| n° 03028 | Fiche technique | 21700 caractères | 21700Temps de lecture estimé : 13 mn | 22/10/01 |
| Résumé: Laissez-moi vous raconter un épisode troublant qui m'est arrivé le mois dernier. Je m'appelle Anaïs, j'ai 27 ans, je suis célibataire... | ||||
| Critères: inconnu collègues caférestau toilettes intermast | ||||
| Auteur : T-A | ||||
| DEBUT de la série | Série : Intempéries amoureuses Chapitre 01 / 02 | Épisode suivant |
Laissez-moi vous raconter un épisode troublant qui m’est arrivé le mois dernier. Je m’appelle Anaïs, j’ai 27 ans, je suis célibataire, et professionnellement je suis responsable d’édition dans un grand groupe de presse parisien.
La journée avait été orageuse, dans tous les sens du terme. Plusieurs incidents techniques mineurs s’étaient produits à la suite, finissant par compromettre la prochaine édition, et provoquant du coup une réaction en chaîne et de violentes prises de bec dans la boîte. Finalement, après nous être tous retroussés les manches au sein du staff, le "mag" était parti à l’impression dans les temps.
Pour fêter ce tour de force, nous avions décidé de nous payer une petite sortie au resto. C’était jeudi soir, le lendemain serait typiquement un "casual Friday", un vendredi cool, à la mode américaine, où l’on pourrait prendre le temps de respirer, et s’habiller un peu plus relax que d’habitude. Je porte des vêtements de style très classique la plupart du temps, des tailleurs gris, marine ou beige et des chemisiers ou des hauts tout à fait sages.
D’ailleurs, pour m’allumer, les staff members me traitent parfois de "Claire Chazal du Compaq", en référence à l’écran d’ordinateur devant lequel nous nous querellons parfois ! Pour me taquiner, d’accord, mais dans ces cas-là, je réagis vite, et les "Et toi, tes intertitres, c’est du Thierry Roland dans le texte !" ne tardent pas à fuser…! Style classique, oui, mais blonde nunuche, non sans façon !
Ce jeudi-là, l’ambiance avait donc été très tendue, loin de ces vannes d’ados qui ressoudaient l’équipe. Nous étions bien contents de décompresser ensemble au resto du coin de la rue : " la Belle Etoile". Nous le fréquentions de temps à autre, les menus étaient très variés, et les plats végétariens excellents.
L’air du temps sentait l’orage, il faisait vraiment lourd. La serveuse nous indiqua une table sous la véranda, entourée de deux banquettes de cuir, confortables et moelleuses. Nous avons commandé des cocktails. Moi-même, j’en pris un alcoolisé, contrairement à mes habitudes : une énorme coupe de Piña Colada, doucereux mélange de jus d’ananas, rhum et malibu. Aucun des collègues n’en fit la réflexion, trop occupés que nous étions tous à commenter les événements de la journée, et les engueulades qui avaient surgi brutalement entre nos managers. Il y avait là Martin, Robert, Lisa, Jean-Benoît, Bruno et Yves.
Martin est infographiste-maquettiste, il a la trentaine, les yeux vifs derrière de petites lunettes rondes, on le surnomme souvent "Dr Green" (comme dans Urgences, Ha !). Robert est l’aîné, un grand type de 50 ans, bronzé, les cheveux poivre et sel, plein de bagout. Lisa est petite, brune, et ne lésine ni sur le maquillage, fond de teint, eye-liner, blush, ni sur les tenues "flashy", qu’elle ose porter, ni sur l’énergie qu’elle dépense dans une journée ! Jean-Benoît, JB, est adjoint au rédac-chef. Lunettes carrées, la mèche sur le côté, et un petit air propre sur lui à la Benoît Duquesne, que dément son goût avéré pour les boissons fortes écossaises, d’où il tire aussi son surnom. Quant à Yves, "journaliste d’investigation", comme il se décrit, c’est un bon vivant très pointilleux dans le boulot, et à l’ironie mordante.
