| n° 01881 | Fiche technique | 9542 caractères | 9542 1660 Temps de lecture estimé : 7 mn |
05/08/23 corrigé 05/08/23 |
Résumé: Un homme s’exhibe devant une jeune inconnue, rien que pour le plaisir. | ||||
Critères: fh hplusag inconnu hotel telnet voir exhib fmast hmast facial hdanus | ||||
| Auteur : Subtyl (Ecrivain, musicien, homme sensuel et romantique.) | ||||
Il faisait chaud dans la pièce. À peine arrivé, la veille au soir, j’avais réglé le thermostat sur maximum.
C’était une chambre tout à fait honorable, tapissée de coco, moquettée en brun sombre. Le lit était vaste, recouvert d’une couverture beige. Il y avait des placards, une petite salle de bains avec coin douche, tout était propre, accueillant, parfait. J’avais visité ça distraitement et, ayant décidé que ça conviendrait tout à fait, j’avais payé pour une nuit, avec petit déjeuner le lendemain matin. Puis je m’étais allongé et avais regardé la télévision, en pensant à autre chose. Je m’étais endormi, à force, je ne sais plus vers quelle heure.
À présent, j’étais debout et j’attendais. Sept heures et demie. Allait-elle venir, comme elle l’avait promis ? Si ça se trouvait, j’avais fait tout ça pour rien. C’était, d’un bout à l’autre, une histoire de fous. Et le plus fort, c’était que je ne savais même pas à quoi elle ressemblait.
Huit heures moins le quart. Elle ne devrait plus tarder, à présent. J’hésitais à descendre prendre un café. Si elle venait juste à ce moment-là, elle risquait de se décourager, de repartir. Alors, à défaut de pouvoir bouger, j’allumai encore la télévision. Il y avait un type qui présentait des produits tous plus révolutionnaires les uns que les autres, pour les vendre par télé-achat. J’assistai, encore tout endormi, à une démonstration qui me laissa sceptique. Une mousse pour cheveux gris, qui soi-disant leur rendait leur couleur originelle. Et dire qu’il y a des gens qui gobent un baratin pareil.
Trois coups discrets furent frappés à la porte. Je sursautai, me levai d’un bond et allai ouvrir.
C’était une petite femme blonde, toute frêle, qui m’arrivait à peine à l’épaule. Et jeune, si jeune… une gamine. Quel âge pouvait-elle bien avoir ? Je restai sur le seuil, la dévisageant. Elle me fit un sourire un peu timide, comme si elle n’était pas sûre de s’être adressée à la bonne porte :
Je me tassai contre le mur pour la laisser passer. Mais quelle idée j’avais eue ? Pauvre de moi ! À présent, la situation me paraissait absurde. Je me crus presque obligé de poser la question, elle m’échappa des lèvres :
Elle s’était déjà levée, prête à repartir. Je l’arrêtai d’un geste de la main :
Elle sourit, retourna s’asseoir sur la chaise, près de la baie vitrée, dont j’avais tiré les rideaux. Je pris place sur le lit. Elle avait sorti une cigarette de son sac, et sans me demander mon avis, l’avait allumée avec un petit briquet en plastique vert. Je m’en souviens encore, elle l’a oublié ensuite et je l’ai gardé, chaque fois que je le vois sur mon bureau, je repense à elle.
Emilie m’a souri, et elle m’a dit :
Pour être tout à fait honnête, je ne me souviens pas de quoi nous avons bien pu parler. J’étais troublé. Emilie m’a raconté différentes choses sur sa vie sexuelle, ses expériences amoureuses, ses études. J’ai capté au passage qu’elle n’avait que vingt ans ; qu’elle était en licence de sociologie à Aix-en-Provence ; qu’elle avait un petit copain, mais qu’elle s’ennuyait avec lui ; qu’il était incapable de lui donner du plaisir et que jamais elle n’avait eu d’orgasme avec lui. Emilie se passionnait pour la musique cubaine, elle adorait les chevaux, et… je ne sais plus vraiment, je mélange tout, j’avoue que j’étais troublé par sa présence. Cette fille avait la moitié de mon âge. Elle était jolie. Une petite frimousse aux traits réguliers, des yeux marron, vifs et curieux, des yeux d’écureuil. De longs cheveux blonds, noués par un petit ruban noir. La robe aussi était noire, ainsi que les bottes. Je trouvais ça de bon goût. Les femmes blondes habillées de noir m’ont toujours excité. Je n’ai pas la moindre idée du pourquoi et je m’en fiche bien. C’est comme ça.
