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Temps de lecture estimé : 23 mn
29/09/04
Résumé:  Cendrillon, souvenir de Corse
Critères:  fhh fplusag couple extracon profélève vacances plage amour volupté exhib fellation init
Auteur : Restif  (L'homme qui aime les femmes)            Envoi mini-message

Série : Aux pieds de Cendrillon

Chapitre 05 / 07
Cendrillon, souvenir de Corse

Résumé des épisodes précédents : Nathalie, ma très belle et chaste femme, de dix ans ma cadette (27 ans), enseignante, m’avoue pour la première fois son trouble pour un collègue, Christian, sensible à ses charmes. Loin de m’en formaliser, je prends plaisir à cet aveu, et j’amène ma femme à imaginer qu’en me faisant l’amour, c’est à Christian qu’elle se donne (épisode 1). Puis, je lui demande d’ « allumer » Christian le dernier jour de classe, ce qu’elle fait avec une délicieuse bonne volonté, et pour notre plus grande jouissance. Nous décidons d’inviter Christian à nous rejoindre pour nos vacances en Corse. (épisode 2). Troisième étape : Les premiers jours en Corse, qui précèdent l’arrivée de Christian, sont placés sous le signe d’un renouveau de notre érotisme conjugal : j’ai fait l’amour avec ma femme sous le regard d’un jeune voyeur de l’immeuble d’en face, et je l’ai, à son défendant, conduite à dévoiler par « acccident » sa nudité au regard de trois jeunes hommes avec qui nous sympathisons. (épisode 3) Puis, c’est l’arrivée de Christian, un très beau garçon à qui je propose un pacte : j’accepte son désir pour ma femme, mais c’est à moi de décider de leur carte du Tendre… Le premier soir, je n’offre à Christian que quelques fragments du corps de Nathalie, afin d’attiser son désir. (épisode 4). L’épisode suivant commence au moment où Nathalie, dans l’avion qui la ramène en France, se remémore certaines scènes des vacances qu’elle vient de passer.


Note du rédacteur : cet épisode avait été rédigée à quatre mains. Celle qui m’a secondé, pour des raisons qui m’échappent, a décidé de couper tout contact avec moi. Qu’elle sache en tout cas combien elle a compté, et qu’elle peut toujours me faire signe…



Ça y est, les moteurs de l’avion se mettent à rugir. Adieu à l’île de Beauté. Quelle histoire de fous ! Que s’est-il passé, qu’est-ce qui m’est arrivé ? Se peut-il que tout ça ne soit qu’un rêve ? Mais est-ce que je tiens tellement à ce que ce soit un rêve ? Non, non, ou alors dites-moi comment un rêve peut vous prendre ainsi par les cheveux, embraser votre âme, calciner votre chair. Est-ce un rêve qui, quinze jours durant, durcit vos seins, inonde votre sexe, noue votre ventre ? Est-ce un rêve, ce vertige qui me prend au souvenir de scènes dont tout mon corps sent encore la morsure ?

Tout se bouscule. Deux semaines… Je me suis plus transformée en deux semaines qu’en vingt-sept ans. Et tout ça à cause de… grâce à cet homme, à côté de moi, qui sommeille, cet homme que je continue à appeler mon mari, dont la présence curieusement me rassure, cet homme que je n’ai jamais autant aimé, mais qui a osé m’entraîner dans ce… dans cette… Quoi, au fond ? Comment mettre un mot sur la chose ? Comment nommer ce qui m’est arrivé ?

Et voilà, ça me prend encore, quelque chose qui vient d’en bas, plus fort que tout. Envie de revivre tout ça, pas à pas, jour après jour. Pour comprendre. Non : qu’y a-t-il à comprendre au juste ? Pour sentir, à nouveau, l’insupportable et l’irremplaçable blessure de la volupté.


*


Fermons les yeux. Reprenons depuis le début. Repassons le film. Projection privée…


Le lendemain de l’arrivée de Christian, après cette folle « nuit du pacte » (comme dit Philippe), je m’éveille en ressentant un étrange malaise. Le soleil corse, déjà haut, se déverse à flot dans la chambre. J’entrouvre une paupière et cherche d’une main mal assurée la rassurante présence du corps de mon mari à mes côtés. Ma main ne rencontre que le vide, et un lointain bruit d’eau me fait réaliser qu’il a déjà déserté la couche conjugale. Je frissonne au contact de la caresse du soleil sur mon corps presque nu. Mais je continue à ressentir une étrange impression… Pourtant, lascivement étendue, tournée vers la lumière matinale, je me sens bien, corps comblé et sens apaisés. Qu’est-ce qui me tracasse ?

