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Temps de lecture estimé : 29 mn
03/01/04
Résumé:  J'ai rencontré Alex il y a quelques temps. Étant trop timide pour admettre quoi que ce soit, je multipliait mes rencontres pour être avec lui le plus souvent possible. Durant l'été, nous partîmes à un jeu médiéval extérieur...
Critères:  hh copains intermast fellation init
Auteur : Dragon Vert  (Rôdeur solitaire)      

Série : Dragon d'un soir d'été

Chapitre 01 / 02
Dragon d'un soir d'été (1)


Je m’appelle Shawn, j’ai 20 ans et j’habite au Québec, dans le Canada. L’histoire que je vais vous raconter, vous serez les premiers à qui j’ai daigné parler. Beaucoup le savent, beaucoup l’ont vécu, s’avouer homosexuel est loin d’être facile, parce qu’il ne faut pas seulement apprendre à vivre avec soi-même ainsi qu’avec les autres, mais aussi apprendre à s’aimer. On se sent constamment épié par les autres, on à l’impression d’être des monstres, des petits hommes verts parmi les humains « normaux ». Surtout qu’à notre époque, s’accepter demande énormément de courage, de patience, et d’efforts. On ne sait jamais comment prévoir les réactions de notre entourage. On ne sait pas jusqu’à quel point le choc ébranlera nos amis et nos familles, s’ils accepteront de continuer la route avec vous en faisant fi de votre orientation, ou s’ils se délaisseront de vous, abandonnant ainsi tout ce pourquoi vous viviez autrefois. Bref, je suis encore au premier stade, je passe des nuits sur Internet à aller cueillir le fruit défendu à l’insu de tout le monde, je prends un soin maladif à effacer mes traces, à aseptiser l’ordinateur des moindres parasites qui vendront mon secret aux autres. Parfois, malheureusement, quelqu’un à un doute, aussi décevant que cela ne le paresse, je dois m’obliger à lui mentir et à inventer une histoire au plus vite avant que ma couverture ne tombe et démasque mon « handicap » honteux. Beaucoup de mes amis m’ont dit que s’il y avait un homosexuel dans le groupe, ça ne dérangerait personne, qu’ils s’en fouetteraient comme de l’an quarante (une expression bien de chez nous). Mais ce qu’une personne dit n’a parfois pas réellement à voir avec ce qu’elle pense. Par exemple, beaucoup de chose que l’ont dit en étant sérieux reflètent parfois l’écho d’une opinion sociale de masse, donc, ces personnes ne disent que ce qu’elles ont entendu être comme étant « acceptées ». Le pense-t-elles ? On ne peut malheureusement pas lire dans la tête des gens, dans mon cas, j’en suis bien heureux ! Ou, à l’opposé, une personne va s’exprimer en blague, en riant, sur une opinion ou un avis plutôt controversé. Parfois cette manière de s’exprimer, sous la forme d’une blague, ne sert seulement qu’à masquer vulgairement leur pensée véritable. Ainsi, elles se déculpabilisent par la farce si cet avis tourne au vinaigre avec ses autres comparses de discussion. La nature humaine est étrange, elle peut être d’une prévisibilité ridicule, ou d’une complexité insoluble. Je me sens pris au piège entre deux eaux, alors je préfère me laisser flotter doucement entre mes problèmes espérant que la solution miracle arrive d’elle-même. Pathétique n’est-ce pas ? Mais mon point de vue sur la question n’est pas vraiment un épisode indispensable pour le contenu de mon histoire alors je crois que je vais mettre un terme à ma petite thèse philosophique pour passé aux choses sérieuses.


J’ai rencontré Alexandre il y a un an environ, durant l’été. Je suis un joueur de AD&D (jeux de rôles médiévaux), toutes les fins de semaine, au lieu d’aller jouer dehors, de sortir dans les bars, nous, on jouait autour de notre vieille table en bois pendant des heures. À brasser des dés, à griffonner sur nos feuilles de personnages, à discuter et rire ensemble. J’aime bien ces soirées, ça rapproche les rapports sociaux entre amis. Mon groupe se composent de cinq gars, il y a moi, Shawn, mon meilleur ami Patrick, ensuite viens Maxime, le sage du groupe, puis Paul, celui que tout le monde aimerait voir au bout d’une corde, et finalement Joey, le seul gars absolument lucide de notre petit microcosme marginal. Alex était un ami de Paul et de Maxime au Cégep (le Cégep c’est une école intermédiaire entre le secondaire et l’Université, ça nous permet de redorer une culture générale et d’apprendre sur un métier qui ne nécessite pas de payer l’Université, le cégep et le secondaire sont gratuit au Canada). Quoi qu’il en soit, ces deux vieux copains avaient des connaissances au Cégep qui jouent, eux aussi, à AD&D. L’une d’entre elles, Alex, est venue jouer un jour avec mon groupe habituel, de mon côté je ne pouvais pas réellement en faire partie puisque mon horaire de travail ne me le permettait pas. À cette époque, je ne connaissais pas encore Joey, il était le frère d’une des amies à Alex, bref, une histoire ennuyeuse. Après un certain temps, ils commencèrent à fréquenter un GN (Grandeur nature, c’est les aventures de AD&D jouées en temps réel dans un bois, avec de vrais bâtiments, des costumes et des aventures de toutes sortes) je commençais à déprimer, mes amis et moi on ne se voyait plus aussi souvent que je l’aurais voulu, mon meilleur ami, Patrick, me racontait toujours sa fin de semaine à son GN, ça me manquait terriblement de ne pas y aller.


