| n° 02188 | Fiche technique | 24261 caractères | 24261 4151 Temps de lecture estimé : 17 mn |
16/10/23 corrigé 16/10/23 |
Résumé: Pas froid aux yeux la Nora. Quand elle veut quelque chose, elle l'obtient ! | ||||
Critères: fh couleurs anniversai voir exhib fellation pénétratio | ||||
| Auteur : Nora | ||||
C’était l’année de mes dix-huit ans. Nous devions partir en car dans le Lubéron. Au programme, canyoning, rafting, kayak… sympa, quoi ! Et puis entre jeunes… un camp de vacances, ça pouvait être cool.
Le problème c’est que moi, j’ai jamais été très sociable, et même tout le contraire, la vie en groupe m’indispose, c’est le moins que l’on puisse dire. De toute façon, mon rang de princesse m’interdit de me mélanger aux masses laborieuses !
Je me faisais donc vraiment chier. Les autres s’amusaient, soi-disant, ils faisaient la « teuf », ils s’éclataient, bien leur en prennent.
Ce jour là, ils étaient tous partis en excursion avec les animateurs. Et moi j’étais restée seule au camp de base avec pour toute compagnie Pinault, le cuistot, un gros lourdaud, ainsi qu’un certain Mathias, animateur de son état, scribouillard à ses heures. C’était lui qui s’occupait de toute la paperasserie. Pas franchement le beau mec. Grand et squelettique et affublé d’une paire de binocles, un panaché de Grognon, Simplet et Dormeur avec une pointe d’Atchoum et une tête de sorcière, hermétique comme une porte de prison.
Me voici donc à côté du dénommé Mathias en question en train de le tanner pour voir si je peux pas aller faire un tour au village. De toute façon, avec son accord ou pas, je vais y aller au village, il me connaît mal, alors autant qu’il me le donne son putain d’accord.
Il me regarde complètement paniqué, il assure pas, ce mec. Sainte-Marie, mère de Dieu, et s’il m’arrivait quelque chose ! Ça s’appelle patiner dans la mélasse.
Ben non, il va rien m’arriver, c’est un village de gros bœufs et j’suis pas la chèvre de M. Seguin. Mais il tient malgré tout à venir avec moi, moi qui pensais être peinarde pour aller boire un boc, c’est raté.
Pot de colle et Princesse s’en vont bras dessus, bras dessous, comme deux amoureux transis au village. Mais à part le troquet, y a rien à voir au village, et à part deux vieux flippers branlants, y a rien à faire non plus. Donc nous allons… au troquet. Musclor le tatoué et Bébert le béret sont en pleine partie de billard. Musclor me mate en terrain conquis, ce qui a pour effet de me foutre les nerfs en pelote :
Mathias me regarde estomaqué, comment une frêle jeune fille comme moi peut-elle boire pareil breuvage ? Lui se contente de commander une bière à dix balles, mais j’espère bien qu’il va payer ma conso, ce pingre.
« Qu’est-ce que ça peut te foutre, tête de sandwich, t’es flic ou quoi ? » Je regarde ailleurs, faisant mine de ne pas avoir trop entendu. « Il se trouve que je le suis pas encore, majeure, mon anniversaire, c’est qu’à la fin du mois. Et alors, t’es pas mon père, tu vas pas me faire chier ! »
Nous n’avions pas grand-chose à nous dire, le fossé des générations sans doute. Ceci dit, il n’était pas spécialement vieux, 27/28 ans à tout péter, le problème c’est que certains naissent vieux et irrécupérables, donc difficiles à dérider !
Ensuite, nous sommes sortis, j’ai fait quelques pas jusqu’au petit lavoir. En contrebas, il y avait une petite fontaine avec une minuscule piscine de quelques mètres carrés. Je me suis carrément jetée dedans tout habillée, l’eau y était glacée. Formidable comme sensation et pour le moins rafraîchissant. Mon garde-chiourme, apparemment perturbé, s’est mis à s’égosiller. C’était véritablement jouissif de le faire chier.