Tout d’un coup, malgré moi, je sursaute. Où est donc Christian, à présent ? J’entrouvre, l’air de rien, une paupière et tente de distinguer la chambre autour de moi. Surtout ne pas bouger, continuer à paraître endormie… Et soudain je le distingue …

Il est assis, adossé contre le mur, à moins d’un mètre de moi. Torse nu, les draps recouvrant son bassin, il me regarde, fixement, et c’est le poids de ce mâle regard qui me donnait cet étrange frisson. Mon Dieu, est-ce moi qui, cette nuit, ai repoussé ainsi les draps, offrant la vision de mon corps à peine voilé ? Est-ce Philippe, qui, lorsqu’il se lève le matin, emporte presque le couvre-lit jusque dans la salle de bain ? Je ne peux croire qu’il ait pu, sciemment, me livrer ainsi au regard de Christian, mais je ne suis plus sûre de rien.

Je n’ose changer de position ; tout juste mon bras gauche, remonté sur mon visage, me permet-il de masquer mes yeux et de faire croire à mon sympathique voyeur que la jeune femme qu’il scrute, sous tous les angles, est une belle endormie… Je n’ai pas de peine à deviner combien cette courte nuisette (un des multiples cadeaux de lingerie offerts par mon mari) me rend plus nue que nue. Tournée comme je suis, une jambe repliée sur l’autre, je comprends que Christian doit facilement distinguer mes seins et aussi mon «abricot », comme se plaît à l’appeler mon époux depuis qu’il l’a intégralement épilé… Ne pas bouger, feindre le sommeil, contrôler mon souffle pour éviter que mes seins ne bougent trop…Son regard est moins fixe, je le sens qui monte et qui descend, sur mes pleins, sur mes creux, sur mes reins, sur mes yeux, sur mes seins, sur la naissance de mes fesses…

Je le sens tendu, tel un fauve à l’affût…Il respire profondément, et sur moi, malgré moi, je sens la caresse presque tangible de son regard limpide. Je sens cette boule étrange, que je connais trop bien, naître au creux de mon ventre, ma poitrine qui durcit et ses bouts qui me tirent, m’attirent… Dois-je me lever, le gifler ? ou bien courir très vite jusqu’à la salle de bain ? Philippe, une fois encore, se moquera de mes pudeurs de jeune fille, capable de se montrer presque nue sur la plage, d’être caressée un soir et effarouchée le matin suivant. Surtout, ne pas bouger…

J’entends sous la douche mon Philippe qui chante. S’il savait ! Mais peut-être sait-il, lui qui chaque jour m’invente des choses si extravagantes…

Ça y est, je le sens, Christian a bougé… De mes yeux mi-clos, je vois que le drap qui recouvrait son bas-ventre est tombé. J’aperçois son sexe, orgueilleusement dressé, qui pointe jusque vers son nombril. Malgré moi, je le compare à celui de Philippe. Plus fin, certes, mais peut-être plus long. Et je vois bien dessous ces bourses qui semblent se balancer doucement…

Ne pas bouger, réprimer ces tremblements et ces frissons qui pourraient me trahir… Maintenant, il se lève, se rapproche de moi. Et cette boule dans mon ventre qui s’alourdit encore, et ces seins qui durcissent, qui se dressent à travers le fin tissu. À présent, son membre pointe à quelques centimètres de mon visage. J’ai une envie presque irrépressible de le saisir, de le mettre dans ma bouche, de le sentir gonfler encore sous la caresse humide de ma langue. Mon Dieu, j’ai envie de sucer la queue d’un homme qui n’est pas mon homme ! Il hésite, il oscille, pose une main sur son épieu, et de l’autre, très délicatement, relève ma nuisette sur mon ventre. Un air frais me caresse, et malgré moi, je sens mes jambes, comme dans un rêve, qui s’entrouvrent légèrement. Jusqu’où me voit-il ? Sa main ébauche un lent va-et-vient le long de son sexe, qui me paraît grandir, grossir encore. Quel est-ce plaisir trouble que je ressens à feindre le sommeil, à m’offrir ainsi à un de mes collègues que le désir taraude, à quelques mètres mais à l’insu de mon mari ? Tu deviens folle, ma fille !