Un beau jour, je quitta mon emploi, je travaillais dans un restaurant miteux, les études aux Cégep allaient recommencer et je ne voulais pas faire de compromis avec mon patron, sachant que travailler en même temps qu’étudier allait me compliquer la vie, étant de nature lunatique je perds assez aisément le fil de la réalité, ce n’est donc pas le moment de penser à deux choses à la fois. C’était la fin de l’été, au Québec il ne dure jamais très longtemps, trois à quatre mois de canicule écrasante et le reste du temps c’est de la neige et un froid mordant. Je commençai mes études, maintenant que je ne travaillais plus, j’ai été invité à rejoindre mes amis, et à entrer dans la partie de AD&D avec Alex, il était le maître de jeu. Les parties se faisaient chez Joey, un petit appartement près du bas de la ville, c’est alors à ce moment que les vit, Alex et lui. Joey est un type sympathique, extrêmement lucide, il ne prend rien à la légère, il voit le monde tel qu’il est, de manière rationnelle et réfléchie. Alex, lui, était de nature plus passive, plus intérieure. Très silencieux, mais avec un regard profond et mystérieux qui vous fait fondre sur place, le genre de regard qui vous perce et semble voir en vous aussi aisément que dans du cristal. Ils étaient tous attablés, je voyais Alex, assis l’autre côté de la table, à demi caché derrière ses livres. Il me fit une impression plus que bizarre, je sentais une chaleur troublante monter de mes genoux jusqu’à mes joues qui me semblèrent rougir. Je ne pourrais pas le décrire textuellement, sinon que je me sentit engourdi de la tête aux pieds, je n’avais plus faim, plus soif, mon visage se décontracta, me laissant la bouche béante comme un imbécile. Il était tout de noir vêtu, habillé d’une chemise aux manches courtes et d’un jean, les cheveux courts, plutôt foncés, presque noirs. Ils me firent leur salut, ont se présenta rapidement. Alex, je le remarqua tout de suite, avait quelque chose d’étrange dans la voix, une vibration réconfortante, presque une douce mélodie qui calme et apaise. Je me surpris à le dévisager du coin des yeux avec une certaine admiration qui me trouble encore aujourd’hui. Je n’avais jamais ressenti ce genre de chose envers un autre homme, je savais que j’étais intéressé sexuellement par eux, mais jamais je n’ai eux l’impression d’être aussi près, d’avoir le sentiment de m’unir à quelqu’un. Je ne savais trop comment réagir, alors je fit comme si ne rien n’était et alla m’attabler avec eux. Comme de faits, la seule place disponible était à côté de lui, sur sa gauche. Je profitai, pendant que je plaçais avec hâte mes affaires sur la table, mes dés, fiches, et livres, de le regarder de la tête aux pieds pendant qu’il était assis sur sa chaise de bois. Il avait des cuisses magnifiques, cachées derrière sa paire de jeans noir qui ne me permettaient d’en voir plus que leurs discrètes courbures. Pas de ventre du tout, du moins, à peine. Les épaules plutôt larges et un torse qui nous laissait transparaître le sillon creux de ses pectoraux. Je me sentit aussitôt coupable de cette envie, j’avais le sentiment de le violer du regard, mes restrictions morales de paranoïaque me dictèrent de lâcher cette idée ridicule et de me concentrer sur la partie qui commença aussitôt que je fut assis. Elle se déroula bien, nous avons rencontré une multitude d’énigmes et de monstres à combattre, j’essayais de jouer mon personnage du mieux que je pouvais, je ne voulais surtout pas passer pour un débutant à ses yeux, histoires de ne pas le décevoir. Il avait beaucoup d’imagination pour inventer de tels scénarios, j’admirais beaucoup ce genre de talent, étant un peu artiste moi-même, je me complait à m’inspirer de ce qui m’entoure.


À la fin, nous rangeâmes nos choses, il était temps de partir, les lifts de chacun étaient arrivés. Nous dûmes donc nous séparer, se fixer la prochaine partie, et se dirent au revoir. Moi, je quitta avec Patrick, Maxime et Paul, je n’arrêtais pas de parler d’Alex durant le court trajet qui nous ramenait à la maison, à quel point il maîtrisait bien la partie, me renseignant depuis combien de temps qu’ils se connaissaient, en quoi il étudiait, son âge, où il habitait, etc. Bref, je me rendit compte de mon obsession et changea aussitôt de sujet, je donnais trop d’indices sur mes intentions. Déjà que Paul fait tout pour se débarrasser de moi, je ne vais pas lui servir mes secrets intimes sur un plateau d’argent. Depuis que je le connais, il m’harcèle et me tend des pièges, je sais qu’il en connaît beaucoup plus que je ne le crois, il collecte les preuves les plus discriminantes sur moi et attend avec une patience oxydante, le bon moment pour me poignarder dans le dos. Il me fait carrément peur, je ne sais jamais jusqu’à quel point je dois hausser le ton avec lui lorsqu’il dépasse les limites, il pourrait tout déballer sur moi à ce moment là et je serais prisonnier dans l’un des moments les plus humiliants de toute ma vie. Je sais que je dois vous paraître un peu désaxé, mais vous ne connaissez pas Paul, il est sans doute la personne la plus manipulatrice qu’on puisse un jour rencontrer dans son existence.


Le jour que j’attendais le plus ne tardait plus à arriver, nous allions bientôt partir pour le fameux GN auquel tous mes amis allaient depuis quelques mois. Ils m’encourageaient beaucoup, me donnaient de l’enthousiasme et du moral pour me permettre de m’intégrer, un problème dont je souffre continuellement. Je n’avais jamais pratiqué ce genre de chose et je ne me bats pas très bien aux armes de corps à corps. Alex m’avait dit qu’il y allait, je crois que c’est ce qui me motivait le plus, j’avais besoin de sa présence, de son réconfort naturel. Nous serions dans le même camp, je choisis de jouer un magicien, et lui était, déjà depuis longtemps, un guerrier. Étant magicien, je n’aurais pas à me battre beaucoup, le reste du temps je lance des « sorts » et résout des énigmes. De cette manière je ne nierais à personne. Les guerriers, eux, se contente de gonfler leurs bras et d’attaquer tout ce qui rôde pour protéger et défendre leurs armées respectives. Le concept d’un GN est très élaboré, on doit le prendre avec une certaine dose de sérieux, car son bon fonctionnement dépend en majeure partie de la bonne intégration du personnage que chacun incarne. C’est-à-dire, nous devons jouer un rôle, jouer une personne que nous ne sommes pas, un personnage que nous avons nous-même inventé pour réaliser, dans un contexte imaginaire, des actions qui n’existent généralement pas. Je l’explique peut-être mal, mais grosso modo, c’est plutôt simple. Enfin bref, nous avions deux semaines pour se préparer, acheter la nourriture pour la fin de semaine, préparer et confectionner nos costumes.


