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Temps de lecture estimé : 18 mn
08/03/04
Résumé:  L'enquête piétine. L'inspecteur Brouwer fait le point avec ses collègues Grant et Gordini, puis décide de retourner fouiller un peu plus avant l'appartement de Melinda.
Critères:  h fh hmast fellation policier -policier
Auteur : Gufti Shank            Envoi mini-message

Série : Palmyra's murderer

Chapitre 03 / 04
Chez Melinda


Résumé de l’épisode 1: L’inspecteur Brouwer commence une enquête sur des prostituées portées disparues dans le quartier de Palmyra. Il s’est adjoint l’aide de Grant, un policier qui travaillait dans la paperasse et qui rêvait de devenir inspecteur.


Résumé de l’épisode 2: Brouwer et Grant partent enquêter chacun de leur côté dans Palmyra, à la recherche d’informations sur Melinda Falken, la dernière disparue. Mais cela s’avère plutôt infructueux.



______________________



L’inspecteur Brouwer poussa un vague grognement, comme s’il s’éveillait, puis s’étendit de toutes ses forces. Il releva péniblement la tête vers sa montre; il était déjà pas loin de onze heures. Le soleil brillait dans son bureau à travers les carreaux jaunis par la fumée. Il était assis, ou plutôt vautré, à une table, et son équipier, assis en face de lui, semblait encore plus crevé que lui. Ils avaient marché toute la nuit à travers Palmyra, ne s’accordant qu’un petit moment de repos vers six heures du matin, avant de revenir faire le point dès neuf heures. Il regarda Grant; celui-ci se tenait la tête entre les mains, hoquetant de temps à autre un vague soupir.



Grant releva les yeux vers lui, mais ne bougea pas d’un poil. L’inspecteur continua:



Brouwer se leva et se dirigea vers la fenêtre. Il resta quelques instants à regarder le boulevard, en bas. Embouteillé en permanence, se dit-il, à n’importe quelle heure du jour. Puis il repensa à son enquête. Ça piétinait. Et ce brave Grant était bien gentil, mais ne lui avait été d’aucun secours. Leur méthode était sans doute à revoir. Mais que pouvaient-ils faire d’autre que de fouiller toute la ville et d’interroger un maximum de monde ? Ils n’avaient absolument aucune piste sérieuse.


La longue plainte de Grant déchira soudain le silence, bientôt suivie d’un bruit de choc violent.



"Heureusement qu’elle suce bien !" se dit Brouwer en regardant sa secrétaire se relever en se massant le crâne. Grant, tout en refermant sa braguette, se précipita vers elle pour s’assurer qu’elle allait bien. "Il est jeune, beau gosse, et bien élevé," pensa Brouwer. "Il n’a pas l’allure d’un flic, et encore moins d’un inspecteur. Ça pourrait peut-être s’avérer un avantage…"



Quelques minutes plus tard, les deux enquêteurs relisaient une fois de plus le dossier, qu’ils avaient brièvement complété par leurs découvertes de la nuit passée. Brouwer relut un passage à voix haute:



Brouwer resta un moment les yeux dans le vague, puis replongea dans son document et en continua la lecture, comme s’il s’adressait à un vaste auditoire:



Grant sembla se satisfaire de cette réponse, et regarda Brouwer tourner une page avant de continuer de lire:



"Le 12 à 9 heures: Une certaine mademoiselle Sanchez appelle le central pour signaler que son amie Melinda a disparu. Aucun renseignement sur l’identité de cette mademoiselle Sanchez."

"Le 12 à 15 heures: les inspecteurs-adjoints Gordini et Wunkel interrogent les voisins de Melinda Falken. Sans succès. Personne ne la connaît vraiment. Les voisins n’ont jamais entendu parler d’une quelconque mademoiselle Sanchez, et encore moins l’ont-ils vue."


Brouwer s’arrête un instant, sans décoller pas les yeux de la feuille. Puis il reprend:



Un éclair passa dans les yeux de Grant.




Il descendit à toute allure l’escalier et se dirigea vers les cellules. Le mot "haleine" avait réveillé en lui le souvenir de la jeune fille qu’il avait enfermée la veille, et qui sentait l’alcool à trois mètres à la ronde. Comment s’appelait-elle, déjà ? Salberg, ou Solberg, quelque chose comme ça. Oui, c’était ça, Elyna Solberg. En tout cas, c’était une bombe, se remémora Grant. Mais il se fit également la remarque qu’il l’avait complètement oubliée, et qu’il n’avait d’ailleurs rien décidé à son sujet.


