| n° 07205 | Fiche technique | 8559 caractères | 8559Temps de lecture estimé : 6 mn | 22/03/04 |
| Résumé: Rencontre entre libertin et libertine. | ||||
| Critères: fh inconnu toilettes préservati pénétratio | ||||
| Auteur : Russel Price (Libertin parisien.) | ||||
6h30. Derrière son comptoir, le patron astique sa machine à café avec l’entrain d’une personne qui sait que la journée va être longue. Il ne tourne même pas la tête vers moi alors que je franchis le seuil de son café. Deux personnes, le nez dans leur tasse, sirotent le mélange en jetant un œil à une feuille de chou locale.
Dehors, la bouche de métro Buzenval continue de déverser son flot de voyageur. La pluie vient de cesser.
Le patron émet un roulement de gorge qui me laisse à penser qu’il ne voit pas d’inconvénient à ma requête. Effectivement, avec les gestes lents d’une personne habituée à les exécuter, il entreprend de préparer ma mixture.
Mon regard court sur le comptoir et la salle. Mon pouls s’accélère lorsque je remarque une tasse de café fumante sur l’une des tables du fond. Une tasse orpheline. Juste un imper sur la chaise.
J’ai la bouche sèche tout d’un coup.
« En bas de l’escalier ».
Evidemment.
« Elle » me l’avait dit.
Je descends donc la courte volée de marche. Deux portes se font face sous une lumière blafarde. Je regarde derrière moi. Personne. Je pousse la porte siglée « Dame ». Deux lavabos muraux à gauche et trois toilettes dont les portes sont fermées à droite. Je referme la porte et me dirige vers celle des toilettes la plus éloignée. Je l’ouvre en la tirant.
Elle est là. Ses jambes d’abord. Longues et galbées. Gainées de bas noirs. Posées sur des escarpins en daim noir aux talons aiguilles fins et vertigineux. Ses fesses ensuite. Rondes, blanches entourées d’un porte-jarretelles. Sa jupe retroussée sur ses hanches ne me cache rien de son sexe déjà luisant. Ses cheveux roux tombent en vague sur ses épaules. Elle me tourne le dos, appuyée les bras tendus sur le mur du fond de la cabine. Ses Jambes écartées survolent la lunette des toilettes. Sa tête inclinée en avant m’interdit de voir son visage.
Elle ne dit pas un mot lorsque je referme la porte derrière moi en tirant le verrou. Je n’entends que sa respiration. Je n’ose la toucher. Rapidement, je m’empare du préservatif qui était dans ma poche. Ma ceinture desserrée, mon pantalon tombe sur mes chevilles. Mon caleçon en fait autant alors que j’enfile le préservatif. Elle n’a pas bougé. Je me place entre ses cuisses et approche mon gland de son sexe. À ce moment seulement, une de ses mains quitte le mur pour plonger entre ses jambes. Elle attrape mon sexe. Elle me branle quelques secondes sans doute plus pour vérifier la présence du préservatif que pour s’assurer de ma bandaison. Rassurée sur ma protection, sa main glisse sur mes bourses. Elle me les écrase légèrement en m’attirant en elle. Je gémis sous la pression avant qu’elle ne me lâche pour remettre sa main contre le mur. Je la pénètre doucement. Trop sans doute à son goût puisqu’elle pousse sur ses bras d’un coup sec. Elle glisse ainsi sur ma queue et vient buter contre mon bas ventre. Empalée sèchement, elle laisse échapper un couinement de satisfaction. Mon sexe est tout entier en elle.
Le silence qui suit est surréaliste. Ni elle ni moi ne faisons de bruit. Juste le clapotis de son sexe qui malaxe le mien lorsqu’elle joue avec ses muscles vaginaux. Un imperceptible massage qui semble ne jamais devoir s’arrêter. Ses jambes sont tendues, ses reins creusés, concentrée qu’elle est sur le plaisir qu’elle tente de se donner. Sa tête dodeline doucement, toujours penchée en avant.
Je réalise soudain que je possède une femme dont je ne sais rien. Que je ne connais pas. Que je n’ai même jamais vu. Notre présence n’est motivée que par la recherche du plaisir pur, sans contrainte sociale ou matérielle. Une sorte de masturbation qui ne serait pas individuelle. Le plaisir dépouillé de toute contingence. Il semble que nous soyons quelques centaines en France à pratiquer ce genre de rencontre évanescente, furtive, parfois violente mais toujours imprévisible. Le site Internet qui nous sert à prendre contact ne se propage que par affinité autour de cet idéal que nous partageons: Le plaisir à l’état brut. Rien d’autre.