La porte s’ouvre brusquement, et j’entends Philippe s’esclaffer : « Eh bien, dis donc, Christian, c’est Nathalie qui te met dans cet état-là ? Va falloir que je lui demande de dormir davantage vêtue, ou alors de s’arranger pour calmer tes raideurs ! Allez, file te laver, la salle de bains est libre… »

Deux corps autour de moi s’esquivent et se meuvent. Un poids sur le lit, tout à côté de moi. Une main sur mes seins, que je connais trop bien. Un baiser sur mes lèvres, une odeur d’after-shave… Cette main qui descend, qui s’égare, mais qui sait où elle va…Tel un papillon blanc, elle se pose sur ma fleur, en entrouvre les pistils…. » Mais, dis donc, ma chérie, tu es un peu mouillée…Ce doit être la rosée…! »

J’ouvre grand les yeux. Son regard me sourit, ses doigts s’enfoncent un petit peu, glissent sans peine sur mes lèvres humides, s’aventurent et se retirent ensuite, me laissant seule avec mon désir et ma frustration. Ses lèvres mordent les miennes, se posent sur un téton, puis, me donnant une petite claque sur les fesses, il me lance : « Allez, toi aussi, à la toilette, il est déjà très tard, nous allons à la plage !»

Frémissante, rougissante, je me lève, rabats ma nuisette et me dirige vers la salle de bain tout en exagérant le balancement de mes hanches, histoire de lui montrer qu’il aurait dû en profiter davantage…


*


Vais-je aller jusqu’au bout de mes souvenirs, aurai-je la patience d’attendre la fin de ma projection privée ? L’avion survole la Méditerranée. Philippe dort toujours à côté de moi, la tête légèrement inclinée sur mon épaule, sans se douter de l’émotion qui me gagne à la seule évocation de ce qu’il m’a fait vivre. Sa main, doucement, comme s’il rêvait, vient se poser sur mon genou… La suite me revient dès que je referme les yeux….


A la fois ragaillardie par les effleurements de mon époux et un peu déçue d’en être restée là, je pousse en chantonnant la porte de la dalle de bains. Je m’arrête brusquement. Christian est sous la douche, il me tourne le dos. Il se lave consciencieusement les cheveux. Malgré moi, j’enveloppe du regard ce corps d’homme dénudé. Il est plus fin, plus délié que celui de Philippe, blond et tout lisse, pas un poil, ou presque, c’en est presque étonnant ! ces fesses haut placées, ses muscles qui jouent harmonieusement sous sa peau, ses bourses que je distingue un peu entre ses cuisses, je ne peux m’empêcher de les fixer… Au bout d’une trentaine de seconde, je me dis qu’il est temps de me retirer, et je fais volte-face. Je me heurte à Philippe, il était derrière moi… Depuis combien de temps ?



Évidemment, Christian s’est retourné, une main vaguement posée sur son bas-ventre, l’autre dans les cheveux. Je sais combien je suis suggestive dans ma courte nuisette rose, ornée seulement d’une rose de dentelle sur chaque sein et sur mon minou. Une chose est de sentir son regard en feignant le sommeil, autre chose est d’être debout devant lui dans cet espace réduit. D’ailleurs, sa main n’arrive pas à masquer la brutale érection que ma tenue lui inspire.

Mystère du sexe masculin qui, ridiculement, me hante depuis mes premiers émois d’adolescente : métamorphose d’un bout de chair flasque en un pieu si long, si dur, presque minéral. Quand je dors aux côtés de Philippe, depuis quelque temps, depuis que ma sensualité s’exprime avec moins de retenue, j’adore, après l’amour, prendre sa virilité redevenue souple dans ma main, comme une gamine son nounours, pour dormir… (au risque, ou au plaisir, de sentir bientôt dans mes mains la chair se faire de nouveau rigide, renaître de son sommeil sous la pression de mes doigts).

La voix amusée de Philippe me tire de mes rêveries, et je le sens réjoui du rouge qu’il distingue sur mon front, sur mes joues, et de l’effet que je produis sur Christian. « Allez, vous intervertirez les places après, ne rêve pas ainsi, Nathalie, dépêche-toi, on nous attend ! » (« «On» ? Qui ça, «on» ? », ne puis-je m’empêcher de penser ?)