Je suis ressortie de l’eau complètement trempe, c’était trop drôle de le voir dans cet état. Et rien que pour le provoquer, j’ai enlevé le haut tout en gardant sur moi mon jean détrempé qui pissait la flotte de tous les côtés. Je ne portais rien dessous, je n’en avais pas besoin vu l’ampleur de ma maigre poitrine. Il est devenu blême et s’est mis à réciter des psaumes de l’Évangile selon Sainte Pétoche. Poitrine à l’air face au soleil, je faisais ma petite fofolle. Je dansais, je me marrais. Tournicoti, tournicoton, comme dirait Zébulon.
Arrivée en haut de la côte, pour continuer à provoquer, j’ai carrément ôté le bas, ne gardant plus que ma petite culotte et mes groles. Et, malgré toutes les vociférations qui m’accompagnaient, j’ai continué à clopiner comme ça en plein milieu de la route, et ce jusqu’au camp de base.
Quand il nous a vus ainsi arriver, le gros cuistot avait les yeux qui lui sortaient de la tête. Une jeune black presque nue qui sautillait au soleil, il avait jamais vu ça de sa vie. Son petit slip rose devait être en train de craquer, peut-être même de mouiller.
Mais l’autre d’ajouter :
C’est ça mon con, fais-le ton rapport. Je suis rentrée dans ma tente et me suis mise à bouquiner comme si de rien n’était.
Une semaine plus tard, c’était mon anniversaire. Dix-huit ans ça se fête, tout le monde était au courant, sauf que moi, j’avais pas spécialement envie de faire la teuf avec eux, et même plutôt spécialement envie de ne pas la faire. La plupart des gens ne comprenaient jamais rien à mon état mental, c’est vraiment dingue de se sentir ainsi incomprise. On dirait presque parfois que je suis un envahisseur, que je suis poursuivie par David Vincent…
En plus, j’aime pas spécialement boire, ou alors juste un peu pour simplement être gaie, sinon ça me donne le tournis et la gueule de bois, très peu pour moi, c’est vraiment une situation très inconfortable. J’aime pas non plus manger parce que j’ai un petit foie fragile et capricieux et que j’ai très souvent la nausée. J’aime pas non plus spécialement baiser, enfin, je suis pas une obsédée du sexe, c’est ça que je veux dire, j’aimerais pas en tout cas faire une partouze avec tous mes potes et vas-y qu’on se mélange…
Je pense que dans la vie il faut tout consommer avec modération et surtout bien prendre son temps pour apprécier les bonnes choses. Vous l’aurez compris, je suis plus gourmet que gourmande (pas gourmette quand même, ni gourbis, encore moins gourdasse, un petit peu gourgandine quand même).
Non, moi ce que j’aime, ce sont les longs dîners aux chandelles, en tête-à-tête, style Whitney Houston avec son Body Guard de Kevin Costner. D’ailleurs, j’aurais bien aimé être aussi jolie que Whitney, mais sniff, c’est raté ! C’est vraiment trop zinjuste quand même ! La nature est mal faite ! En tout cas si j’étais aussi jolie que Whitney je choisirais pas Kevin Costner.
Bon, revenons-en à cette mégateuf qui avait été organisée en mon honneur. Je pouvais bien évidemment difficilement m’y soustraire. Bon, sympa quand même. Ils s’étaient pas fichus de moi, quand même, chacun à leurs niveaux. C’était le troisième anniversaire que nous fêtions depuis le début du camp. Et puis j’avais plein de petits cadeaux… Je crois que je n’avais jamais été autant gâtée de ma vie, j’en avais parfois les larmes aux yeux. Du coup, je me suis mise à danser comme une sauterelle. Tous les mecs m’invitaient, ils se bousculaient tous au portillon pour avoir l’intime honneur de me toucher les fesses. Désormais, j’étais majeure et vaccinée, mais ça en fait depuis bien longtemps comme beaucoup de filles dans la cité !
Bon, c’est sûr, certains étaient collants en diable, beaucoup trop de mains baladeuses. En d’autres temps, ça m’aurait probablement gonflée, j’aurais pris mes clics et mes clacs et me serais tirée. Mais ce soir-là j’avais envie de faire la fête et de m’amuser, alors tant que ça en restait aux séances de pelotage… Ceci dit, j’étais pas non plus spécialement, me faire tripoter comme ça dans tous les sens par un peu n’importe qui ça m’excite pas des masses, au contraire, ça me bloque, j’ai l’impression d’être traitée comme un morceau de chair à pâté.