Enfin, Bruno, lui, est photographe de presse. C’est mon chouchou, quoique je sois prête à jurer publiquement le contraire ! Il faut dire qu’il a toujours l’air de débarquer de nulle part, le regard rêveur. Question look, c’est barbe de trois jours, tignasse brune frisée jamais coiffée, pull sombre, moulant, à col roulé, sous une parka défraîchie… Enfin, entre nous, ça n’a jamais été plus loin que des plaisanteries bon enfant. Je ne crois pas que des aventures dans le milieu professionnel soient une bonne chose, pour la vie privée comme pour la carrière, d’ailleurs…
Après la Piña Colada, je commençais à sentir le rouge me monter aux joues, et la tête me tourner quelque peu. La discussion était très animée, chacun y allant maintenant de sa petite analyse, plus ou moins farfelue, sur les bugs et leur origine. Nous avons commandé ensuite une choucroute de la mer géante, pour nous sept, comprenant, outre le chou mijoté au Riesling, moules et coques, merlan, lotte, rouget barbet et daurade ! Les garçons ont finalement préféré commander de la bière plutôt que du vin blanc, et Lisa et moi avons suivi le mouvement, en vidant gaillardement nos chopes de blonde.
La choucroute était délicieuse, les collègues très sympas, et la conversation portait maintenant sur les prestations cinématographiques comparées des actrices fétiches de Luc Besson. Milla Jolovich dans Le Cinquième Elément et Jeanne d’Arc, et Emma Sjøeberg dans Taxi et Taxi 2, avaient frappé leurs esprits. Emoustillés par la conversation, ils se mettaient à draguer gentiment la grande serveuse à chaque fois qu’elle nous apportait de nouvelles chopes. Elle était grande donc, brune, les cheveux courts, avec des yeux noirs très vifs, le nez busqué mais assez sensuel, et des lèvres charnues rouge carmin. Quant à ses formes, je leur fis remarquer qu’ils pouvaient parfois rentrer la langue et fixer autre chose que ses fesses somptueuses ou sa poitrine fatale, quand elle venait prendre commande, non mais !
"Josyane, avec un i grec", répondit-elle d’une voix grave et langoureuse, lorsqu’un des garçons lui demanda son prénom. "Ça c’est drôle, moi c’est Anaïs avec un i tréma, et elle c’est Lisa avec un i tout court, nous avons chacune un i différent !", m’exclamai-je en me trémoussant, très bêtement il faut le dire. L’alcool avait bien entamé ma lucidité et ma réserve habituelles. Mes collègues gloussèrent, et la serveuse me fixa posément pendant deux longues secondes…
Après la choucroute, nous avons tous "tombé la veste", et je sentis l’alcool qui chauffait mes pommettes "slaves", comme les avait appelées jadis un amoureux, éconduit depuis. Nous commandions le dessert, lorsque ma vessie se rappela à mon bon souvenir. J’avais dû ingurgiter DES litres d’alcool, entre le cocktail et les nombreuses bières. Je me levai, mon sac à la main, et je me faufilai à pas chassés le long de la table, la frôlant de ma jupe.
La traversée de la salle fut une autre épreuve, plus dure encore. J’avais la tête qui tournait, les jambes en coton, et il me semblait traverser un long brouillard vaporeux constitué de personnes floues, et de bruits et d’effluves lointains. Je parvins enfin à la porte des toilettes. Je l’ouvris sur l’espace "Retouche-ta-tronche", comme Lisa et moi appelions la pièce. Peinte en bleu turquoise, ornée de nombreux miroirs, meublée de trois vasques encastrées dans un meuble laqué rose, elle donnait accès à trois cabinets de toilette. Je posai mon sac à main et m’appuyai, pantelante, au lavabo. J’avais bien dépassé ma dose limite d’absorption !
Je me lançai de l’eau froide sur le visage puis me frottai énergiquement les joues, les tempes et le cuir chevelu, pour me rafraîchir le teint, et les idées. Les murs, le plafond, le plancher et les miroirs cessèrent un peu de tourner autour de moi, et je pus fixer mon reflet dans le miroir. L’eau avait foncé et hérissé mes cheveux blonds, et noirci mes paupières de rimmel. Je ressemblais - de loin - aux top models dégingandés et faussement défraîchis de la fin des années 90. J’étais très mince, mes épaules pointues et ma poitrine saillaient cependant sous mon chemisier blanc. Et j’avais si chaud, que j’en défis deux boutons de chemisier, laissant apparaître ma lingerie fine.
Je portai mes mains à ma nuque tout en levant les coudes, pour me masser du bout des doigts et ainsi me détendre, et surtout pour vérifier qu’aucune auréole incongrue ne ravageait les dessous de ma parfaite tenue "d’executive woman". Ouf, tout allait bien de ce côté.
