| n° 07132 | Fiche technique | 54129 caractères | 54129Temps de lecture estimé : 31 mn | 27/02/04 |
| Résumé: Clo continue de rêver de Cécilia mais in fine se rend compte de son erreur et rencontre... | ||||
| Critères: fh amour travesti | ||||
| Auteur : Domi Dupon (Homme du bon côté de la cinquantaine) Envoi mini-message | ||||
| Épisode précédent | Série : Banale Story Chapitre 05 / 05 | FIN de la série |
Enfin le dernier épisode…
Oup’s ! Délire complet ! Ma tête, ma pauvre tête ! Je n’avais pas la berlue : c’était bien toi qui était là, de nouveau accoudée à ma fenêtre m’offrant cette vision dont je ne me rassasiais pas! J’avais raison : pas de culotte mais un boléro ! Au cri de saisissement que je poussai, tu te retournas! Me présentant ton côté pile, tu me dis :
Je m’entendis lui répondre le plus sérieusement du monde.
Une brusque arrivée d’air froid engendra une nouvelle crise de frisson. Mais déjà, tu me prenais dans tes bras et me serrais contre toi. Nos corps nus ( ben oui, les fringues avaient disparu !) soudés en une seule entité.
Mains pétrissant des fesses, ongles griffant un dos !
Paumes surfant du bas des reins au replat de l’omoplate
Doigts s’oubliant dans des labyrinthes de cheveux emmêlés
Bouche dans mon cou, souffle chaud dans ton cou !
Doux bisous dans nos cous échangés !
Lèvres qui se cherchaient, se trouvèrent, se saluèrent.
Seins se bousculant, se comprimant, durcissant sous leurs mutuelles caresses.
Agréables frissons le long de ma colonne vertébrale!
Tétons turgescents s’encastrant en la tendre chair aimée.
Jambes, souples lianes, s’entremêlant étroitement de l’extrémité de nos orteils au creux de nos cuisses.
Nos ventres réunis vibrait dans une même ondulation obsédantes de douze vieilles mesures répétitives et chaotiques.
Le saillant de nos hanches parfaitement ajustées créait une secrète et chaude cavité
dans laquelle nos sexes encore engourdis par le froid se tenaient par le bout du gland.
Chaleur bienheureuse entrant par chaque pore, envahissant chacune de mes cellules.
Couette inutile jetée à la mer.
Fraîcheur d’une langue sur mes joues mon front, mes paupières, mes…lèvres qui s’entrouvrirent aussitôt.
Baiser câlin, baiser tout doux, baiser fou !
Audacieuse, ta langue se coula entre mes dents, s’empara de sa coreligionnaire et l’entraîna dans une danse ensorcelante.
Tes mains, tendres contacts sur ma nuque, jouaient avec mes cheveux.
Ta langue, tel un pénis, baisait ma bouche.
Tu me rendais folle.
Une houle imperceptible d’abord puis de plus en plus conséquente agita mon corps.
Mon ventre, contre le tien, remua dans une oscillation des plus suggestives.
Mon vagin d’où s’échappait un flot de cyprine s’ouvrit dans un muet appel.
Appel entendu !
Ta queue,
ta grosse queue,
bien aussi épaisse que celle de Julien,
remplit mon utérus.
Ton gland rougi par l’effort vint frapper l’extrémité du col.
Mes parois ointes plus qu’il n’était nécessaire te permirent un coulissage parfait.
Ta langue dans ma bouche,
ton vit dans ma vulve,
ne restaient que tes doigts pour investir mon dernier orifice.
Ton majeur et ton index se précipitèrent pour colmater cette dernière brèche.
Sur mon écran panoramique, par les multiples fenêtres, je pouvais suivre les agissements de ta langue, ton vit, tes doigts dans mes intérieurs. À chaque instant, le réalisateur me proposait de nouveaux plans.
Mon corps chantait sous tes caresses.
Je n’étais que cyprine.
Je n’étais que plaisir .
Je n’étais plus qu’un orifice que ton amour comblait.
