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1967
Temps de lecture estimé : 8 mn
27/09/04
Résumé:  Là où j'apprends quelque chose au sujet d'Annick
Critères:  #journal f h revede odeurs fmast hmast
Auteur : Jad

Série : Monstrueuse

Chapitre 01 / 09
Monstrueuse - Annick se dévoile

1- La découverte



J’allais très souvent chez mon copain Philippe, à l’époque c’était pour ainsi dire mon meilleur ami. Il avait une sœur, qui s’appelait Annick, qui était affublée d’un bien curieux visage, un bec de lièvre et un très vilain nez, une malformation congénitale lui donnait un aspect quelque peu inhumain et limite repoussant.

Autant dire que les garçons ne s'empressaient pas pour lui conter fleurette. Pour une jeune fille de 18 ans qui voit ses copines s’amuser comme des folles aux bras des garçons, cela ne devait pas être facile à supporter.


Sa famille se voulait rassurante, la chirurgie pouvait faire des miracles et, lorsque son visage serait définitivement formé, on pourrait l’opérer et lui ôter cette disgrâce. Mais les années passaient et, vu qu’ils étaient complètement fauchés, ils ne se dépêchaient pas de faire appel aux esthéticiens, ce n'était plus dans leurs priorités.


Personnellement, Annick, je l’aimais bien. Je la trouvais réservée, pleine d’une sensibilité à fleur de peau et la grande fragilité qui était en elle n'était pas pour me déplaire. De là à dire que j’aurais été plus loin, à lui faire des avances et à sortir avec elle, probablement pas. Annick n’avait jamais fait partie de mes fantasmes, je n’avais même jamais pensé à elle sexuellement. De toute façon, j’aurais eu trop peur du « Qu’en dira-t-on ? », trop peur d’être montré du doigt. Tout le monde voyait en elle une pauvre fille, mal dans son corps, mal dans sa peau, mal dans sa tête. Elle avait toute ma sympathie mais ça s'arrêtait là.


En ce qui me concerne, j’étais handicapé par une grande timidité, je n’avais pas de copine à l’époque, contrairement au beau Philippe qui, lui, se levait fille sur fille.




Un jour, je me pointe chez mon pote, nous devions travailler sur un dossier pour la fac. Mais ce salopard avait découché (peut-être s'était-il encore trouvé une minette ?) et m’avait fait faux bond. Une fois de plus, une fois de trop ! Il n’avait même pas pris la peine de me prévenir du contretemps !

Il fallait quand même que l'on travaille sur ce document, car il ne nous restait que deux ou trois jours avant la date fatidique. Alors je décidai de l'attendre sur place. Sa mère m'aimait bien, elle me considérait comme un bon petit gars et elle avait une totale confiance en moi.



Elle devait sortir faire une course mais estimait que je pouvais rester seul, prendre mes aises et garder la maison. Et si je désirais quelque chose, je n’avais qu’à me servir, je n’avais pas à lui demander.


J'étais donc monté dans le bureau mais je n’avais pas vraiment envie de m’y mettre. Il n’y avait pas de raison que je fasse encore tout le travail tout seul. Ça me faisait vraiment chier. Je décidai d’attendre Philippe.


Je ne sais trop quelle mouche m’a piqué ce jour-là, ni pourquoi je me suis mis à faire le tour de l’appartement. Probablement parce que je savais bien que je n’étais pas vraiment le bon petit gars, gentil et serviable que les autres voyaient en moi. Bien au contraire, j’ai toujours été un vilain curieux et un affreux fouineur.

Je le reconnais : c’était vraiment dégueulasse de fouiller ainsi dans l’appartement de ces gens qui me faisaient entièrement confiance. Ils m’accueillaient à bras ouverts et je faisais presque partie de la famille. Pourtant, je n’étais qu’un vilain petit canard qui cachait bien son jeu…


J’ai donc fouillé dans l’ordre :

* La chambre de Philippe qui était bien à son image, l’image de la petite bourgeoisie triomphante avec sa panoplie d’idoles.

* La chambre de ses parents remplie de vieux mobilier désuet et froid

* Et enfin la chambre d’Annick qui était encore celle d’une gamine. Remplie de peluches et ornée de posters débiles.


J’allais arrêter là mes investigations lorsque je trouvai, posés sur une chaise, quelques sous-vêtements et en particulier une petite culotte visiblement déjà portée si j’en juge par la tache jaune qui ornait son entrejambe. Mon instinct m’incita à la porter à mon nez et la renifler. Elle était bien odorante et ce n’était pas de la pisse mais un parfum beaucoup plus intime.

Comme quoi la bougresse avait aussi des envies cachées, ce qui m’émoustilla, je dois dire, quelque peu. De pauvre fille elle devint presque tout d’un coup une bonne petite salope.


Je retournai dans la salle à manger puis je me ravisai et rebroussai chemin. « Petite coquine » : cela trottait dans ma tête. 18 ans, c’était l’âge où la plupart des filles remplissaient des journaux intimes, j’aurais bien voulu savoir ce qu’elle y mentionnait. Avec une petite culotte aussi odorante, elle devait avoir plein d’envies salaces.

Moi-même je tenais un cahier avec mes réflexions et mes fantasmes, souvent tournés vers le cul et l’érotisme. Et pour que mes parents ne tombent pas dessus, je jouais d’ingéniosité en trouvant des planques pas possibles. De même pour ma collection de livres de culs ou pour les barrettes de shit… j’étais Jojo la planque, le roi de la dissimulation.