Emilie était un curieux mélange d’assurance et de timidité. Ses gestes, ses regards, ses inflexions vocales étaient ceux d’une jeune fille qui se cherche, qui n’a pas encore l’assurance d’une femme. Mais ce qu’elle disait dénotait d’un caractère trempé, bien déterminé. Elle parlait et plus je l’écoutais, plus je prenais conscience que pour une fille aussi jeune, elle savait déjà parfaitement ce qu’elle voulait.
Mais nous étions en train de tourner autour du pot. Je m’en apercevais, sans pour autant réagir. Je ne savais que faire. Et pourtant, lors de nos échanges de courriers, puis au téléphone la veille, nous étions bien d’accord sur le scénario qui devait se dérouler. Mais un je ne sais quoi me retenait.
Emilie se chargea de prendre les devants. Après avoir éteint la cigarette, elle me regarda dans les yeux, s’approcha, et me dit, en touchant ma braguette :
Je me levai et, tout en me déshabillant, lui demandai, un peu gauchement :
Une fois nu, je restai les jambes légèrement écartées, les mains sur les hanches, mon sexe fièrement dressé vers elle. J’eus le plaisir de la voir rougir. Elle se pencha, regarda attentivement, et me fit un petit hochement de tête. Sa main se tendit, me saisit fermement.
Alors je m’exécutai. La veille, nous avions convenu que je me caresserais devant elle. Ce serait le point de départ. Pour le reste, mystère, inconnu. On avisera, m’avait-elle répondu.
Je ne m’étais jamais masturbé devant une jeune femme inconnue, comme ça. C’était étrange, mais agréable. Elle était assise sur sa chaise, les jambes croisées, légèrement de biais, et elle buvait chacun de mes mouvements, les accompagnant d’encouragements :
Je prenais confiance. Peu à peu, j’oubliais le côté bizarre de cette situation. J’étais en train de me donner du plaisir devant une inconnue. Une fille avec laquelle j’avais échangé, en tout et pour tout, peut-être quatre ou cinq courriers électroniques. Tout s’était décidé si vite.
Emilie éprouvait visiblement un trouble très agréable à me regarder ainsi. Elle a décroisé ses jambes, puis elle s’est un peu tortillée pour ôter un petit slip de satin noir. Elle a relevé un de ses genoux, posant l’escarpin sur l’accoudoir de la chaise, me présentant son intimité sans la moindre pudeur. Emilie a écarté ses lèvres entre deux doigts, et elle a commencé à se caresser, elle aussi. Nous sommes restés tous deux l’un face à l’autre, à gémir, à nous abandonner au trouble étrange qui consiste à se montrer, sans une once de retenue, en toute indécence, en proie aux tourments de l’excitation exacerbée.
Emilie se balançait sur la chaise, elle criait à présent. Elle me disait des mots obscènes… que j’avais la plus belle queue du monde ; qu’elle était sûre qu’avec ça, je pourrais la défoncer et la faire crever de plaisir ; que…
Moi, j’étais un peu inquiet, car j’avais peur que tout le monde dans l’hôtel nous entende. Je redoutais de voir débarquer le type de l’accueil, je m’imaginais déjà les coups secs à la porte, je…
Emilie interrompit mes hésitations :
Sans me demander mon avis, elle m’attira par les hanches. Sa main droite s’égara dans mon petit trou. Je sentis les ondes de l’orgasme remonter tout le long de ma colonne vertébrale et laissai échapper un gémissement. Je fermai les yeux et renversai la tête en arrière, chancelant à moitié sous la violence de ce qui m’arrivait. Cela faisait longtemps que je n’avais plus joui aussi intensément. Emilie criait elle aussi… bien plus fort que moi.
J’ouvris les yeux et vis qu’elle avait le visage plein de sperme. Elle me souriait, tandis que les gouttes coulaient sur sa joue et son menton. Elle retira doucement son doigt :
Elle se rendit dans la salle de bains pour s’essuyer, son slip noir à la main. Comme j’avais un peu froid, je me glissai entre les draps. Ils étaient encore tièdes de mon sommeil.
Emilie reparut, souriante :
Elle vint se pencher sur moi, et me donna un petit baiser sur les lèvres.
Elle éclata de rire et se dirigea vers la porte :
La porte claqua. J’entendis ses pas s’éloigner dans le couloir. Je me laissai glisser dans le sommeil, tout en me demandant confusément jusqu’à quelle heure ils servaient le petit déjeuner. Bah, ça n’avait aucune importance si je l’avais raté. Vraiment aucune.