Évidemment, à part me laver les dents, je ne sais que faire devant le lavabo… Je ne vais quand même pas me peigner ou me maquiller avant de prendre ma douche. Je ne peux me retenir d’observer dans la glace le corps nu de Christian, dont le sexe est un peu retombé. Je fixe ses bourses, elles ont l’air lourdes, pleines de vie… Tout d’un coup, je constate que, sous l’effet peut-être de mon regard appuyé, son membre reprend du volume, et, horreur, je croise le regard souriant de Christian qui ne fait aucun geste pour cacher sa virilité orgueilleusement pointée vers moi.

J’avale ma salive et murmure d’une drôle de voix : « Heu, je voudrais… la place, maintenant…» « Mais bien sûr », répond mon collègue, qui sort sans pudeur – il a décidément pris de l’assurance, après moins de vingt-quatre heures en Corse ! –, tout en se frottant les épaules à l’aide d’une serviette. Le croisement s’avère difficile, car il reste de profil contre le panneau de la douche. J’essaie de ne pas voir son sexe, et m’avance vers l’entrée de la cabine. Evidemment, il s’avance au moment où je passe, et sa verge durcie me fouette au passage hanche et nombril, me laissant sur la peau comme une douce éraflure. Et ce poids dans mon ventre qui réapparaît, et cette lourdeur dans mes seins qui se manifeste à nouveau….

J’entre dans la douche, et essaie de fermer le panneau de plexiglas dépoli. Bien évidemment, lorsque je le tire d’un coté, il s’entrouvre de l’autre… Finalement, je trouve une position où il ne baille que d’une dizaine de centimètres de chaque côté, ôte ma nuisette, la dépose sur le haut du panneau et ouvre grand l’eau chaude. Le ruissellement sur mon corps me fait du bien, me soulage de cette tension difficile à supporter depuis que Christian est arrivé chez nous. Je me demande si mon mari est vraiment conscient de la situation intenable dans laquelle il me plonge… J’aimerais bien pouvoir le recevoir au fond de moi, calmer ces bouffées de sensualité qui remontent en moi, recevoir ses giclées de « neige » … Mais je n’ai que ce jet d’eau que j’oriente sur ma « féminité », qui a la fois me lave de mes envies matinales et en fait sourdre d’autres…

J’accroche sans le vouloir le regard de Christian, qui, sans trop s’en cacher, a sans doute remarqué, à travers le miroir et l’interstice de la douche, l’orientation un peu particulière de mes ablutions… Je feins de l’ignorer. Que suis-je donc devenue, moi l’oie blanche, la prude jeune fille, à ressentir ce trouble quand un homme me regarde nue, et pourquoi donc ce trouble augmente-t-il quand je joue l’ingénue ? Je me masse les seins, le ventre, les fesses, et je sais qu’il profite du spectacle, et je sens qu’à l’humidité de l’eau commence à se mêler, entre mes jambes, venant des profondeurs de mon vagin, l’écoulement d’une liqueur amoureuse. Regarde, regarde, rince-toi l’œil, tout ce spectacle est pour toi, Christian, je vois que tu me regardes, je sens que tu me convoites, et moi, la fière, la prude, je voudrais être soudain une poupée entre tes mains…

Arrive enfin le moment où, rasé de près, Christian me dit qu’il a fini. Je noue une serviette autour de mon buste, et sors… Il est toujours là, et, cette fois encore, mais sur mes reins, je dois subir, imposée par l’étroitesse du passage, la délicieuse caresse de son sexe bandé sous sa serviette.

Je me coiffe, me maquille légèrement, retire mes vêtements de la penderie et retourne dans m’habiller dans la salle de bains. J’ai choisi une petite culotte de dentelles noire, une légère robe d’été à motifs bleus et blancs, décolletée en carré, et une paire de sandalettes assorties. J’ai peint les ongles de mes orteils d’un petit discret petit rose qui, j’en suis sûre, excitera les ardeurs cannibales de mes deux «fétichistes»…

*


Est-ce une turbulence, ou la main de Philippe endormi qui est remontée le long de ma jambe, à la limite de mon string ? Rouvrons les yeux. Tiens, le passager assis à ma gauche, un bel homme du reste, observe avec délectation la progression des doigts de Philippe sur ma cuisse et la chair bronzée qu’il découvre. Même en dormant, mon mari poursuit ses caprices ! Faut-il que je rabatte ma jupe sur mes genoux ? Après tout non, si mon voisin veut profiter de mes jambes… Allez, fin de l’intermède, retour dans mes souvenirs, suite de la projection privée…


A notre arrivée sur la plage, Jean-Pierre, Thomas et Silvio, nos trois bacheliers, étaient déjà là, dans leur coin habituel. Ils se levèrent pour nous accueillir, serrant énergiquement les mains de Philippe et de Christian, et déposant tour à tour un chaste baiser sur mes joues.

