| n° 07109 | Fiche technique | 19541 caractères | 19541Temps de lecture estimé : 12 mn | 15/02/04 |
| Résumé: Histoire d'une rencontre onirique.. | ||||
| Critères: fh inconnu train intermast | ||||
| Auteur : Tom Boom (Légérement érotique) | ||||
J’entrais dans le métro sans penser à rien de particulier et, quand la rame arriva, m’affalais sur un strapontin. C’était une journée comme les autres. Je venais de rater deux UV de sociologie et de psycho et avais fait l’impasse sur celles de math et de géopolitique. Il ne me restait plus qu’à bûcher pour rattraper le coup dans la semaine.
Deux stations plus loin, comme d’habitude, le wagon se remplit subitement jusqu’à la gueule et comme d’habitude, je restais assis. Mon journal déployé, j’occupais pratiquement deux places. Une grosse dame vint se mettre à côté de moi et resta debout, me forçant ainsi à me coller contre la porte. Mon journal réduit à la taille d’un livre de poche, je me plongeais dans un article concernant les derniers spectacles d’une chanteuse noire américaine que j’adorais et oubliais le reste.
Un mouvement en face de moi me fit lever la tête. Une fille d’une vingtaine d’année s’était faufilée dans la foule et était venue se placer juste devant moi. Elle me regardait avec une lueur intense dans les yeux qui me troubla inexplicablement, puis elle tourna son visage vers la vitre pour contempler les parois du tunnel qui défilait à l’extérieur. Elle avait un petit air mutin qui lui ajoutait quelques années et de longs cheveux noirs descendaient dans son dos jusqu’à sa taille. Elle portait une jupe plissée rouge avec des motifs écossais, style kilt qui lui allait à ravir avec un chemisier blanc des plus mignon.
La station suivante était très fréquentée et la rame chargea un important contingent de bureaucrate sur le retour. La pression de la foule s’accentua et la fille fut poussée encore plus près de moi. Son parfum vint chatouiller mes narines et il me fut subitement impossible de me concentrer sur l’article que je lisais. Je ne rangeais néanmoins pas mon journal dans l’espoir de pouvoir à nouveau reprendre ma lecture. Mais elle était vraiment très proche. Son pubis faisait un léger renflement sur sa jupe de coton plissé et je devinais le galbe musclé de ses cuisses dans les fronces souples du tissu. Dans cette rame, elle était la seule personne que je gênais et ne changea pas de place quand mes genoux entrèrent accidentellement en contact avec sa jambe.
Elle me regarda comme si de rien n’était mais je devinais à la lueur qui venait de s’allumer dans sa pupille que ce contact fortuit induisait quelque chose dans son esprit. Puis elle confirma cette impression en utilisant une secousse du métro comme prétexte pour approcher encore, et sa cuisse toucha mon journal et la main qui le tenait.
Je crus défaillir. En un instant, le monde n’exista plus. Il n’y avait que cette jupe qui caressait mes phalanges et la chaleur de sa jambe que je sentais au travers. Encore incrédule, j’appuyais le dos de main légèrement mais de façon ostensible contre l’arrondi de sa cuisse. Elle répondit en avançant encore un peu son bassin vers mon visage. Je retins l’impulsion irraisonnée de poser mes lèvres sur la forme bombée que j’avais maintenant à seulement quelques centimètres. Un effluve chaud à peine perceptible vint chambouler mon cerveau en ébullition et je regrettais soudain le manque d’intimité.
La rame était maintenant vraiment bondée et une autre vague d’usagers la poussa encore plus près. Son genou appuya exactement sur le levier de mon désir et se laissa aller à un mouvement de balancier qui me mit au supplice. Cette fois elle sentit très exactement ce que moi je ressentais. Je levais la tête et croisais son regard. Ses yeux grands ouverts crachaient des flammes et son expression de sensualité animale me fit presque plus d’effet que son contact. Caché par le journal, je fis glisser ma main jusqu’au bord de sa jupe et la glissa dessous. Mon cœur battait la chamade et je retenais ma respiration de peur de dissiper le rêve fantasmagorique que j’étais en train de vivre.
Le nylon fin d’un collant gainait sa jambe ferme et chaude. Elle n’eut pas un tremblement mais s’appuya sur mon entrejambe et pivota de façon à ce que personne ne puisse voir ce qu’il se passait. Je devinais du bout des doigts le genou et poussais timidement vers le haut. La crispation nerveuse de sa cuisse me signifia que j’allais trop lentement et j’accélérais mon exploration.
