Une Histoire sur https://revebebe.pages-perso.free.fr/
n° 03848Fiche technique10801 caractères10801
Temps de lecture estimé : 8 mn
21/03/02
Résumé:  Le client a prévenu qu'il passerait tard. Pas grave, aujourdhui son copain travaille tard lui aussi.
Critères:  fh fhh travail voiture pénétratio exercice
Auteur : Sala de Espera  (Débutant dans la traduction de bonne littérature.)            Envoi mini-message
Vendredi soir à l'atelier


Vendredi soir à l’atelier.


Cette fois, ce n’est pas une traduction, j’ai juste transcrit la pensée d’une amie qui travaille dans la mécanique; très bonne professionnelle, elle vous fait un diagnostic rien qu’en imposant les mains sur le moteur; elle a quand même un problème: pas moyen de lui faire parler d’autre chose.


Vendredi soir. Tous les collègues sont partis, il ne reste plus que moi et le patron. C’est moi qui vais faire la fermeture. Le client a prévenu qu’il passerait tard. Pas grave, aujourdhui mon copain travaille tard lui aussi, un obélisque en granit tout neuf à finir. Il va venir me chercher et nous partirons tous les deux sur sa grosse moto dans le soleil couchant.


Quand je sens en chemin

Les trépidations de la machine

Il me monte des désirs

Dans le creux de mes reins.


C’était déja un vieux truc quand maman me la chantonnait, pourtant c’est bien ça que j’entends dans ma tête ce soir.


La bagnole à livrer est une grande caisse de luxe, carrosserie claire, ronde de partout, décapotable, très chic mais ce n’est pas mon genre. Le patron sort la facture et me fait répéter les explications. Il m’épate, le vieux. C’est lui qui m’a appris à sentir la montée en température rien qu’en serrant la main autour du tuyau, et à percevoir les bonnes vibrations de la boîte de vitesses au toucher avec trois doigts sur le carter. Et il débite des phrases sur l’optimisation du delta de pression interne comme si c’était lui qui avait inventé la machine à tout mesurer, celle qu’on empine au faisceau de capteurs sous le capot et qui crache des courbes sur des feuilles blanches. Ça va, je saurai baratiner le client, d’ailleurs il n’y avait rien, juste un petit réglage d’injection.


Ca y est, le vieux est rentré chez sa femme. Il n’y a plus que moi. J’aime bien travailler ici. Seul compagnon femelle, j’ai droit à mon petit vestiaire personnel, avec un grand miroir au-dessus du lavabo. Pas de douche ce soir. Mon copain aime le parfum de sueur et de métal chaud. Il appelle ça mon odeur de bête mécanique. Quand même, la bête a besoin d’un petit débarbouillage, les mains, les bras, le cou et la figure. Je laisse tomber le haut de ma cotte sur les fesses. Quand il fait chaud comme aujourdhui, je ne mets rien dessous. Avec une ceinture, j’aurais la silhouette d’une pompiste de BD, mais je préfère sans. L’air circule, tout ballotte là dedans agréablement, ça gratte un peu, et le métal frais de la fermeture éclair caresse quelques endroits sensibles.


Quelqu’un sonne à la porte, ça doit être le client. Il aurait pu me laisser le temps de me mettre en civil. Je remonte la cotte sur mes épaules et je vais lui ouvrir. Aussi chic que sa voiture, le gars. Jeune, bien plus grand que moi, habillé sport. Je ne connais rien aux fringues mais il a l’air d’en avoir pour cher sur le dos. Et une eau de toilette qui tient tête aux odeurs du garage tout en faisant distingué. Toujours pas mon genre, pourtant ça me fait de l’effet, un beau minet; ça doit être un réflexe. Je sors le dossier et la facture, et je commence mon exposé sur les travaux.


Il s’est mis à ma gauche pour regarder les courbes et les tableaux. Tiens, je sens un changement du bruit de l’admission au-dessus de mon épaule. Je suis bête, j’ai oublié de remonter la fermeture éclair. De là où il est, il a vue sur tout mon équipement. Trois doigts de la main gauche sur le carter. C’est sûr, la montée en température a commencé et le delta de pression sera bientôt optimum. Je me tourne un peu vers lui, ferme les yeux, ouvre la bouche. La sienne vient tout de suite s’adapter dessus et les langues se contactent sans tâtonner. Il me met une main de chaque côté mais il n’ose pas encore me serrer contre lui. Il y a assez de cambouis sur ma cotte pour lui gâcher complètement son polo Lacoste.


Ok, je secoue les épaules, mes bras glissent hors des manches. Une bonne secousse pour sortir les pieds des mocassins de sécurité. Et voila, à poil je suis nettement moins salissante. Ses mains passent un peu partout. Les miennes partent en inspection sous le polo. Il a compris, il le tire par dessus sa tête et le jette dans la bagnole. Même pas le temps d’atteindre la boucle de sa ceinture pour continuer l’examen, il ouvre la portière et m’entraîne avec lui à l’intérieur. Une petite contorsion pour descendre le pantalon. C’est sûr, il a de la pratique, mais aussi il y a plus de place pour deux que dans une 2CV. Maintenant il est affalé sur le siège conducteur qu’il a reculé au maximum, et moi à cheval sur ses cuisses, le dos contre le volant gainé cuir. Son dard est aussi dur que le levier de vitesse sous ma jambe gauche. Je prends la pièce d’une main et je la présente devant son logement.


