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n° 03314Fiche technique46727 caractères46727
Temps de lecture estimé : 27 mn
23/12/01
corrigé 08/11/16
Résumé:  Une vengeance bien féminine.
Critères:  ffh fbi hsoumis fdomine intermast fellation cunnilingu pénétratio attache
Auteur : Achour  (Homme, la cinquantaine...)            Envoi mini-message
La vengeance de Blandine

Je me souviens très bien de la première fois où j’ai vu Blandine, quand, au début de l’année, Jean-Claude l’avait amenée et introduite parmi nous : un groupe de quelques copains et copines que le hasard a réunis à Paris, en plein Quartier Latin, où nous nous livrons à une course aux diplômes dans une université mythique : La Sorbonne. Détendue et fair-play en début de chaque année universitaire, la course, insensiblement, s’emballe, gagne en âpreté et en coups bas avant les vacances d’été.


Mais nous n’en sommes pas encore là. Pour l’heure, détendus, contents de nous retrouver, nous rivalisons de zèle et d’imagination pour nous replonger dans l’atmosphère encanaillée qui nous avait tant enivrés l’année dernière. Nos moyens financiers étant ce qu’ils sont, nous nous réunissons dans un salon oriental où nous buvons du thé à la menthe et fumons le narguilé. En fait de salon oriental, il s’agit plutôt d’une espèce d’auberge espagnole où chacun trouve ce qu’il emmène, c’est-à-dire ce qu’il cherche et ce qu’il véhicule lui-même. Ça nous permet de nous évader un peu, chacun à sa façon, selon ses moyens, ses envies ou ses phantasmes, de Barbès à Marrakech, du Luxembourg à Istanbul…


Cette escapade orientale est notre seul luxe. Pour le reste, nous la jouons à l’économie, en nous efforçant de snober boites de nuit, restaurants chics et bars à la mode… Notre quotidien, quand il échappe aux riz nature et autres salades composées que nous préparons nous-mêmes, est fait de menus confectionnés par les têtes pensantes des restaurants universitaires et de sandwichs grecs coupés par des mains arabes ou turques. Pour l’améliorer, nous nous trouvons une ou deux fois par semaine chez Malika, une beurette qui a hérité d’un minuscule appartement dans le dix-huitième arrondissement, du côté de la Goutte d’or. Cependant, comparé à nos chambres de bonnes, il passe pour une caserne.


C’est là que se passent nos soirées, parfois nos nuits. Chacun contribue au festin du jour avec ce qu’il peut ou ce qu’il trouve : vin, pain, fruits, amuse-gueules en tout genre… et surtout, ça ne rate presque jamais, du shit… Généralement, après quelques verres, un ou deux joints, nous nous prenons pour des nababs, cours de danse orientale et même de Kama-Sutra à l’appui…



***



Jean-Claude, celui qui nous a présenté Blandine, est un peu la tête de Turc du groupe. Mou, grand de taille, démarche déhanchée, le regard toujours perdu, il passe pour un dadais. Il a tout du niais. À longueur de soirées il ne fait que rire et supporter stoïquement vannes et sarcasmes de tous. Avec les filles, il est toujours à côté de la plaque. On se demandait même parfois s’il n’était pas encore puceau ! De nous tous, il est le seul à habiter encore chez sa mère, propriétaire d’une pâtisserie dans le onzième arrondissement…


Aussi, quand il s’est pointé au salon de thé avec une fille, tous les membres du groupe présents ce jour-là ont affiché un sourire aussi amusé que condescendant. Gérôme, le boute-en-train du groupe, a même murmuré quelque chose comme : « c’est le pâtissier qui emmène une tarte ! » Faut-il préciser qu’il a visé juste, l’animal, et que j’ai eu du mal à réprimer un rire ? Mais, aussitôt, je m’en suis voulu d’avoir ri à cette méchanceté facile, même si, il est vrai, Blandine a une vague ressemblance avec la tarte. Elle a surtout cet air provincial, quelque peu gauche, égaré, encore intimidé par l’ambiance parisienne. Selon les explications, encore plus gauches, de Jean-Claude, elle vient de débarquer à Paris où elle est appelée à occuper un poste d’illustratrice dans une célèbre maison d’édition. Petite de taille, menue, elle a quelques rondeurs et un visage bien grassouillet qu’elle cache à moitié par d’épaisses lunettes dont on se demande quel est le crétin qui les a conçues. Par-dessus ses oreilles, deux petites nattes bien sages lui donnent un air de jeune fille immature, un peu gourde. Pour parachever le tableau, Jean-Claude a précisé qu’elle a d’ores et déjà trouvé un appartement en plein Montmartre, « avec vue imprenable sur le Sacré-Cœur, mon vieux ! » Personne n’a trouvé à redire, sauf Abdel, un Tunisien qui passe pour beau gosse, collectionneur autant de filles que de gaffes, qui a cru faire l’intéressant en demandant :