Philippe leur présenta Christian comme « un collègue » de sa femme, ce qui était on ne peut plus fidèle à la réalité, mais, je ne sais pourquoi, sonna bizarrement à mes oreilles, d’autant qu’il enchaîna aussitôt : « Il vous connaît un peu, car je lui ai déjà parlé de vous ».

En un tournemain, voilà les deux compères en short de bain. Je me maudis d’avoir fait la coquette, et d’avoir mis cette petite culotte de dentelle plutôt que mon maillot, car, dans ce contexte, je n’étais guère encline à me livrer au cérémonial de l’enfilage du maillot derrière la serviette… Philippe serait bien capable de la faire choir à nouveau au pire moment !

Comme il arrive souvent quand je me mets à avoir de drôles d’idées, mon mari me railla : « Allez, Nath, tu nous fais bien languir ce matin ! A moins que tu veuilles te baigner en robe ou entièrement nue, enfile ton maillot et viens avec nous ! » Il me tendit la fameuse serviette, et, tout en jetant par-dessus un regard attentif à mon effeuillage, me protégea du regard des autres en me lançant : « Eh bien, chérie, tu étais moins pudique, ce matin, dans la salle de bain, avec Christian ! », ce qui fit sourire ce dernier et s’interroger les trois ados… Qu’allaient-ils imaginer maintenant ? Je pestai intérieurement contre l’indélicatesse de mon mari, et ne savais quelle attitude prendre pour paraître naturelle. Évidemment, je commis ma première imprudence. Moi qui, depuis plusieurs jours, m’étais mise au monokini, je tentai, prise d’un accès de pudeur intempestif, de saisir dans mon sac de plage mon soutien-gorge de maillot. Dans ce contexte un peu torride, c’était, si j’ose dire, donner à mon mari des verges pour me battre… Dès qu’il s’aperçut de mon intention, Philippe baissa la serviette derrière laquelle je tentais d’agrafer le soutien-gorge. « Madame La Pudeur a une nouvelle crise, aujourd’hui », lança-t-il à la ronde, déclenchant des éclats de rire… « Tout le monde les connaît, et les apprécie, tes lolos, laisse les donc à l’air libre », poursuivit-il en tirant vers le bas mes bonnets sans même défaire la fermeture. Vaincue, rougissante, je me laissai dépouiller, sentant tomber quatre paires d’yeux sur ma lourde poitrine nue…


L’incident passé, la matinée s’écoula tranquillement. Alternance de baignades, de bronzage et, pour «mes» hommes, de parties de foot, auxquelles je constatai cependant que le beau Silvio, fragile, délicat, n’aimait guère participer. Finalement, il abandonna la partie et vint s’étendre à côté de moi, sensiblement plus près que de coutume. Je regardai le jeune garçon du coin de l’œil, son beau visage, cerné de longs cheveux noirs, ses épaules un peu frêles, son ventre plat. Mon regard s’attarda sur son torse, aussi imberbe que celui de Christian, descendit vers son bas-ventre, s’appesantissant, aussi discrètement que possible, sur le renflement que dessinaient ses attributs sous son slip de bain. C’est vrai que la beauté androgyne de Silvio avait quelque chose d’irrésistible, et je me sentis tout à coup étrangement disposée à toutes les indulgences envers les fantasmes de mon mari.

Soudain gênée par le silence qui s’installait entre nous, j’interrogeai Silvio sur ses projets d’étude – un sujet honnête et pas compromettant pour deux sous… Il m’explique son attrait pour les carrières artistiques, ce qui ne me surprit guère, et me dit son désir de devenir architecte, (Jean-Pierre, lui, visait une grande école commerciale et Thomas des études d’anglais). Insensiblement, pourtant, je fais dériver la conversation vers des sujets plus personnels : les sorties, les filles, etc. Je n’aurais jamais osé aborder de telles questions avec les autres garçons, qui m’intimidaient ; mais le délicat Silvio m’émouvait, et je profitai de ce rare moment d’intimité.