Nous sommes en route pour se rendre au GN, à environ 4 heures de voiture de notre ville domiciliaire. Le bois était gigantesque, d’une beauté naturelle indescriptible. Les arbres verts tapissaient le sol, leurs feuillages traçaient des ombres mouvantes et abstraites sur les herbes folles, de petits sentiers de terre battue nous guidaient vers les divers bâtiments, se perçant un chemin au travers le la nuée végétale qui maquillait délicieusement le paysage, de fins et discrets cours d’eau affluaient à plusieurs endroits découpant gracieusement la terre de leurs sillons mélodieux. C’était un boisé presque paradisiaque, baigné d’une lueur romantique devenue si rare à notre ère.


Moi et mon petit groupe, nous arrivâmes dans les derniers, cause de petits problèmes techniques insignifiants, Paul avait eu faim durant le voyage. Il ne fallait pas décevoir « monsieur », même si nous étions pressés dans le temps nous devions complaire à sa demande d’enfant gâté. Je le déteste tellement dans ce genre de situation, il manipule absolument tout le monde, il tente de nous rendre coupable de le laisser crever de faim si nous ne nous arrêtons pas pour prendre le lunch. J’ai l’impression d’être le seul à me rendre compte de ses magouilles d’escrocs.


Enfin, nous sommes allé payer notre entrée et quittâmes l’accueil pour emprunter les sentiers et se diriger vers l’auberge. Il nous fallait marcher une bonne demi-heure au travers la forêt avec tous nos bagages sur le dos, coolers, sac de couchages, costumes et armes. L’auberge est l’endroit neutre du terrain, c’est là que tout le monde va pour discuter des aventures en cours, pour les décisions politiques, etc. Dans le jeu, c’est un lieu de trêve. Elle est entièrement bâtie en planches de bois et en rondins emboîtés. Quelques portes grinçantes et fenêtre sales se découpent sur ses murs. Moi et mes amis, nous allions dormir à l’étage, il y avait un tas de matelas alignés chaque côté des murs étroits. Ils étaient disposés de manière à ce que tout le monde soit « cordés » en rang, cotes à cotes. Il y avait beaucoup de places de libres, la plupart des gens dormaient dans leur tente, dans une petite clairière rocailleuse située près de l’accueil. Je vis alors le sac d’Alex sur un matelas placé vis-à-vis le mur de gauche, je jeta alors rapidement mes bagages juste sur le matelas à la droite du sien. Je ne sais pas pourquoi, mais il fallait que je dorme près de lui cette nuit, comme s’il s’agissait d’un privilège prestigieux qui devait me revenir coûte que coûte. Les autres se placèrent un peu partout. Nous avons défait nos bagages et commencés à se changer en attendant que le jeu commence. Je venais de me confectionner un costume de sorcier durant la semaine précédente, je ne suis pas un pro en couture, mais je de débrouille bien, j’ai fait une toge verte et une grande cape noire avec un capuchon. J’ai une besace de cuir et je me bats avec un bâton de bois. (chose importante, dans le jeu : On ne se bat pas avec de vraies armes, c’est seulement de grossières imitations, faite d’un tube de PVC recouvert de mousse isolante pour tuyauterie de cuivre.) Je quittai les autres pour aller visiter un peu les environs, histoire de me familiariser un peu avec le terrain. Je descendit l’étroit escalier pour rejoindre la pièce principale de l’auberge, il n’y avait personne d’arrivé, ils étaient probablement tous en train de se préparer à l’accueil. Ma surprise ne fut pas légère lorsque dans le cadre de la porte principale se trouva Alex, vêtu d’une armure métallique travaillée minutieusement, équipé d’une épée longue aux reflets d’argents. J’ai eu peine à le reconnaître sur le coup. Il entra dans la pièce d’un pied pesant qui résonnait lourdement sur les planches qui composaient le plancher, il me fit un petit sourire en coin qui me fit aussitôt rougir.


J’avais hâte que vous arriviez ! Le scénario va commencer dans une heure et demie, tout les autres sont déjà arrivés. Ils sont en train de se préparer à l’accueil.


On a été un peu retardé à cause de Paul, il ne peut pas s’arrêter de manger. Je commence à être tanné de ses lubies capricieuses. En tout cas, c’est pas très important, je suis content de te voir. Tu n’as pas du tout l’air du même sous ton armure ! Je me sens un peu quétaine avec mon costume. Tirant un peu les coins de ma toge et baissant la tête.


Ne t’en fais pas pour ça, tu t’en es bien sorti, la plupart du monde ne se donne même pas la peine de se faire un vrai costume.


Il projetait une impression de puissance et d’autorité, le cliquettement de son armure imprégnait chacun de ses gestes d’une force presque palpable, il émanait la virilité à l’état brut. J’avais chaud, je me sentais dominé par ce que je voyais, et je crois que ça m’excitait. Je pouvais aisément sentir l’odeur de musc de sa sueur enfouie sous les plaques de fer. J’étais sous son emprise, je me sentais dominé au seul regard posé sur lui, son rôle de guerrier lui allait à merveille.


Si tu veux, je peux te montrer le terrain avant qu’on commence à jouer, tu pourrais facilement te perdre au début, il y a beaucoup de sentiers et de culs-de-sac qu’il faut connaître. Je ne veux pas être obligé de te chercher toute la nuit. ! Dit-il avec une pointe d’humour.