Toujours est-il que je ne manquais pas de prétendants, il y en avait même plus d’un qui auraient bien voulu terminer la nuit avec moi et ce n’était pas non plus parce que nous étions normalement séparés, les tentes des filles, les tentes des mecs, que nous ne savions pas à l’occasion nous débrouiller, lorsque le besoin s’en faisait sentir. Et ce soir-là, il se trouvait que justement moi j’avais besoin… Cela faisait longtemps que je l’avais pas fait et puis quand même c’était une date importante, un moment où tout bascule et j’avais besoin quelque part de me rassurer. Vous allez sans doute me trouver conne et sentimentale, c’est vrai que si la terre ne tournait pas à la même vitesse autour du soleil, ç’aurait pu être 18 jours plus tôt ou 18 jours plus tard, je pose 1 et je retiens 2, mais moi j’y crois en la magie, il faut percevoir les petits instants magiques et savoir les apprécier. Après c’est trop tard, vous avez l’impression d’être passés à côté de quelque chose… d’important.
J’en étais à me demander quel allait être mon mec de la nuit lorsque j’ai vu mon binoclard qui me matait en coin. Un peu à l’écart des autres animateurs qui faisaient tronc commun, il n’arrêtait pas de me reluquer. Les yeux lui en sortaient de la tête, le pauvre, j’avais l’impression d’être avalée toute crue. Pour une surprise, c’en était une. Me souvenant de l’épisode précédent, je me suis mise à rigoler, mon partenaire de slow à cru que je me fichais de sa gueule et du coup m’a presque plantée sur place, désolée mec, je l’ai pas fait exprès. Je suis retournée près du bar improvisé pour blablater avec ma bande, radieuse, les mecs en avaient la langue pendante. Et que j’essaie de t’épater par quelques salamalecs, et que je te fais des allusions bien lourdes et que je te raconte une histoire soi-disant drôle pour me faire rigoler. Il paraît qu’avec les femmes, avec un peu l’humour on a déjà fait la moitié du chemin. C’est vrai. Le problème c’est que l’humour forcé, c’est pas vraiment drôle, et je préfère mille fois un mec gauche et attendrissant qui s’emmêle les pieds dans la carpette qu’un boute-en-train qui amuse la galerie avec ses pitreries. Et à mon avis, ceux qui en font des tonnes sont vraiment des handicapés.
Tandis que ça s’agitait aux alentours, de temps en temps je tournais l’œil discrètement vers mon admirateur fasciné et je dois dire que c’était très excitant à vrai dire, j’en étais toute bouleversée, vraiment troublée. J’avais plein de petites boules de plaisir qui frétillaient en moi et je faisais tout ce qu’il faut pour continuer à l’émoustiller. Des poses, des attitudes, des façons d’être, plein de petits détails insignifiants qui passaient certes inaperçus pour les gens qui m’entouraient, mais que lui voyait, j’en étais certaine. Salope en diable, je continuais de faire la teuf comme si de rien n’était, je l’imaginais bouillir quand les autres me touchaient, quand ils se penchaient sur moi comme pour m’embrasser. Du coup, je jouais avec le feu et faisais presque exprès de les brancher. Rien qu’à l’imaginer bouillant de jalousie intérieure, hummm, quel délice ! J’avais certes pas choisi le plus beau ni le plus intelligent, mais je crois que j’avais choisi celui qui correspondait le plus à ma sensibilité. Quelque part, j’étais émerveillée, quelque part, moi aussi je bouillais d’un feu intérieur qui me consumait, et j’adorais cette sensation de plénitude intérieure, un bien-être auquel participait chaque cellule de mon être.
Ensuite, les filles ont branché le karaoké. J’avais horreur de chanter, mais ce soir-là j’étais survoltée. Grimpée sur une table, je monopolisais presque le micro. Tout y passait, Tina, Whitney, Jane Birkin, Vanessa Paradis, Patricia Kaas… Mon répertoire devenait infini, car je voulais briller pour LUI plaire. Tout le monde me regardait, mais c’était lui que je voulais, rien que lui et toujours lui, nous étions seuls au monde, les autres n’étaient que des objets mouvants placés ça et là et qui faisaient partie du paysage et si je virevoltais sur cette estrade improvisée c’était uniquement pour lui être agréable.