Une vague déferlante m’emporta très haut, à la seconde où les semences issues de ton vit, ta bouche, tes doigts, se déversèrent en moi, inondèrent mon vagin, ma gorge, mes intestins me remplissant de toi, me remplissant de joie. Fusion !
Ma jouissance fut forte, si forte que tu… t’évanouis ! Je t’appelai avec désespoir. Tu ne pouvais pas m’abandonner dans cet état ! Je voulais encore être remplie de toi, par toi. Je voulais tes mains, ta bouche, tes yeux ! Je voulais tes mots ! Je hurlai :
Mon radio-réveil me confirma que je pouvais décemment me lever, d’abord huit heures Il ne me restait plus qu’à prendre un bain avant mon dej. Je me fis couler un ééééééénorme bain bien chaud.
Humm, je me plongeai dans l’eau avec délice. Engourdissement merveilleux… Ce moment de sérénité fut relativement bref. À peine fermai-je les yeux dans un bien-être alangui que, déjà, je réintégrai mon autre problème du moment: l’agonie de mon adolescence. Pourquoi ces soudains retours en arrière depuis quelques jours? Quel rapport avec toi ? Existais-tu vraiment, ou n’étais-tu qu’une espèce de manifestation d’un malaise que j’occultais inconsciemment ? Besoin de nettoyage, de mise au propre ? Cette putain d’institution ! Ce fut la période la plus trouble de ma vie, ma jeune vie. Ce fut aussi un moment où ne m’assumant pas encore totalement, je mélangeais un peu tout, par ignorance. Dans ces instants, je faillis me perdre dans le vice et la perversité, en partie, à cause de la faiblesse et de la bassesse de Maxime. J’allais sortir de l’adolescence par le sexe et par le sexe sans romance. Si j’avais pu aimer Max et si lui avait été capable d’amour, notre relation eut sans doute été différente. Mais seule compta la satisfaction de nos désirs physiques. Jusqu’à la fin de l’année scolaire, chacun ( enfin surtout moi ) imposa à l’autre ses envies, ses fantasmes. Heureusement qu’il n’était guère expérimenté sinon… Ce que je vivais ces jours ne me valait rien, voilà que je m’adonnais à la psychologie de cuisine. Bon, il fallait y aller! Dans ma tête, la femme de ménage s’impatientait. Elle voulait poursuivre le nettoyage de printemps !
Le premier impromptu s’était déroulé un lundi soir, nous arrivions au mercredi, jour crucial s’il en fut. Les cours s’étaient achevés à 15 heures. Comme je ne participais pas aux activités sportives, j’avais quartier libre. J’en avais profité pour regagner ma chambre. J’essayai de m’occuper l’esprit mais en vain. Sans aucun répit, mon imagination inventait scénario après scénario. Des images plus délirantes les unes que les autres défilaient dans ma tête. En quelques heures, Max me sodomisa de toutes les manières possibles et imaginables. Dans la douleur ou dans la joie. Lui sur moi ! Moi sur lui ! Sur mon lit! Contre le mur! Sa bite ne cessait de me transpercer… Bien entendu, invariablement, quand l’excitation devenait trop forte, la masturbation devenait le seul exutoire. Je ne comptai pas le nombre de fois où j’y eus recours. Tu pourrais penser Cé, que je n’étais qu’un(e) obsédé(e) sexuel(le). Ce mercredi, tu n’aurais pas tort. Néanmoins vers dix-huit heures, je rejoignis les lieux communautaires pour ne plus avoir la possibilité de le faire. Après le repas et la toilette, contrairement à mes habitudes, je choisis de regarder la télévision. J’étais de retour dans mon box aux alentours de 10 h 30. Je n’eus pas longtemps à me languir. À onze moins le quart, mon suborneur était là. Il se montra très aimable, la leçon d’hier avait porté ces fruits.