Bien entendu j’accepta, le simple fait de me retrouver seul avec lui me donnais des chaleurs, mes joues rougissaient, essayant tant bien que mal de cacher cette figure gênée sous mon capuchon noir, prétextant me cacher du Soleil. Il du le remarquer parce qu’il afficha un petit sourire en coin en me regardant. Faisant mine de rien, nous sortîmes de l’auberge pour emprunter un sentier qui s’enfonçait dans les bois. On parlait beaucoup en marchant, s’interrompant de temps en autre pour m’expliquer des règles, me pointer les lieux importants, un peu d’histoire générale. Je l’écoutais avec beaucoup d’attention, il y avait tellement de calme dans sa voix, pas une once de nervosité, comme une brise légère entre ses dents. Il allait probablement vivre très vieux, pas comme moi, qui sursaute devant son ombre. Il m’apprit même à marcher discrètement dans les bois, me disant que ca serait très pratique la nuit. J’aimais ce genre de contact social avec lui, le savoir m’enseigner me donnais une satisfaction indescriptible. J’avais l’impression qu’il s’intéressait à moi, que j’avais de l’importance à ses yeux pour s’il sacrifie de son temps et m’en disposer. Je lui parla que je ne savais pas vraiment me battre, je n’ai pratiquement jamais touché à ça. Avec son traditionnel petit sourire en coin il s’entreprit de m’enseigner ça aussi. Il porta la main droite au manche de son épée, et la fit sortir d’un, mouvement très vif, de son fourreau.


Plutôt longue l’épée, hein ? Lui dis-je avec un petit air narquois dans les yeux.


Il tenait toujours, d’une seule main, son épée toute droite au niveau des hanches. Il mis le pouce de sa main gauche dans sa ceinture, affichant une légère pose cow-boy, et me lança un furtif regard par en dessous. Exprima un léger sourire taquin en me montrant la pointe de ses dents.


Ouais… …et elle travaille très bien en plus.


C’était purement une allusion sexuelle que je venais de lui lancer, il me la renvoya toute aussi forte à son tour. À ce moment il eut un petit quelque chose de fier en lui, une lueur étrange dans les yeux qui me fit monter aux joues une bouffée de chaleur. J’étais encore une fois dans l’embarra de ma gêne. Je crois même qu’il aimait me voir dans cet état d’impuissance devant lui.


Nous commençâmes le duel amical, il tentait de me frapper, et moi de bloquer. Ce n’est pas aussi facile qu’il n’y paraît, surtout que le bâton ne permet pas une aussi bonne maniabilité que l’épée. Il me toucha à plusieurs reprises, sur les bras, les jambes et au torse. Je donnais des coups, mais rien n’arrivait à passer, il me bloquait toujours avec une adresse implacable. Je commençais à m’effaroucher, je voulais le toucher au moins une fois, je voulais faire plaisir à mon orgueil. Sans savoir trop ce que je faisais, j’ai donné un coup par le bas, ce qui est formellement interdit, et le toucha rudement en plein entre les jambes. J’ai senti l’impact dans toute la longueur de mon bâton de mousse, une tension très solide, le coup avait du frapper plutôt fort. Il s’arrêta tout net, lâcha son épée d’une main molle et s’effondra vers moi, sur le sol. Je venais de lui faire mal ! J’étais extrêmement honteux, je ne savais pas quoi dire ni faire. Je m’approchai de lui, me penchai au-dessus de sa tête pour voir comment il allait. J’étais à quelques pouces de lui, ses yeux étaient clos, son visage était sans expression, inerte. Il ouvrit vivement les yeux, je sentis aussitôt une pression pesante sur la gorge, il avait sortit discrètement un petit poignard de mousse de sa botte, il me le plaqua dans le cou, droit sur la jugulaire. Tout souriant il me regardait.


Tu as perdu !


Hey ! Je croyais que je venais de te blesser, c’est déloyal !


C’est pas beaucoup plus loyal d’essayer de me castrer !


Nous nous sommes mis à rire en même temps. Un peu déçu de ma performance, mais d’un certain coté, satisfait de me voir perdre, si j’avais gagné il aurait perdu un peu de sa dignité virile de guerrier ! J’étais du moins très heureux de n’avoir rien cassé, je n’aurais pas voulu être responsable d’abîmer Alex, surtout pas à cet endroit là ! Il se releva, s’époutiera un peu de dos et repris son épée, me donnant une vue magnifique sur son dos, et plus précisément, sur ses fesses. Je l’avais souvent regardé de la tête aux pieds, mais cette fois ce fut différent, mes chaleurs reprirent et m’obligèrent à détourner le regard.


Nous continuèrent notre route. Après une bonne heure et demi de marche et de pratique martiale, tout le monde se retrouve à l’accueil. J’avais tellement envie de me rapprocher de lui en marchant, parfois je faisais exprès pour l’accrocher, juste un discret effleurement, je sentais ma chair glisser sur le métal froid de son armure, mes yeux pétillait seulement à ce simple contact. Sur le coup, je n’ai même pas réaliser ce qui se passait, j’étais amoureux de lui. Quelques petits signes très distincts nous font remarquer cet effet, par exemple : je m’endors souvent en pensant à lui, je me lève avec cette pensée encore, je mange très peu, comme si je désirais à tout prix lui plaire, quand je sais qu’il sera à un endroit donné je me mets sur mon 31, etc. Je ne savais même pas s’il était homosexuel, je me promenais sur un terrain dangereux, il connaît tous mes amis, si je faisais l’erreur de lui dire quoi que ce soit de travers, c’en serait fini de moi. J’entendais déjà les voix dans ma tête de mes copains : « On veut plus te voir criss de tapette », « C’est écœurant, maudit traître ! ». Mes années d’enfant élevé à la ferme avec un beau-père misogyne m’ont, comme vous le remarquez, rendu paranoïaque sur le sujet des différences sociales. Alors la meilleure solution resterait sans doute d’utiliser la ruse lâche de l’expression par la blague pour avouer ce que je ressentais pour lui.


Nous avons rejoins le reste des joueurs à l’accueil, nous devions être une bonne centaine. J’avoue que l’effet de masse m’a toujours perturbé, je n’aime pas les foules, d’ordinaire j’évite les bars, les lieux publics où se trouvent trop de monde. Je ne suis pas solitaire pour autant, j’aime m’entourer d’amis, mais je suis toujours réticent à apprivoiser de nouvelles rencontres. La plupart du monde avaient revêtu leurs costumes pour le jeu, beaucoup étaient des guerriers, très peu étaient comme moi, des mages. Quelques-uns restaient plutôt mystérieux, je ne savais pas du tout dans quoi les catégoriser, que ce soit barde ou voleur, ils se ressemblaient beaucoup.


