| n° 02706 | Fiche technique | 8276 caractères | 8276 1381 Temps de lecture estimé : 6 mn |
01/02/24 corrigé 01/02/24 |
Résumé: Elle se retrouve seule, dans la chambre, après avoir fait l'amour... | ||||
Critères: ff volupté intermast cunnilingu douche | ||||
| Auteur : Mlle de saint Ange (Mlle Saint Ange) | ||||
Elle est là, hébétée, le regard vide et la mine défaite. Elle ferme un instant les yeux, retombant ainsi dans une torpeur qu’elle n’a, semble-t-il, jamais quittée. Elle lui a pourtant demandé qu’il ferme les rideaux. Elle revoit ses yeux envahis par une passion et un désir intense, mais a-t-il senti la nausée qui s’était emparée d’elle lorsque, sentant son désir partagé, ses doigts avaient pris possession de son corps ? Elle ressent toujours ce vide qui s’est alors fait dans son être tout entier. Elle, plus par devoir que par attirance, lui rend mollement de ses mains moites des caresses hésitantes et maladroites. Fermer les yeux. Ne pas regarder.
Elle se réveille, secouée et écrasée par le poids de son amant fou de désir. De toute façon, paralysée et incapable de prendre quelque initiative que ce soit, elle l’avait supplié qu’il n’en soit pas autrement et l’avait ainsi transformé en une brute qu’il n’était pas.
Virginie résiste cependant à l’appel si tentant du spleen. Après tout, elle avait attendu impatiemment ce moment qu’elle – et personne d’autre – avait gâché. Elle voulait tellement savoir ce qu’il se passe après… Maintenant, elle sait. C’est sur cette pensée qu’elle rouvre les yeux, pouvant contempler à loisir le spectacle que lui offrent ses vêtements éparpillés d’un bout à l’autre de la pièce.
Le vent léger qui s’infiltre par la fenêtre égaye sa lourde toison brune, le soleil qui perce les rideaux et sèche ses larmes d’humiliation déjà ravalées rebondit langoureusement sur sa poitrine nue, faisant ainsi monter en elle une délicieuse sensation de chaleur. Elle se redresse lentement sur son lit et regarde une dernière fois la place vide à côté d’elle. Lui, exaspéré par tant de froideur, ne retrouvant plus dans son regard la flamme qui y était allumée auparavant, est parti avec les autres sur la plage, tout près de ce pavillon qu’ils louent ensemble et où reste seule Virginie.
Qu’importe ? Dans un sursaut d’énergie, elle ramasse mécaniquement ses vêtements un à un et se dirige vers la salle de bain toute proche.
Elle les pose sur une chaise, ne prend pas le soin de fermer la porte à clef et entre dans la cabine de douche.
Les minutes passent. L’eau régénératrice glisse sur sa peau, la purifie, fait fondre ses craintes et réveille ses sens endormis. Elle se réconcilie lentement avec son enveloppe charnelle et s’abandonne à la volupté. Ses mains de fée passent et repassent sur son corps, partout, tout n’est plus qu’harmonie et félicité au bout de ses doigts.
C’est alors qu’elle sort de son cocon protecteur pour s’emmitoufler aussitôt dans une grande serviette, mais tombe en arrêt devant la glace qui reflète son visage. Un élan de narcissisme incomparable la pousse à se mettre nue et à poser son regard sur elle-même. C’est vrai qu’elle paraît fragile avec ces épaules menues, son visage pâle, ou plutôt fantomatique, mais qui respire la sérénité. Pourtant, elle voit déjà ses joues reprendre des couleurs. Que dire du reste ? C’est une beauté figée, un peu molle, à l’image de ses hanches larges et de sa poitrine généreuse. Pour une fois, elle se trouve belle, son visage lui plaît. Pourtant, cette sensation de frustration, même rendue moins pénible à supporter, est toujours là. Elle se perd à nouveau dans ses pensées, quand soudain elle entend un bruit. Elle sursaute, esquisse un geste vers la serviette restée au sol, mais trop tard, la porte s’ouvre.
Surprise dans cette posture quelque peu embarrassante, elle s’entoure à nouveau de sa serviette puis baisse les yeux. Lorsqu’elle les lève vers la porte, elle voit Lauranne qui détourne le regard. Celle-ci bégaie des excuses et demande à aller chercher une brosse qu’elle a malencontreusement oubliée dans la salle de bain. Elle va vers le placard, saisit sa brosse. Pendant ce temps, Virginie reste paralysée. Elle voit Lauranne revenir vers elle, Lauranne qui, au lieu de se diriger vers la sortie, s’arrête à deux mètres de Virginie et lui jette le même regard accusateur qu’elle lui avait jeté quand elle était partie avec son petit ami.
