| n° 06912 | Fiche technique | 17720 caractères | 17720Temps de lecture estimé : 11 mn | 02/11/03 |
| Résumé: Une invitation pour présenter ses excuses | ||||
| Critères: fh volupté | ||||
| Auteur : Sonic (Un homme parmi tant d'autres) | ||||
Etes du matin ou du soir ? Moi, j’avoue ne plus savoir. Surtout l’été. D’ailleurs depuis quelques jours, rien ne m’importe, à part l’instant présent…
Voilà trois jours, je me lève assez tard, ayant une journée sans avoir à aller travailler. Une journée d’été à flâner, aller au ciné, ou bien voir une expo consacrée à Nicolas de Staël, « peintre maudit », que dis la critique. Je froisse la page du canard arrogant, ayant pris soin de noter l’adresse. Thé sombre, un sucre ; douche, chaude comme d’habitude, massage de la nuque et ample respiration, tout en fermant les yeux pour me concentrer sur la brûlure suave et enveloppante de l’eau bouillante.
Je prends le disque de Tindersticks, le place dans la platine, et entonne les premières vers de la première chanson « Until the morning comes »…J’avale mon thé, une part de brioche, tout en enfilant mon pantalon de lin, ma chemise blanche que j’adore, achetée 10 balles, il y a dix ans, mes sandales, et mes lunettes des soleil.
Je pose nonchalamment le mug à peine fini sur la table de l’entrée, prends mes clés, et laisse la musique, pensant au fond de moi « ne pas briser l’équilibre de leur mélodie ».
Et me voilà déboulant dans l’escalier, arrivant sur le bitume, quand me frappe l’oubli de mon bouquin du moment. Pivotage des talons, et brusque course dans les marches, à l’assaut de ma serrure pour retrouver, inconsciemment peut-être la voix de Stuart Staples.
Ma tête baissée, je franchis trois par trois les marches en route pour aller jusqu’au sommet de l’escalier. Comme un énergumène effréné. Alors vous imaginez ma surprise, quand une drôle de petite voix me fait lever la tête. Elle dit:
_« Hummmm HUUM HOHHHH »
_ « Hein ! »
_ « HOHHHH, vous faites gaffe, merde alors »
Je reprends un peu de calme, en respirant, et je fais la mise au point après la percussion de nos deux corps. Je regarde bien. Et je vois une petite bonne femme tout à fait extraordinaire, qui me considère nerveusement. Sûrement pas le meilleur portrait que j’ai réussi par la suite à faire d’elle. Pour autant, se dessine devant mes yeux grands ouverts, un visage chagriné par l’événement, mais qui se révèle être fascinant : Deux yeux verts, puissants et remplis d’une liqueur poivrée et délicieusement acide, gouvernent une architecture délicate : deux lèvres gourmandes, un nez délicat, pointant sans audace incertaine, mais fureteur, et découvreur probablement de parfums. Des cils fins et blonds me lancent dans la caresse oculaire de cette chevelure blonde aux reflets pourpres, roux, ou ocres.
En mois se craque un contours, se déchire mon cœur, dans un coup de foudre incohérent.
_ « HOHHHH, j’vous bparrrghhhghllle !! » me dit elle.
Je ne perçois pas un mot, et loin (Pas si sur, bonhomme !!) d’être dans un état second, je comprends que cette fille mange en me parlant. Mange du chocolat.
Manger. Non, elle ne mange pas, elle dévore une tablette, qui est tombé par terre. Je me baisse, lui ramasse, et lui dis, que ce n’est pas poli de parler la bouche pleine, tout en regardant le tablette : Côte d’Or, 72%. Et je rajoute, « Mademoiselle, est connaisseuse ».
« Povvvvvv CONN !!!!!!!! », et pffuiitttt. Plus rien.
Ah si, son cul. Je vois encore, ce galbe léger, mais d’une ondulation puissante, laissant imaginer un poids délicieusement équilibré, d’une fille soigneuse de son être.
Je continue mon escalade, prends mon bouquin, et me revoilà sur le bitume, seul à marcher. Et c’est là où je réalise ma connerie, ma goujaterie. J’ai bousculé une femme, et ne me suis pas excusé. Me suis même trouvé ironique. Et je m’en veux, car, c’est semble-il une voisine, et je ne suis pas du style ours des cavernes, à vivre dans sa tanière, à ignorer le monde.
Enfin. Il est 10 heures, la journée à moi, je la recroiserai, et m’excuserai à l’occasion.