Ensuite, je suis redescendue, j’ai laissé la place aux autres, je suis allée me désaltérer, vérifiant de temps à autre que j’étais bien encore son uniquement centre d’intérêt, comme ça, pour me rassurer.
Il était tard dans la nuit, peut-être une heure du mat, et les animateurs commençaient à s’agiter. Nous avions eu la permission de minuit, mais il allait falloir s’arrêter. La trouille des villageois qui pourraient porter plainte, Sainte Pétoche, priez pour nous. C’est lui qui s’est proposé pour venir nous annoncer cette grande nouvelle. Pour ma part, j’ai apprécié, je me suis approchée et l’ai dévisagé, mes grands yeux noirs essayant de deviner ses petits yeux bleus cachés sous ses lorgnons :
Il ne savait trop quoi répondre, je crois que j’aurais pu lui demander tout ce que j’aurais voulu, il était à mes pieds. Il devait juste se demander quelle excuse bidon il allait bien pouvoir ramener à ses collègues pour justifier ma folie et ma démesure.
Je suis allée près du bac à disques et me suis mise à fouiller. Je cherchais un truc qui déménage, quelque chose qui sorte de l’ordinaire. Je voulais sortir le grand jeu. Attention, mesdames et messieurs, dans un instant vous allez voir Nora la hyène, Princesse de la Brousse, dans un extraordinaire numéro de contorsionniste.
Je suis tombée sur un disque de musique ethnographique, genre Tam-tam guinéen. Quoiqu’il en soit, ce ne sont pas mes origines africaines qui me rendent à même de m’exprimer librement. Et il n’y a rien d’inné chez NOUS, contrairement à ce qu’un être vil et aviné m’a encore suggéré récemment ! Avant cette soirée-là, je n’avais d’ailleurs jamais dansé sur ces rythmes sauvages. Mais j’ai trouvé ça sympa, déroutant, excitant. Et passé les premiers instants de stupeurs dans la foule, voyant que j’étais remontée sur l’estrade et que je m’éclatais comme une folle en dansant, en faisant je dois l’avouer un peu tout et n’importe quoi, voyant aussi que je les exhortais à venir me rejoindre pour qu’ils participent eux aussi, s’en suivit un joli foutoir où nous dansions tous au rythme des Tam-tam, complètement déchaînés dans la nuit au grand dam des animateurs qui devaient être en train de faire la fête à mon malheureux copain pour célébrer son efficacité.
Mais non, il était là, toujours là, il me regardait toujours, aussi admiratif que figé dans sa contemplation. Mais pour l’instant je ne lui demandais rien. Je savais bien qu’il ne viendrait pas me rejoindre pour danser avec moi, pas comme ça devant les autres, et même tout seul il l’aurait pas fait. Alors, pour lui, rien que pour lui, une nouvelle fois j’ai ôté mon body et ma poitrine nue s’est mise à briller sous la lune sous les rythmes frénétiques des Tam-tam africains.
Au bout d’un certain temps « Ça suffit, on remballe », les autres animateurs venaient de se pointer. « Qu’est-ce que c’est que ce cirque ? », « Et toi, t’es malade, rhabille-toi ». Tout le monde gloussait, on s’en foutait. Mouvement de foule, joyeuse pagaille, ils avaient vraiment du mal à nous tenir, sans arrêt on les relançait. J’ai quand même remis mon body, car trop de mecs me reluquaient. Je suis presque plate comme une limande, mais j’ai de gros tétons et rien que ça, ça les attire !
Finalement, une heure plus tard, nous sommes rentrées bien sagement dans la tente avec les copines en attendant le moment propice pour rejoindre nos amoureux respectifs. Sur les cinq que nous étions, il n’y en avait guère qu’une qui n’en avait pas trouvé. Et encore peut-être était-elle indisposée !
J’en aurais pas voulu de son Ahmed, pour rien au monde, le collectionneur de meufs de la cité, il voulait tous se les taper, antipathique en diable, pour moi c’était raté !
Je suis carrément partie dans une direction opposée pour ne pas avoir l’air, j’ai fait tout le tour du camp pour me retrouver juste en face de la petite canadienne de mon copain. Elle était vide, il était pas là. L’espace d’un instant, j’ai eu peur qu’il ne s’en soit trouvé une autre, j’ai presque failli pleurer. Et puis j’ai vu un grand échalas revenir lentement des toilettes et je me suis mise à frétiller en le voyant s’approcher.