Ma vessie continuait de me tarauder. J’inspirai plusieurs fois, fortement, écartai légèrement les jambes, tout en retenant mon souffle, pris appui sur mes pieds, appuyai les cuisses contre le bord du meuble de lavabo, et poussai en avant ma poitrine, les mains toujours à la nuque, dans une pose, banale de dos, mais assez provocante de face. J’aimais sentir la pression dans mon bas-ventre, et j’adorais la sensation de pouvoir contrôler cette pression.
Après quelques secondes, j’expirai un grand coup, (comme dit ma prof de step) et relâchai tous mes muscles supérieurs (du haut du corps, quoi !), en me reculant. Mon regard noisette détailla mon visage, le sillon de ma gorge gonflée, mes bras fins, ma taille… fine elle aussi, ma jupe, mes longues cui…
AÏE, mon collant était filé devant, sur les deux cuisses ! C’était la CATA, la méga-honte ! Je me mis aussitôt à espérer que mes collègues n’avaient rien vu. Sans doute que non, d’ailleurs, je venais sans doute de filer mes collants le long de la table du restau. Je ne pouvais ABSOLUMENT pas faire un pas de plus avec ces collants filés et troués, symbole de la déchéance alcoolique qui s’abattait comme un oiseau de malheur sur la pauvre fille égarée dans un monde cruel de talons hauts et de collants fragiles…
Bon, j’y allais un peu fort. Rien de grave. Non, rien de grave. Que mon cerveau se relève ! Que mes neurones se connectent ! Que mes synapses reviennent ! De fait, concrètement, je ne pouvais réparer mon collant au vernis à ongles, comme je l’aurais fait habituellement… Restait l’alternative. L’ôter maintenant.
Intrépide, je jetai un coup d’œil rapide dans le miroir vers les portes derrière moi. Un petit élancement me rappela mon état. Les portes semblaient bouger derrière moi, tout en restant entr’ouvertes, et la lumière du néon vacillait… ou bien était-ce ma conscience ?
Aussi ferme dans mes résolutions que vacillante dans mon équilibre, je me retournai et me déchaussai d’un geste souple du pied. Je retroussai ma jupe par-derrière dans ma ceinture, saisis le collant et le roulai sur mes cuisses. Puis, afin d’éviter tangage, roulis et tout risque de chute (que seule celle qui a déjà enlevé un collant, pied par pied, debout, sur un carrelage glissant, avec trois litres d’alcool dans le ventre, et l’envie qui vous tenaille, me traite de couarde !), je m’assis sur le meuble du lavabo, pliai les jambes et ramenai mes talons sur le rebord. Le froid contact de l’émail sur mes fesses contrastait avec la chaleur de mes cuisses et de mes mollets, que je dévoilai en douceur. Ma peau, de carnation assez claire, se couvrit de chair de poule.
J’avais le collant sur les chevilles quand, soudain, le néon s’éteignit, et le noir se fit. Plus une lumière, et pas une loupiote, rien, rien qu’un infime rai sous la porte qui ramenait à la salle. Gardons notre calme, pas de PANIQUE ! A L’AIDE, AU SEC…! Du calme, il suffit que je finisse d’enlever mon collant, que j’aille ouvrir la porte, facile ! Bon, j’apparaîtrais au monde telle la comtesse aux pieds nus, et alors ? "Un peu de finesse dans ce monde de brutes"…
J’en étais là de mes pensées quand - horreur ! - je me sentis soulevée d’un coup par les épaules et poussée en arrière… jusqu’à ce que mes fesses atterrissent dans la vasque, les reins acculés au robinet de métal glacé, dans une position ridicule ! Puis une forte poussée pressa mon ventre gonflé, par-dessus mon chemisier, manquant littéralement me faire "faire dans la culotte" ! Le souffle coupé, bouche bée, j’allais crier lorsque deux lèvres brûlantes se posèrent sur ma bouche, et qu’une main pressa à nouveau mon abdomen dilaté !