C’est vrai que je devenais salope ! Après quelque hésitation, il entreprit un streap-tease qui n’aurait pas impressionné un professionnel tellement il se montra maladroit. Et moi, je m’habillai ou du moins je me harnachai. Lui nu, moi en allumeuse! Moment de flottement ! Revenus des enfants ! Des enfants conscients de l’énormité des transgressions qu’ils s’apprêtaient à commettre ! Nous n’osions pas vraiment nous regarder. Le sexe flasque de mon partenaire pendouillait lamentable. Le mien ne valait guère mieux : il se terrait au fond de la petite culotte. Heureusement, la lingerie coquine libérait ma féminité soulignant mes formes. Le blanc des bas allongeait mes jambes, en accentuait le galbe. Les attaches du porte-jarretelles suivaient la courbure de mes hanches tandis que la ceinture qui dissimulait mon nombril ajoutait je ne sais quel charme pervers à mon ventre plat. En son verso, la petite culotte comprimait mes petites fesses charnues pendant qu’en son recto, ma tige se laissait deviner par les interstices de la dentelle. Ce charmant spectacle plutôt émoustillant ne laissa pas Max indifférent. Sa verge commença à avoir l’air moins bête. Ainsi réinvesti dans sa fonction de « mâle », il m’enlaça et m’embrassa… sur la bouche. Comble de l’ironie, je me sentis bien plus emprunté(e), décontenancé(e) par mes lèvres contre les siennes que je ne l’avais été, la veille, quand j’avais goûté à sa queue. Sa langue tentait de forcer la barrière de mes dents mais elles demeuraient obstinément closes. Je dus prendre sur moi pour lui livrer le passage. Cette langue qui trifouillait mon palais ne m’enchanta guère, ne m’excita guère. D’autant que son haleine de fin de soirée exhalait des relents de café et de tabac. Je trouvais bien plus agréable ses mains qui, appliquées sur l’étoffe de la culotte, tripotaient habilement mes fesses. Ses lents déplacements multipliaient les sensations provoquées par l’étoffe. Mon derme que le frottement agaçait fut vite envahi de picotements des plus plaisants. Mon petit trou impatient de perdre sa virginité se crispait chaque fois que la dentelle, poussée par un doigt, s’enfonçait dans ma raie. Sa queue enflait régulièrement contre mon ventre. Ma tige frottée par/contre sa queue gonfla à son tour malgré les traitements énergiques que je lui avais fait subir toute l’après-midi. Ceci compensa l’incommodité causée par sa langue, je me concentrai sur cette partie de mon anatomie. À mon grand soulagement, il cessa de m’embrasser. Ses mains, doigts entrecroisées, appuyèrent sur le sommet de ma tête. Bouche entrouverte, collée à sa peau, je baisai son torse, tout au long de ma descente, du cou au ventre.
Arrivé à destination, je ma gardai bien de prendre sa bite en bouche. J’avais un but très précis. Je ne tenais du tout à ce qu’il fasse sa petite affaire en ce lieu puis m’abandonne, mon sanctuaire toujours inviolé. Je léchouillai avec tendresse cette bite dont j’espérais tant. Elle présentait vaillamment les armes à un supérieur imaginaire. Mes doigts farfouillèrent dans cette broussaille de longs poils bruns bouclés. Elles s’égarèrent un peu plus bas, empaumant deux belles boules qui semblaient un peu à l’étroit tellement la peau des bourses s’était rétractée. Je voulus retrouver cette sensation que j’avais eu la veille en forçant son anus. Quand je le pénétrai, son muscle rectal se contracta autour de mon index. Je l’enfonçai avec lenteur, curieux de savoir jusqu’où je pourrai aller. Je pus aller jusqu’au bout… J’entamai un doux va-et-vient. Je me rendis vite compte que c’était une erreur car le bassin de Max accompagnait le mouvement de mon doigt et sa bite tressautait sous ma langue. Avant qu’il n’ait eu le temps de réagir, j’avais ôté ma culotte et j’étais déjà allongé(e) sur le lit. Me rappelant la scène qui m’avait tant marqué(e) l’année précédente, j’ouvris largement mes cuisses et je lui intimai :
