur de l’émission suivante annonce l’arrivée des deux compères qui vont prendre le relais. Fabrice lance le générique de fin. Au rythme de le la basse de Paul Personne, elle souhaite une bonne journée aux auditeurs et leur fixe rendez-vous à la semaine suivante. Après l’avoir gratifiée d’un mot gentil, Guillaume, le spécialiste des nouvelles technologies s’installe à sa place et enchaîne avec l’énergie et l’enthousiasme qui le caractérise. Encore imprégnée de l’adrénaline sécrétée pendant les trois heures d’antenne, elle remonte l’escalier abrupt en compagnie de Fabrice pour découvrir la lumière du jour enfin levé. Le soleil leur saute au visage. Éblouie, elle plonge le nez dans son sac trop plein pour tenter de trouver les lunettes fumées qui épargneront à ses yeux bleu clair l’effet des rayons de l’astre insolent. Il lui faut pourtant se départir des verres teintés pour être sûre de ne pas halluciner…


Elle a cru reconnaître la Mercedes gris métallisé qui l’a déposée tout à l’heure. L’homme en blanc est appuyé contre le capot du taxi. C’est bien lui !Il ne lui manque que le chapeau, pense-t-elle amusée et surprise de n’avoir pas remarqué plus tôt son allure de gringo. Il lui semble encore plus attirant qu’il y a trois heures. Hypnotisée, elle dit machinalement au revoir à Fabrice et traverse la chaussée. Son chauffeur la suit des yeux. Sans un mot il contourne la voiture et lui ouvre la portière avant. Elle s’installe à la place du passager. L’homme en blanc se met au volant et démarre, toujours silencieux. De profil, il ressemble à un indien avec sa peau mate et son nez droit, prolongeant le front. Et toujours ses mains longues et fines sur le volant. Elle l’observe, attendant un geste, un regard, une invitation qui tarde à venir. Soudain le véhicule pile. Il a failli griller le feu rouge. Il se tourne vers elle. Son regard aiguisé la transperce. Il approche la main de son visage et lui effleure la joue. Elle sent les doigts glisser vers sa nuque. la pression se fait plus ferme et il l’attire vers lui. Elle ne résiste pas. Leurs lèvres se sont rejointes et leurs langues s’entrelacent en un balai parfait.


Un concert de klaxons met fin à leur baiser. Le feu est passé au vert. Il engage la première et la voiture redémarre doucement. Elle a posé la tête sur sa cuisse. Ses oreilles bourdonnent. Leur désir électrise l’atmosphère confinée de la voiture. Toujours sans un mot il défait la ceinture de son pantalon. Du jean blanc déboutonné jailli le sexe tendu, offert. L’appel est irrésistible. Elle le happe goulûment. Elle enfonce le sexe lisse et large dans le fond de sa gorge. La douceur du gland rencontre celle de son palais. Le jeune homme laisse échapper un gémissement rauque. Elle sent alors tressaillir son bas ventre et le plaisir inonder son sexe brûlant. Elle continue de sucer avec avidité le sexe de son partenaire en rentrant les joues et en recouvrant de ses lèvres les dents, de manière à établir un contact permanent avec le membre bandé.


La voiture roule toujours, le souffle du garçon est court, saccadé. D’une main ferme, il appuie sur la tête de la passagère. Presque étouffée par la queue dont elle perçoit les battements, elle la tète alors en aspirant le gland qu’elle imagine rouge vif à cet instant. Au hasard d’un changement de vitesse, il relâche la pression et elle peut alors reprendre son souffle. De plus en plus excitée, elle accélère le mouvement pour se caler sur le rythme des contractions involontaires de son vagin. Un long râle accompagne la giclée de liquide acide et salé qui lui emplit la bouche alors que le sexe du garçon lui échappe. Le taxi s’arrête. Elle aperçoit alors la boulangerie du coin de sa rue. Ses lèvres boursouflées lui font délicieusement mal alors qu’elle monte l’escalier qui mène chez elle. Une série de bips métalliques la tire d’un sommeil agité. Il est 5H38, le réveil qu’elle a éteint une première fois il y a 8 minutes exactement vient de re-sonner. C’est samedi matin, elle se prépare rapidement pour ne pas être en retard à la radio. Ce n’est qu’arrivée à la station de métro qu’elle s’aperçoit de la disparition mystérieuse de son porte feuille. Et que font donc sa carte bleue et ses papiers d’identité épars dans son sac… quand donc ont-ils bien pu quitter leur écrin de cuir rouge ?