C’en était trop, je voulus me redresser, mais je ne fis que déraper sur le meuble de toilette laqué, les fesses toujours enfoncées dans la vasque. Ma bouche était maintenant visitée par un langue sensuelle, musquée, experte en caresses et en stimulations, qui me fit gémir de plaisir… Plaisir, mêlé de douleur, causée par la pression constante qui s’exerçait sur ma vessie toujours pleine. Je réussis à saisir le bras qui m’oppressait…
C’est alors que le robinet automatique se mit en marche ! Je sentis un filet d’eau chaude m’asperger les fesses et la culotte, avant de ruisseler plus bas et de s’écouler dans le lavabo, dans un chuintement évocateur. L’impression était terrifiante : le baiser langoureux, les bruits mouillés de nos langues, et cette odieuse poussée sur mon ventre, et moi qui me retenais de toutes mes forces, et maintenant ce liquide chaud, presque brûlant, qui semblait s’écouler de moi et qui parcourait toute mon intimité, puis dégoulinait dans le lavabo…
Je gémissais de plus en plus fort, quand la main qui retenait encore mon épaule glissa tout-à-coup vers mon coude, puis se posa sur ma hanche. Oh non, je n’allais pas pouvoir supporter une poussée supplémentaire sur ma vessie, j’avais déjà toutes les peines du monde à me retenir… Je réalisai que je m’étais trompée quand je sentis une cuisse écarter mes genoux et la main parcourir mon aine et s’engouffrer sous ma jupe, en direction de ma culotte et de ses trésors inondés !
L’autre main, celle qui me torturait, relâcha sa pression. Je pris une grande inspiration de soulagement. Alors ma langue fut étirée, tétée, comme aspirée, dans la bouche "ennemie", par des lèvres voraces. Nos dents s’entrechoquèrent, la poussée reprit de plus belle sur mon ventre, et un doigt délicat mais sournois s’infiltra dans mon intimité pour me caresser délicieusement clit and grotte…
Quasiment prête à l’extase, je me redressai soudainement pour reprendre mon souffle. Mon agresseur inconnu en profita pour délaisser ma bouche, descendre le long de ma gorge, et engouffrer sa tête dans le décolleté ouvert de mon chemisier. Ses lèvres me couvrirent les seins de petits baisers et trouvèrent très vite leur cible à travers l’étoffe légère. Mon téton gauche fut aussitôt follement léché et stimulé.
J’avais l’impression d’avoir le corps en feu. Mes seins, mon ventre et mon clit pulsaient des élancements brûlants. Ce n’était pas moi, ce n’était plus moi qui vibrais ainsi. Comme en spectatrice, j’assistais à mon délicieux supplice. Quand mon mamelon fut mordillé de plus belle et que je pressentis une vraie morsure arriver, par réflexe je saisis la tête de mon bourreau à pleines mains et la repoussai. Ses cheveux étaient courts, et sa tête légère, finalement.
Pendant une seconde, rien ne se passa. Puis sa tête m’échappa, la pression sur mon ventre s’évacua et je sentis le doigt taquin se faire inquisiteur, la tête se poser calmement sur mon ventre, et la seconde main passer outre le rempart dérisoire de ma culotte. Deux doigts, longs et fins, enserrèrent mon clito ! La seconde d’après, je fus pénétrée - facilement -, pincée - délicieusement -, et comprimée - affreusement !!!
Je ne pus résister. J’abandonnai toute résistance, lâchai les vannes et expulsai ma jouissance dans un grand cri, pendant que des gerbes d’étoiles explosaient dans ma tête et résonnaient comme un roulement de tonnerre, au plus profond de moi, pendant de longues secondes. Le sang bourdonnait dans tout mon corps, l’orage éclatait dans un crépitement d’éclairs, j’avais la bave aux lèvres, je haletais et gémissais comme une folle, et je finis par lancer mes reins en rythme avec mes pulsations intimes.
Puis le flux si intense se calma, et je me laissai aller en arrière, exténuée et libérée. Au bout d’un temps incertain, je revins à moi. Bizarrement j’étais bien. Allongée sur le côté, dans le noir, les fesses toujours prises dans la vasque, l’on me massait clit and grotte (oui, c’est un jeu de mots entre nous, à la boîte, sur "click and drop", cliquer-lâcher en jargon informatique) avec un liquide épais et tiède, parfumé à la lavande… Je me redressai, reprenant mes esprits. Je bredouillai une question, un doux baiser sur mes lèvres me fit taire. Je notai à nouveau l’odeur musquée, presque orientale. Puis le vrombissement du sèche-mains retentit, et un souffle d’air chaud me parcourut le bas-ventre. Je m’allongeais à nouveau pour profiter de la sensation. Je m’imaginais, offerte, nue, le courant chaud balayant en vagues ma fine toison blonde… Je serais restée des heures, alanguie, à me délecter de la chaude caresse qui m’enveloppait.