Elle qui s’en offusquait au départ, s’en amuse à présent et se surprend même à sourire. Le visage de Lauranne se fait encore plus grave. Sans cesser de fixer Virginie, elle s’avance vers elle et dénoue la serviette de son amie, qui tombe à ses pieds. Virginie pousse un petit cri, mais reste immobile. Tremblante d’émotion, elle voit que les yeux pétillants et vifs de Lauranne brillent d’un éclat intense et s’attardent sur tout son corps. Puis Lauranne plonge ses yeux dans ceux de Virginie, avance une main vers elle, lui effleure le bout de ses seins et les caresse lentement. Un frisson remonte tout le corps de Virginie telle une décharge électrique. Elle reste immobile tant bien que mal, essaie de retenir sa respiration, mais ne peut contenir un soupir alors que Lauranne continue, imperturbable, son mouvement.
Lauranne se rapproche alors de Virginie, l’enlace et l’embrasse avec fougue sur la bouche. Dans ce long baiser, leurs corps se collent… Virginie entièrement nue, et Lauranne habillée d’une jupe longue et d’une chemise plus qu’entrouverte. Virginie, qui se serre encore plus fort contre son amie, sent sur sa peau le frottement des vêtements de l’autre. Lauranne l’embrasse à présent sur le cou. Le bout des seins de Virginie gonfle de plaisir et d’excitation : Lauranne, qui le remarque, parcourt sa poitrine avec sa langue, les embrasse goulûment.
Virginie, sentant monter en elle un désir brûlant, caresse Lauranne à travers sa chemise, finit par lui ôter et par lui dégrafer son soutien-gorge de dentelle blanche, découvrant ainsi sa magnifique poitrine dans laquelle elle plonge de toutes ses forces. Elle la dévore, l’embrasse, la caresse, emplit ses sens du parfum piquant qui s’en exhale, mordille ses petits tétons roses. Son excitation est d’autant plus forte qu’elle voit avec délice que son amie s’abandonne à son tour à l’extase : elle ferme les yeux et se cambre nerveusement sous l’effet du plaisir.
Alors Virginie embrasse à son tour les lèvres charnues et pulpeuses de Lauranne, elle lui enlève sa jupe, et leur corps se mêle dans une étreinte merveilleuse et parfaite. Encore haletante, elle sent les mains de Lauranne parcourir tout son corps, puis jouer avec ses poils pubiens, et enfin s’attarder sur son clitoris qu’elles caressent doucement.
Tout en continuant à la caresser, Lauranne l’allonge et s’allonge à côté d’elle. Dans un long baiser profond, elle lui enfonce lentement son doigt dans l’endroit le plus secret de son être et entame un mouvement de va-et-vient ; Virginie lève les yeux au ciel, écarte les jambes et pousse plusieurs gémissements.
Elle s’allonge sur le corps étendu de Virginie qui a maintenant la tête entre les jambes de Lauranne et qui lui titille le clitoris avec la langue. Lauranne goûte à son tour aux trésors cachés de sa compagne, tout en éprouvant le plaisir qu’elle lui procure. Elle sent que Virginie lui caresse ses fesses douces, et la pénètre dans un mouvement lent et adroit : le plaisir monte en elle.
Les deux continuent leurs caresses, soupirent de plaisir. Virginie, sentant la bouche de son amie appuyer encore et encore contre son clitoris, voit que ses ailes se déploient, elle ferme les yeux, la jouissance est trop forte : elle s’envole pendant que Lauranne est secouée par des spasmes de plus en plus rapprochés. Lauranne gémit dans un ultime soubresaut.
Lauranne, épuisée, se retourne, s’étend à côté de Virginie et pose sa tête sur ses cuisses. Elles parlent doucement, mais Virginie parle peu. Elle regarde au plafond, rêvasse pendant un moment, devant se rappeler l’imminence du retour des autres. Elles se rhabillent donc et s’embrassent une dernière fois.
Pendant la soirée qu’ils passent à la discothèque du coin, le petit ami de Virginie ne se gêne pas et drague ostensiblement. Il cherche en la regardant une pointe de jalousie et de tristesse, mais ne trouve rien de cela sur le visage de Virginie qui reste à discuter avec Lauranne. Il a définitivement perdu l’amour des dix-sept ans de Virginie, et sa proie, lassée, qui a des regards fuyants vers une autre direction, s’échappe.
Virginie et Lauranne partagent la même chambre. Elles ont tout le temps devant elles et l’amour qui les unit n’a rien à envier à l’innocence d’autrefois.