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n° 06903Fiche technique23481 caractères23481
Temps de lecture estimé : 14 mn
30/10/03
Résumé:  J'évite les ascenseurs. Je descends quatre à quatre l'escalier du Krasnaposlky puis je file le long de l'Amstell...
Critères:  fh prost
Auteur : Anne Walter            Envoi mini-message
Suite Amstelldamoise

( Note de l’auteur : Il est préférable d’avoir lu le texte intitulé « Femme de port « pour saisir l’entièreté du récit qui va suivre.)




Après que Laurie eût lu «femme de port» elle me dit:


  • — « tu sais, c’est pas mal, mais je reste un peu sur ma faim. J’aurais cru -à être dans un théâtre porno -qu’il y aurait des moments coquins en coulisses voire -pourquoi pas- du vénal avec quelques hommes de passage…»

Que cela ne tienne !

J’ai repris mon crayon et mon papier, du moins mon clavier et mon écran puisque nous sommes au XXI ème siècle et je me suis attelée à la tache.





J’évite les ascenseurs. Je descends quatre à quatre l’escalier du Krasnaposlky puis je file le long de l’Amstell et je retrouve cette boutique à vendre dans une ruelle du quartier rouge. Là, coincée entre un sex-shop et ce qui semble être un atelier de peinture, une devanture délabrée arbore piteusement un panneau «voor verkoop/for sale» . Il ne m’est pas difficile de trouver l’argent pour l’acquérir. Après tout c’est moi l’auteur, je fais comme je l’entends et en l’occurrence je vais voir le propriétaire, parlemente un peu, marchande beaucoup et au bout du compte me retrouve clé en main de cet ancien magasin de lingerie «fine« pour une bouchée de pain. Oh, pas trop dur non plus de restaurer l’édifice -que cela soit propre un minimum quand même -, la brique retrouve rapidement sa couleur naturelle, tandis que les ouvriers installent la vitrine et le grand miroir du fond qui multiplie l’espace, les peintres de l’atelier attenant prêtent main forte pour raviver l’ensemble et le tour est joué: Je suis propriétaire d’une boutique de passe ! Mère maquerelle en deux coups d’cuillère à pots…


Je retrouve Laurie au théâtre le soir même. C’est mon jour de relâche mais je ne peux résister à l’idée de lui présenter mon projet. J’attends, impatiente, la fin du spectacle derrière le lourd velours.

Dans l’interstice du rideau, j’aperçois Roger se donner sans vergogne aux caresses expertes de notre délurée et bientôt ma remplaçante doit entrer en scène. Elle aussi jette un oeil gourmand sur le plateau, gigotant quelque peu sous l’emprise du désir et du trac mélangé. Je la rassure d’une tape sur les fesses, envieuse un peu, blasée peut-être, complice en cet instant. Je connais ce moment. On a peur et on a envie, on cherche le public et quand on a trouvé, la peur se multiplie, le désir nous étouffe, il n’y a pas d’erreur possible, l’adrénaline est une drogue dure.

Juste un petit bisou à mon encontre et elle pénètre dans la pièce s’y faire pénétrer…

Comme à l’accoutumé, la salle de s’ébrouer quelque peu. Les âmes se dévergondent, le stress les délaissent, l’humide sensation se renforce, le spectacle les accapare et toujours ce tamisé rouge et jaune…

Le théâtre me parait bien plus petit derrière le plateau et nos acteurs bien plus grossiers que je ne l’imaginais. C’est un monde en réduction, rikiki et malsain, arrogant et suspect à la fois, un truc qui ne tourne pas rond, suffisant mais nécessaire, rentable me direz vous, lamentable vous répondrai -je, dans cette lourdeur, la légèreté de l’être, insignifiant obligatoire, le rond qui fait tourner le truc, çà s’enchaîne, ILS réfléchissent, je pense, ILS s’abandonnent, je paradoxe, c’est un monde en érection, rococo et compagnie, indulgent pour eux, intransigeant envers les autres, ILS regardent, le truc qui s’enfonce, le rond qui en demande, la terre tourne pourtant sans moi mais l’inverse n’est pas vrai… j’oxymore !