Mais elle, Annick, où cachait-elle ses trésors. Forcément dans un endroit où personne n’aurait l’idée de chercher. En palpant un vieux pantin poussiéreux affalé dans un coin, j’ai trouvé que son dos était bien dur et bien lisse. Euréka, on pouvait dégrafer la première enveloppe de la marionnette et derrière cette enveloppe se trouvait un cahier…

Je commençais à en tourner les pages lorsque j’ai entendu du bruit dans l’escalier. Merde, vite, quelqu’un montait. Je n’avais nulle envie d’être pris la main dans le sac. J’ai rhabillé le pantin en quatrième vitesse sans prendre le temps de remettre le cahier et j’ai filé dans la salle à manger : Cahier et culotte rapidement glissés dans ma sacoche comme si de rien n’était. Je les remettrais après, évidemment.


Il s’agissait du beau Philippe, il s’excusa pompeusement de m’avoir ainsi laissé tomber. D’autant plus qu’il n’avait pas spécialement envie de bosser. Tu parles, il devait avoir trop baisé !

Finalement, pour la forme, on s’y mit un petit quart d’heure, puis on décida d’un commun accord d’aller au ciné. En bas on trouva Annick et sa mère. À Annick je fis un baiser un peu plus appuyé qu’à l’ordinaire en me disant « Toi, ma coquine, tu caches bien ton jeu ».


Nous sommes donc allés au ciné et ensuite je suis rentré chez moi.




2- Premières lectures



Le lendemain, en arrivant en cours, j’ouvre la sacoche et me retrouve nez à nez avec la culotte. Merde je l’avais oubliée celle-là. Et le cahier, j’avais aussi son cahier journal. J’ai poussé discrètement la culotte vers le fond et j’ai feuilleté les premières pages du cahier. Pas grand-chose d’intéressant dans tout ça, elle en voulait à ses parents à cause d’une crasse qu’ils avaient faite à sa grand-mère, ensuite ça parlait d’une copine qui lui faisait la gueule. Rien de bien passionnant, j’ai refermé le journal, l’ai glissé dans mon sac, le prof venait d’arriver.


Philippe était en retard comme à son habitude. Il s’est pointé à 11 heures, la mine enfarinée et les mains dans les poches



J’imaginais le désarroi d’Annick quand elle s’était aperçue de la disparition de son cher cahier.



Et lui c’était philippe.vassord@aol.com. Évidemment, j’aurais dû y penser.

À l’époque, Internet n’était pas aussi développé qu’aujourd’hui. Nous avions la chance d’habiter une grande ville et de bénéficier du tarif local, ce qui était loin d’être le cas de tout le monde. La famille de Philippe avait pris un abonnement chez AOL et j’avais convaincu mon père de faire de même.



Le soir, après dîner je me suis installé dans mon lit j’ai ouvert ma sacoche, bien décidé à réviser mes cours. Mais j’ai vu la culotte et je l’ai reniflée. L’odeur était plus diffuse mais elle sentait encore fort. Elle sentait la chatte humide, la foufoune de salope. Humm, j’ai astiqué ma queue en pensant à Annick, allant même jusqu’à l’imaginer en train de se branler.

La tête sous l’oreiller comme on dit. Quelle vilaine pensée, j’ai essayé de la chasser de mon esprit sans trop y parvenir. Je me sentais vraiment « dégueulasse ».

Humm quel fumet ! Je me suis branlé un peu la queue avec sa culotte puis j’ai arrêté, de peur de perdre définitivement son odeur.


Le cahier, ah oui le cahier ! Suite aux premiers coups d’œil j’avais bien peur qu’il ne s’agisse que de mièvreries. Mais j’avais du temps à perdre et pas spécialement envie de bosser. J’ai ouvert une page au hasard, plutôt vers la fin et là, quel choc !



« Aujourd’hui encore, le vieux livreur de papier est passé, aujourd’hui encore il a posé ses yeux salaces sur ma poitrine. J’en suis maintenant certaine, je l’ai vu faire dans la glace. Il fait ça avec toutes les employées, et elles l’ont toutes remarqué. Elles se gaussent de lui quand il s’en va en disant que c’est un vieil obsédé. C’est vrai qu’il est vieux et c’est vrai qu’il pue, mais au moins lui me traite comme une femme, ni plus ni moins, il me regarde comme les autres.

Je me sens prête. S’il veut me baiser, je lui donnerai mon corps et ma virginité. J’ai trop envie, j’ai trop envie qu’on me baise. Je veux être BAISEE, je n’en peux vraiment plus, c’est ça ou le suicide. Je vais me donner au premier venu, à quiconque voudra bien de moi…


Mais personne ne veut de moi, je suis trop seule, je me sens trop mal, l’issue fatale approche à petits pas. Je déraisonne, l’haleine fétide de ce livreur me ferait vomir. Il pourrait au moins se laver. Je m’offrirai à lui s’il se lave, au moins les dents, mais il ne le fera pas… je suis désespérée…


Je croyais qu’Olivier serait plus « gentil » avec moi. Mais quand j’ai posé ma main sur sa cuisse, il s’est écarté comme si j’étais une pestiférée. Depuis il me parle à peine, il fait tout pour m’éviter. Il ne s’intéressait pas du tout à moi, il doit m’avoir en horreur, je lui fais pitié.

Mais messieurs dames, je n’ai besoin de la pitié de personne, vous m’entendez. Votre pitié me fait gerber, je vous trouve méprisables, je vous ai en horreur, je préfère crever. »



Cette nuit-là, plutôt que de dormir, j’ai passé mon temps à lire ce cahier journal. Et, croyez-moi sur parole, je n’étais pas au bout de mes surprises



À suivre…