Ça a jeté un froid. J’interviens :



C’est sa façon de régler les problèmes, Abdel : il offre à boire. Il est sincèrement convaincu qu’en payant à boire aux gens, il les met dans sa poche. Il a donc payé la tournée. L’atmosphère s’est quelque peu détendue et la soirée a repris son cours normal. Tout le monde a fait le gentil avec Blandine, surtout les filles. Rassurées de ne pas voir en elle une rivale potentielle, elles l’ont couverte d’attention et de condescendance. Les garçons, eux, ne sont pas allés jusque-là, pensant sans doute que ce n’est pas avec elle qu’ils vont mettre du beurre dans les épinards…


Voilà comment nous avons connu Blandine !



***



Le temps a passé. Nos soirées, nos petites histoires, nos coucheries, nos tromperies ont continué au même rythme. Blandine fait maintenant partie à part entière du groupe, bien qu’elle soit la moins assidue à participer à nos soirées chez Malika. Au salon oriental, toutefois, elle fait un malheur ! Tout le monde, à commencer par le serveur, cherche à être dans ses bonnes grâces, à lui être agréable. Même les filles s’y sont mises ! Petit à petit, elles sont passées sous son charme. Elles lui demandent son avis sur tout, quêtent son sourire, son approbation, son humour… Bref, en quelques semaines, Blandine s’est imposée comme une bonne copine de tous, d’excellente compagnie et composition…


Il faut dire que la différence entre la Blandine d’aujourd’hui et celle que nous avait présentée Jean-Claude est édifiante. Insensiblement, elle s’est métamorphosée ! Elle a appris à s’habiller et sait remarquablement marier tailleurs et chemisiers, jupes et pull-overs, pantalons et gilets, sans parler de tous ces petits ornements qui font la différence : foulards, bijoux, épingles et autres parures de fantaisie… Ses lunettes sont passées à la trappe, remplacées par une autre paire de couleur noire qui donne à ses yeux un regard expressif, volontiers coquin. Quant à ses cheveux, mi-longs, ils jouissent d’un brushing permanent et ondulent avec grâce au rythme de ses mouvements… Bref, aux yeux de tous, Blandine a tout de la jeune fille en fleur, bien en chair, rieuse, coquine, sensuelle, pour qui ni la volupté ni la jouissance ne doivent être étrangères…


Mais la métamorphose de Blandine n’est rien à côté de celle de Jean-Claude ! Il a acquis de l’assurance, le bougre. Le grand dadais mou qu’il était s’est effacé pour laisser place à un gaillard robuste, vif, rieur, charmeur, toujours décontracté et prompt à la réplique. Il parle à haute voix, sans se presser, laissant le temps à ses interlocuteurs de goûter ses paroles. De plus, son regard s’est aiguisé et sa démarche s’est affermie. Désormais, sur ses larges épaules, même un sac de farine ferait classe.



Je le regarde. Assis entre deux filles sur une banquette matelassée, Jean-Claude a tout du coq paradant dans une basse-cour. Il a cette assurance qu’ont les hommes comblés. Les deux filles qui l’entourent semblent se livrer à une course au fou rire. Elles s’esclaffent à tous ses propos et lui assènent des tapes appuyées sur les cuisses, ce qui en dit clair sur leurs dispositions respectives. Les coups de coude d’Abdel s’accélèrent. L’air de ne pas avoir l’air, j’essaye de le calmer :



Abdel me regarde d’un air désespéré, atteint par la jalousie. À ses yeux, Jean-Claude est en train de lui piquer sa place et son rang de séducteur. Son regard dit assez son accablement, mais aussi sa détermination à réagir, voire à engager le combat face à ce rival hier encore ignoré et tourné en ridicule.