Je vais te laisser, je vais aller rejoindre mon groupe, ont se reverra sur le terrain. À plus tard. Me dit-il en me faisant un signe de la main.


Je ne savais plus trop quoi faire, je cherchais des yeux mes amis, quelque part dans tout ce monde je suppose. Je les vis, ils étaient assis sur une longue bûche derrière la marée humaine, ils discutaient. Patrick se retourna à mon approche, un peu surpris.


Hey, Shawn, où tu étais ? On t’a cherché partout depuis une heure. Tu t’es perdu ?


Non non, je me promenais un peu dans les sentiers, je voulais reconnaître un peu les lieux.


Je ne voulais pas lui parler que j’étais avec Alex, je sais qu’il commence à avoir des doutes sur moi, alors je veux pas les renforcer en lui racontant mes rencontres qui se multipliaient. Satisfait de ma réponse, il me propose de m’asseoir avec eux. Quelques minutes plus tard, un homme vêtu en civil arriva en trois roues (petit véhicule tout terrain). Il nous invita à le rejoindre en cercle tout autour de lui. Il nous parla des règles d’usage, des lieux, et un peu sur l ’histoire. Grosso Modo ce qu’Alex m’avait dit quelques minutes auparavant. Après ces quelques minutes de blabla nous commençâmes le jeu. L’avant midi se déroula paisiblement, nous avons rencontré quelques personnages comédiens qui nous donnaient des énigmes, des pistes, des avertissements. Nous avons combattu quelques monstres. Je n’étais pas tellement concentré sur ce qui se passait, ma gêne m’empêchait de réagir ou de parler. Je n’avais pas vu Alex depuis bientôt trois heures, il me manquait terriblement. À un moment donné, vers 7heure ou 8heure, je le croisais sur le chemin qui mène à l’auberge, il courrait à toute vitesse malgré le poids du métal qui le recouvrait, quelques secondes plus tard, une poigné d’hommes le suivirent en beuglant. Inquiet de ce qui se passait, je décida de les suivre de loin et de voir ce qui se passerait. Je les revis quelques mètres plus loin en train d’encercler Alex.


Tu vas nous rendre ce que tu as volé, sinon c la prison qui t’attend !

Tu n’as aucune chance, tu vas bouffer tes dents si tu essais de nous battre !


De toute évidence, Alex s’est mis les pieds dans les plats. Il entamèrent une bataille générale, quelques amis d’Alex débouchèrent de l’autre sens du sentier et le rejoignirent pour le combat. Ils se sont rapidement retrouvés au sol par leurs assaillants. Je n’osais rien faire, la seule idée de voir tout ce monde commencer à me dévisager me pétrifiait. Préférant rester dans mes buissons et regarder lâchement la scène qui se déroulait devant mes yeux. Il gardèrent Alex en vie, il l’emmenèrent dans un sentier transversal pour finalement disparaître dans les boisés touffus. Je décida de les suivre à nouveau. Il grimpèrent une petite colline dans la forêt en haut de laquelle se trouvait un petit fortin grossièrement bâtis avec des planches et des troncs d’arbres. C’était la brunante maintenant, le soleil se couchait pour relâcher sur le sol une douce brise fraîche qui commençait à me chatouiller les chevilles. Je profitais de cet afflux de noirceur pour me glisser derrière les bois, dans une complète discrétion, comme me l’avait enseigné Alex quelques heures auparavant. Je me planqua derrière les planches qui ceinturent le fortin, et regarda entre elles, scrutant du regard tout ce qui pourrait ressembler à Alex. J’ai pris beaucoup de temps à grimper la colline, je ne voulais pas me faire voir, surtout que j’étais le seul à savoir où il était. Je finis par le voir, à genoux dans une petite prison frêle faite avec des branches noueuses. Je me trouvais dos à lui, à deux ou trois mètres environ. Il avait les mains liées derrière le dos, le ligottement était pourtant interdit dans le jeu, mais ces gars là s’en fichait plus que souvent, jugeant certaines règles trop adaptées aux braillards. De toute façon, cette situation donnait plus de réalisme au jeu et offrait une atmosphère de peur qui pesait sur les nerfs. La preuve, je commençais à embarquer dedans pour vrai. Une des planches était plus frêle que les autres, il y manquait quelques clous, je pus la tirer vers moi pour en faire un passage improvisé très étroit. Je jeta un regard plus large sur les lieux, il y avait un petit feu de camp qui crépitait au centre de l’enceinte, le fortin se trouvait à ma gauche, de la lumière sortait des fenêtres. Manifestement, il n’y avait personne dehors, seulement moi et Alex. J’en profita pour me glisser à l’intérieur. Mon costume ample s’accrochait partout, Alex eu tôt fait de m’apercevoir au travers des bruits que je faisais.


Qu’est-ce que tu fais ici ? Ils sont partis à l’intérieur chercher le chef, ils vont revenir.


Ça se voit, j’essai de te sauver !


Il me sourit à nouveau, il n’avait pas l’air déçu de me voir là avec lui après tout.


Tu n’auras pas le temps de défaire la corde, fouille dans ma poche, il y un anneau dedans. C’est ça que les gars veulent.