Surprise lorsqu’il est entré dans sa tente et qu’il m’a vue sagement assise sur son duvet. Je crois qu’il s’attendait à tout sauf à ça :
Il a été très très tendre, un ange de douceur. Sa main glissait tout autour de mon visage, lentement, à m’en faire devenir folle. Je sentais mes nerfs se hérisser tout autour de ma nuque. Je retournais la tête vers lui à la recherche de contact, l’envie qu’il me touche, qu’il me frôle, qu’il m’enlace de ses langoureuses caresses sans cesse répétées avec la plus insidieuse des coquineries, celle qui consiste à faire languir jusqu’au paroxysme.
Il me caressait avec un maximum de tendresse comme si j’étais un objet précieux, un joyau dans son écrin. Et j’en redemandais sans cesse, mon corps tout entier était là pour lui dire que j’adorais ça, que j’en avais envie, au plus profond de moi-même, sans aucune restriction.
On a beau dire, on adore ça. Rien que ces divines caresses lentement prodiguées, malgré ou peut-être à cause de son petit côté malhabile ou emprunté, incertain et craquant, j’étais séduite, je me sentais amoureuse, folle, la vie était géniale, exaltante et me donnait envie de vivre intensément chaque minute écoulée et avec tout mon corps, minuscules parcelles de phénéronômes qui flottaient entre nous.
Si dans la cité vous rencontriez une petite black avec un jean délavé et des baskets déglinguées, vous aviez de grandes chances que ce soit moi, Nora. Mais attention pas n’importe quel jean délavé, toujours des jeans des nippes achetées dans des solderies et retouchées avec soin avant d’être soigneusement délavées par petites touches et par mes soins. Mes jeans parfois je passais souvent plusieurs jours à les mettre au point et je mettais toujours un point d’orgueil à ce qu’ils soient tip-top. Première action, passer voir ma petite tâcheronne, une voisine du 2e niveau, ex-couturière. Elle était un peu branlante, ne tenait plus trop sur ses cannes. Lorsque j’étais là, je ne manquais jamais de lui faire ses courses, et pas une fois je ne l’ai escroquée, contrairement à mes vieux avec lesquels j’étais toujours à l’affût du moindre détournement possible. En échange de cela, elle s’occupait de mes fringues, toujours souriante et de bonne humeur, en tout cas lorsqu’elle me voyait. Du coup elle contrastait pour moi avec tout ce qui pouvait exister dans la cité. Et moi j’étais toujours nickel avec des jeans que tout le monde m’enviait. La tchatche ! La frime quoi !
Mais ce qui m’a fait le plus rire ce soir-là c’est que mon bel amant s’est complètement emmêlé les pinceaux lorsqu’il a essayé de me l’ôter. Certes, il était serré… mais il était quand même pas très doué. J’ai éclaté de rire, je me suis mise à glousser. Dans une tente voisine, quelqu’un s’est mis à bougonner. Du coup, je me suis pris un fou rire irrattrapable. On pouvait plus m’arrêter, c’était plus fort que moi, dès que j’arrêtais ça recommençait, j’ai cru que ça ne finirait jamais. Je pense que plus personne n’ignorait qu’il y avait une gourgandine dans la tente de Mathias. Mais je ne l’avais pas fait exprès et en plus je m’en foutais. Mathias lui était tout chose, légèrement désorienté, une fois de plus je l’ai trouvé trop craquant, un véritable petit amour. Je l’ai prise dans mes bras et lui ai collé un baiser, plus tendre, tu meurs, plus passionné, tu exploses comme un feu d’artifice.
J’ai joué ma sauvageonne, Nora la hyène qui se jette sur sa proie, toutes griffes dehors. Je le griffais, je le mordais, sauvage jusqu’au bout des ongles, véritable tigresse qui fond sur la proie pour la dévorer toute crue.
Question virilité, il n’y avait aucun problème. J’ai sorti un sexe tendu et arqué du plus bel effet que je me suis aussitôt mise à lécher. Le bâton de jouissance de mon homme, j’avais envie d’en profiter, de l’aspirer lentement, goulûment et bientôt comme une chienne, complètement débridée, excitée par cette bite qui me rendait insatiable et enflammée. Je l’ai léchée longtemps et de toutes les façons comme un gros sucre d’orge dont on aspire tout le jus. Ma langue passait alors par toutes les frénésies, parfois lancinante et fugace ou alors frénétique et vorace.