La journée s’écoule doucement. Le soleil est encore brûlant. Pas même enveloppant mais pénétrant. Je me réfugie vers 15 heures à Beaubourg, pour l’exposition…et la clim. Je commence mon parcours parmi les toiles de De Staël, pour arriver au toiles de son séjour dans le sud de l’Europe. Ces grandes étendues crues et éclatantes d’orange, mêlées à du mauve étincelant.
Mais un truc cloche. Je m’approche de la grande baie vitrée, et contemple Paris, ses toits. « Trouble comes this morning » me revient en tête. Le truc qui cloche, claque un peu plus fort. Cela a commencé au café, avec mon pôte, lorsque nous mangions notre salade. Ce truc déclenche un sentiment de mélancolie, qui m’inonde l’âme.
Sur fond de vie de De Staël, sur une mélodie De Tindersticks, sur fond de Paris au contours de toits grisâtres, de cheminées de briques calcinées, de monuments magnifiés par la patine solaire, brûlante de cette fin d’après midi, ce truc est en train de me rendre…amoureux.
« Quoi. Amoureux !!!???Ah ben là, on est pas dans la merde » me cris très violemment le petit diable cornu des dessins animés de Tex Avery, tandis que l’ange blanc me murmure
« Souvient toi, ce matin, le chocolat »Le chocolat ????
Mon regard se perd, et je cherche. Le chocolat ?
Et là, le truc explose en moi…La jeune femme de ce matin…J’y suis…les yeux délicieusement enfiévrés par la colère, les fesse de rêves…Et le chocolat !!!
Je me retourne, et continue à déambuler dans le labyrinthe blanc écartelé par les cadres écarlates de cet artiste, qui, loin d’être maudit, poursuivait son étoile, pour arriver face à la Cathédrale, son œuvre que je chéris entre toutes.
Et m’apparaît une idée insolente, mais évidente. Je ne vais pas lui présenter des excuses. Je vais m’excuser. Je vais m’agenouiller pour lui offrir mes hommages. Me faire léger pour diluer ma lourdeur, enrouler la belle dans un bouquet de faveurs.
« Tu veux la baiser, quoi !!! » dis le rouge vif, auquel le blanc pur répond
« Il est amoureux , imbécile ».
Mais au fond de moi, je sais où se situe le point d’équilibre. Cette femme sensuelle, je veux l’aimer. Pleinement. Point.
Et pour cela, j’ai mon idée.
De retour chez moi, je frappe à la porte de mon voisin, et lui demande s’il a déjà vu, lui, qui connaît tous les locataires, et leur lieu d’habitation dans l’immeuble, une jeune femme blonde. Il me répond, qu’une file vient d’emménager pendant mon déplacement en Angleterre au 3ème étage, porte de gauche. Une certaine Anna. Je le remercie, et le quitte pour remonter chez moi, sous mes combles au 6ème et dernier étage.
Je me mets à ranger frénétiquement mon appartement, aère au maximum, diffuse encens dans ma chambre et mon salon, nettoie ma salle de bain, et l’embaume d’un bâtonnet à la vanille. Je prépare ma table basse avec deux verres, une bouteille de Château Cazeaux 1997, et place celle ce Châblis bien au frais.
J’installe mes bougies alentour, et jette un coup d’œil circulaire à cet endroit. Moi, et mon cartésianisme maladif, mon perfectionnisme, parfois imbécile.
Puis, je me jette sur mes clefs, mon portefeuille, et en claquant la prote m’élance dans l’escalier. Je me stoppe net. Et balance ma tête dans l’œil de l’escalier en colimaçon, pour écouter, voir si la belle ne monte pas. Chose faite, résultat négatif, je dévale les six lots de marches, jette un regard dans la rue, et ne la voyant pas, me met à courir jusqu’au confiseur réputé du quartier. J’y achète un ballotin de chocolat fin, pur cacao, avec son nœud rouge sang dans un emballage pourpre et velouté. Un écrin parfait pour ma surprise.
De retour chez moi, je me débarrasse de mes vêtements. Il est 18h24. Mon pote m’a assuré qu’elle revenait aux alentours de 19h chez elle. Je prends 5 minutes sous la douche, fraîche pour l’occasion. Pour calmer mon ardeur. Car depuis Beaubourg, elle là près de moi, et dès que mes lèvres se tendent vers les siennes, un bruit, ou un contact réel, accablant me balance comme un pavé dans la mare du réel. Triste et toujours aussi mélancolique.