Tandis que ma jolie Laurie se fait brouter copieusement devant cette sale salle, j’imagine ce qu’elle nous donnera bientôt, en vitrine de mon échoppe nouvelle, seule devant… et eux… derrière…

Le metteur en scène surveille du coin de l’œil "ses" acteurs à la tache tandis qu’il s’active coquinement -lui- à tacher son costume.çà me retourne… Il m’appelle d’un regard. C’est mon chef, je viens. Il veut que je le branle. C’est mon chef, je le branle. Il veut me mettre. Derechef il me met. Vite fait, je me suis retroussée, bien fait j’avais qu’à pas êt’ là, pas grave j’aime çà et même pas mal… le chef se vide les couilles et se remplit les caisses, seuls les jaloux peuvent lui jeter la pierre. Il me baise facile et cela m’impressionne, ce n’est pas la première fois qu’il me prends mais d’habitude il me laisse tranquille, c’est une drôle d’impression. Il lime en rythme avec Roger, cette symbiose çà ne s’invente pas, un oeil sur la scène, l’autre sur le… texte, son organe dans le mien, et une petite pensée légère envers le public… il me montre qu’il peut tout faire à la fois, il me montre pourquoi il est Chef ! Moi j’obtempère avec plaisir, le chef c’est le producteur, le dénicheur de talent, le lecteur d’œuvres oubliées, un artiste en quelque sorte, presque un mécène. Mon chef, mon metteur en scène, celui sans qui je ne serais, mon impresario, c’est mon maître et c’est mon ami (bis)…

Bref, mon metteur… en coulisse ne se prive pas de son droit de cuissage, c’est le minimum syndical dans ce métier… la vie est simple quand même !


J’ai hâte que tout çà se termine.

Roger sodomise ma chérie, çà sent la fin, l’autre gougnotte ébahie l’assistance en une pose improbable et dangereuse, j’en ai le souffle coupé, demain je ne pourrai pas reproduire, tant pis-tant mieux- je ne suis pas elle et demain je ne serai plus là sans doute !

Tout çà se termine à la hâte.

Roger s’est crashé, Laurie s’est envolée et l’autre est au 7éme ciel, reste notre public dans l’éther et ailleurs, le rideau va tomber, le masque aussi peut-être, d’ailleurs je crains l’atmosphère délétère quand ILS seront dehors.

Le chef s’est vidé… en moi c’est évident -car mon chef a le sens du communiquant autant que celui de la communication- mais il parait confus pour ne pas dire gêné. Pour le régénérer et le rasséréner un peu, je lui lance un "c’était rapide mais c’était bien…"

Sur cette fausserie, je me retire, courtoise mais fatiguée.

Le spectacle est fini. La lumière retrouvée. Un voile épais nous cache des badauds, Roger rentre dans l’arrière-plan un signe à mon endroit, Laurie et sa chérie d’un soir s’en retourne en coulisse plus complices que jamais. Je rejoint ce beau monde à l’entrée des artistes, près de l’unique et indispensable pièce qui nous sert de vestiaire et que l’on nomme pompeusement "la loge". Là aussi tout est rococo dans ce décor rikiki, notre trio d’acteurs a tout juste la place pour changer de costumes…

Laurie ne m’attendait pas, elle me lance quelques sourires surpris qui la rende plus séduisante encore.

A ses cotés, notre gouine de ce soir est un peu palote même si elle est une remplaçante de premier ordre, il faut dire que je n’ai d’yeux que pour mon adorée. Une douche rapide, un bye à tout le monde et nous voilà dehors dans la fraîcheur du petit matin. Pas un quidam pour voir le baiser fougueux que je donne à Laurie, pas une âme qui vive pour comprendre qu’elle le me le rend bien, Amsterdam dort, et j’aime !



Je suis un peu gênée, je ne sais pas comment lui dire… : "j’avais envie… euh… de…"



Je sens sa main qui me serre, elle a peur, moi aussi… Il faut que je me lance:



Je lis sur son visage comme une crainte, juste une crainte au fond des yeux…

" je me suis dit que tu aimerais peut-être que l’on travaille ensemble, que l’on fasse autre chose de plus, de plus euh… rémunérateur… hum… je…"

Je m’embrouille dans mes explications, je vois bien que Laurie a du mal à saisir l’entièreté de ma proposition :



plus je suis confuse et plus cela m’irrite, je bredouille:



Je m’enflamme quelque peu, je lui coupe la parole:



Un instant, elle me regarde sidérée. Je me suis emportée dans mon enthousiasme et j’ai craché l’morceau d’un élan salutaire !



