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n° 07538Fiche technique10359 caractères10359
Temps de lecture estimé : 7 mn
03/09/04
Résumé:  Une nuit seul dans ma maison, je profite du plaisir de la nuit. Soudain un bruit attire mon attention. Ma femme et mes enfants sont pour une semaine sur la côte et quelqu'un tente de forcer ma porte. Il est trois heures du matin.
Critères:  h fh ffh couplus
Auteur : Jules Pichard  (Homme marié)      
Mon cadeau



La maison était calme, fenêtres ouvertes et volets clos. J’étais seul à la maison, ma femme Sylvie étant partie, le matin même pour huit jours avec nos enfants chez des amis sur la côte. À vingt heures un coup de téléphone m’avait rassuré sur leur sort…


« T’inquiètes pas mon chéri,

Oui très bien.

Non, ils ont dormi pendant presque tout le trajet

Nous sommes installés sur la terrasse avec Claire,

Maintenant ? Ils jouent autour de la piscine,

Oui, moi aussi

Repose toi bien

Je t’appelle demain».


J’appréciais pleinement ces rares moments de tranquillité où débarrassé des contingences familiales je retrouvais une sentiment bien agréable de liberté.

Je profitais vraiment de cette nuit d’été où le jour avait traîné à se coucher puis égrainé peu à peu sa kyrielle d’étoiles, sur la pointe des pieds. Un ventilateur au plafond brassait machinalement un air encore lourd, parfumé de pollens ambiants. À la fenêtre de ma chambre, nu, buvant un verre d’eau, je fixais par les trous du volet, le jardin.

Deux heures du matin, une nuit qui se fait insomnie sans trop qu’on sache pourquoi. Ma femme me manquait, j’étais seul et paradoxalement je la désirais. Depuis combien de temps n’avions nous pas fait l’amour… Pourtant elle est si belle.

La nature faisait des siennes sous mes yeux. Tel arbre prenait vie à la faveur d’un souffle… Des bruits et des formes me semblaient étranges jusqu’à ce que mes yeux s’habituent à fouiller les ténèbres. J’ouvrais le volet qui grinça sous la pression. Je m’allongeais sur mon lit, attentif au monde de la nuit, cherchant le sommeil. Et puis peu à peu, au creux de l’ambiance de cette nuit, il me sembla percevoir comme une présence… Un craquement inhabituel… Les sens aiguisés, l’oreille aux aguets, je tentais de déchiffrer ce langage.

On l’aura compris j’étais en pleine rêverie, entre veille et sommeil dans la moiteur nocturne. Mon sexe durcissait et je me préparais à me laisser aller au plaisir solitaire. Je pensais à Sylvie, à la cambrure de ses reins, à la douceur de sa peau, aux poils soyeux, juste là… A la naissance du sillon, séparant ses fesses rebondies. Me raidissant soudain sous la caresse des palmes, métronome de mon rêve éveillé. J’eus la chair de poule en saisissant mon membre que je commençais à honorer d’un léger va-et-vient.


Soudain un bruit plus sourd… Il y a des instants de solitude où l’on se persuade, sans trop savoir pourquoi, qu’il va se passer quelque chose. J’hésitais à me lever. Rêve ? Réalité ? Mon excitation décuplait de ce bruit inconnu et je massais mon gland d’un pousse appliqué. Le mouvement était lent, j’avais toute la nuit… Ce devait être un chat en conquête nocturne… Samedi soir c’est logique me dis-je… La nuit tous les chats sont pris.

Je récupérais l’oreiller de droite et le plaçait sous ma tête afin de trouver une position plus confortable pour mon occupation. Mon état d’excitation était tel que j’allais exploser… Un coup d’œil au réveil m’appris qu’il était trois heures, une cloche un peu plus tard me confirma l’information. Des gouttes de sueurs ruisselaient maintenant de mon torse, le ventilateur peinait à me rafraîchir un peu… Je faisais durer le plaisir, serrant mon hampe parfois presque jusqu’à la douleur… J’étais bien, je me sentais tout à elle, je ne pensais qu’à elle…

Soudain le même bruit se répéta, me réveillant cette fois tout à fait et me sortant brutalement de ma douce caresse. Aucun doute quelque chose ou quelqu’un était à la porte donnant sur le jardin.

D’un bond je me levais retournant à la fenêtre, tentant de ne pas faire craquer le parquet que, par chance, je connaissais par cœur.


Une forme armée d’une lampe de poche de faible intensité fouillait l’obscurité, là, juste au-dessous de moi, devant la porte. J’étais à deux mètres cinquante à peine, au-dessus d’elle… Inutile de vous dire que mon sexe s’était recroquevillé, le désir d’un seul coup m’avait abandonné.

J’observais cette silhouette qui visiblement tentait de forcer ma porte. Curieusement je n’avais pas peur, j’étais trop lucide… Et puis c’était tellement incroyable.