Silvio me révéla qu’Jean-Pierre collectionnait les succès féminins, que Thomas avait une petite amie… « Et toi, Silvio ? » Ma question sembla l’embarrasser. Il rougit, puis bafouilla : « Non, j’ai rompu il y a quelques mois avec un petit flirt… Mais moi, et puis, vous savez, je suis assez timide et les filles de mon âge, pour tout dire, ne m’intéressent pas… »

Je ne sais pas ce qui me prit alors, mais, touchée par cette confidence, et soucieuse sans doute de le réconforter, je lui murmurai : « Allons, ça viendra, ne t’inquiète pas. Et puis, mignon comme tu es, tu auras toutes les petites amies que tu voudras… »

« Vous dites ça pour me faire plaisir. En fait, les copains se moquent souvent de moi, en me disant que j’ai un visage de femme !



Cette trêve ne devait pas durer longtemps. Il faut maintenant que je me souvienne, précisément, de ce qui s’est passé, de chaque détail. Se souvenir, revivre cette scène, encore présente en moi, qui semble se prolonger encore en ce moment à travers l’étrange frisson que j’éprouve à me la rappeler…


Tout d’un coup, Philippe nous interpelle, de sa voix grave : « Eh, les filles, pourquoi n’allez-vous pas nous chercher à manger ? »

Après tout ce que Silvio vient de me dire sur ses complexes, je suis furieuse d’entendre que mon mari s’abaisse à son tour à ces plaisanteries de corps de garde. Pour la première fois, je le giflerais presque, quand je vois le pauvre garçon ne pas répondre à la moquerie, peut-être par délicatesse envers moi. Mais je suis d’autant plus résolue à être aimable envers lui. C’est pourquoi j’accepte avec un certain plaisir la perspective d’une petite promenade privée, loin des autres machos…

Pour aller au snack, nous pouvons soit longer la plage en passant par le cap, mais c’est assez loin, soit par les dunes, chemin plus court mais très accidenté. Je propose donc à Silvio de passer par les dunes à l’aller, et de revenir par la plage lorsque nous aurons nos paniers chargés.

J’enfile directement ma petite robe bleu et blanc sur mon bas de maillot, je remets mes sandalettes et nous mettons en marche, chacun avec son panier. Je ne me suis jamais aventurée au-delà de la première dune, et je suis ravie d’être accompagnée par un beau garçon.

Curieusement, je découvre qu’il est finalement plus facile de gravir les dunes que de les descendre, car cela entraîne de mini-avalanches de sable et des chutes fréquentes. C’est ce qui m’arrive dans la seconde descente : je glisse sur le dos, perds mon panier et remplis ma robe de sable. Silvio, qui me regarde d’en haut, éclate d’un rire communicatif… Nous sommes comme deux gamins !

Je lui demande, quand il m’a rejointe en bas, de fermer les yeux, car je souhaite ôter ma robe et mon bas de maillot pour enlever tout le sable que j’ai accumulé. J’aurais pu lui demander de se retourner, je ne l’ai pas fait, et rétrospectivement, je crains d’en deviner la raison secrète. Silvio obtempère, j’enlève ma robe et fais glisser mon slip de bain… Je vérifie, inquiète, si mon beau garde du corps est toujours aussi coopératif…. Pas du tout ! Il est là, à quelques mètres de moi, alors que j’ai la culotte aux genoux, et fixe intensément mon abricot épilé. Je remonte prestement mon bas de maillot, et lui jette un regard courroucé. « Merci pour ta loyauté ! », lui dis-je, mais mes mots ne font que provoquer un sourire sur ses lèvres.

J’escalade derrière Silvio la deuxième dune, furieuse d’avoir des grains de sable qui me démangent dans ma culotte. La descente suivante est impressionnante, et Silvio se propose de passer devant moi pour me retenir en cas de pépin. Évidemment, au bout de quelques mètres, je glisse à nouveau, et Silvio, incapable de m’être d’aucun secours, dévisse avec moi…

Nous lâchons nos paniers et nous accrochons l’un à l’autre, sens dessus dessous, jusqu’au bas de la dune. Je me retrouve sous Silvio, plein de sable dans les cheveux, accrochée à ses épaules.

C’est un gag, digne d’une mauvaise comédie ! A ceci près qu’il va bientôt falloir le carré blanc. Car je sens que Silvio a une main sous ma robe, les doigts sur l’élastique de ma culotte, et l’autre sous mes fesses… Il tarde à se relever, et je sens tout d’un coup, sans la moindre équivoque, la pression de son sexe dardé contre mon ventre. Mon cœur se met soudainement à battre plus fort.