Je n’en mène pas large et j’ai du mal à me maîtriser:



Pas le temps de finir ma phrase



A mon tour d’être interloquée, elle me dit çà comme si c’était une… Évidence !



Je me crispe un peu, quelle sera sa requête ?

" c’est que tu me ramènes le fauteuil du théâtre"

je m’esclaffe à mon tour,… ce mauvais cuir, s’il n’y a que çà pour lui faire plaisir…

C’est vrai au fond la vie est simple !



L’aube est passée comme un éclair, j’étais trop fébrile peut-être, trop crevée sûrement. Le jour au contraire me parait sans fin, depuis que Laurie à approuver, je n’ai plus qu’une idée en tête: voir monter notre affaire… si je puis dire…

Puisque Laurie voulait du vénal, elle en aurait la chérie !

Il me faut tout d’abord un prétexte pour quitter le théâtre. J’ai gardé le réflexe bien français aussi je nous fait porter pâle auprès du metteur en scène.

" Catastrophe ! Comment je fais moi ! Vous deux en plus ! En moins quoi ! Ahhh ! C’est pas possible ! Mais c’est pas poooosssiiibllleee !!!"

On croit entendre le chambard du siècle et j’imagine un Louis de Funès néerlandais en colère… tout ce toutim… on ne sait plus s’il faut en rire ou en pleurer… j’en ai encore le téléphone qui tremble mais ç’est fait !

Comme demandé, j’installe le fauteuil en simili que j’ai piqué à mon ex-employeur (Roger était complice). Du décor de plage auquel j’avais pensé initialement, ne reste qu’un arbre de cordes et d’acier, une sculpture en réalité, un chef d’œuvre dont je ne me passerai pour rien au monde… un peu comme Laurie.

Elle y ajoute un écran 16/9 éme qui coûte la peau des fesses et un enregistreur lecteur de DVD pour faire bonne figure, des fois qu’on ai le temps entre deux clients…

L’ensemble est hétéroclite. Il y a un je ne sais quoi d’anachronisme et de modernité, ce cuir mauvais et ces branches biscornues en opposition au High Tech de la TV, c’est d’un kitsch inimitable. Avec de surcroît la pancarte "ici on parle français" cela nous donne une de ces allures ! Sûr ! Nos clients apprécieront ! En tout cas, au milieu du barda, Laurie est resplendissante !

Sa tenue légère et l’éclairage bleuté lui confère une stature que dis-je -un éclat- que je ne soupçonnais pas !

Elle est là, singulière et ravissante dans une tenue des plus sexy. Sa poitrine déborde du soutif, Passionata, les loups hurlent à l’écran, la pub passe, la pute sait y faire. Elle a mon string préféré, on devine le triangle, une droite en son milieu, on y fait les yeux ronds tandis qu’un carré blanc s’affiche à la télé, la mathématique porno doit être dure à résoudre alors je ne m’y lance pas… Je préfère reluquer son porte jarretelle et ses bas résilles qui vont en exciter plus d’un. C’est l’affaire d’un instant. À peine le temps de vous décrire, un client potentiel se pointe au bout d’la rue. La quarantaine, c’est notre cœur de cible, à cet âge le démon de midi et le compte établi, c’est le client idéal, le gogo à plumer…

Vu de loin, il à l’air petit mais séduisant, vu de plus en plus près, c’est le doute qui m’assaille. Comme il lui ressemble… J’ai du mal à le distinguer dans la pénombre de la ruelle mais cette silhouette me semble familière… Il se rapproche… là, juste sous le réverbère… le sex-shop aligne ses godemichés comme une armée chinoise de l’ère Ming… il se penche… il se révèle… ah le salopard ! C’est Walter ! Mon Walter ! En train de traîner dans ce mauvais quartier, avec ces filles de mauvaises vies, avec ces idées de luxure, d’instinct grégaire de bas étage, le sexe à la place du cerveau, la bite en guise d’amarrage, l’enfoiré je ne l’attendais pas ici !