Une fois habillée de nouveau avec une de mes chemises blanches fétiches, et d’un pantalon noir, toujours en lin, je prends le ballotin…Non. Encore une fois, j’oublie quelque chose…Mon invitation…
« Loin de moi l’idée de vous percuter, mais proche de moi mon désir de vous toucher…par ces quelques grammes de douceur…Pour vous offrir mes excuses, ce soir, au sixième, monter, et rentrer…Quand l’envie vous en prendra… »
Au pied de sa porte déposés, moi dans mon sofa s’en est retourné. Déjà retourné, bousculé par mon désir, par mon plaisir montant…Il est 19 heures….
Sur mes murs, les couleurs du spectre tendaient vers le rouge, le soleil sur cet horizon de toits gris, le même que celui de cet après-midi déclinant. Si absorbé par ce spectacle, habité par la mélodie des Tindersticks, et mon Whisky irlandais en bouche, je ne voie pas le temps se dérouler lentement mais sûrement. Et je commence à ressentir de nouveau ce truc. Cette mélancolie, car je suis intimement persuadé que ma connerie, et ma gaucherie de ce matin ont vacciné cette jolie femme de me revoir en quelconque occasion, et surtout pas dans les circonstances présentes.
Je me lève et allume deux bougies, et vint me poster devant la fenêtre ouverte, m’assoit sur le rebord, pose mes pieds nus sur le bois et, mes jambes repliées, je contemple Paris et son ciel.
Bercé par la basse de « A night in », je reste troublé par un léger grincement…puis un léger craquement…Pourtant je reste abîmé dans ma rêverie triste.
Et dans le glissement des violons vers l’intensité, « Merci, ils sont délicieux ».
Je réponds par réflexe de fils de bonne famille « De rien », puis me réveille au son élégant mais taquin d’un rire discret. Comme déposé dans mon oreille. Je tourne la tête, et elle est là.
Souriante et trop belle. Trop belle pour mon cœur, qui fond dangereusement, mais qui dans un saut vital, grimpe à ma gorge, et me rend muet.
Je la regarde dans ses yeux verts, et aucune colère. Mais une lueur de douceur, et surtout un élégant désir à être devant moi.
Dans une robe noire légère.
Le décolleté profond laissent libre sous l’étoffe sa poitrine. Ses deux seins se trouvent portés par la beauté d’un collier au médaillon, orné de lapis, et par audace, témérité ou désir, pointent leur dard au travers du tissu.
Mes yeux en chute libre découvrent ses pieds, nus, sur le parquet chaud. Ses ongles élégamment peints, jaillissent à mes yeux, me frappant par le rouge carmin, qui cherchent à se mêler à la couleur dorée de sa peau.
Un énorme bracelet indien orne sa cheville gauche, faisant jaillir un sourire sur mes lèvres…
« Qu’avez vous à sourire… ? »me dit elle.
« Je souris de plaisir en vous regardant » lui répondis-je en levant mes yeux pour palper dans ses prunelles le trouble tout aussi incontenençable qui se trouve en elle.
« C’est vous qui écoutez Tindersticks en boucle ces jours-ci ? »J’acquiesce. « J’adore leurs mélodies, vous ne pouviez pas mieux choisir… »
Le truc rejaillis en moi, sous la forme de mon sexe bandant dans mon pantalon. Ses yeux portent sur l’élongation.
Elle est divine, et moi con. Coi. Pas un mouvement.
C’est elle qui prends les devants. Elle s’approche de la chaîne, prend le cd, et enclencha la télécommande . Elle se tourne vers moi, et me dis « prends moi dans tes bras et dansons sur « Trouble Every day ».
Et là, chers lecteurs, le diable, et l’ange avaient leur clapet fermé, et moi je m’exécute, tandis qu’une partie de moi murmuet « je veux l’aimer ».
Je me lève, la prend dans mes bras, pour qu’elle colle sa tête dans mon épaule…et quel surprise, quand….
« Non, attends, voilà entoure moi, maintenant… » saupoudre-t-elle à mes oreilles de sa voix sensuelle, en se tournant, pour m’offrir son dos .
Son dos. Ce n’est pas un dos, c’est un paysage incendiaire de De Staël.
Sa robe ne lui tient au corps que par un nœud caché dans son cou, sous sa toison dorée. Et le tissu s’évase de chaque côté de son dos pour se rejoindre au-dessus de cette fossette adorée, juste au-dessus du sillon de ses fesses.