Transition facile… Le mien de bain commençait à être particulièrement tiède. J’en sortis, me séchai et renfilai mon peignoir/robe de chambre/ couverture réchauffante tout en réfléchissant aux conséquences de ces débuts… Jamais, nul sentiment tendre ne se manifesta ! Tout, pendant les quelques mois qui suivirent, ne fut que sexe. Son expérience, comme je te l’avais déjà dit, était très limitée et il n’était guère hardi. Je pris donc rapidement l’ascendant sur lui ce qui me permit de vivre un certain nombre de situations à fort potentiel émotionnel. Il m’a baisé, je l’ai sucé, il m’a sucé ( je l’ai aussi baisé une fois, mais ça n’avait pas été génial) dans des endroits pas possibles. Dans l’établissement excepté le bureau du directeur, je me demande où nous ne nous étions pas ébattus ( devrai-je te rappeler, folle Camille, que nous étions dans un lycée religieux !!). Quand, à la fin juin, je quittai Maxime et cette saloperie d’école, mon éducation sexuelle était terminée. Ma transformation s’amorçait définitivement, sans que je n’ai vraiment eu à choisir mais ma non-vie sentimentale était toujours enroulée autour d’un platane sur une route départementale glissante… Stop assez cogité. Ce dimanche, boulot ! boulot et encore boulot ! Lou, ce suborneur de bas étage, avait été prendre du bon temps en famille et moi j’allais m’éreinter à travailler pour sa pomme.
Contrat rempli : j’avais bossé comme une dingue et le dimanche très tard ou le lundi très tôt, le programme pour installer le site de mon patron - amant était fin prêt. Il ne restait plus qu’à l’installer. Ce que je comptais faire dans l’après midi après m’être royalement accordé une matinée de sommeil. Contrairement à mon habitude, je ne me « pomponnai » pas, expression chère à ma grand-mère. Au contraire, je m’habillai de manière sobre, surtout sexuellement neutre: pantalon large, pull deux tailles au-dessus sans la moindre petite trace de maquillage et les cheveux liés sagement en queue de cheval. J’allais revoir Lou, de retour de son escapade irlandaise, et je tenais à garder mes distances, à le tenir à distance. Il me plaisait beaucoup mais dans les circonstances actuelles, dans l’état de perturbation atmosphérique dans lequel j’évoluais, c’eût été un risque trop grand. Quand, interprétant mal mon attitude, il se montra direct, je me montrai aussi direct en retour. Je lui expliquai que j’avais besoin d’un peu de recul et que, de plus, je ne serai pas sur Lyon une bonne partie de la semaine. J’avais la mise à jour de deux sites à traiter en Savoie. J’aurais pu effectuer la plus grande partie du travail chez moi mais l’occasion était bonne pour m’éloigner et l’air de la montagne ne pouvait que m’être bénéfique. Bien que mon boulot soit fini dès le mercredi soir, je restai jusqu’au week-end m’oxygénant la tête et les poumons dans de longues randonnées.
Lorsque je rentrai, le dimanche matin, je trouvai sur mon répondeur un message de Lou m’annonçant qu’il ne serait pas joignable avant mardi. Déception ! Cette semaine près de la neige avait chassé mes cauchemars et mes fantasmes. Pendant ces cinq jours, pas l’ombre d’une pensée érotique – enfin pratiquement pas une. Ton image s’estompait peu à peu et la lessive que j’avais initiée dans ma Ford intérieure m’avait lavé la tête. Je revenais sereine, sûre de mes choix et une partie tendre de jambes en l’air avec Lou ne m’aurait pas déplu. Faute de grive… une idée venue de je ne sais où vint frapper à ma fenêtre : puisque t’es seule, si t’allais fêter ça au rest’o où tout a débuté… Voilà une idée qu’elle était bonne ! Affranchie de tout souci de séduction, je gardai ma tenue de motard, me contentant de reprendre mon maquillage et donner un coup de flou à ma coiffure. Non, je ne gardai pas mon casque ! Le temps étant au beau, je décidai de faire un peu de marche. À quoi ça tient la vie ! Si j’avais pris un taxi, il m’aurait posé devant le bouchon. Je ne me serais pas arrêté rue de ……, devant une boutique de fringues. En me reprenant mon chemin, je ne t’aurais pas remarqué sur le trottoir d’en face.
