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Temps de lecture estimé : 7 mn
20/02/01
Résumé:  Marie raconte à Philippe la fin de son cours de piano avec Julie... Elle en a un peu honte...
Critères:  fh intermast pénétratio
Auteur : Jean Rolle      

Série : Philippe et Marie

Chapitre 03 / 03
Philippe et Marie 3 : fin



Philippe revint vers trois heures, comme le temps, ensoleillé jusqu’alors, se remettait à la pluie. Peu à peu, avec des mots embarrassés, Marie lui raconta la fin du cours avec Julie, en glissant toutefois sur son dérapage, qui ne devenait plus qu’un baiser un peu appuyé. La honte diffuse qu’elle éprouvait tenait tant à son attitude envers Julie qu’elle avait perturbé plus encore, tant à son sentiment de tromperie envers Philippe. Il avait eu beau la prévenir, elle n’en n’avait fait qu’à sa tête avec elle, sans se contrôler au moment où elle attendait de Julie un comportement raisonnable. Depuis le début il avait eu raison, et elle avait agi comme une sotte. Qu’allait -il penser d’elle? Au moment où cette pensée se formait dans son esprit, elle réalisa que son opinion comptait pour elle. Et pourtant, elle ne le connaissait que depuis moins de vingt-quatre heures. Est-ce que cela voulait dire qu’il avait pris une importance notable dans sa vie? A tout bien réfléchir, oui. Ce qui l’avait émue le plus ce matin, ce n’était pas tant le fait qu’il petit-déjeune avec elle que le fait de voir arriver ses valises. Elle s’était alors sentie presque vivant avec lui, rangeant déjà par la pensée ses vêtements dans l’armoire et la commode.


Philippe, pendant ce temps-là, réfléchissait à ce qu’il venait d’entendre. Jamais il n’aurait pu imaginer un dérapage comme celui-là. Marie lui apparaissait sous de nouvelles couleurs, plus sombre, plus fragile aussi. Il ressentait à la fois de la gêne et de la compassion, en même temps qu’un froid descendait en lui. L’attitude de Marie avait été tellement enfantine, tellement irresponsable. Et pourtant, hier soir encore elle lui avait semblé sûre d’elle, presque dominatrice, contrôlant tout de sa vie. S’ébrouant, il se leva pour préparer du thé dans la cuisine. Il fallait laisser un peu de temps pour que la blessure légère qu’il ressentait se referme, que la sensation de brûlure se transforme en une simple impression de gêne.


Marie n’avait pas bougé du canapé lorsqu’il revint, un plateau sur les bras, chargé des tasses et de la théière fumante. Progressivement, alors qu’ils buvaient doucement leur tasse, l’atmosphère redevint plus paisible. Les mots réapparurent, décousus tout d’abord, puis la conversation se réinstalla. Cependant, par une espèce d’accord tacite, ils ne reparlèrent pas de Julie. La nuit maintenant tombait, et dans la pénombre qui s’installait, seule une petite lampe à côté du canapé était allumée, ils s’étaient rapprochés l’un de l’autre. Le fait de sentir leur chaleur mutuelle leur permettait de se retrouver, et quand Marie posa sa tête sur les genoux de Philippe, il laissa sa main s’égarer dans ses cheveux. tout en jouant avec les longues mèches, il lui parlait de tout et de rien, comme après une journée bien remplie. Ce soir-là, ils s’endormirent dans les bras l’un de l’autre, sans faire l’amour, se contentant de coller leur corps l’un à l’autre, comme pour se protéger du monde extérieur.


Au matin, un soleil vif envahit la chambre, dans un ciel de gel. Quand elle ouvrit les yeux, Marie était collée contre le dos de Philippe. Son bras, coincé sous son torse lui faisait un peu mal, mais pour rien au monde elle n’aurait voulu le retirer. Elle préférait rester comme ça, sa poitrine écrasée contre son dos, le creux de son ventre contre ses fesses. Du coin de l’œil elle vit le réveil, huit heures trente. Philippe dormait encore profondément, sa respiration ample lui écrasant à chaque inspiration un peu les seins, soulevant son bras posé sur le sien. Mal réveillée encore, elle laissa glisser sa main le long du flanc, dessinant les cotes qui saillaient un peu, arrivant doucement vers la dépression au niveau du ventre. Là, la peau était plus douce encore, plus souple du fait de l’absence d’os en dessous. Au bout de ses doigts se dressait le relief de la hanche, colline escarpée, plus fraîche, plus dure. Du bout de l’ongle elle dessinait sans s’en rendre compte des sillons parmi les quelques poils, puis, recherchant plus de chaleur, elle glissa sa main vers le bas ventre et l’aine. Elle joua quelques instants avec les poils beaucoup plus fournis que toute à l’heure, cherchant à les détortiller, jusqu’à ce qu’instinctivement ses doigts atteignent le sexe.