Ça tombe bien ; Blandine a choisi ce moment pour faire son apparition.



***



Elle a échangé des bises avec tout le monde, sur les lèvres avec Jean-Claude. Puis, le voyant si bien entouré, élégante comme une duchesse, du regard, elle cherche une place où s’asseoir sans le déranger. Profitant de l’absence de Maryse, sa copine du moment, Abdel se détend comme un ressort :



Toute la classe d’Abdel ! Ce disant, pour lui libérer de la place sur la banquette, il se colle contre moi à m’enfoncer les côtes. Souriante, reconnaissante, Blandine prend place en remerciant. Abdel est aux anges. Il me tourne le dos et entreprend ce qu’il pense sans doute être une séance de séduction. Je regarde Blandine. Elle semble ravie de cet accueil. Toutefois, dans ses yeux pétillants et rieurs, j’ai cru deviner une note d’amusement, d’ironie presque. Son regard semble dire : « rira bien qui rira le dernier, petit crétin ». Le spectacle risque d’être intéressant, me dis-je. Aussi, sans perdre une miette de leur manège, je me fais aussi discret que possible, faisant mine de partager la conversation avec les autres, ce qui laisse d’autant le champ libre devant le petit crétin…


Saisissant pleinement cette occasion, Abdel ne néglige rien pour se montrer à son avantage. Pour un oui ou pour un non, il se passe les doigts dans ses cheveux noirs et brillants, met de l’avant sa fine moustache, ses deux chaînes en or autour du cou, sa gourmette, ses bagues, son briquet de marque, son portable…



Blandine se penche sur l’appareil, laissant tout loisir à l’heureux propriétaire de humer sa soyeuse chevelure. Et alors qu’Abdel reprend son souffle pour se lancer dans une suite d’explications sans fin, elle le surprend là où il s’attend le moins :



Ça lui coupe le souffle, à l’Abdel ! Croyant sans doute avoir mal entendu, il lève la tête et ne dit rien du tout. Elle le relance :



Je suis tout ouïe. Cette fois Abdel retrouve sa respiration.



Elle le transperce d’une œillade plus éloquente que si elle lui avait répondu par tout autre moyen. Le petit crétin ne sait plus que dire ni faire, tout juste est-il capable d’avaler sa salive. Jamais sans doute une fille ne s’est offerte à lui dans ces conditions. Du coin de l’œil, j’observe discrètement la scène. Blandine maintenant défie Abdel du regard, le brûle même. Il me tourne le dos, mais je suis sûr qu’il doit transpirer. Par-dessus son épaule, je croise le regard de son aguicheuse. Elle semble véritablement en état de grâce provocatrice et ses yeux sont allumés à transpercer le verre de ses lunettes. Son visage exprime à la fois l’amusement et l’excitation, de quoi tourner la tête au plus raisonnable des hommes. C’est à ce moment que je me suis rendu compte que, dès le début, elle savait que je suivais à la lettre leur mano à mano. Quelque chose me dit même qu’elle a besoin d’un public devant qui jouer sa scène, un public admiratif, qui apprécierait en connaisseur. Eh bien, je serai ce public, Blandine. Vas-y, tu peux en être sûre, je ne perdrai pas une bribe du spectacle, j’applaudirai même quand il le faudra…


Encouragée sans doute par mon attitude, elle attaque de nouveau le pauvre Abdel :



Abdel hésite avant de répondre, il semble inquiet de perdre ses chances…



Cette fois Abdel semble vraiment dépassé. Il glousse à deux reprises avant de pouvoir articuler :



Abdel le sait bien ; mais c’est la première fois qu’une fille le lui demande dans un salon de thé ! Plusieurs fois il se passe les doigts dans les cheveux, souffle, soupire, s’éclaircit la gorge et demande :