Enfilant un caleçon, j’attrapais sans réfléchir une raquette de tennis, arme dérisoire… J’avançais à tâtons, percevant du haut de l’escalier la lueur de la lampe. Descendre ou attendre ? La sueur perlait maintenant sur mon front… Je ne me posais pas bien longtemps la question puisque le craquement des premières marches du lourd escalier m’apprenait que mon intrus montait vers moi. Le sang battait à mes tempes à présent, sans bruit je me glissais dans une niche creusée dans le mur, retenant mon souffle…

Le froissement d’un vêtement contre le mur de droite, la faible intensité du rayon de lumière, encore une minute et il sera là. Soudain sans réfléchir, je jaillissais de ma cache entraînant dans ma chute mon visiteur. Cela ne dura que quelques secondes, raquette, lampe de poche furent les premiers sur le sol. Je me relevais péniblement, côtes et muscles meurtris. Visiblement mon visiteur pour sa part était sonné, recroquevillé en bas de la dernière marche à mes pieds. De la main droite je poussais l’interrupteur.


***


« Joyeux anniversaire, joyeux anniversaire »

Une petite voix familière chantonnait doucement derrière mon dos, dans la pièce…

Je sursautait et tournait la tête oubliant le corps étendu à mes pieds.

Ma femme était là. Assise à la table, souriante…



Me voyant perdu, ma femme me fit signe de m’asseoir à la table. Ce que je fis… Nous étions face à face à présent… Je n’avais même pas pensé à l’embrasser tellement j’étais interloqué.

Le corps au pied de l’escalier reprenait ses peu à peu esprits. Je tournais les yeux.



(À Anne)



La jeune femme vint s’asseoir à côté de ma femme en se frottant la tête…


Le premier moment de stupeur passé, je reprenais tout à fait mes esprits et observais mes deux visiteuses. Ma femme portait un petit sourire satisfait que je ne lui avais plus vu depuis longtemps. Rayonnante de féminité, elle posait sur moi ses yeux vainqueurs. Petit haut noir cintré rehaussé de boutons rouges, ses yeux pétillaient du plaisir de la victoire. Une jupe noire serrée, des chaussures italiennes et un chouchou rouge complétaient le tableau.


« Champagne dit-elle, je te rappelle que tu as quarante ans aujourd’hui. »


Anne à ses côtés n’était pas en reste côté féminité, également brune mais un soupçon plus petite. Vêtue d’une ample robe noire boutonnée par-devant. Le visage décoré d’une moue sympathique et quelque peu enfantine, encadré de longs cheveux noirs. Je ne fis pas de suite attention à ses yeux d’un vert plus clair que ceux de ma femme. Tout en continuant à se masser l’arrière du crâne elle se leva gentiment et me fis la bise.


« Je suis très contente de vous rencontrer »


Je n’eux pas le loisir de répondre, ma femme arrivait déjà chargée du seau à champagne et de trois coupes, ainsi que d’un large gâteau surmonté de 4 bougies.


« Une par dix ans, c’est mieux pour le moral, non ? Bon, tu m’aides ? »


***


Nous étions donc tous les trois installés autour de la table. Ma femme se leva et commença à parler :


« Cela fera bientôt quinze ans que nous vivons ensemble Paul. Depuis dix ans ton travail et nos deux enfants occupent l’essentiel de notre temps. Nous sommes un couple heureux et je t’aime de toute mon âme. Tu as quarante ans aujourd’hui et je voulais en profiter pour redonner un coup de fouet à notre quotidien ».

Elle marqua un temps d’arrêt, ses joues s’étaient empourprées… Elle fixa mon regard à nouveau et repris :

« J’ai remarqué que depuis quelques années déjà tu ne me regardes plus comme avant… Non, ne proteste pas. Tu vois surtout en moi la mère de tes enfants et tu oublies parfois de me regarder comme une femme. Nos étreintes sont moins fréquentes et de plus en plus sages. Je ne te reproche rien, le quotidien a peu à peu raison de notre couple, c’est ainsi. Nous vivons de plus en plus l’un à côté de l’autre, assumons nos responsabilités, nous nourrissant des souvenirs brûlants du début de notre amour »

Forte de ce constat, je veux t’offrir ce soir un cadeau très spécial, qui réveillera les amants que nous n’avons jamais cessé d’être. Ce cadeau c’est Anne qui m’aidera à te le faire ».

Elle prit Anne par la main qui vint se placer debout à côté d’elle et continua :

« Elle devait se glisser près de toi sans un bruit, sans te réveiller, je vous aurais rejoint quelques minutes après avec ce champagne… Tu as par ton réveil chamboulé mes plans et surpris Anne. Bon anniversaire mon chéri. »



Après ce discours théâtral joignant le geste à la parole les deux femmes s’approchèrent de moi et me prirent par la main. Je suivais mes guides jusqu’au grand canapé où elle me firent asseoir. Comme j’essayais de prononcer un mot ma femme m’embrassa en guise de désapprobation. Sa langue s’insinua jouant avec la mienne, avec une ardeur qui me surprit un peu. Même son parfum n’était plus le même… Sa main me caressait le torse et m’invitait à regarder Anne debout devant nous. Vaincu et excité par cette entrée en matière, je décidais de me laisser faire et d’accepter sans plus attendre mon cadeau.