Il courut presque jusqu’à la cellule où il l’avait laissée la veille au soir, avant de monter rencontrer Brouwer, et il fut soulagé de constater à travers la petite vitre que la jeune fille semblait dormir encore. Il resta quelques secondes à l’observer avant d’ouvrir la porte. Elle était vraiment très belle, et tandis qu’elle dormait, on ne lisait plus sur son visage la provocation et l’insolence, mais plutôt la douceur et la candeur.


Il tourna la clé dans la serrure, pensant ainsi l’éveiller. Mais ce ne fut pas le cas. Il s’avança dans la cellule, et toussota légèrement. La jeune fille sursauta, se redressa vivement, mais ne sembla pas tout de suite se rendre compte de sa situation. Elle regarda attentivement Grant, puis autour d’elle, puis à nouveau le policier.



Elle parut d’abord quelque peu rassurée, puis à nouveau extrêmement inquiète.



Elle sembla réfléchir un instant.



Elle le regarda sans comprendre, se décomposant au fur et à mesure. Grant avait largement passé sous silence l’épisode qui le concernait, et elle ne semblait pas s’en souvenir non plus.



Commençant à réaliser, elle éclata soudain en sanglots. Grant se trouva en fait assez gêné. Il avait d’abord été content, pour son propre compte, qu’elle ne se soit souvenue de rien. Mais maintenant, il en venait à se dire que la pauvre mademoiselle Solberg avait fait tout cela sous l’emprise absolue de l’alcool, ou même peut-être de tout un tas d’autres drogues. Elle ne lui paraissait pas avoir un mauvais fond.



Il l’emmena jusqu’au bureau où il l’avait entendue la veille et il lui montra son dossier, puis la laissa téléphoner. Elle lui demanda ensuite ce qu’elle risquait. Il répondit évasivement en expliquant que cela dépendrait du procureur et du juge. Il lui dit enfin qu’elle recevrait chez elle une citation à comparution, lui conseilla de se calmer sur l’alcool, et la reconduisit jusqu’au hall d’entrée, où il l’abandonna toujours pleurnichante.



Quand Grant revint au bureau de Brouwer, un homme s’y trouvait qu’il imagina être Gordini. Il l’avait certes déjà croisé dans les couloirs, mais il était incapable de mettre un nom sur ce visage qu’il contemplait. Il entra et s’assit près de la fenêtre. Le nouvel arrivant était en train de raconter à l’inspecteur Brouwer ses découvertes de la veille. Celui-ci l’interrompit:



Les deux hommes échangèrent un vague regard en guise de salut. Et la conversation reprit:



Grant jeta rapidement un oeil sur le bureau où se trouvaient étalées en vrac quelques clichés d’une jeune femme qui devait certainement être Melinda Falken. La fille était magnifique, en tout cas, pensa-t-il. Elle avait de la classe. Une vraie bombe. Autre chose que les filles qu’il avait pu croiser la veille dans Palmyra.



Il y eut un silence. Gordini reprit la parole:



Personne ne répondit. Brouwer insista:



Il y eut de nouveau un long silence, seulement troublé par le bruit des papiers que classait la secrétaire. Grant s’en voulait de s’être fait duper tout du long la veille, et surtout d’avoir été si prêt de pouvoir trouver des indices. Brouwer se leva, relut une fois de plus le dossier "Melinda Falken", se saisit du carnet d’adresses, et le parcourut d’un oeil distrait.



L’interpellé se leva et suivit l’inspecteur hors du bureau, non sans un dernier regard vers mademoiselle Pénélope qui s’était déjà agenouillée aux pieds de Gordini et qui s’emparait maintenant de son sexe encore mou.


A peine dans la voiture, Brouwer demanda:



Brouwer marqua un silence, avant de reprendre:



Grant se saisit du petit agenda que lui tendait l’inspecteur. Il l’ouvrit et le parcourut rapidement, cherchant ce qui aurait pu avoir attiré l’attention de son chef. Il allait donner sa langue au chat lorsque, en tournant les pages, il eut un éclair:



Brouwer ne répondit rien. Grant reparcourut lentement le carnet, comptant apparemment les pages. Puis il reprit:





Quand ils arrivèrent devant le 214 Palinto Avenue, ils se dirigèrent d’abord vers l’appartement de la concierge au rez-de-chaussée. Ils sonnèrent. Mais pas de réponse. Tambourinèrent. En vain. Mais à la troisième tentative:



Ils attendirent quelques minutes. La porte finit par s’ouvrir, dévoilant une femme d’une quarantaine d’années, qui ne portait apparemment qu’une robe de chambre passée à la hâte.