Abdel ne répond rien du tout. Et pour cause, son portable s’est mis à bouger tout seul sur la table. Il s’y précipite comme s’il s’était agi d’une bouée de sauvetage. « Ouaaiii », fait-il. On entend nettement une voix féminine lui demander : « Abdelleuh ? » Il se lève d’un bond, enjambe filles et garçons et se dirige vers la sortie : « Attends, je te reçois mal, là ; je sors… »



***



Je regarde Blandine. Mon œil doit être aussi allumé que le sien. Elle me sourit ; ou plutôt elle sourit au public que je représente, comme pour saluer à la fin d’une prestation réussie. J’ai bien apprécié, lui disent mes yeux. En guise de compliment, je ne peux m’empêcher d’ajouter, toujours des yeux, bien entendu : t’es quand même une belle garce ! Je ne veux pas m’emballer ni devancer les événements ; mais il me semble qu’elle a apprécié le compliment. Toujours souriante, elle précise clairement sa pensée :



Alors là, ma garce, je crois qu’il va falloir jouer serré avec toi. Je fais appel à tout mon sang froid, à toute ma sagesse. Deux choses me hantent : en aucun cas, à cause d’une réponse malheureuse ou à l’emporte-pièce, je ne veux perdre mes chances auprès de cette fille et encore moins être l’objet de ses moqueries assassines. Si mystifications ou railleries il doit y avoir, je préfère être du côté des mystificateurs et des railleurs. Aussi, ai-je décidé de la boucler et ne rien répondre. Libre cours à mes yeux de s’exprimer et tout dire, mais une quelconque parole solide sur laquelle cette garce peut s’appuyer et surfer dans la perversion à mes dépens, jamais ! Je ne sais qui a dit : « j’ai souvent regretté mes paroles, jamais mes silences », mais force est de constater toute la justesse de son raisonnement…



Pas de doute, Blandine est bien remontée contre Abdel. Mais si elle se souvient de ce mot malheureux d’Abdel, elle doit se souvenir également que j’avais, ce jour-là, pris sa défense. Peut-être m’en tiendra-t-elle reconnaissance ? Par conséquent, mon petit, ferme-la et attends. Attends, guette et espère…



J’étrangle un énorme « OHHH OUI » dans ma gorge. Mais sans doute a-t-il trouvé moyen d’exploser à travers mes yeux, puisque Blandine penche agréablement la tête et me dit avec un sourire fort prometteur :



Je hausse les sourcils en signe d’inconditionnel acquiescement. Blandine ne paraît pas convaincue. Alors je baisse les yeux en signe d’une tout aussi inconditionnelle soumission…



***



Ça y est ; je suis dans la chambre de Blandine. C’est vrai qu’elle a une vue imprenable sur le Sacré-Cœur, à condition, toutefois, de supporter le bruit des autocars, des taxis, des klaxons, des musiciens et autres chanteurs de rue. Par moments, on a franchement l’impression de les entendre au beau milieu du salon. Ce n’est donc que volets tirés et vitres fermées que la vie est supportable chez Blandine. Son appartement est situé au deuxième étage, un coquet deux-pièces cuisine salle de bain. On y entre de plain-pied dans la cuisine, aménagée en bar américain, à côté de laquelle se trouve la salle de bain. Un couloir les sépare du salon et de la chambre, le premier faisant face à la cuisine et la seconde à la salle de bain.


La chambre est un vrai nid d’amour, des rideaux bleus couvrent murs et fenêtres, ce qui permet de la plonger dans une obscurité totale, une vraie chambre noire. Au milieu du mur qui la sépare du salon, une glace sans tain permet de voir dans ce dernier comme si on y était. L’inverse n’est vrai que si la lumière est éteinte dans le salon et allumée dans la chambre. Or, là, c’est précisément le contraire. Il suffit donc de soulever le rideau…


Selon les termes de l’accord conclu avec Blandine, je dois rester dans la chambre sans émettre le moindre bruit. Pour accéder à cet observatoire privilégié, j’ai dit oui à toutes ses conditions et j’ai juré de garder le secret le plus absolu. De toute façon, à la moindre incartade de ma part, notre complicité prendra fin et Blandine me privera de tout futur spectacle. Il m’appartient, par conséquent, de me montrer digne de sa confiance et de faire montre d’une infinie discrétion. Pour le reste, tout dépend de Blandine. Elle n’a rien voulu me dire sur ce qu’elle prépare pour Abdel.