Bien plus que la signification de tes paroles, le son de ta voix me fit comprendre l’étendue de la catastrophe. Alors que voulais-tu que je fasse toi à qui je parle et qui n’existe même pas sauf dans ma pôvre tête déchirée, j’éclatai en sanglots ( j’sais c’est monotone de me lire pleurer !) et par je ne sais quel miracle, je me retrouvai dans les bras de cette étrangère que je n’avais aperçue, en tout et pour tout, seulement quelques secondes aux abords du rest’o. Je chouinais sur son épaule sans retenue tandis que par des caresses amicales et des mots remplis de gentillesse, elle essayait de me consoler. L’état de délabrement mental dans lequel m’avait plongé la révélation de mes hallucinations rendait sa méthode peu efficace. Chaque mot, chacune de ses respirations me déchiraient un peu plus et je larmoyais de plus belle. Nous étions devenues le centre d’attraction de tous les passants. De guerre lasse, mais toujours avec la même gentillesse, elle me prit par le bras et m’entraîna vers un bar.
Le tutoiement était venu naturellement dans sa bouche. Nous nous installâmes le plus loin possible du comptoir, lieu le plus fréquenté à cette heure de la journée. Sans me demander mon avis, elle commanda deux whiskys. Elle me laissa tout le temps de sécher mes pleurs, de siroter mon alcool. Pendant ce silence, nous nous observâmes. Elle était bien telle que je t’avais vue. Sauf qu’elle n’avait pas cet air fantasmagorique dont je t’avais affublée. Nulle trace dans ce visage attentif, à peine fardé, de l’ironie qui habitait le tien quand tu me regardais. Et ses yeux étaient noirs ! Rien de provocant dans l’attitude: le décolleté en V de son sweat qui dévoilait la naissance de ses petits seins relevait plus d’un sain laisser-aller que d’une quelconque provocation. Leur vision pourtant m’émut ! Ils étaient si semblables aux tiens ! Elle attendit le moment propice puis attaqua :
Pendant toute ma confession, elle ne m’avait jamais interrompue, n’avait fait aucun commentaire. Son intérêt ne se manifestait que par la mobilité d’expression de son visage. Réminiscences: quand je lui avais avoué mon appartenance au troisième sexe, une flamme bienveillante avait traversé son regard et sa main avait pressé la mienne affectueusement. Cette réaction dénuée de tout calcul, simple expression d’une compréhension sans commisération m’avait émue - le whisky avait aidé, j’sais !- au plus haut point. Quand, enfin, je conclus par cette rencontre inopinée une heure auparavant, nous avions ingurgité deux verres de plus. J’avais un peu chaud. Aussi lorsqu’elle me proposa d’aller jouer à la dînette chez elle, j’acceptai sans aucune arrière-pensée. Mon déballage sans retenue avait créé une réelle intimité et nous partîmes main dans la main. Durant tout le trajet, émaillé d’arrêts lèche-vitrines, nous papotâmes. Bien sûr, nous dissertâmes sur la mode, les fringues. Nous parlâmes beaucoup de ma vie. Elle se montra très curieuse des techniques que j’avais utilisées pour me féminiser. Elles m’interrogea longuement sur mes implants mammaires. Elle était très intéressée car selon son expression, elle était plate comme une limande mais fauchée comme les blés. Surtout, elle avait peur de souffrir. Nos haltes et nos bavardages nous avaient amenés devant chez elle. Elle habitait au troisième étage d’un immeuble rénové. L’appartement était cossu, manifestement pas dans les loyers auxquels elle pouvait prétendre. À certains éléments de déco, je devinai, aussi, un locataire plus âgé. Avec la même gêne dans la voix, elle m’avoua qu’elle vivait avec une copine. Elle avait insisté sur le « vivait » pour ne laisser subsister aucun doute dans mon esprit. Elle était lesbienne, cela semblait évident. Cela expliquait sans doute l’attirance que j’avais eue pour elle… que j’avais pour elle.