Je ne peux pas intervenir. Je suis la narratrice, j’observe et je rend compte, je suis devant le récit en cet instant précis, pas dedans ! Faudrait que je sois à la place de Laurie pour faire quelque chose… alors… alors je laisse faire… mais il aura de mes nouvelles !


Évidemment, c’est inévitable, Walter découvre "ma" vitrine ! Son sang ne fait qu’un tour, Laurie dans son accoutrement est tellement désirable qu’il ne peut résister. Il ouvre la porte, de son air amusé il examine les lieux…

Il lance un sarcastique:



Laurie est un peu surprise mais ne le montre pas.



Non, je ne lui ai rien dit. On peut difficilement être une maquerelle, pute à l’occasion, écrire quelques nouvelles érotiques, être La Femme de Walter (bouffe, vaisselle, ménage, repassage, tra lala), bosser dans le civil… et tout lui raconter…



Laurie ne se démonte pas, elle l’interromps:



Mon Walter n’en reviens pas, c’est même pas gratos pour les potes…

Le voilà qui s’agite, de vagues cercles évasés, une sorte de grandiloquence, il n’a pas la robe mais cela lui irait bien, le coco parlemente, faut baisser le tarif pour baiser la cocote, des mouvements incontrôlés, des mots exagérés, j’entends quelques bribes de leur conversation, des "moi moi moi" et des "je je je ", et Laurie de répondre "tu tu tu " ou "turlututu" c’est si indistinct… finalement l’affaire est entendue: Mon Walter qui sourit.


Ils passent dans l’arrière boutique. Je passe sur la webcam de la chambre. Je sais, c’est pas très moral çà ! Mais toi,… oui toi là… qui lit mon histoire cochonne sur l’ordi du bureau tu crois que t’es moral ?

(il me semble avoir entendu "oh la salope" mais… )

Je passe donc -écrivais-je- sur la webcam de la chambre. Laurie a déjà ôté son haut et Walter en est tout décontenancé. C’est vrai qu’elle a une poitrine du feu de Dieu, des seins à y perdre la foi. Des beaux nibards comme on en voit peu, bien ronds, bien gros et pourtant fermes et relevés, des Robert des vrais, des lolos des nichons quoi ! Des trucs à faire damner des saints ! Mon Walter se ressaisi, il sont à lui pour quelques temps, il fouille dans sa poche revolver et file un billet à Laurie. Son premier billet de pute. Elle monte sur un escabeau, y chercher la boite à chaussure sur le haut de l’armoire où elle le range avec précaution, presque avec délicatesse. Je sens mon Walter un peu gauche, pas vraiment à son aise. Laurie est tellement délicieuse qu’on ose à peine la regarder, on ne veux rien casser, faudrait presque un panneau " do not touch", mais c’est elle qui prends les choses en main. (C’est quand même son métier): elle le met à l’aise rapidement et l’allonge sur le lit.

Il est a sa merci, nu comme un vers, ne reste que les chaussettes. (Un conseil Laurie: laisse les lui ).

Le miroir du fond couvre tout le pan de mur, de sorte qu’il se voit en spectacle comme si c’était le théâtre de Roger et consort. J’ai même fixé un morceau du rideau de chaque côté de la glace pour faire illusion. Ce soir, c’est Walter qui monte sur scène.

Laurie s’étends au près de lui. Elle caresse gentiment, avec légèreté, ses mains sont douces, ses entre-deux subtils, je sais qu’elle est trop forte à ces jeux là. Walter ne dit mot et se laisse tripoter. Lui aussi voudrait bien goûter à ces chairs si prévenantes. Alors il tend la main vers le téton dressé, il profite de cette nature abondante, il se sert et il s’enivre, il joute avec ces frères karamazov qui sont à sa portée, il bénit le seigneur pour ces auréoles terrestres, il sourit de la vie à aimer cette extravagance…

Il tente une déviation vers le triangle d’or mais la pute est toute à son affaire et le remet en place: le haut t’as droit, le bas c’est interdit. Mon Walter est frustré, je le sens et je le sais, mais la belle se donnera après, il profite du moment.