À mi-cuisse, ce que je croyais être un collant s’interrompait et laissait libre la texture soyeuse de la peau. Je m’électrocutais à cette tension particulière du désir qui reste à fleur de peau, puis montais encore. La culotte. Malgré le trajet déjà parcouru, je n’osais m’aventurer plus loin. C’était comme une frontière et même mon imagination ne m’avait jamais emmené jusque là. Alors que je me trouvais en pleine confusion, la fille pivota sèchement et je me retrouvais soudain avec la totalité de son sexe dans la paume. Je n’avais plus de choix ni de problème de conscience à résoudre. Il vibrait comme mue par une énergie propre et je sentais une humidité chaude transpercer le satin. Son mouvement m’avait coincé la main entre la barre de métal qu’il y a à côté de chaque porte et la dureté de son pubis. Je ne pouvais plus bouger, puis elle s’écarta de quelques millimètres.
Maintenant dans un état proche de la transe extatique, je passais mes doigts entre l’élastique et la peau et découvris une fine fourrure d’une intolérable douceur. Les poils denses et bouclés se concentraient en un triangle parfait que je longeais du bas vers le haut. Son bassin eut une imperceptible oscillation qui me prouva qu’elle appréciait pleinement le massage que je lui prodiguais. Elle avait très légèrement ouvert les cuisses pour me faciliter le passage et très doucement, trop pour elle mais elle laissa faire, j’écartais les portes délicates, puis lissais à trois doigts cette vallée verticale et luxuriante jusqu’au petit mont qui la terminait et qui s’était brutalement durci. Le doigt du milieu explora comme par inadvertance l’orifice accueillant et ressortit couvert de miel naturel. J’avais l’envie folle de le sentir et de goûter ce suc de consentement, mais craignais d’interrompre la magie de ce moment. Les deux autres doigts caressaient et revenaient parallèlement de chaque côté, entre les vagues gonflées et frémissantes. Ce va-et-vient qui m’hypnotisait moi-même produit l’effet escompté et la jeune femme se crispa sous la montée orgasmique, emprisonnant mes doigts dans un étau volcanique.
Soudain, elle ne fut plus là. Un court instant, mon esprit était passé dans un autre espace temps et elle avait disparu. La grosse dame qui, elle, était toujours là, me regardait avec étonnement. Je pris conscience que mon visage devait porter des stigmates peu usités dans le métro et me frottais la figure comme pour effacer le trouble qui ne m’avait pas quitté. Mal m’en prit, car lorsque mes doigts coupables furent à hauteur de mon sens olfactif, leur parfum m’affola davantage et, à ma grande honte, je ne pus m’empêcher d’offrir à mes papilles gustatives ce qu’elles s’étaient vues refuser une première fois. Je fus obligé de laisser passer ma station et quelques autres afin que mon désir ne soit plus visible, pour pouvoir enfin me lever et traverser cette foule inconsciente d’avoir été témoin d’une déflagration sensuelle.
Après avoir repris le métro en sens inverse, je retournais à la chambre de bonne que j’occupais dans le 16ème arrondissement. J’avais une vue de côté sur la Seine et de l’autre sur les escaliers qui montaient à la station de métro. Le dit métro passait juste en dessous de ma fenêtre et j’entendais son vrombissement jusqu’à une heure du matin tous les jours. Je m’y étais habitué et il me semble qu’aujourd’hui, sa vibration épisodique me manquerait. L’immeuble d’en face, qui partageait les même agréments que le mien, était habité par une faune des plus intéressante.
Outre le vieux propriétaire d’un immense appartement, qui passait sa vie de son fauteuil à son bureau, puis de son bureau à son canapé, il y avait un couple de jeunes cadres complètements allumés. Chaque semaine, ils organisaient une fête trépidante et des relents de techno et de vieux discos me parvenaient alors, à peine déformés. De ma fenêtre, j’assistais aux danses tribales et aux approches amoureuses des convives. Vers minuit, l’hôtesse fermait les rideaux et je restais sur ma faim. Impossible de savoir ce qui pouvait se tramer derrière.
De toute façon, j’avais mes études et il ne fallait pas que je m’en écarte. Ma libido incontrôlable m’emmenait déjà dans des contrées fortement éloignées de mes devoirs universitaires, et si je rajoutais le voyeurisme fenêtré à ma collection, s’en était fait de moi.
Après l’expérience du métro, je n’arrivais pas à rassembler mes pensées et la physique appliquée que je potassais sur mon minuscule bureau me semblait fade et sans attrait. Le soleil entrait à flot. Je me débarrassais de ma chemise et de mon pantalon pour être à l’aise et enfin pouvoir travailler. Un mouvement attira mon attention déjà très relâchée. Cela provenait d’une fenêtre que j’avais juste en face de la mienne, dans l’immeuble du couple d’allumés.