Je me pressai vers lui, je passai ma main au travers des barreaux et atteignis la poche avant de son jeans. J’y glissai ma main, étalant la paume contre lui, mes doigts finirent par toucher un petit objet tiède, l’anneau. Cette situation était d’une incroyable sensualité, j’avais un contact presque direct avec sa chair, ma main était à quelques millimètres de son sexe, je n’avais même pas envie de l’enlever de là. J’échappa l’anneau qui alla aussitôt se remettre au fond de sa poche, je dut recommencer mon petit manège, cette fois il m’aidait en donnant quelques coup de bassin d’avant en arrière pour que je puisse mieux y glisser la main. Je l’avais enfin. En la ressortant hors de son jean, j’ai accroché une masse solide, chaude, qui effleura mes doigts. Je venais juste de toucher son pénis, il n’y avait que l’épaisseur du tissu qui m’y contraignait. Il était en érection, une érection aussi dure que de la pierre ! Je leva aussitôt les yeux vers lui, il était écarlate. Ses joues étaient aussi rouges que du sang, il devait avoir remarqué que j’avais senti son sexe avec ma main. Il respirait très fort, presque du halètement. Un bruit résonna au loin, dans le fortin. La porte venait de s’ouvrir. Un homme en sortit, aussitôt je me faufilai vers le trou dans les planches et me jetai contre terre. Une douleur terrible me tordit le corps lorsque je touchai le sol au niveau du bassin, j’étais en érection moi aussi, toute cette scène m’avait rendu fou d’excitation, je suais à grosses gouttes, mes sous-vêtements étaient détrempés. Pas le temps pour y penser, je replaça la planche et regarda au travers. L’homme en question ne regardait pas vers nous, il ne m’avait manifestement pas entendu. Il discutait avec quelqu’un que je ne voyais pas, balbutiant quelques phrases indescriptibles. Un groupe de personnes se pointèrent dans l’entrée du fortin, c’était mon groupe. Ils devaient avoir réussit à trouver la trace d’Alex. Toute une armée de soldats jaillirent de la porte principale, une autre bataille se déclara. Des coups d’épée se donnaient, des cris se firent entendre. Je profita de la situation pour repasser au travers des planches et détacher les liens d’Alex. Il m’aida en bougeant les mains, en moins d’une minute il était libre. Il se releva et me fit signe de repartir, je me faufila le premier, il me suivit juste après. Nous détendîmes par le flan escarpé de la colline, on glissa sur l’herbe trempée de la légère rosée du soir. Arrivé à un mètre du bas je perdis pieds et tombai sur le dos, mon genou heurta un caillou dans sa chute. Alex me vit tomber, il se lança vers moi pour me rattraper mais il ne fit que chuter à son tour. Il tomba lourdement sur moi, nous nous retrouvions face à face, couchés l’un sur l’autre. Il se releva un peu, aidé de ses mains placées chaque côté de ma tête. Il me regardait, je le regardais aussi. Il avait un air plutôt sérieux, je sentais nettement son sexe durcir sur le mien, il se mouilla les lèvres et les approcha lentement des miennes. Un frisson me parcouru la colonne vertébrale, mon cœur battait la chamade, il semblait vouloir s’extirper hors de ma poitrine. Je ne sentais même plus la douleur de mon genou. Je sentais son souffle doux se mêler au mien, sa respiration était chaude sur ma peau, je buvais ses yeux du regard. Un cri se fit entendre du haut de la colline.


Il est là ! Il s’est échappé !


C’était comme un coup de couteau en plein cœur, on venait de me couper du plus beau moment de ma vie, c’était l’épisode le plus romantique, le plus érotique de toute mon existence. J’entendit Alex bredouiller un sacre entre ses dents qui ressemblait presque à un grincement, il se releva rapidement. Nous nous sommes enfuis dans les bois baignés par les ténèbres, la nuit avait revêtu son manteau noir, nous cachant des regards.


On s’enfonça quelques minutes dans les bois, courant à perdre haleine au travers des épais feuillages masqués par la nuit. Nous avons fini par atteindre un sentier éclairé par une lanterne électrique qui ne devait même pas dépasser les dix watts. Un groupe de personnes dévalèrent le chemin en soufflant comme des chevaux. Moi et Alex aussi, épuisés par la course. C’était le petit groupe qui avait attaqué le fortin, mon groupe d’amis.


Bravo Shawn ! Tu as réussi à le libérer. Ces innocents là avaient même pas le droit de l’attacher.


Me dit Patrick entre deux vives respirations.


Merci Pat, mais c’était pas si impressionnant que ça, j’ai juste passé au travers de la palissade, les planches étaient pourries. C’est vous qui avez fait une diversion.


Il eut quelques petits rires. Je sortis l’anneau de ma poche et le remis à Alex, ça me faisait presque de la peine de le rendre, vu la manière dont j’avais réussi à le prendre. Il me remercia et la remis dans sa poche. Tout le petit groupe discutèrent de plans tactiques, de stratégies militaires inventées, ils voulaient maintenant aller définitivement casser la gueule aux gars du fortin. Ils étaient marrants à entendre, de vrais petits adeptes de Lao Sung. Pour ma part, je décidai d’aller me coucher, la douleur dans mon genou me reprenait violemment, la course que je venais de prendre m’avait fait un mal de chien. J’en avisa tout le monde, un peu déçu de me voir partir aussi tôt, avant de tourner les talons et me diriger vers l’auberge. Je sentis une main me toucher furtivement le dos, je n’y portai pas vraiment attention. Je quitta le groupe en titubant de la jambe droite. Le chemin était affreusement long, j’étais seul sur le sentier. Les lampées de lumières bleues et cristallines de la Lune m’ouvraient très discrètement le chemin. Il n’y a pas beaucoup de lumière la nuit, très peu de lampadaires, chose que les organisateurs ont négligé. Les gens tombent et se blessent souvent la nuit. Les commerçants frauduleux sont généralement grippe-sous.


Après une vingtaine de minutes de marche je finis par atteindre l’auberge, aucune lumière n’en sortait, il n’est que 10heure environ, personne ne va dormir à cette heure là dans un GN. L’action doit se dérouler à son meilleur en ce moment, de toute façon je ne suis pas en état de me battre. J’entra dans la pièce principale et monta l’escalier grinçant, je suis complètement seul. Il n’y a que les quelques tables de bois, les chaises hétéroclites et un petit poêle à bois qui ne consumait plus rien depuis plusieurs heures. Arrivé en haut, je remarqua les matelas complètement vides, seul le bruit strident des grillons remplissaient l’air parfumé de la forêt. Je me laissa tomber lourdement sur mon matelas, me plaça sur le dos et regarda vers le plafond. Le sommeil ne venait pas, je me sentais terriblement seul dans cet enfer de noirceur. Je repensais sans arrêt à ce qui s’était passé au fortin avec Alex. Ai-je rêvé tout ça ?, Voulait-il vraiment m’embrasser ? Je ne savais plus trop que penser, ça devenait trop confus pour moi.