Parfaitement ajusté, frottement doux, comme les jauges d’alésage du cours de mécanique au lycée. Réglage électrique d’un doigt, le dossier s’incline, l’angle est idéal maintenant. Je descends posément le long de l’axe jusqu’à la butée. Qu’est-ce que c’est bon. Contre moi, son torse est aussi lisse et bien façonné que le cuir de sa banquette. Mon petit capteur est réglé à la sensibilité maximale.


Il me caresse les fesses et les hanches, ses mains remontent. Et puis ça s’anime en bas. L’injecteur a commencé à cracher. Rien à dire sur la puissance ou le débit, mais trop d’avance ça fait tout rater. Sa maman ne lui a pas appris que ce n’est pas bien de démarrer en oubliant la fille sur le bord de la route. Ah, un bruit de moto qui ralentit et s’arrête devant la petite porte. Trop tard pour tester le redémarrage à chaud. Je sors de là en un clin d’oeil. Lui aussi a entendu. Dès que je l’ai libéré, il disparaît à l’arrière de sa caisse. Je réenfile la cotte, les mocassins, la fermeture éclair jusqu’en haut. En bas, c’est tout mouillé.


J’ouvre la porte. C’est bien lui, en motard. Il sort ses grosses pattes de leurs moufles et me serre sur son grand coeur.

D’habitude, je suis en jeans, prête à partir, il ne me reste plus quà couper l’électricité et claquer la porte derrière nous. Il me demande à l’oreille pourquoi j’ai eu tellement de boulot au dernier moment. Bon, une chose à la fois. Je l’entraîne vers mon vestiaire. Au passage j’éteins la lumière de l’atelier, ça laissera l’autre problème dans l’ombre. Il s’asseoit bien sagement sur le banc. Sauf que regarder la fermeture éclair descendre et sa copine émerger d’un seul coup de la toile bleue, c’est un spectacle très émouvant. Et puis je dois rayonner quelques vibrations interrompues de la scène précédente. Il me prend par les fesses et me hisse à sa hauteur. Grand patin athlétique. Il a beaucoup plus de souffle que moi, surtout en ce moment. J’ai encore la force de lui murmurer que j’aimerais bien qu’on n’en reste pas là.


Rien pour bien s’installer dans le petit espace. Il me porte dehors à la recherche d’une surface confortable. Justement, cette belle carrosserie claire, ronde de partout, décapotée, qu’on devine tout près. Il me pose à l’arrière, le dos sur la tôle tiède, mes pieds ne touchent pas terre. Un gars sérieux, il sait qu’on ne doit pas risquer d’abîmer l’intérieur des bagnoles des clients. Il enlève le haut de son cuir, ouvre le bas. Lui non plus, il n’avait rien mis dessous. Son bel outil ressemble à l’obélisque de granite rose qu’il vient de tailler; un modèle à grande échelle. Pas le temps d’admirer ou de toucher, il entre dans la tranchée ouverte pour lui. C’est nettement plus rugueux que le piston bien usiné de tout à l’heure. Il y a aussi quelques éclats de pierre restés collés dans ses poils. Je vais avoir la peau toute rayée, pourvu qu’il n’arrive rien à la peinture. Oh là là, il faut que j’arrête de penser boulot. Les jambes amarrées à son corps, je me laisse porter, je sens les cals de ses grandes mains sur mes fesses, sur mes flancs, sur mes épaules. Son percuteur vibre juste comme j’aime. Grande détente, je jouis gentiment, mes jambes se dénouent.


Lui, en homme attentif, s’est retiré, mais c’est facile de remarquer qu’il est resté sur la pente. Je me glisse vers le sol. Deux pas, je m’installe dans l’autre position, les fesses dehors, les cuisses contre la tôle, les coudes sur le siège en cuir. D’habitude il n’aime pas me prendre sans tout voir, mais aujourdhui il n’y a rien d’habituel. Il repart à l’assaut de ma petite montagne, la bagnole commence à trembler sur ses amortisseurs. Tiens, tiens, il y a quelque chose qui bouge en dessous de moi. Mon idiot de client n’a pas profité du petit entracte que je lui avait ménagé pour filer avec ses fringues sous le bras. Il est encore là, à poil, le dos au plancher et la tête vers moi. Peut-être qu’il tient vraiement à récupérer sa caisse pour le week-end. En tous cas, au travail. Je lui prends les mains et je les conduis jusqu’à mon cou. Il a compris, il se redresse un peu, sa bouche vient sur la mienne, tête bêche. Je suis en 4x4. À l’avant je roule une pelle, à l’arrière mon copain continue de me propulser vers le sommet, il y a de plus en plus de bosses sur la route, je ne connais plus personne … l’air de la chanson … plus rien, la petite mort.


Et puis non, ce n’était pas le grand crash. On est toujours dans l’atelier, il fait nuit maintenant. Mon copain s’est remis debout, je caresse ce qui était son obélisque tout à l’heure, tout doux et moite dans ma main. Un petit bisou pour dire que j’ai une bagnole à sortir dehors. Je m’installe à la place du conducteur. Rien sur moi, je fais des taches, tant pis, ça nourrit le cuir, et puis ça sera un souvenir pour le propriétaire. Le portail automatique s’ouvre, il y a une place libre dans le parc. Frein à main, je laisse la carte dans sa fente, la facture est dans la boîte à gants, je cours à poil sur le béton vers le portail qui se referme.


Quand nous sortons, le client est là à côté de sa belle auto, la capote remise, le pli du pantalon bien droit. Il me tend un chèque et le double de la facture, en s’excusant de m’avoir mise en retard. La somme exacte, il disparaît, un homme bien élevé finalement. Nous partons tous les deux sur la grosse moto. Le soleil est couché. Ce soir nous dormirons ensemble du sommeil des travailleurs.