La jeune fille était rentrée. Elle habitait vraisemblablement une chambre comme la mienne et faisait vraisemblablement aussi des études. Elle connaissait ma présence car nous nous étions croisés, par fenêtres interposées, et même souris. Elle était d’une pudeur insupportable et je rêvais de la voir laisser ses rideaux ouverts quand elle sortait de sa douche. On devinait aisément une poitrine opulente sous le chandail qu’elle mettait habituellement. Mais rien n’y faisait. Elle ne montrait pas un centimètre carré de sa peau que je devinais mâte et odorante. J’enviais l’homme qui aurait le privilège de mettre les mains sur ses formes fantasmagoriques.
Elle ferma comme d’habitude ses rideaux. Elle allait prendre sa douche. Je le savais parce qu’elle ouvrait de nouveau pour se sécher les cheveux, et elle ne manquait jamais de me lancer un regard enjôleur, genre: Dommage, tu as loupé le meilleur.
Je remis ma chemise et mon pantalon et sortit, exaspéré. Il y avait un disque que je voulais acheter depuis longtemps et le moment était bien choisi. Cette fois-ci je préférais prendre mon scooter. Je ne voulais pas me retrouver dans la foule du métro avec le souvenir de mon aventure dernière.
Le temps de garer mon destrier devant la porte du magasin et j’étais déjà en train de regarder partout si de longues et fines jambes se promenaient langoureusement, en traçant d’invisibles ellipses sur le sol moquetté.
Puis je me repris. J’étais là pour acheter un C.D. de musique du monde. Une voix incroyable de femme, entendue à la radio quelques jours avant. Elle m’avait transporté hors de mon corps et des limites étroites de mon esprit. Je décidais de faire d’abord un tour au rayon littérature. L’immensité de la culture faisait que les meubles bourrés à craquer de livres occupaient plusieurs centaines de mètres carrés. Un labyrinthe où je poursuivais quelques fois mes fantasmes.
Chacune des consoles était emplie de livres jusqu’au sol et il était nécessaire de s’accroupir pour lire les titres des ouvrages les plus bas.
J’avisais une jeune femme. Trente, trente cinq ans, en jupe, occupée à tourner autour d’un meuble particulièrement spacieux, celui de la littérature classique. Elle passa lentement la collection Pléiades et suivit la rangée des Poches par auteur. Sa nonchalance était éprouvante. Par expérience, je savais qu’il n’y avait rien de langoureux dans le déhanchement ni dans la pose un tantinet érotique du corps, seulement une décontraction similaire à celle qu’on gagne en se plongeant dans un bon bouquin.
La jeune femme se pencha et regarda la rangée du bas. De dos, le spectacle était des plus intéressant mais il fallait beaucoup d’imagination pour y trouver la moindre parcelle de provocation. Puis elle ramassa ses cheveux qui étaient très long et là, je retins mon souffle. La volupté avec laquelle elle fit ce geste me cloua sur place. Puis, un doigt sur le montant de bois, elle parcourut tous les titres qu’elle avait en face d’elle pour finir par ceux qui se trouvaient les plus bas. Le rayon n’était pas très fréquenté, et si je faisais le moindre geste, elle ne pourrait manquer de s’en apercevoir. Le souvenir brûlant de la fille du métro me revint et balaya toutes pudeurs mal placées. Je fis le tour de la console et affectais de choisir un livre à hauteur d’homme. Ma sensibilité était à fleur de peau et je sentis son regard se poser sur moi, un très court instant.
Elle tenait un livre dans la main droite dont elle lisait le résumé et se tenait accroupie comme une aristocrate. Jambes impeccablement serrées, buste droit et port de tête noblissime. Sa jupe de tailleur ne laissait rien voir de ce qu’il y avait au-delà du liseré doré qui en faisait le tour. Finalement, le bouquin que je feuilletais distraitement s’avéra plus intéressant que les genoux bronzés de cette femme. Je m’accroupis néanmoins à mon tour, ne serait-ce que par jeu et pour savoir ce qu’elle allait faire ensuite.
Elle ne fit rien du tout et continua à lire les résumé des livres qu’elle sortait un à un du rayon.