Mais, qu’elle l’ait voulu ou non, ça n’a fait qu’augmenter mon impatience… et mon excitation.



***



Après m’avoir installé dans sa chambre, complètement dans l’obscurité, Blandine, les seins nus sous une chemise de nuit, a regagné le salon. Elle tamise la lumière à son goût, arrange quelques oreillers sur le canapé, choisit un disque et l’introduit dans le lecteur d’une microchaîne. Puis elle me montre l’heure en me faisant signe que ça ne va pas tarder. Chaque fois qu’elle passe devant la glace, elle fait un petit geste à mon intention. Parfois, j’ai l’impression qu’il me suffit de tendre la main pour la toucher… la caresser… taquiner son sein qui s’oublie de plus en plus par-dessus les pans de sa chemise… En attendant la suite des événements, elle m’offre ainsi un spectacle bien coquin, tout en suggestion, soft mais terriblement excitant. Je n’en perds pas une miette d’ailleurs, et, d’ores et déjà, je suis dans tous mes états. Je ne sais si je pourrai tenir jusqu’à l’arrivée d’Abdel…


Tiens, le voilà qui sonne, justement ! Blandine me sourit, comme pour me dire : « tu vas voir ce que tu vas voir ! » Devant la glace, elle se passe la main dans les cheveux, me tire la langue et écarte brusquement sa chemise, livrant ainsi à ma vue deux seins frémissants. Elle les a généreux, rapprochés, aux mamelons bien dressés, un véritable hymne à l’amour et aux caresses. Qu’il doit être doux et jouissif de sacrifier entre les dômes de ce sanctuaire ! Mais Blandine, me laissant sur ma faim, referme sa chemise et, d’un pas déhanché, ce pas qu’ont les femmes quand elles veulent jouer aux putes avec leurs maris, elle va ouvrir la porte…



Après avoir examiné la bouteille du luxueux breuvage, une grande marque écossaise, Blandine, de l’index, décrit plusieurs mouvements menaçants en direction d’un Abdel souriant aux anges. Son regard est aiguisé, gourmand, c’est tout juste si sa salive ne coule pas. Il a dû faire connaissance avec les seins de Blandine, l’abruti ! Tout dans son attitude, ses gestes, indique qu’il a de plus en plus de mal à se contrôler. Il se gonfle de tout son être et prend l’attitude d’un prédateur qui s’apprête à fondre sur une caille. Il avance ses bras pour l’enlacer. Mais Blandine, devançant son geste, s’éclipse vers la cuisine.



Resté seul, Abdel, le visage rouge comme une tomate, se dirige immédiatement vers la glace. J’avale la moitié de ma main pour ne pas éclater de rire. Il se tamponne les joues, examine ses dents, hausse plusieurs fois les sourcils en serrant le poing en signe de victoire. Puis, sans doute satisfait, il se retourne pour se déshabiller. Il retire hâtivement sa veste et son polo, puis s’assoit pour enlever chaussures et chaussettes. Blandine revient avec des verres et un seau de glace.



L’effet de cette remarque sur Abdel est immédiat. Il a dû se sentir atteint dans sa virilité, car, en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, le voilà en slip, croyez-le ou non, rose. Pas de doute, c’est la première fois qu’il le met, il doit sentir encore l’odeur de l’emballage. Il ne cache pas grand-chose d’ailleurs, la queue d’Abdel est tendue au point d’en distendre avantageusement l’élastique. Blandine en est tout admirative. Elle émet un sifflement ébahi.



Abdel ne se le fait pas dire deux fois. Il enlève son slip et, au mieux de sa forme, se présente devant Blandine qui affiche un air agréablement surpris.



Elle ouvre un tiroir et sort un mètre ruban. La queue toujours fièrement dressée, Abdel s’assoit, les yeux suivant les faits et gestes de Blandine. La voilà qui s’agenouille à côté de lui. Elle lui saisit la base de sa queue et entreprend de la mesurer. Abdel n’en peut plus. Il l’enlace par la taille et cherche à l’attirer vers lui.