Le coquin à l’air près, une barre fixe au centre de mon homme, un véritable cochonou de terroir à consommer sur place… Laurie s’y prépare. Encore deux trois aller retour et en un tour de main elle installe la protection d’usage sans coup férir. Une pute magicienne, c’est du jamais vu !

Elle a le geste professionnel. Tant, que je n’ai pas le temps de voir comment elle a retiré sa culotte ! Sans doute une habitude quand elle tournait les films X. Le genre de coup de main qui vous renvoie au rang de rigolote de service avec les amatrices. Toujours est il, qu’elle s’offre à mon mari sans pudeur ni réserve. Elle s’est mise sur le bord du lit afin que son amant de passage y prenne ses appuis. Elle pense à tout la coquine. Walter est obéissant, Walter est malléable, car Walter se régale. Il va enfin prendre la place à Roger euh… à Patrick… (pour ceux qui ont suivi)… enfin, il va se la mettre bien profond -la Laurie- en termes grivois. Il observe un instant la belle avant d’enfourner sa bête. Ses lèvres sont si douces, son vide si attirant, il se délecte du moment, il a payé pour çà, il joue à reculer pour mieux… se la sauter… il emprisonne cette image pour qu’il en ai la trace… il jouit avant d’avoir jouit…

Il la pénètre tout en douceur, il ménage sa monture pour vérifier l’adage. Il maîtrise son mouvement en une large amplitude, calmement, presque au ralenti, savourant ma Laurie et jouant de son sexe, il est heureux quelque part et cela me perturbe. La pute -elle- est impassible. Mon homme regarde ma femme. Elle lui tourne la tète à défaut de lui tourner le dos. Elle se laisse enfourner, les cuisses bien écartées, sans marquer le moindre signe d’émotion ou de rancœur. Laurie joue trop bien son rôle de prostituée, Walter ne relève pas mais ne saurait tarder. D’ailleurs son pouls s’accélère à la vitesse de son va-et-vient, il se laisse emporter par ses envies passées, de fait, son vit ramone à la vitesse grand V, la cheminée s’enfume et l’âtre se libère. Il ne se contient plus maintenant. Ce n’est qu’une pute après tout, tout le plaisir est pour lui, il cogne à chaque fois au profond de la belle, de plus en plus fort, elle grimace, de moins en moins bien, elle s’accroche, il lui montre pourquoi il a racké, il lui fait payé ses tergiversations, il se venge des palabres de tout à l’heure… Gratuit c’eut été différend. Ils auraient fait l’amour, elle aurait apprécier sûrement, redemander peut-être, il aurait vidé ses humeurs, elle aurait garder son humour, c’eut été un sourire dans le miroir du fond, une image bleue avec la tendresse en reflet… Mais là, à l’instant T, son instinct mâle se réveille, il se vide les couilles, elle reçoit sa sentence, tout son côté mauvais, rien de bon, rien de bon : Simplement il la baise puisqu’elle veut résister !


Après ?

Après, c’est la désolation. Pas un mot d’excuse, le râle et le silence. Pas de sourires complices, à peine l’œil courtois. Et une bêtise de Walter qui fait râler Laurie : dans sa fin étriquée, il a laissé la capote au fonds de la salope ! C’était bien la peine !

Ce dernier soubresaut délivre l’atmosphère. Ils ont l’air un peu ballots tout deux, l’un à se confondre en onomatopées devant la chatte béante de la belle, l’autre à récupérer le plastique et la semence de la bête. Enfin un regard moins mielleux, enfin une réponse plus aimable, enfin quelque chose de sincère…

Walter se rafistole vite fait, Laurie encore plus rapidement. La fin est proche, ils se quittent échangeant simplement un "salut" ordinaire comme si entre ces deux là, tout était clair et net pour solde de tout compte.


Walter retrouve la ruelle.

à peine dehors deux jeunes l’interpellent.



Walter joue les blasés il n’en est pas peu fier:



Notre coquin se la pète jusqu’au bout d’une réponse évasive :

" ah… un prix d’ami les gars, un prix d’ami…"


Et il s’en va ainsi sans même se retourner, les deux devant Laurie dans son mauvais fauteuil… sa mauvaise vie, son mauvais plan, ma mauvaise suite…