Alors que mon énergie était redescendue à un niveau normal, une paire de jambes incroyablement longues passa derrière la fille. Puis disparu aussi vite. Je me levais d’un bond et soupirais. Les jambes et leur propriétaire étaient justes derrière la console. J’adorais immédiatement la jeune fille. Elle avait tout de celle qui sait exactement ce qu’elle veut et qui se fout éperdument du regard des autres. Elle semblait pressée et ne me vit pas m’approcher et m’accroupir à côté d’elle, puis longer du regard ses longues jambes qui se perdaient dans une petite robe légère. Elle regardait les livres à toute vitesse et les remettait aussitôt dans le rayon comme s’il était responsable de ne pas satisfaire ses envies. Alors que je me trouvais à côté d’elle, moi accroupis et elle debout, elle me tourna nerveusement le dos et se pencha brutalement en avant pour lire les titres de la dernière rangée. Ma gorge se dessécha d’un seul coup. Comme elle n’avait pas plié ses genoux et qu’elle était très souple, je voyais son visage entre ses jambes. Mais surtout, sa jupe était remontée et j’avais ses fesses directement dans l’axe de mon regard. Elle avait une culotte. Heureusement. Mais la chaleur et la marche en avait fait une sorte de morceau de tissu roulé qui se perdait mystérieusement. Je regardais autour de moi. Personne. La caméra de surveillance était de l’autre côté.
Je crois que je devins fou à cette minute. Je soufflai doucement sur les fesses et le sexe que je distinguais entre. Une chair de poule s’inscrit immédiatement là où la peau est si douce et le visage que je voyais toujours la tête en bas se tourna vers moi. La fille m’examina de façon peu agréable et je commençais à regretter d’avoir fait cela. Je m’apprêtais à me lever et partir. Mais subitement, elle me sourit et son regard me montra explicitement ce que je regardais déjà. Elle se pencha encore un peu et cambra les hanches. Je n’y croyais pas.
Elle devait être danseuse ou gymnaste. Il n’y avait toujours personne et cette fois j’avançais mon visage vers les fesses de la fille. J’en avais rêvé. Rien que de poser mon appendice nasal entre les deux monts faillit provoquer l’explosion. Cette fois, l’indicible fragrance entrait directement à l’intérieur de mon cerveau et me rendait fou. Mais quand je vis soudain sa main apparaître et écarter le rouleau de tissu pour dégager un coquillage nacré et palpitant, je crus mourir.
Aussi vite que c’était venu, cela repartit. Quelqu’un est arrivé face à la fille. Elle s’est redressée. L’autre n’a rien vu. Puis les longues jambes ont filé vers l’escalier en me laissant encore plus frustré que le matin. Je ne pus me relever qu’un quart d’heure plus tard. Mes jambes ne voulaient plus me soutenir et je n’arrivais pas à calmer mon excitation.
A tâtons, comme ivre, je pris le même chemin et descendais directement dans la rue. Il me fallait une bière la plus fraîche possible. Cette fille m’avait déconnecté. Il y avait tout à coup plein de monde. Je remontais le trottoir jusqu’à l’angle où je savais trouver une brasserie à peu près sympathique. Le feu était au vert et j’attendis au soleil qu’il daigne nous laisser passer.
Une voiture passa devant moi et s’arrêta presque sur mes pieds. Je fis un bond en arrière et me penchais pour incendier le chauffard quand je reconnus la jupe de celle qui était au volant. La gymnaste. La porte s’ouvrit d’elle-même et j’entrais comme un somnambule à la place passager.
Je déglutis et hochais de la tête. Elle conduisait bien. Je la regardais et elle sourit. Elle avait des lèvres pulpeuses et une peau velouté. Toute sa personne respirait la gaieté et l’amour de la vie. Moi et mes sombres fantasmes se demandèrent si j’allais être à la hauteur de tant de feu. On sortait de Paris. Boulogne puis Saint-Cloud. Elle entra dans une propriété magnifique et arrêta sa voiture devant une maisonnette qui devait être un petit pavillon de chasse à une époque lointaine. Je la suivis et la laissais prendre un peu d’avance dans l’escalier. Elle devina pourquoi et ralenti le rythme afin que je puisse apprécier le va-et-vient de ses fesses sous le tissus fragile. Puis elle s’arrêta et posa un pied deux marches plus hautes. Elle descendit lentement le buste vers sa sandale, soit disant pour en nouer la lanière et accentua sa cambrure comme elle l’avait fait au magasin. Cette fois, il n’y avait vraiment personne. Je m’approchais et posais mes lèvres sur une des fesses quand une voix chaude retentit.
Je me reculais le plus vite possible et sentis mes joues s’embraser. Un regard à celle que je savais maintenant s’appeler Nadia prouva qu’elle était vraiment bien dans ses pompes. À part un regard espiègle à mon intention, rien ne restait de l’excitation que je lui avais vue. La personne qui avait parlé était une femme en pantalon et aux cheveux très courts. Un visage de gravure de mode et un corps filiforme. Elle tenait négligemment une cigarette dont elle détachait la cendre nerveusement au-dessus de la rambarde de l’escalier. Elle me toisa avec une expression que je ne réussi pas à définir. Mépris. Jalousie. Je ne pus le savoir.
Suite si demande express… ;o)