Mais, visiblement, la réserve de sang froid dont il dispose est épuisée. Il se fait de plus en plus entreprenant. « Ohh », fait Blandine agacée. Elle se lève, ouvre le même tiroir et revient vers Abdel avec deux foulards.



Celle-ci, avec des gestes qui en disent long sur son expérience, lui attache le poignet autour de l’accoudoir du canapé. Puis, posément, elle lui prend l’autre main. Quelques signes d’inquiétude et d’impatience apparaissent chez Abdel.



Tout en lui promettant le paradis, elle lui attache l’autre poignet autour de l’autre accoudoir, de sorte qu’il se trouve les bras largement écartés et solidement attachés. Il s’en assure en tirant de toutes ses forces sans pouvoir se libérer. À chaque effort qu’il produit, sa queue se tend davantage. D’où je suis, je vois nettement le tracé de ses veines. Blandine en est pleinement satisfaite. Elle prend tout son temps pour mesurer la queue d’Abdel qui, soit dit en passant, me donne quelques motifs de jalousie.



Ce disant, elle se lève et commence à écarter sa chemise. Avec la lascivité d’une féline repue, elle s’en débarrasse et vient provoquer la bouche d’Abdel avec ses seins. Elle les fait danser à la hauteur de ses yeux, les fait trembler, les caresse, les offre… Il tend désespérément la langue et, à deux reprises, réussit à lécher un mamelon. Blandine donne l’impression de lui céder. Ça l’encourage et il essaye de s’emparer du fier mamelon avec ses lèvres. Au moment où il croit avoir réussi, Blandine se recule, le laissant lécher du vide…



Pour toute réponse, elle s’agenouille à côté de lui et commence à se caresser, une main entre les cuisses, l’autre se baladant partout. Abdel n’essaye même pas de l’atteindre, il sait qu’elle est suffisamment proche pour lui en mettre plein les yeux et suffisamment loin pour être inaccessible. Cependant, son bassin, à l’insu de son plein gré sans doute, se met à onduler tout seul, la queue entièrement tendue vers l’entrecuisse de Blandine. Apparemment, il doit la pénétrer en pensée, car ses mouvements miment à la perfection les va-et-vient voluptueux du coït et quelques gémissements lui échappent.



Abdel se raidit un instant comme une planche. Puis, en un soupir douloureux, qui dit toute la violence de l’effort accompli pour s’autocontrôler, il se relâche.



Mais Abdel ne semble même pas remarquer l’allusion ! Il paraît se concentrer pour mieux se maîtriser. Ça lui est impossible, cependant. Blandine a repris ses caresses de plus belle, les yeux fixés sur la queue toujours tendue d’Abdel. De loin, elle la taquine de la langue, des lèvres, s’adonnant à une délirante fellation imaginaire. Abdel secoue violemment la tête. Il semble avoir atteint ce point culminant où on ne peut ni aller au bout de la jouissance ni la contenir. Son visage paraît labouré de douleur et de souffrance.



Compatissante, Blandine paraît accéder à ses supplications, de sorte qu’avec le pied, il puisse lui caresser les cuisses. Insensiblement, il tire sur ses mains, cherchant à pousser son avantage, à toucher de plus en plus loin. Blandine l’aide de son mieux, elle lui enserre le pied entre les cuisses, se frottant comme une chatte en chaleur. Ça contribue à exciter davantage Abdel et il émet des signes de plus en plus manifestes annonçant l’approche de la délivrance.



Sa voix est vaincue, suppliante, proche du pleur.



Elle approche le verre de sa bouche et le fait boire une bonne gorgée d’alcool. Abdel, bien que fou de rage et de douleur, essaye de se contrôler, de se détendre. Comme pour venir à son secours, on entend à ce moment sonner à la porte. Blandine fronce les sourcils en une moue mystérieuse, alors que sur le visage d’Abdel se lisent interrogations et inquiétude.




