| n° 07586 | Fiche technique | 11508 caractères | 11508Temps de lecture estimé : 8 mn | 09/09/04 |
| Résumé: Après un bain chaud... elle se sent prête pour l'amour... | ||||
| Critères: f fh fmast pénétratio ecriv_f | ||||
| Auteur : Eugénie | ||||
Toute la nuit Léa n’a cessé de se tourner et se retourner sans parvenir à se caler confortablement dans les bras de Morphée. Vers 8h le claquement de la porte de sa voisine de palier l’a réveillée en plein rêve, puis ce furent les klaxons des automobilistes irascibles qui l’empêchèrent de sombrer de nouveau… Jusqu’à 9h, elle hésita à se lever pour mettre un peu d’ordre dans l’appartement, en prévision de la visite de Paul en fin de matinée. Finalement elle avait décidé de s’accorder encore une petite demi-heure de repos. À 11h30, c’est la sonnerie du téléphone qui la tira d’un profond sommeil.
Bip Bip Bip …. Il a raccroché sans attendre la réponse. Dépitée, Léa s’enfouit de nouveau sous la couette bien décidée à ne pas répondre quand il la rappellera d’en bas pour avoir le code qu’elle s’efforce d’éviter de lui donner depuis des mois. Furieuse, elle rumine des projets de vengeance contre l’importun, contre elle-même aussi, incapable de refuser cette intrusion dans son univers intime. Quelques minutes à peine après ce coup de fil, on frappe trois coups brefs à sa porte.
Maria est l’ancienne gardienne de l’immeuble. Depuis 2 ans elle a déménagé et son ancienne loge a été transformée en studio et loué par la copropriété presque 3000 F par mois, ce qui permet de payer une entreprise de nettoyage qui assure l’entretien des parties communes et la sortie quotidienne des poubelles, et surtout de réaliser des économies et donc de réduire les charges des propriétaires des appartements de l’immeuble. Maria ne peut s’empêcher de frapper à la porte de son ancien domicile où la couche de peinture n’est pas parvenue à effacer les souvenirs de 20 ans de vie. Léa ouvre la porte et fait entrer Maria. Elle aime bien cette septuagénaire encore très coquette même si le fond de teint cache de plus en plus mal les poils noirs de sa moustache de femme du sud.
C’est un pacte entre la nouvelle et l’ancienne occupante de la loge: Une fois par semaine, Maria vient, contre 15 euros faire deux heures de ménage dans le grand appartement d’à-côté, au même étage, 250 m2 de luxe sans volupté. La propriétaire l’attend tous les mercredi à midi, lui explique avec une précision sans appel les tâches à accomplir avant de s’absenter pour revenir, à 14 h précises vérifier le travail de la femme de ménage à qui elle a toujours refusé de confier les clés. Maria ne l’aime pas, mais depuis qu’elle est à la retraite forcée, il faut bien améliorer un peu l’ordinaire… Alors, elle triche: par la fenêtre, elle guette l’arrivée du taxi qui emmène madame B. déjeuner chez son fils cadet et, dès que la portière se referme sur l’élégante dame blonde, Maria tourne les deux robinets dorés, et pendant que l’eau presque brûlante s’en échappe, court inviter sa voisine de palier à profiter clandestinement du jacuzzi, dans la pièce rose et verte où la lumière tamisée s’abîme dans d’innombrables miroirs. C’est un moment privilégié que la locataire du studio ne rate pour rien au monde. Il lui est même arrivé de se faire porter grippée où d’annuler un rendez-vous professionnellement très important pour pouvoir s’adonner, dans des vapeurs vanillées, au plaisir des jets d’eau tourbillonnant contre ses reins.
Aujourd’hui, Léa avait oublié le rendez-vous et c’est avec joie qu’elle saute du lit pour ouvrir à Maria qui l’entraîne aussitôt vers le grand appartement. La chemise de nuit en satin bleu marine s’étale en corolle à ses pieds sur le carrelage rose thé. Léa entre précautionneusement dans l’eau tiède. Un frisson parcourt son dos depuis la nuque jusqu’au creux des reins. Elle sent se dresser les poils de ses avant-bras. La mousse rose lui caresse la nuque et mouille les cheveux fous échappés d’un chignon improvisé. Du bout du pied elle met en marche les jets massants. Elle sent alors sous elle la pression ferme de l’eau éjaculée des trous cerclés de métal doré. C’est comme la caresse de plusieurs mains qui innerve son corps. La chaleur qui envahit son ventre dépasse celle de l’eau. Un des jets d’eau s’immisce entre ses cuisses. Sa main le rejoint, presque machinalement. Les doigts écartent les lèvres et s’enfoncent dans le sexe creux. Sur la paume, elle sent le clitoris saillant. Les yeux mi-clos, elle s’abandonne au doux bercement de la caresse. De sa main libre elle effleure le ventre puis titille la pointe des seins. Les jets d’eau continuent de la pétrir. Soudain c’est comme une explosion dans son bas ventre. Un spasme lui fait fermer les cuisses tandis qu’un long frisson lui parcourt l’aine et lui arrache un cri. Elle ouvre les yeux, dégage sa main prisonnière de l’entre jambe et la porte à sa bouche pour goûter le liquide acide et salé écoulé d’elle.