La main de Silvio glisse vers mon minou et ses lèvres cherchent les miennes.

« Non, je t’en prie, Silvio, arrête, tu sais que je suis mariée, que va dire Philippe ? » J’essaie de le repousser et parviens à me dégager un peu. « Nathalie, je veux vous faire l’amour », me glisse-t-il à l’oreille, et ce souffle fait courir sur ma peau un long frisson. « Je vous désire Nathalie, j’ai envie de vous… ».Il me saisit la main, la glisse dans son short de bain, et tout à coup ma main, comme mue par un désir que j’ignorais, se met à palper le membre dur et dilaté du jeune homme. Qu’est-ce que je fais, que me faut-il faire ? Qu’est-ce que je suis en train de devenir ? Tout à l’heure cette envie de dévorer le sexe de Christian, et quelques heures plus tard me voici à mesurer, bouleversée, l’effet que je produis sur un adolescent fougueux, amoureux. Tous mes repères se brouillent. Son regard est touchant et je me dis que je ne peux quand même pas lui en vouloir de réagir comme un garçon normal… Mes doigts se resserrent sur son sexe, le caressent, le palpent, en éprouvent la dureté, mais puisant au plus profond de moi mes dernières résistances, je lui souffle : « Pas l’amour, Silvio, pas l’amour… »

S’il avait voulu me « forcer », sans doute aurais-je fini par tout lui céder, tant il était beau, émouvant, tremblant de désir. Mais il se dégagea, me libéra un peu, et j’en profitai pour m’asseoir à côté de lui. Mais je ne pouvais pas le laisser dans cet état ; nous avions été trop loin pour en rester là.

Je m’assieds à côté de lui, main sur son maillot, et le caresse doucement. J’ai encore envie de toucher son sexe, de ressentir sur lui la magie de mes caresses. Silvio fait glisser les bretelles de ma robe, dégage mon buste, et aspire goulûment un de mes seins. Il est attendrissant, comme un enfant qui étanche sa soif… Je dégage son membre hors de son maillot. Il est très fin, comme lui, avec un étrange coude au bout. Je dégage ses bourses, il se soulève et lève entièrement son maillot. Une main autour de sa taille, je fais lentement coulisser sa peau. Elle est si douce… Mes doigts courent de ses bourses jusqu’à l’extrémité de son gland, devenu luisant. Je sens son désir qui monte, qui monte… Silvio est trop jeune et inexpérimenté pour résister longtemps à pareil traitement de faveur. Il a abandonné mon sein, le laissant tout humide. Son souffle s’accélère, il ferme les yeux, il n’a jamais été aussi beau… Il s’abandonne aux caresses de mes doigts, il offre sa queue jeune et vigoureuse à la douceur de ma main… Je connais l’issue de ces caresses, et loin de m’en effrayer, je la désire avec une volupté où se mêle une forme de curiosité. Je suis à la fois celle qui agit, prise dans une émotion inédite, et celle qui observe avec délice, et presque avec attendrissement, les frémissements d’un corps de dix-huit ans à deux doigts de l’extase. J’aime sentir ce moment très particulier où les tremblements deviennent plus irréguliers, où apparaissent les premières convulsions, ce moment magique où l’homme perd toute maîtrise de son corps, juste avant l’éruption, juste avant l’explosion libératrice. Je vois le visage de Silvio se crisper, son regard se perdre dans le brouillard, son bassin se soulever…

Tout à coup, c’est la délivrance : une crème blanchâtre et épaisse surgit, arrose ma main et fertilise le sable, cinq longues giclées de jeunesse et de ferveur. Il sourit en me regardant et que fais-je ? J’ai honte, mais je porte mes doigts pleins de cette semence à ma bouche, je déguste sous ses yeux éperdus toute l’âcre saveur du sperme d’un autre homme que mon mari, qui m’attend là-bas, et même d’un autre homme que Christian, que mon mari m’avait pourtant promis. Est-ce que je suis en train de devenir une catin, une allumeuse, une femme facile, une femme perdue ? Silvio me regarde, content sans doute de ce bon tour qu’il vient de jouer à ses amis, à tous ces autres types qui se sont ris de ses airs féminins… Et moi aussi je suis presque fière d’avoir «vengé» mon amoureux délicat de ces petites humiliations, et je me sens encore émue, encore humide, de nos étreintes. Je ne peux m’empêcher de poser mes lèvres sur les siennes. Ma langue s’enfonce dans sa bouche comme un petit sexe d’homme, Silvio éprouve peut-être pour la première fois la saveur de sa propre semence dans ma bouche, et ce baiser nous laisse haletants.