***



Resté seul, Abdel essaye vainement de se débarrasser de ses liens. Les nœuds ne semblent souffrir d’aucune faille et ses bras sont suffisamment écartés pour ne lui offrir aucun point d’appui. Il ne peut même pas se lever, à moins de porter, à bout de bras et à l’envers, tout le canapé avec lui, exploit qui semble impossible même à Hercule en personne. En désespoir de cause, il se détend et émet un soupir synonyme d’impuissance. « Putain ! Putain ! » répète-t-il complètement vaincu…


C’est dans cet état que le trouve Blandine à son retour. Elle porte la main à sa bouche, puis la secoue plusieurs fois, l’air de dire « aie, aie, aie… », geste qui, chez tout le monde, est annonceur d’imprévisible imbroglio. Abdel en a les yeux exorbités. La peur se lit sur son visage et sa queue se dégonfle lamentablement. Blandine écarte les bras pour signifier son impuissance et se retourne vers la porte.



Sous les yeux terrorisés d’Abdel apparaît Maryse, sa copine. Dès qu’elle découvre le spectacle, elle fixe tour à tour les deux protagonistes.



Elle a l’air autant surprise que furieuse, la Maryse. De ma cachette, cependant, j’ai tout de suite compris que son attitude est tout ce qu’il y a de feinte. Les gloussements forcés de Blandine et son sourire narquois n’ont fait que renforcer mon sentiment. Tout porte à croire qu’avec la complicité de Maryse elle a imaginé cette scène pour Abdel. Du reste, la suite ne va pas tarder à me donner raison. Maryse se retourne vers Blandine, comme pour lui demander des comptes.



Abdel en est complètement outré.



Soumise, penaude, Blandine s’approche.



Blandine ne se le fait pas dire deux fois. Elle se débarrasse de sa chemise de nuit et vient s’agenouiller devant Maryse. Celle-ci émet un sifflement admiratif en tournant plusieurs fois autour de sa victime, lui caressant les cheveux, le visage, la nuque…



Ce disant, elle se laisse tomber sur un fauteuil en face d’Abdel. Blandine la rejoint et, délicatement, entreprend de la déshabiller. Elle s’active autant des mains que des lèvres, embrassant – et même, à en juger par les doux gémissements de Maryse, embrasant – la place de chaque vêtement qu’elle enlève. Parvenue à la culotte, elle la retire et plonge la tête entre les cuisses de Maryse, lui arrachant un interminable et langoureux « Aaaiiiinnnnn ». Son buste se met à onduler et elle appuie de ses mains sur la tête de Blandine, comme si elle craignait de la voir s’arrêter. Mais celle-ci ne donne aucun signe qui va dans ce sens. Agenouillée entre les jambes Maryse, elle imprime un incessant mouvement de succion, tandis que ses mains prennent sûrement possession de ce corps offert, caressant la poitrine, titillant les seins, taquinant la gorge… Elle y va de bon cœur, avec sérieux et application, recueillant autant de plaisir qu’elle semble en répandre, au grand bonheur de Maryse qui, rapidement, vient à perdre tout contrôle de soi et finit par s’abandonner totalement. Ses gémissements sont de plus en plus rapprochés, langoureux, plaintifs. Bientôt elle en vient à crier, à se tortiller comme une anguille, s’accrochant de toutes ses forces aux accoudoirs du fauteuil, jusqu’à exploser dans un râle intensément voluptueux…


J’ai déjà vu deux filles faire l’amour, mais cette scène produit sur moi un effet prodigieux. Je suis saisi d’une excitation que je n’ai jamais éprouvée auparavant, intense jusqu’à la douleur. Le plus difficile est de résister à l’impérieuse tentation de me caresser. Je suis sûr que le moindre contact de ma chair se couronnera par une libation immédiate. Cependant, il me faut à tout prix me retenir, me réserver pour la suite. J’en appelle à mon calme, à mon sang froid, à ma sagesse… « Qui veut aller loin ménage sa monture », me dis-je pour m’encourager…



***



Mais si je réussis néanmoins à me maîtriser, il en a été bien autrement pour Abdel ; pour ce pauvre Abdel, suis-je tenté d’ajouter. Le voilà dans un état démentiel. La scène à laquelle il vient d’assister en direct l’a chauffé à blanc. Au début, il a manifesté quelque incrédulité : « Putain, mais c’est pas vrai ! C’est pas vrai ! » Toutefois, devant le torrent de sensualité qui coule sous ses yeux, il se rend à l’évidence et sa queue se tend comme un câble.