Je l’aidais à préparer un repas sympa à base de crudités, d’une viande grillée, de quelques fruits. Repas que nous arrosâmes d’un Saint-Joseph plus que correct. Pendant tout ce temps nous continuâmes de discuter, de tout, de rien et du reste. La gêne initiale dépassée, elle me parla sans complexe de ses études, de sa vie avec sa copine, bien plus âgée qu’elle. Elle tint à me préciser qu’elle n’était pas entretenue même si… Par instant, lointaine, elle souriait à quelque plaisanterie connue d’elle seule. Cependant, elle se cantonna au présent et à nul moment n’évoqua son passé. Je respectai ce souhait tacite. Au terme du repas, une véritable complicité s’était établie. Un courant très électrique passait entre nous. Lorsqu’elle eut servi le café au salon, elle s’assit très près, trop près de moi. Tout naturellement, sans qu’il y ait eu aucun signe précurseur, aucun geste tentateur, nous nous retrouvâmes dans les bras l’une de l’autre, étroitement enlacées. Le baiser que nous échangeâmes fut unique. Tant par sa durée que par toute la tendresse, tout le désir, toute la compréhension qui circulèrent entre nous. Image ridiculement niaise du temps qui s’arrête… pas vraiment… mais nous étions en état d ’apesanteur … Armstrong marchant sur la lune… nos langues s’étaient engagées dans cet étrange ballet sélénite… aucune précipitation… mais la juste pulsation. Nos mains aussi participaient à cette fête mais elles n’étaient qu’effleurement, que frôlement du haut de la nuque jusqu’au plus bas du dos. L’espace alcoolisé dans lequel nous voguions favorisait une communication quasi magique: chacun de nos gestes n’était qu’une anticipation de l’attente de l’autre. Sa peau était aussi satinée que la tienne dans mes rêves : c’est du moins ce qu’affirmèrent mes doigts lorsqu’ils se glissèrent sous son sweat.
Nous restâmes très sages longtemps. Bien évidemment, nos pulls s’envolèrent. Nos mains constatèrent que ni l’une ni l’autre, nous ne portions de soutifs. Nos corps parcourus de frémissements continus me donnaient la sensation d’être électrifiée. J’étais en terrain totalement inconnu. Quelque chose m’empêchait, l’empêchait d’aller plus loin. Toujours enchaînées dans ce baiser infini, nos yeux ignoraient toujours l’aspect que pouvait avoir nos torses dénudés, nos mains n’avaient pas encore cajolé nos seins aux bourgeons tendus et s’étaient tenues à l’écart de nos culs. Lorsque, enfin, nos bouches se disjoignirent, le café que nous ne bûmes jamais était froid depuis longtemps. Le rouge aux joues, nous nous regardâmes… dans les yeux cherchant avidement à lire un message. Que nous lûmes ! Sans qu’il ne soit besoin d’une quelconque demande et sans aucun chichi, je me déshabillai. Lorsque je fus entièrement nue, le sexe dressé, je tournai sur moi-même pour lui présenter chaque facette de mon anatomie. Elle se leva, m’enlaça. Me mordillant le lobe de l’oreille droite, elle murmura :
Je ne pouvais lui laisser dire ça. Prenant appui sur ses épaules, je confiai à mes lèvres le soin de lui prouver le contraire. Elles couvrirent le haut de ses mamelons de mille baisers délicats. Sous ces agressions continuelles, ils durcirent. Ses petits tétons se dilatèrent de plaisir. Ma langue, infirmière dévouée, soigna les méfaits commis par mes lèvres par un léchage complet et douillet de toutes les surface martyrisées. Pour finir, elle joua au jeu du tourniquet, tour à tour avec chaque téton.