Elle fut un peu surprise de le trouver en début d’érection et craignit un instant d’avoir réveillé Philippe. Mais non, il semblait dormir aussi profondément qu’auparavant. Le sourire au coin des lèvres, elle ne put s’empêcher de laisser courir ses doigts le long du sexe, éprouvant la délicatesse de la peau qui le gainait, la faisant rouler sur la tige qu’elle devinait déjà ferme. Peu à peu, sa caresse devint plus enveloppante, elle voulait le sentir grossir entre ses doigts. Et bientôt elle sentit la peau qui se déplissait, une veine se dessinait, sinueuse, sur le dos. L’entourant de ses doigts en anneau, elle l’aida à se dresser au creux de sa main. Comme la respiration de Philippe devenait plus courte, plus hachée, elle comprit qu’il était en train de se réveiller. Alors, doucement, elle se rapprocha de son cou et picota sa nuque de baisers rapides. S’écartant juste à temps, elle évita de se retrouver coincée quand il bascula sur le dos, pour mieux ramper sur lui ensuite. Elle laissait son corps s’appuyer sur lui, cherchant à recueillir toute sa chaleur de son réveil, glissant une jambe entre les siennes, son genou s’infiltrant profondément jusqu’à ce que le haut de sa cuisse rencontre son sexe maintenant complètement érigé. Philippe entoura d’un bras presque inconscient la forme qui montait vers lui, préférant la découvrir du bout de ses doigts que la contempler pour l’instant. En même temps il avait resserré ses jambes, capturant entre elles la cuisse souple et nerveuse.


Par toutes les fibres de son corps il ressentait la poitrine qui s’écrasait contre son torse, avec les pointes des seins raclant contre sa peau, le décollement imperceptible au niveau du creux du ventre, et le frottement un peu rêche de la toison de Marie contre son aine. Se dirigeant vers la chaleur du souffle qui réchauffait le côté de son cou, il approcha sa bouche et saisit entre ses lèvres une lèvre molle, humide, offerte. Mais rapidement une langue s’insinua entre elles, forçant le barrage dérisoire de ses dents, et chercha à se nouer avec la sienne, l’entraînant dans une danse improvisée. Ouvrant les yeux, il ne vit que la masse des cheveux bruns qui lui recouvraient presque tout le visage. D’un doigt, il les écarta et reçut comme un choc l’éclat de l’œil pétillant qui le fixait. Presque aveuglé, il le ferma en passant son doigt dessus, poursuivant sa caresse le long de la joue pour aboutir derrière l’oreille, là où la peau semblait plus fine que du papier à cigarette. En se tortillant, Marie avait réussi à ce hisser complètement sur Philippe, malgré sa jambe encore prisonnière. Ses cheveux répandus autour d’elle les enfermaient tous deux dans un cocon d’obscurité.


D’un coup de rein, elle libéra sa jambe pour pouvoir le chevaucher à sa guise. Son pubis bloquait le sexe dont elle sentait les palpitations incontrôlées. D’un mouvement du bassin elle le faisait rouler contre elle, cherchant presque à l’écraser. Se dressant sur ses coudes, elle s’avança jusqu’à sentir l’entrée du sexe à l’entrée de ses lèvres, et poussa doucement. Elle s’ouvrit progressivement, millimètre par millimètre, percevant la tête qui écrasait un peu ses petites lèvres, puis s’insinuait à l’intérieur de son vagin. Une sensation de plénitude l’envahit quand le sexe rentra plus profondément en elle, défroissant les parois. Elle resta immobile quelques instants, le temps de s’habituer à cette présence. Philippe était pris dans la fournaise du sexe de Marie. Il s’imposa de rester strictement immobile, voulant lui laisser l’entière initiative de mener la danse. Les mouvements furent au début imperceptibles, mais peu à peu ils prirent plus d’ampleur. Bientôt le souffle un peu accéléré de Marie répondit à ses propres halètements, liés tout autant au poids de Marie sur sa poitrine qu’à la montée de son plaisir. Quelques gouttes de sueur coulaient entre leurs deux torses, rendant plus facile le glissement de leurs corps. Malgré sa volonté, il ne put s’empêcher de se raidir et d’accompagner des hanches les mouvements de Marie, un peu désordonnés maintenant. L’orgasme le surprit par sa venue brutale, inattendue, et sa violence. Au même moment elle s’affala sur lui, immobile, l’écrasant de tout son poids et l’enserrant de ses bras et ses jambes. Ils restèrent quelques minutes comme ça, et Philippe sentait un liquide couler entre ses fesses, du sperme ou de la sueur.


Il était presque tenté de se laisser de nouveau glisser dans le sommeil, mais elle ne lui en laissa pas l’occasion. D’un coup de reins elle se leva et lui envoya un peignoir dans sa direction. Au même moment il sentit une vibration de tout son corps et Marie sembla projetée vers lui comme par une gifle géante. Immédiatement après, en même temps qu’un bruit apocalyptique, les fenêtres explosèrent et un nuage de feu se précipita sur lui. Ce fut la dernière sensation de sa vie.


Les pompiers mirent plus de cinq heures à éteindre l’incendie qui grondait au milieu des décombres de l’immeuble. Dans la rue, les ambulances attendaient, inutiles, ayant déjà évacué depuis longtemps la seule personne retrouvée vivante jusqu’à présent, une jeune fille cruellement brûlée et coupée par les multiples éclats de verre projetés sur la place. Les corps de Marie et Philippe ne furent retrouvés que trente heures après l’explosion, leur identification formelle fut plus longue encore. L’enquête de police fut longue et difficile, mais après quelques semaines il devint évident que l’explosion n’était pas accidentelle, des restes de bonbonnes de gaz étant retrouvés en grand nombre. Les recherches établirent que les bonbonnes avaient été achetées la veille même de l’explosion par une jeune fille. Mais elle ne fut jamais interrogée, car elle était décédée des suites de ses brûlures une semaine après l’attentat. Elle s’appelait Julie.