Ce gros sexe turgescent bougeait de sa vie propre et alors là j’étais émerveillée.
Finalement, je me suis relevée pour ôter moi-même mon jean. C’est vrai que j’avais de belles petites fesses, suffisamment rebondies et que c’était un peu difficile à ôter.
Ce mec-là était un chou, vraiment génial, il se faisait une montagne de pas grand-chose… Ben oui, il valait mieux utiliser ce petit truc-là, c’est la moindre des choses avec une inconnue, non ?
Il a enfilé son truc et moi, je me suis enfilée sur lui, assis face à face, nous regardant. J’étais tellement excitée que je n’ai eu aucun problème à être pénétrée moi qui suis d’habitude pourtant longue à la détente. J’allais et venais le long de son bâton d’amour en le retenant au niveau des épaules, lentement, comme sur une balançoire. Les yeux dans les yeux, nos regards crépitaient d’envie et nos sexes savouraient l’extase. Le rythme insidieusement s’accélérait par la magie de nos désirs sans cesse renforcés. Je voulais le maximum, le voulais tout, la profondeur, la rapidité, mais surtout la jouissance. Et je voulais aussi la force du mâle quand il s’empare de moi, ressentir cette espèce de brutalité, cette espèce de démonstration de force quand il s’empare de son bien. Je me suis mise à quatre pattes pour lui présenter mon adorable petit fessier (du moins, si je n’ai pas de seins, ai-je au moins de jolies fesses). Il s’en est aussitôt emparé avec une vigueur insoupçonnée tandis que je tournais la tête pour le regarder complètement chienne pour cette saillie. Je m’en mordais les lèvres. Il me semblait que je jouissais, mais je savais plus trop bien où j’en étais, j’étais certaine que j’allais jouir encore plus fort, toujours plus fort. Tous les pores de ma peau se sont mis à vibrer, je secouais la tête, j’avais envie de crier. À un moment, n’en pouvant plus, je me suis mordu les doigts jusqu’au sang. Mais c’était trop, je n’arrivais plus à me calmer, j’ai mordu à pleines dents dans le duvet, à m’en faire péter les gencives et en secouant la tête, Nora la folle. L’instant d’après, j’ai explosé. Je sais plus trop, j’ai dû crier, déranger encore la moitié du camping, je ne pouvais plus me contrôler, ravagée par les spasmes à répétition qui rebondissaient comme un sauteur à l’élastique, ravageant mon corps et ravageant mon âme.
Sur ce, la seconde vague est arrivée, déclenchée par la jouissance de mon homme, profonde, puissante, énorme… Une nouvelle fois ensevelie sous les ondes de plaisir qui me dévoraient encore et encore, qui me donnaient la chair de poule et des frissons partout. C’était trop, trop bon, trop merveilleux, trop génial, trop pétillant…
Je me suis retournée et nous nous sommes embrassés, très tendrement, amoureusement même, comme deux vieux amants qui s’aiment depuis toujours et aussi pour la vie.
Ainsi se termine cette série de quatre textes qui, je l’espère, vous ont apporté un petit peu de plaisir.
Je tiens à remercier Catherine, une copine qui adore le porto. Elle a passé une longue soirée à corriger mes fautes, mais certains passages l’ont bien fait marrer.
Je remercie également mon ami, et néanmoins amant, qui a consenti à consacrer un peu de son temps, ô combien rare et précieux (c’est un monsieur très occupé, hihi), à retravailler un peu mon style, quelquefois c’est vrai, un peu cacophonique, et à revoir certains passages légèrement discordants. Je t’aime, gros bêta. N’empêche que j’ai plus de vocabulaire que toi, et toc !
Bisous aussi à la petite Séverine, ma petite nièce préférée, elle a un an aujourd’hui, elle est mignonne comme un cœur, une vraie petite Whitney Houston en puissance. Dire qu’il faudra encore qu’elle attende 17 ans pour lire mes histoires sur Revebebe !
Pour ma part, je reviendrai sans doute dans deux ou trois mois pour de nouveaux récits. J’espère avoir un peu de temps pour écrire quand je serai en congé. Si ceux-ci vous ont plu, bien entendu.