Ses mains abandonnèrent sa poitrine pour prodiguer d’exquis massages sur mes épaules, omoplates, nuques générant des petits frissons exquis sur tout mon épiderme. Les miennes caressaient ses fesses à travers l’étoffe rugueuse de sa jupe avec une retenue, une tendresse que je ne me connaissais pas. Elles descendaient derrière ses cuisses, en une lente glissade, interrompant leur course à la lisière de l’ourlet. Elles revenaient ensuite jusque sous les fesses. Paumes ouvertes, elles étreignaient les globes jumeaux, les comprimaient l’un contre l’autre. Elles terminaient leur parcourt au creux des reins, à la limite de la peau nue. Je n’osais toujours pas franchir le pas, passer sous la barrière du tissu. Quelle peur obscure me tenaillait ? Ce fut le hasard ( ou un geste bien calculé de sa part ) qui vainquit mes dernières réticences : ma main droite arrivait à la frontière de l’ourlet et s’apprêtait à s’en retourner. Courant d’air divin, geste volontaire, peu importe ! La conséquence heureuse fut que ma dextre se trouva au contact de la peau si désirée et ne put faire autrement que de prendre le chemin du retour sous la jupe. Y’a que le premier pas qui coûte ! Quelques secondes plus tard, mes voyages manuels reprenaient sous le tissu. Elle ne portait pas de string mais une culotte en dentelle avec des volants comme je les aimais particulièrement. Peloter son ferme petit cul à travers la dentelle, un vrai délice! Ma main droite s’insinua entre la dentelle et la peau, s’introduisit entre ses fesses pour atteindre son entrejambes. Elle s’arracha violemment à mon étreinte et s’éloigna de moi. Je me redressai, catastrophée. Quelle bévue avais-je commise ? Sans doute étais-je allée trop vite ! J’aurais du être plus précautionneuse, plus attentive à ses réactions ! Mais je connaissais si peu les femmes que j’avais pu commettre n’importe quelle maladresse.
J’étais vraiment nulle en psychologie: le visage tourmenté qu’offrait ma compagne infirmait tout ce que j’avais pensé. Ces premiers mots, énoncés d’une voix anxieuse furent pour me rassurer :
Très émue, à la limite de pleurer ( et oui pour une fois, ce n’est pas moi !), elle agrippa mes mains, les étreignit nerveusement.
Mon humour pas marrant à la Lou la réconforta un peu. D’une voix plus assurée, elle reprit :
Je m’étais sagement assise dans le canapé. Je ne comprenais strictement rien à ce qu’elle me racontait. Je me demandais quelle horrible tare, elle allait me révéler. Une seconde, l’idée m’effleura qu’elle était séropositive mais je la rejetai aussitôt ! Ça ne collait pas avec son personnage ! ( Incurable romantisme !) . Le comble :dans cette situation, je ne débandais pas. Au contraire, son visage qui s’animait, ses yeux qui brillaient sous l’effet de l’émotion, ses petits seins qui dardaient toujours leurs pointes maintenaient et, plus, augmentaient le désir que j’avais de la prendre dans mes bras. J’avais envie de lui dire que je me foutais de ses secrets, que je voulais juste que nous soyons heureuses ensemble… un moment. Elle me tourna le dos. Sans ostentation, elle dégrafa sa jupe pour la laisser tomber à ses pieds. J’eus à peine le temps d’apprécier le charme de deux sphères lisses mal dissimulées par une culotte de dentelles mauve que déjà elle avait enjambé sa jupe et me faisait face. En une fraction de seconde, je réalisai la cause de son anxiété: le devant de son slip était déformé, distendu, mais vraiment très distendu par un objet contondant qu’il avait beaucoup de mal à contenir.
Tiédeur de ses seins s’écrasant contre ma poitrine.
Sexes s’imbriquant, se comprimant, se muant en une seule entité.
Immobilisme changeant. Ô temps !
Femme/homme. Transcendance. Homme/femme.
Fortification du désir. Baisers, tendre pénétration initiale.
Vaguelettes, imperceptibles mouvements d’une houle naissante.
Massage/message cuisses à cuisses, ventre à ventre, seins à seins.
Station verticale compliquée. Action au ralenti: chute sur la moquette.
Déconnexion. Séparation momentanée… difficile.
Recherche instantanée de l’autre, de son souffle, de sa chaleur
Genoux percutant. Accolade de tétons. Glands s’humidifiant mutuellement.
Besoin impérieux de se reconnecter, s’amalgamer, de n’être qu’un.