Un cliquettement familier se fit entendre au rez-de-chaussée. Un pas pesant s’avançait vers l’escalier, presque sinistre. J’entendis le résonnement de chacune des marches. Une ombre apparue à la sortie, c’était Alex. Je me suis assis sur le matelas pour mieux le voir. Il s’avança vers moi.


Je ne voulais pas te déranger pendant que tu dormais, je voulais venir te rejoindre. Je m’excuse pour tout à l’heure, ça a du te paraître bizarre.


Pourquoi ça me paraîtrait bizarre ? Pour être franc avec toi, j’attendais que quelque chose se passe depuis longtemps, je me suis mis à traquer un tas d’excuses pour te voir plus souvent. Je suis quelqu’un de trop introverti pour dire ce que je pense lorsque j’en ai envie, ça m’a beaucoup aidé que tu viennes à moi. J’avais peur que tu prennes mal mes avances envers toi, et que tu tente de m’humilier devant mes amis pour ce que j’aurai fait. Je suis écœuré d’avoir tout le temps peut de tout le monde, d’être caché dans mon coin et espérer que la situation va changer pour moi…


Je n’osais même pas le regarder dans les yeux, après que j’eus parlé il n’y eut plus un son, seulement une tension presque palpable dans l’atmosphère. Il se pencha vers moi, tendit sa main vers mon visage, me caressa la mâchoire du bout de ses doigts. Il mit un genou à terre pour être à ma hauteur, il s’avança sa bouche vers la mienne, ferma les yeux, et m’embrassa tendrement. Je sentis aussitôt mes pantalons se serrer, j’avais l’érection la plus forte de toute ma vie. Mon pénis me faisait mal tellement il s’excitait face à ce qui se passait. Ses lèvres étaient douces, chaudes, je sentais leur mouvement caresser les miennes. Il ouvrit la bouche, je fit de même, il introduisit sa langue brûlante pour venir vigoureusement caresser la mienne. Il devint de plus en plus fougueux, il donnait l’impression de vouloir me dévorer la bouche. Je répondais aussi férocement, on échangeait un baiser absolument déchaîné. Il collait de plus en plus son corps au mien, jusqu’à sentir ses hanches se joindre aux miennes, son sexe se durcissait rapidement, je le sentais bouger de dessous son pantalon. Pendant que nos langues se faisait l’amour, il commença à détacher les pièces supérieures de son armure, il enleva sans mal le torse suivit des épaules et des bras, je l’aidais tant bien que mal à tout détacher. Il ne garda que ses pantalons qui étaient recouverts que de quelques plaques métalliques. Je me releva pour retirer de mon corps ma toge de sorcier. Je sentis ses mains se poser sur mes jambes et remonter vers mes cuisses. Je sentais son contact chaud au travers mes jeans. Ses mains se rejoignirent sur mon sexe. Je laissa tomber la toge, Alex vint embrasser mon pénis au travers de mon pantalon, il le déboutonna soigneusement et fit glisser la fermeture éclair. Il baissa le jean et glissa sa main chaude dans mon caleçon, je le sentis empoigner ma queue à pleine main et la sortir de sa prison de tissu pour l’engouffrer dans sa bouche sans plus attendre. Le contact de sa langue sur moi faisait trembler de plaisir, il était un peu maladroit, il accrochait mon gland avec ses dents, mais je ne lui en voulais pas le moins du monde, le plaisir qu’il me donnait était tellement plus fort que tout ce que j’avais imaginé. Il me suçait jusqu’à la garde, laissant mon pénis bien au chaud dans sa bouche quelques secondes pour ensuite le ressortir et le lécher sur toute la longueur. Il me prit les fesses avec ses mains puissantes, me les caressant doucement. Je lui toucha les bras, ils étaient musclés, son entraînement aux armes lui donnait un corps sculptural. Il s’activait de plus en plus, et de mieux en mieux. Sa langue se tordait autour de ma queue avec une adresse sensuelle qui me faisait onduler le corps. Je sentis une chaleur monter en moi, mes jambes fléchirent, j’allais bientôt éjaculer, je l’avertis de la situation mais il n’a pas réagit, il devint de plus en plus féroce et activa une succion encore plus forte, je ne tins pas longtemps, tout mon corps se raidit et j’éjaculai puissamment dans la bouche d’Alex, il continuait malgré tout son va-et-vient, avalant goulûment la moindre goutte qui se libérait, je sentais chaque jet jaillir hors de moi, pour se perdre dans la gorge de mon amant. Je me laissai tomber sur le dos, il me lécha encore quelques secondes et vint s’approcher de moi, je sentis alors les plaques froides de ses cuisses se poser sur les miennes, il m’embrassa. Sa bouche avait un goût différent, je goûtais mon propre sperme étendu sur sa langue qui venait chevaucher la mienne. Cet effet m’excita de nouveau, je me sentais déjà reprendre mes ardeurs.