Et s’offre à moi un océan…Immense et transfiguré par le soir…Cette surface se teint des reflets oniriques du soleil au couchant, son parfum propulse dans mon cerveau un concentré de senteurs personnelles, de parfum léger, et de félin désir féminin.
Mes bras se posent sur les siens qui les prennent avec la chaleur de ses doigts, et laisse aller sa chevelure, sa tête, ses sens s’en remettre à moi.
Comme accordé, nous lançons nos deux corps dans une vaste ondulation. Son cul dessine autour de mon sexe tendu des figures abstraites, mais très vicieuses, indiquant à l’intéresser, qu’il peut se dresser à l’encontre d’une telle pratique…
_ « Chuuuut… », qu’elle ponctue d’un effleurement de mes lèvres sur ma bouche, me faisant tourner, me déplacant dans le salon, souriant, me lèchant encore les lèvres, sans chercher à m’embrasser…La musique roule en moi, et son cul autour de mon sexe…quand ses mains me prennent mes mains et les porte sur ses seins.
La musique devenant plus violente, elle aussi accélère, et vrille mes mains sur ses volumes tendus…
« vas y…lance toi…vers moi » susurre t elle tout en se pétrissant les seins avec mes doigts. Moi, frénétique, je lâche un sein et plaque ma main sur son sexe…devinant la moiteur…
« Prends le temps…Croque moi…puis tu sentira mon côté fondant… »
Elle se retourne, se jette dans mes bras, et enfin, comme éclairé, je la saisis par la taille, et l’embrasse. Sa bouche dès l’intromission de ma langue me révèle un goût fantastique, mélange d’amer et de doux, de puissance et de fragilité. Un goût de chocolat. Je la regarde, et éclate de rire…avant elle.
« J’ai décidé en mangeant tes chocolats, en relisant pour la douzième fois ton Invitation… »
Alors, c’est avec une tendresse infinie, que je plonge ma bouche dans son cou, remontant lentement vers sa bouche, dégustant chaque millimètre, chaque parcelle de son échine brûlée par le désir.
Mes mains se fond exploratrices au grands cours, l’une parcourant, les doigts tendus sa peau , son dos, l’autre plongeant dans l’abîme de son décolleté, non celui de ses seins, mais celui de son derrière.
J’y découvre le grain de son cul mis en évidence par l’électricité de son envie. Mes doigts caressent, et soudain ,pris d’audace je plonge dans sa raie.
Son regard, enfiévré de plaisir, darde mes yeux interrogateurs, pour m’inciter. M’inciter à caresser sa rondelle toute aussi enfiévrée. Ses reins se cambre, éloignant sa chatte de mon sexe tendu, plongeant sa langue violemment dans ma bouche, et plantant son anus sur mon majeur dressé. Si aisément tant la mouille de son sexe a embrumé son derrière.
Nos langues brûlent les étapes, se combattent, s’entrechoquent, carnassières vicieuses. Quel putain de délice !!!
Quelle femme en fusion…Elle tire mes cheveux, m’arrachent à mon orgie de délices ; plante sa main gauche sur mon cul, et me le pétris, s’immisce entre mon corps et la ceinture, pour pénétrer aussi ma raie…
« Qu’est ce qu’on fait là… ??? »
« Je te présente mes excuuuuses, et toi, tu tu …les reçois… » je réponds dans un râle lorsqu’elle me pénétra aussi.
« Pauooovrrree con…je t’adore… »
Quand je vous avais dit, que je ne savais plus si j’étais du matin ou du soir.
A cet instant, plus rien ne compte. Nous étions en pleine fusion. Dans une intimité vorace. Chacun de nous branle l’autre, sans se soucier des anges ou des démons qui gueulent autour de nous( D’ailleurs son démon à elle est super excitante…ce qui fait bander mon démon personnel…et le pire mon ange aussi !!!).
Nous nous embrassons, nous dégustons la bouche, enflammant nos sens par des flammes sur le bord des lèvres, des morsures, des touches par-ci par-là sur le visage…
Tandis que dans l’hémisphère anal se joue un duel de doigté pour consumer l’amant dans un orgasme fusionnel.
Et soudain, alors, que le disque s’arrête, éclate notre cris. Nos corps se catapultant l’un dans l’autre. Nous effondrant au sol. Le plaisir de cette masturbation nous ébranlant incroyablement.
Allongé, nous retirons nos mains de nos corps, nos langues s’abandonnent. Et seul domine dans cet instant un sourire, puis un rire, puis une crise de rire.
Commune