Maria chante en passant l’aspirateur dans le salon. Après avoir repris ses esprits, Léa commence ses ablutions. Gommage exfoliant, lit-elle sur le flacon, chic et cher posé sur le rebord de la baignoire. Elle dépose une noix de gel rose truffé de petits grains blancs dans le creux de sa main et commence à l’appliquer sur ses jambes, ses cuisses, ses fesses, en frottant vigoureusement la peau. Elle recommence ensuite l’opération sur le haut du corps avant de se rincer à l’aide de la pomme de douche. Elle se sent maintenant, propre et douce au toucher, débarrassée de ses peaux mortes et prête à s’offrir à la caresse des grandes mains de celui qui doit venir la rejoindre tout à l’heure. Il est temps maintenant de fourbir ses armes de séduction. Nue devant la glace, elle souligne d’un trait noir le contour des ses yeux, dessine la bouche, rouge sang et termine par une pointe de mascara sur les cils. Elle brosse soigneusement ses cheveux dorés avant de les relever en queue de cheval. Satisfaite, elle s’adresse un sourire avant de retourner chez elle s’habiller. Au moment de quitter la pièce, son regard est accroché par le flacon de verre marqué du sceau d’un grand couturier. Un dernier pchitt, et elle tourne les talons… Maria suit des yeux le balancement de ses hanches, Léa sent le regard de la vielle dame sur ses fesses nues. Elle l’aide à enfiler son peignoir.
De retour chez elle, Léa se sent assez belle pour affronter l’étroitesse de l’endroit. Le lit défait et le désordre ambiant lui semblent totalement étrangers. Elle est comme gorgée de luxe. À peine le temps de trouver, dans l’enchevêtrement des sous-vêtements qui habitent son armoire, le string noir bordé d’un liseret grenat, et puis sa paire de bas-résilles noirs qu’elle a soin de dérouler précautionneusement le long de chaque jambe et de tirer jusqu’au ras des fesses de façon à former un dessin parfait, une invitation sans échappatoire… Le téléphone sonne de nouveau, c’est Paul qui l’appelle de son portable alors qu’il est déjà derrière la porte. Elle ouvre, presque nue. Il lui a apporté une rose rouge… Le fleuriste du coin de la rue devrait me verser un pourcentage sur les ventes réalisées grâce à mes amants, pense-t-elle en remerciant Paul. Il la prend dans ses bras et la serre contre lui. Elle aime se sentir enveloppée par le corps puissant. Elle sent le sexe de Paul durcir au travers de son pantalon. Elle lève les yeux vers lui en souriant, triomphante. Il rit en se dégageant pour enlever son blouson.
Il s’exécute sans se faire prier. Elle s’est assise sur le lit et le regarde se dévêtir maladroitement. Il ne porte plus que son slip, bleu, d’où s’échappe sa queue, dressée. Il la renverse sur le matelas et s’agenouille, la tête entre ses jambes. Léa, les jambes repliées, le bassin légèrement relevé pour mieux s’offrir à la caresse de la langue, ressemble à un insecte, une sauterelle, ou une mante religieuse. C’est toujours la même lutte entre eux. Chacun cherche à triompher de l’autre, le vaincu est celui qui jouit le premier. Aujourd’hui, ayant pris de l’avance, Léa sait qu’elle va gagner. Elle l’invite à remonter vers elle, lui caressant le torse d’une main, fait glisser le slip de l’autre le long des jambes. Elle sent le sexe de Paul à l’entrée du sien. Il écarte les lèvres humides il s’immisce, au plus profond. Elle resserre ses jambes autour de lui et se referme comme une plante carnivore. Elle ondule, le tenant toujours captif, le libère, puis le happe de nouveau. Elle s’applique à jouer de ses muscles internes comme des cordes d’un violon. Douce mélodie… Quelques minutes à peine après qu’il l’a pénétrée, il est déjà au bord de l’orgasme. Elle remarque à la tension de son visage qu’il a beaucoup de mal à se retenir. Elle décide alors de l’achever: elle se cambre et lui impose son rythme, régulier, sans appel. Soudain, surprise par son propre plaisir, elle laisse échapper un oui rauque… Ce cri provoque chez Paul l’effet escompté: il s’échappe dans un gémissement qu’elle prolonge en remuant délicatement. Il s’affaisse comme un poids mort sur elle.
Pas de réponse. Pensant qu’il accuse le coup de sa défaite, elle se dégage en riant. Le visage de Paul affiche un rictus douloureux. Elle l’appelle, le secoue. Incrédule, elle le gifle… toujours pas de réponse… À deux doigts de céder à la panique, elle compose le 18 sur son téléphone. Une voix grave lui répond. Les pompiers seront là dans cinq minutes. Abandonnant le corps inerte de Paul, elle enfile une robe et des chaussures. Trois hommes en combinaison bleue nuit sont là. Leurs gestes sont précis, efficaces. Deux d’entre eux descendent le corps de Paul sur un brancard. Le troisième range la trousse de secours. Il lève les yeux vers Léa.
Il plonge son regard bleu acier dans celui de Léa et ajoute : vous êtes une femme dangereuse… l’air rêveur. La porte se referme, elle entend s’éloigner la sirène hurlante. Un morceau de métal argenté brille à ses pieds. Il s’agit de l’insigne d’un pompier… Demain elle ira leur rendre avant d’aller voir Paul à l’hôpital.