Je retourna Alex pour le mettre sur le dos. Je lui donnais un dernier baiser pour ensuite me diriger vers son torse en y frayant un chemin humide de ma langue avide. Il n’était pas spécialement velu mais affichait quand même un duvet noir sur ses pectoraux. Leur contact était doux sur la peau. Je vint lui lécher le bout des seins avec une délicate attention, cela n’avait pas l’air de lui déplaire parce que je l’entendit respirer plus fort, plus profondément, presque un grognement. Mes mains allaient se perdre sur son corps, sondant toute sa chaleur pour la perdre dans mes doigts. Un trait capillaire se dressait au centre de ses abdominaux qui pointait droit vers sa queue, de ma langue je la suivit, me rendit par le saut de mes baisers jusqu’à son pantalon. De mes mains je défis le petit bouton de fer, cherchai maladroitement à descendre sa fermeture éclair, coincée dans les pliures du tissu épais. Dans mes ébats, je sentais nettement son sexe caché sous son pantalon, il formait une masse imposante qui ne demandait qu’à sortir de sa prison inconfortable. Les petites dents de fer coulissèrent pour me laisser paraître le tissu bleu vif de ses boxers. J’agrippa le tout, pantalon et sous-vêtement, au niveau de la ceinture et le fit descendre doucement le long de ses cuisses solides recouvertes d’une douce et légère toison que mes doigts effleurèrent dans leur parcours. Il m’aidait tant bien que mal en se tordant doucement, formant un mouvement houleux de ses hanches d’une sensualité enivrante. Libéré de sa cage, le sexe d’Alex se dressa fièrement, se tenant aussi droit qu’une barre de fer pointant vers le ciel nocturne qui nous enveloppait de son charme dans une pénombre séductrice et sensuelle. Le corps couché au sol, je relevai mon torse, aidé de mes bras, et me plaçai au-dessus de sa colonne turgescente qui semblait me dominer de toute sa fougue chaude et virile. J’embrassa tendrement le bout de son grand, qui me paru à cet instant aussi tendre et juteux qu’une baie sauvage. Ma langue vint rejoindre mes lèvres, se mirent en duo pour goûter toute la longueur de sa tige. Je descendit de bas en haut plusieurs fois, ne négligeant pas de passer avidement sur ses testicules, ils semblaient se tordre, se mouvoir dans leur enveloppe de chair souple, comme s’ils étaient excités par mes caresses. Alex soupirait d’un ton très bas, je sentais son cœur battre au simple contact de ma langue sur son sexe brûlant. Je le voyais agripper, de ses mains puissantes, les draps qui recouvraient le matelas, comme pour se donner un appui, une poigne pour contrôler son excitation. Je me sentais fier de moi, je lui faisais un effet qui semblait activer la moindre parcelle de son anatomie, le mouvement de son corps nu sur le matelas me faisait frémir de désir, il émanait de lui une force et une fougue qui dominait mes yeux. Je lécha une dernière fois cette divine longueur pour rejoindre son gland que j’engouffra, tant bien que mal, dans ma bouche baignée de douce salive qui vint peindre, centimètre par centimètre, toute la hauteur de son pénis. Je ne puis pas me rendre aussi loin qu’il le fit avec moi, je sentis son gland toucher le fond de ma gorge pour venir narguer ma luette. Il était manifestement plus équipé que moi. Je commença un mouvement de va-et-vient, suçant chaque pouce qui entrait ou sortait de ma bouche. Ma langue se trémoussait autour de son manche, comme dotée d’une vie bien à elle. Je fit des efforts presque titanesques pour éviter à Alex de l’accrocher avec mes dents, ce n’était pas chose facile. Sa respiration s’intensifiait, il bougeait son bassin de bas en haut pour mieux introduire son sexe dans ma bouche. Je sentis une main se perdre dans mes cheveux pour me caresser le crane. Après quelques minutes, je sentis tout son corps prit d’un léger spasme. Alex me bredouilla quelque chose d’incompréhensible Il était aux bords du point de non-retour, je le sentais bien, son pénis devint encore plus dur, encore plus fort, éprit d’une vivacité presque bestiale. Je sentis son fluide chaud se répandre avec puissance dans ma gorge pendant que je le suçais, je sentais chacun de ses jets s’écraser sur mon palais, sur ma langue, dans mes joues. Je ne pouvais même plus les compter, je tentais d’avaler le plus de sa mixture brûlante jusqu’à m’en épuiser la gorge. Quelques coulées s’échappèrent de mes lèvres pour glisser doucement le long de son manche, je vint aussitôt les capturer de ma langue habille, goûtant ce qui me paru légèrement amer. Cela ne me déplaisait pas, malgré la texture vaseuse du sperme, je savais que c’était le sien, je savais maintenant une partie de lui en moi, j’avais travaillé dur pour pouvoir enfin goûter sa chair, son fluide, sa chaleur. Je me sentais satisfait. Je vint m’engouffrer entre ses bras, je vint lui caresser le dos pendant que nos lèvres se retouchaient à nouveau dans leur balai érotique. Cette sensation pâteuse que m’avait laissée son sperme ne tarda pas à se dissiper sous les ébats habilles de la langue d’Alex. Je me sentis faiblir un instant sous le poids harcelant du sommeil, je me laissa bercé par le souffle gracieux des respirations de mon amant, recouvrant l’air, j’écoutais longuement les émois effrénés de son cœur.


Nus comme des vers, enlacés l’un dans l’autre, nous restâmes durant presque qu’une heure. Il passa tendrement sa main derrière ma tête pour me réveiller, nous devions nous rhabiller, la nuit était très avancée, le reste du groupe ne tarderait plus à nous rejoindre dans le dortoir. Nous nous glissâmes sous les couvertures, se fixant dans les yeux, trouvant un sommeil apaisant.


Les rayons cuisants du soleil me réveillèrent. La fenêtre en pignon au-dessus de mon matelas me laissait voir le jeune soleil se réveiller lui aussi. Ses rayons se fichaient sur mon visage comme des lances émoussées. Je me suis retourné pour voir Alex, sa respiration était apaisante, profonde. Un souffle viril qui venait caresser mes tympans. Les pièces de son armure jonchaient le sol comme nous les y avions laissés la nuit dernière. La pièce, cette fois, était pleine de gens, tous dormeurs à l’exception de moi. Mon érection matinale se faisait forte sous les draps, je me souvint de la soirée, j’avais envie de littéralement sauter sur Alex, de l’embrasser, de me blottir contre son torse. Ce spectacle aurait probablement déplu au reste du groupe qui n’avait sans doute pas besoin de ça en se réveillant. Je me coucha sur le coté, pour pouvoir le regarder. J’avança discrètement ma main vers son visage, de mon pouce je vint lui caresser sa lèvre inférieure. Je voulais le toucher, il fallait que je sente sa chair sous mes doigts pour me convaincre que ce n’était pas qu’un mirage. Il entrouvrit les yeux, me fit un petit sourire en coin…


À suivre…