Brouwer sembla réfléchir, puis il reprit à l’attention de la femme:



Grant sortit un carnet et nota.



La femme rentra quelques secondes et ressortit avec un trousseau de clefs, qu’elle tendit à l’inspecteur, en disant:




L’appartement n’était pas très grand: un petit couloir qui débouchait dans un salon, qui faisait aussi chambre, avec un coin cuisine, et sur la gauche du couloir, une salle de bains, presque aussi grande que l’autre pièce. Ils entrèrent dans le salon. L’agencement et la décoration donnaient du charme. Tout était bleu nuit, et l’éclairage tamisé provenait de spots disposés tout autour de la pièce. Le gros lustre central semblait ne pas fonctionner. Une sorte de canapé convertible était déplié, les couvertures en vrac, et faisait face à une télévision bien trop grande pour la taille de la pièce. Une vaste étagère, une petite commode et une table occupaient le reste de la place. Quelques photos de Melinda étaient posées çà et là.


L’attention de Grant fut immédiatement attirée par des cassettes vidéos X qui trônaient sur un des rayons de l’étagère. Sept cassettes, toutes bien en évidence. Le policier s’en approcha, et les regarda un instant, puis alla ouvrir un à un les tiroirs du meuble qui supportait la télé. Brouwer appuya le bouton de lecture du répondeur, avant de se mettre à fouiller consciencieusement tous les autres tiroirs et placards, du salon, puis du couloir. Le répondeur défila, libérant tous ses messages, mais rien de nouveau, par rapport à ce qu’avait annoncé Gordini. Et rien qui ne semblait lui avoir échappé.


Au bout de quelques minutes, l’inspecteur entra dans la salle de bains, en disant à Grant de regarder aussi sous le lit, et sous les meubles. Ce que fit le policier, mais sans rien y trouver. Il retourna alors vers les cassettes vidéo, et les examina cette fois avec attention. "Lesbiennes en chaleur n°6", "Le saigneur des anaux", "Les fesses de Jane", "Sperm’ attitude", "La belle et les bêtes", "La collectionneuse n°3", "Fourre-moi". Il se fit la remarque qu’il ne connaissait aucun de ces films. Machinalement, il regarda rapidement le nom des acteurs.



Sous le regard médusé de l’inspecteur, il alla la mettre dans le lecteur, alluma la télé et en coupa le son avant de s’asseoir sur le lit. L’écran dévoila une jeune femme blonde en train de se faire sodomiser et de lécher une autre fille.



Il fit avancer rapidement la bande. Le gars finit par éjaculer fièrement sur le corps des deux jeunes femmes qui continuaient de se lécher. Et une autre scène apparut bientôt: une rousse avec des seins gigantesques était agenouillée aux pieds d’un groupe de plusieurs garçons, les suçant avidement l’un après l’autre.



La bande continua à défiler à toute allure. Un à un, les mecs giclaient sur la tête de la fille. Puis une autre scène apparut: deux filles, une blonde et une brune s’embrassaient et se câlinaient en tous sens sur un lit.



Il s’interrompit brusquement lorsque la caméra fit un zoom vers les visages des jeunes femmes. Grant fit un arrêt sur image. L’une des deux était clairement Melinda Falken. Aucun doute possible.



L’inspecteur se saisit d’une autre cassette, et regarda les noms.



Il en prit une autre, puis encore une.



Il y eut un silence. Brouwer semblait réfléchir. Grant reprit:



Mais l’inspecteur ne répondit rien, se saisit du téléphone et composa un numéro. Il attendit quelques secondes.