N’être qu’un corps, qu’une vibration.
Phalanges se faufilant, s’immisçant, se perdant en des lieux obscurs que leurs passages illuminaient.
Fesses fendues, offertes aux agissements de ces doigts investigateurs.
Baisers toujours plus gourmands, plus intenses, plus langoureux.
Duel auto-masturbatoire de nos bites érigées.
Frottements. Echauffements. « Enflammation ». Déflagration.
Fluides éjaculatoires, jubilatoires tapissant nos abdomens.
Premières décharges, simple prélude à d’autres transports.
Bites toujours aussi fermement dressée l’une contre l’autre malgré cette échappée spermatique.
A ma raideur, elle ouvrit les portes de sa forteresse. Tendre et profonde visite. Je lui rendis la politesse: elle investit mon antre avec la même pénétrante délicatesse. Dans cette espèce de dimension intemporelle dans laquelle nous évoluions, nous nous pénétrâmes, à tour de rôles, maintes fois sans jamais que nos libidos ne s’emballent. Lorsque nos corps étaient physiquement fatigués de ces allers-retours, nos mains prenaient le relais. Index, majeur, annulaire et leurs complices s’enfonçaient alors, tour à tour, avec un synchronisme parfait dans nos intimités bien lubrifiées.
Et ce baiser infernal qui refusait tout idée de fin.
Etat de grâce. Jouissance ininterrompue, permanente.
L’ascenseur était bloqué au septième ciel.
La règle des trois unités n’avait plus cours.
Temps, lieu, espace, cela ne signifiait plus rien.
Tantôt sous elle, tantôt sur, tantôt en.
Parfois à ma gauche, parfois à ma droite.
La sueur sourdant de chaque pore, recouvrait notre anatomie, coulait entre nos seins, nos fesses, le long de nos jambes. Sur nos ventres, elle se mélangeait aux flaques de jutes, résultat de nos éjaculations à répétition. Nos corps obéissaient à des lois que je ne connaissais pas. Lévitation obscène entre le canapé, la table basse et les poufs. Les chocs que nous avions encaissés n’entamaient en rien notre voyage. Cette symphonie amoureuse, sans partition, sans chef, sublime improvisation où nos corps étaient en même temps notes et instruments, nous entraînait toujours plus haut, toujours plus loin.
Vint enfin l’Instant! Instant qui nous démontra que nous n’avions encore jamais réellement joui. Qui faisait quoi ! Qui était dans qui ! Quoi était dans qui ! Qui était dans quoi ! Je serais bien incapable de dire ce qui se passait, de ce qui se passa à la seconde où… Tétanisation des membres. Contraction convulsive des anus, des bites. Seins douloureux aux tétons statufiés. Onde de choc, de chaleur brûlante quasi insoutenable escaladant la colonne vertébrale pour exploser dans nos têtes. J’avais déserté mon corps, j’étais libérée des problèmes de … de tous les problèmes.
Explosion ! Implosion ! Néant et Extase ! Extase ! Eden ! Blanc ! Vide ! Vidées ! Lessivées ! Anéanties ! Carpettes ! Un, deux, dix, mille anges passèrent en applaudissant de leurs ailes immaculées! Pleurs ! Rires ! Bonheur ! Câlin, câlin, câlin, câlin !
Quand nous émergeâmes de ce coma amoureux, la nuit était tombée. Nous nous relevâmes, ressentant maintenant toute la fatigue accumulée pendant nos fols ébats. Debout, face à face, mains dans les mains, nous n’osions pas bouger; nous restâmes muettes un long moment. Peur de parler, peur de se lâcher, de rompre ce contact magique, de faire éclater la bulle. Peur de voir s’afficher le mot FIN sur l’écran de nos yeux. Ceux-ci brillaient d’un éclat incroyable laissant passer tout cet Amour que nous portions en nous. Ce fut elle qui, in fine, prit l’initiative de la parole :
A cette occasion, nous éclatâmes de rire ensemble. Nous avions passé la journée ensemble, joui comme jamais et nous ne nous étions pas seulement présentées.
Voilà c’est fini !!!