Ayant repris mes esprits, je décide de lui faire un dernier petit « cadeau », un ultime souvenir. Je me lève, me dénude complètement, et ôte devant lui le sable de ma peau… Ses yeux fixent mon abricot, mes fesses, mes jambes, et j’ose un geste inouï : je m’accroupis devant lui et lui expose mon intimité, que je sais humide et ouverte… Il tend la main, je me dérobe et, tentant de dissimuler le trouble qui me trahit, je lui lance : « Allez, on va chercher les sandwichs », en me rhabillant prestement. Nous n’échangeons plus un mot jusqu’au retour.


*


Lorsque nous rejoignons nos sportifs, j’ai droit aux commentaires secs de Philippe : « Alors, vous en avez mis du temps, les deux tourtereaux…Vous vous êtes perdus dans les dunes ? »

Je ne relève pas la perfidie de la remarque de mon mari, et déploie sur un paréo les sandwichs et pans bagnat que nous avons ramenés. L’appétit de « mes » hommes fait plaisir à voir, et ils sont tous excités car ils ont gagné un match improvisé contre des Allemands rencontrés sur la plage. J’évite cependant soigneusement de croiser le regard de Silvio, et me rends compte que Philippe, lui, me regarde un peu bizarrement.

Une fois les hommes rassasiés et la table improvisée rangée, je décide d’aller nager un peu, car mon aventure avec Silvio m’a laissé un peu tendue. Je nage vers le large, et savoure la caresse de l’eau sur mon corps. Une fois atteinte les limites de la zone de baignade, je fais la planche, j’adore ça…

Tout d’un coup, je sens deux mains qui agrippent mes hanches, et j’avale une gorgée d’eau de mer…Ouf, c’est Philippe, qui m’a rejoint sans que je l’entende arriver.



C’est comme un coup de massue sur ma tête. J’ai du mal à surnager, et passe mes bras autour du cou de mon mari.



La voix de Philippe est presque autoritaire. Je ne comprends plus. Serait-il devenu jaloux ? Mais alors pourquoi, pourquoi tout ça ? J’éclate en sanglots, et, me pressant contre lui, lui raconte notre ascension des dunes, notre chute…Il me pose des questions de plus en plus précises, et exige que je lui réponde en détail. Au fur et à mesure de mon récit, je le sens relâcher progressivement son étreinte sur ma hanche et sur mon sein. À la fin, je l’entends me dire : « Ma chérie, je suis prêt à accepter tous tes écarts à une seule condition : que tu me dises la vérité ».

Je presse mon bassin contre son ventre et lui dis : « Philippe, c’est toi que je veux, fort, loin, dur dans mon ventre… »



Depuis quelques minutes nous avons cessé de nager et nous nous tenons aux bouées de bois qui limitent la zone de baignade.

Tout en me parlant d’un ton très doux, Philippe me pénètre de ses doigts, je m’ouvre à sa caresse, oubliant les autres, les baigneurs, nos amis sur la plage au loin. Je sens soudain son membre qui pénètre en moi, millimètre par millimètre. C’est incroyable, cette sensation d’être remplie que me donne mon mari quand son pieu écarte mes parois, cette impression d’être taillée à sa mesure… Je m’accroche à lui, les bras à son cou et les jambes autour de sa taille comme une noyée à une bouée. Lentement, je le sens entrer en moi. C’est la première fois qu’il me fait l’amour dans la mer ; aucun baigneur ne semble nous voir, mais je ressens autour de moi la présence de tous les autres. Tout l’excitation de la matinée, tout revient, tout se prolonge dans l’ébranlement de tout mon corps, je revois tout : le réveil sous les yeux de Christian, la salle de bains et la nudité de Christian, la déclaration de Silvio, la queue de Silvio, sa semence dans ma bouche et maintenant, tout semble converger dans le sexe dilaté de mon mari dans mon ventre, comme s’il était plein du désir de tous les autres. À peine a-t-il buté au fond de moi qu’un violent orgasme m’emporte, Philippe m’embrasse pour étouffer mes cris, je suis une fontaine qui remplis la mer…