Le minuteur fit son office et le sèche-mains s’arrêta. Le charme fut comme rompu. Et si jamais quelqu’un entrait, et si la lumière revenait, et… Et que devenait mon agresseur ? Etait-il encore dans la pièce, d’ailleurs ? En réponse, la porte s’ouvrit, un éclair de lumière m’aveugla un instant, puis la porte se referma aussi vite, sans que j’aie pu distinguer autre chose dans l’éblouissement qu’une vague silhouette élancée…
Je descendis précautionneusement de mon "piédestal", et replaçai ma jupe, indemne, sur mes fesses désormais sèches. Ma culotte avait disparu, je ne savais même plus quand, je me rappelai simplement un craquement lointain, à des siècles de distance. J’étais en fait assez secouée. Rien de tel ne m’était jamais arrivé. J’avais pris mon pied comme une folle.
En me dirigeant vers la porte, je sentis mon collant qui enserrait une cheville, et je trébuchai sur des chaussures…Ah oui, MES chaussures… Actionnant l’interrupteur, après un temps d’adaptation à la lumière, je remarquai le temporisateur et je compris l’origine de l’extinction du néon. Je retournai au meuble, le velours de ma jupe caressant mes fesses nues, et entrepris de reprendre une apparence normale.
Il n’était plus question de me "refaire une beauté", mais de limiter les dégâts… et les questions de mes collègues. Combien de temps avais-je passé ici, dans cette antre de la dépravation et du vice ? Je n’arrivais pas à croire ce qui m’était arrivé, comment j’avais gémi, crié, et finalement "joui" sous les assauts de mon sensuel agresseur.
Je regagnai péniblement la table. Les desserts venaient d’arriver. Dehors, l’eau des trombes d’eau s’abattaient sur le trottoir. Je repris ma place, en lissant ma jupe sur la banquette, pour en éviter le contact avec mes fesses. Je m’excusai brièvement. Robert m’interrompit d’un amical "On sait, pour ton p’tit malaise", qui me plongea dans la terreur !
Ils savaient QUOI ? Mon Dieu, qui leur avait raconté mon "malaise"? Ça ne pouvait être que MON agresseur ! Le chacal s’était dédouané en inventant un malaise ! Mais QUI était-ce ? Au moins, si c’était Bruno, ce serait un début entre nous deux, certes, pas joli-joli, … Mais non, lors de nos baisers échangés, je n’avais pas senti de barbe, même de trois jours. Pas Bruno, donc, et pas Robert, il n’aurait pas dit cela comme ça. J’avais éliminé Lisa, elle n’aurait jamais eu la force de… quoique… mais non, quand même pas, conclus-je après l’avoir fixée les yeux dans les yeux. Elle avait l’air bien partie, elle aussi. Donc il restait Martin, JB et Yves. Lequel était-ce ?
Après le dessert, que j’avais englouti d’une traite, je leur signifiai mon désir d’en rester là et de rentrer chez moi. La soirée ne faisait pourtant que commencer, me répondit JB. Y avait-il des sous-entendus dans ce regret ? Lui, savait que ce n’était pas un malaise ? Me prenait-il pour une fille facile, prête à tout désormais ? J’enfilai ma veste de tailleur, pris mon sac sur le l’épaule et leur décochai un bonsoir assez froid. Au comptoir, je demandai ensuite à régler ma part. Le caissier, boutonneux avec un petit bouc (oh non, pourvu que ce ne soit pas lui !), particulièrement lent et maladroit (non, ce n’était pas lui !), me proposa de prendre place sur le tabouret de bar (bien sûr, avec mes fesses nues sous ma jupe, que j’allais me déhancher et grimper sur cet énorme piton de bois !)… alors que j’avais, moi, vraiment envie de quitter les lieux. D’autant qu’un courant d’air froid, venant de l’extérieur, se faufilait sous mes jupes et me faisait frissonner. Pas comme tout à l’heure, quand ta touffe séchait sous l’air chaud du sèche-mains ! m’assénai-je, par pure provocation.
Je me collai autant que possible au comptoir et ne quittai pas le caissier des yeux, afin qu’il ne perde pas en chemin la note et le fil de ses maigres idées. La grande serveuse brune me frôla le bras pour saisir un plein plateau de verres. Se retournant, face à moi, le lourd plateau à la main, elle capta ma grimace. "Allez, détendez-vous, ça va aller", me dit-elle à voix basse, en me fixant de ses grands yeux noirs brillants. J’avais quasiment ses seins sous le nez, je ne pus m’empêcher de les détailler. Et subitement, en plaquant discrètement son autre main, longue et fine, sur ma jupe, et flattant carrément mon pubis, elle ajouta : "Surtout après votre… mmh… malaise, il faut bien que TOUT votre corps récupère" !!