Elle glisse soudain sur mon sexe en se laissant aller en avant. Ses mains quittent le mur pour prendre place sur le haut du réservoir d’eau. Penchée en avant, ses fesses remontent et viennent à nouveau aspirer ma queue. D’un geste, j’attrape ses épaules et la tire à moi vivement. La pénétration est immédiate et totale. Elle s’écrase sur mes bourses. Mes mains descendent sur ses flans pour constater que sa veste est ouverte et sa poitrine offerte. J’en agace les tétons avant d’empaumer ses seins. Elle gémit puis soudain se redresse en poussant sur ses mains. Elle me pousse en arrière. Bloqué par le pantalon qui entrave mes chevilles, je n’ai d’autre solution que de basculer également en arrière. Mon dos heurte la porte des toilettes.
Le bruit sourd résonne dans la salle avant que le silence ne reprenne ses droits. Bloqué entre la porte et ma partenaire, je n’ai d’autre ressource que de la laisser prendre l’initiative. Ce qu’elle ne tarde pas à faire. Empalée sur mon sexe, elle commence un va-et-vient lent et profond. Sortant ma queue presque totalement, elle replonge dans l’instant suivant dans un mouvement qui ne saurait être perpétuel. Je sens en effet les prémices de l’éjaculation poindre soudainement dans mon bas ventre. Soudainement, elle se désempale. Je reste surpris de cette interruption, la queue dressée et traversée de spasmes. Elle se redresse et se retourne.
Elle doit avoir la quarantaine. Des yeux verts, une bouche mutine mais finalement, un visage assez quelconque. Elle aussi me dévisage. Pas longtemps. Une de ses mains descend sur ma queue. Elle me branle violemment. Je grimace. Ses ongles manucurés me strient le sexe. J’ai mal. Ses yeux sont plongés dans les miens alors qu’elle s’arrête de me masturber. Sa main descend sur mes bourses. Un frisson me parcourt l’échine. Ses seins dardent effrontément tandis qu’elle serre mes testicules de plus en plus fort. Son majeur presse la base de mon sexe. La douleur est intense. Elle sourit. Je suis sur le point de lui demander de cesser cette torture lorsque d’elle-même, elle met fin à ce supplice. Je ne sens plus mon sexe. Seule la douleur dans les testicules est présente à mon esprit. Elle se rapproche de moi et soulève une jambe jusqu’à ce que sa cuisse soit à la hauteur de mes hanches. J’ai compris ce qu’elle attend de moi.
J’attrape cette cuisse, descend sur mes genoux et me saisis de son autre jambe. Elle passe ses mains autour de mon cou. Je la soulève et amène son sexe au-dessus du mien. Elle me fixe toujours. J’en fait de même alors que je la laisse descendre sur ma queue dressée. Ses yeux s’écarquillent au fur et à mesure de la pénétration. Ses jambes nouées autour de ma taille, elle est maintenant comme figée sur mon sexe. La douleur s’estompe doucement. Passant mes mains sous ses fesses, je commence à la soulever lentement. Elle m’aide de ses mains. Puis elle retombe lourdement. Ses ahanements se joignent aux miens. Les yeux clos, sa tête bascule violemment de gauche à droite et d’avant en arrière. Ses talons aiguilles battent mes reins jusqu’à ce que soudain, tendu, elle se fige, les lèvres tremblantes avant de retomber sans force dans mes bras. Epuisé, je ne retiens plus mon sperme qui traverse ma verge avant de s’écraser dans le préservatif au fond de son ventre. Les jambes coupées par la jouissance, je la laisse descendre. Quelques secondes sonnées, elle s’assoit sur la cuvette, jambes écartées, le haut des cuisses gluant de sa cyprine. Je suis devant elle, la queue tremblante, la capote pleine, appuyé contre la porte. Sans un mot, elle se redresse en ramassant son sac que je n’avais pas remarqué, tire le verrou et sort. J’entends l’eau qui coule puis la porte des toilettes des dames qui claque. Elle est partie.
Mon café va être froid.
Russel Price.
Paris.
Mars 2004.
Histoire vécue.