Grant rangea la cassette dans son boîtier, et la repositionna sur l’étagère. Puis, voyant que Brouwer attendait encore, il en saisit une autre et l’inséra dans le lecteur. Sur l’écran apparut directement le visage de Melinda recouvert de sperme. Grant rembobina, en faisant défiler les images. Le sperme retourna par à-coups dans la queue du type qui se masturbait au-dessus de son visage. Puis celui-ci se retrouva à sodomiser sa partenaire, puis il la pénétra, puis elle le suça, puis il la pénétra dans une autre position, puis ils se mirent en soixante-neuf, puis ils se relevèrent et il se rhabilla avant de la rhabiller aussi, le tout à toute allure. Grant remit alors le magnétoscope en lecture normale.



Celui-ci arrêta la bande et sortit son carnet.



Il raccrocha.



Brouwer réfléchit un instant avant de répondre:



Grant acquiesça d’un geste de la tête. Il sortit le carnet d’adresses de Melinda et l’ouvrit à la page L:




Brouwer refit un dernier tour rapide des tiroirs et placards de l’appartement, cherchant désespérément quelque chose qui leur aurait échappé, à lui ou à son adjoint. Il finit par s’asseoir sur le lit, résigné. "Ah, Melinda, Melinda !" fit-il à voix haute. Il s’empara ensuite de la télécommande, baissa sa braguette et remit le film en lecture. Il se toucha un instant à travers son pantalon tout en regardant Melinda et son amant se déshabiller, se caresser, puis s’allonger tête-bêche sur le lit. Il sortit son sexe et s’astiqua d’abord lentement, tandis que Melinda se faisait doucement pénétrer à l’écran. Et au fur et à mesure que l’homme s’approchait de la jouissance, lui aussi accélérait le rythme de son poignet. "Ah c’est vrai que t’es bonne !" fit Brouwer quand, sous ses yeux avides, Melinda ouvrit ses fesses à son amant.


Mais l’homme à l’écran atteignit la jouissance avant l’inspecteur, et quand Melinda tourna son visage couvert de sperme et ses yeux malicieux vers la caméra, l’inspecteur décida d’aller changer de cassette, pour revoir cette déesse dans une autre scène. Il se leva, la queue à l’air tendue devant lui, extirpa la vidéo du lecteur et en inséra une autre, et avant de se rasseoir, sortit un mouchoir en papier d’un paquet qui traînait sur la table.


A l’écran, Melinda, assise sur un canapé, masturbait vivement deux mecs membrés comme des chevaux, tandis qu’une autre fille, agenouillée devant elle, lui tétait les seins, et lui glissait des doigts. La scène, les yeux provocateurs et malicieux de Melinda, et son corps, qu’il devinait brûlant, eurent raison de Brouwer et il explosa dans un gémissement, se déchargeant dans son mouchoir en papier.


Il s’affala sur le lit, couché sur le dos, dardant ses yeux apaisés sur le plafond blanc. Et il poussa soudain une exclamation. Il se releva vivement, remballa son sexe se ramollissant et monta debout sur le lit. Il leva les mains jusqu’au lustre qui pendait au beau milieu du plafond, et tâtonna par-dessus l’abat-jour. Et comme il l’espérait, ses doigts rencontrèrent quelque chose. Une petite boîte, apparemment.


Il la redescendit, et s’installa à nouveau sur le lit pour l’examiner. Une petite boîte à secrets, pensa-t-il en l’ouvrant. Il découvrit d’abord quelques photos, sans intérêt, qu’il écarta rapidement. Il y avait aussi un petit cahier. Il le parcourut brièvement. C’était une sorte de journal intime. Il le mit dans sa poche, il le lirait à tête reposée au bureau. Et la dernière chose qu’il trouva le contenta: c’était la page arrachée du carnet d’adresses. La page des A. Il la lut tranquillement, mais il ne connaissait aucun des noms y figurant. Il la glissa aussi dans sa poche.


"Qui était l’autre policier, et qu’était-il venu chercher ?" se demanda Brouwer en reposant la boîte dans sa cachette initiale. "Sans doute un faux policier. Et peut-être qu’il cherchait ce que je viens de trouver." Il redescendit du lit, puis rangea la cassette vidéo dans son coffret et replaça celui-ci sur l’étagère. Il sortit de l’appartement, en fermant la porte à clef, puis redescendit jusqu’à l’appartement de la concierge.


Il sonna. Elle lui ouvrit. Il lui remit la clef, et lui demanda de ne plus ouvrir l’appartement à quiconque sauf lui, expliquant qu’il était le responsable de l’enquête sur la disparition de mademoiselle Falken.



Brouwer remonta dans sa voiture, démarra et prit la route de Carrousel Boulevard.