Emportée par un ouragan de plaisir, Maryse, pour toute réponse, redouble de gémissements. Sous l’emprise de Blandine, elle semble sur le point de se noyer. Abdel ne l’a sans doute jamais vue dans cet état, à fleur de peau, soumise au plaisir, quêtant la jouissance, sans aucune retenue. L’excitation qui le tenaille est à la fois belle et affreuse à voir. Il n’en peut tout simplement plus.



Et ainsi de suite… Rien n’a fait cependant. Il a subi toute la scène en se tortillant et suppliant…



***



Ce premier hors-d’œuvre a envoyé Maryse au septième ciel. À présent, à chaque coup de langue ou caresse de Blandine, elle sursaute comme électrisée, en poussant un cri de suppliciée, à tel point que sa tortionnaire décide de lui laisser un répit afin qu’elle puisse émerger du tourbillon qui l’a engloutie. Avec un sourire tout effronté, elle se retourne vers Abdel :



Sa voix est plaintive, secouée de douleur…



Sous les yeux allumés de Blandine, Maryse, à quatre pattes, se dirige vers Abdel. Elle semble n’avoir qu’un but : le mât d’Abdel solidement dressé devant elle. Elle le saisit à pleines mains et s’apprête à le happer. Mais une première giclée de sperme vient la fouetter entre les yeux. Elle sursaute, ferme ses yeux et attend la deuxième giclée qui l’atteint sur la gorge et coule entre ses seins. Une troisième, puis une quatrième et cinquième giclées lui inondent les seins. Toute dégoulinante de sperme, elle va quand même au bout de son idée. Sa bouche, en un geste avide, engloutit la queue d’Abdel, lui arrachant d’impressionnants « Oufhh… Oufhh… Oufhh… » Il se retient pour ne pas crier et toute la violence de sa jouissance explose en une série de respirations saccadées à travers le nez et les lèvres. Un taureau n’aurait pu être plus bruyant, ni même un hippopotame ! Blandine en est tout étourdie. Elle s’approche et colle ses lèvres sur celles d’Abdel, redoublant sa jouissance, ses tremblements… et ses râles. Chacune d’un côté, les deux filles s’emploient ainsi à juguler le plaisir qui secoue Abdel ; et ce n’est qu’une fois apaisé qu’elles lâchent prise…



***



C’est Blandine qui se lève la première.



En un tournemain, elle le débarrasse de ses entraves. Abdel lui répond par un sourire qui peut être aussi bien de reconnaissance que de triomphe. Il avance ses lèvres pour réclamer encore plus de baisers. Signe de dénégation chez Blandine :



Ce disant, elle appuie sur le bouton de la microchaîne et, sans autres formes d’explication, elle les plante là et sort. Abdel la suit du regard, à regret apparemment :



Pour le prouver, elle lui présente sa croupe en dandinant des fesses… et de la langue : « wouah, wouah », aboie-t-elle pour l’exciter. À ce moment, la première note de musique envahit le salon. J’ai tout de suite reconnu la trompette de Miles Davis. C’est donc sur ce rythme endiablé qu’Abdel retrouve sa rigidité. Il saisit Maryse aux épaules et pousse… « Wouah, wouah », répond-elle à cette prise à revers…


Pendant ce temps, la porte de la chambre s’est ouverte et refermée rapidement. À tâtons, Blandine, toujours nue, me tire de mon observatoire et prend ma place derrière la glace. Ses fesses se frottent contre ma queue qui, d’elle-même, trouve une voie bien ruisselante. J’ai éjaculé en même temps qu’Abdel ; et Blandine a joui en même temps que Maryse, de sorte que leurs gémissements ont couvert les nôtres…



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Espérons que ma collaboration avec Blandine ne va pas s’arrêter là…





(Nouvelle correction : 11/2016)